26.09.2009
NOUVELLE DIMENSION
L'actualité nous invite à une nouvelle façon de voir, à vivre dans une autre dimension : celle de la nouveauté qui est le propre de la conscience en éveil.
La perspective qui s'annonce en épreuve existentielle est celle de la recrudescence du dilemme quantité/qualité qui confronte le besoin de ressources qui est d'ordre fonctionnel à une survie des conditions existantes, à la conscience de la dignité humaine.
Il va sans dire qu'il y a au sein de la communauté humaine, d'énormes différences parmi ces conditions d'existence et que tandis que certains passent leur temps à collectionner les voitures anciennes ou les pierres précieuses, d'autres meurent de faim, n'ayant même pas de quoi se nourrir, se vêtir, et aucun toit où s'abriter.
La majorité des gens qui travaille aujourd'hui, dans les affaires, les entreprises, est contrainte d'établir et de subir des conditions malsaines voire inhumaines, qui ont des répercussions à tous les niveaux de la vie en société.
La prise de conscience collective des années 60, qui s'est manifestée d'abord en esprit, individuellement, a été sabordée, occultée, et manipulée par un consensus de mentalités conservatrices fermées à la nouvelle dimension de l'être, métaphysique et poétique, qui s'annonçait. Ces deux mots "métaphysique" et "poétique", et ce à quoi ils font appel dans notre vécu intime, n'ont certainement été compris, à l'usage, que d'un petit nombre, la majorité s'étant avérée plus soucieuse de s'en tenir aux valeurs statiques et systématiques d'un certain pragmatisme, plutôt que d'envisager une perspective d'ouverture et de Connaissance qui, intégrée en expérience vivante, puisse trouver sa source dans la profondeur de notre être.
Le "retour en arrière", l'après-68, imposé par la résurgence des vieux schémas, n'a fait qu'accentuer le malaise dans un logistique de rétrécissement à leurs critères, en ne récupérant en simulacres que les débris, les caricatures, donnant à croire à des modes d'épanouissement et de libération tout en maintenant l'arrière-garde de la vieille mentalité dominante, à défaut d'un accueil des forces vives, initiales, de cette essence spirituelle révolutionnaire, dont l'intégration aurait pu amener une véritable transformation sociale, non plus à la dimension de l'individu, cette "constipation de l'être" comme disait Jean Carteret, mais celle de l'Etre, de la multiplicité reconnue en unicité. Bien sûr, cette dimension spirituelle du "Sans forme" ne se dimensionne pas dans les formes et ne saurait de quelque façon que ce soit se prêter à quelque "mise en forme". Aucun pouvoir personnel, étatique, politique, religieux, ne saurait se l'approprier dans cette espèce d'autisme prédateur qui tend à s'objectiver dans un immanentisme monstrueusement "solidifiant", dominé par le fascisme techno-totalitariste.
Face à ce dilemme qui n'a fait que s'intensifier et s'amplifier, il y a deux réponses possibles : celle du resserrement, du repliement défensif, réaction conservatrice qui trouve sa justification dans l'appréhension d'une situation perçue comme menaçante, privative du profit généré par les acquis et leur mode d'obtention, et qui s'enflamme en jugements arrogants, égocentrés, en accusations morales, incitant à adopter des mesures de plus en plus restrictives, tyranniques et avilissantes, et l'autre alternative qui est celle du lâcher prise, qui est une réponse d'ordre spirituel, conversion non pas idéologique ni "religieuse" comme on aurait tendance à le croire, mais qui procède plutôt d'une révélation intérieure qui guérit instantanément de cette calamité qui ne sait se figurer que dans le vil, la lâcheté, la réduction à "ça", cette image, cette "réalité ordurière", avec l'assentiment de tous, scandaleuses généralités qu'il nous faut bazarder sans attendre, car nous ne sommes pas "ça" ; la vie n'est pas "ça" ! Accès soudain à une maturité qui rend capable de s'extirper de la vieille gangue de tout ce qui pousse à se recroqueviller, à se resserrer et à s'enfoncer toujours plus bas en fermant les yeux et en ne voulant rien entendre. Maturité se donnant en ouverture, prise de conscience une bonne fois pour toutes du CUL-DE-SAC de l'opiniâtreté, de l'aberration à laquelle conduit cet attachement aliénant aux objets, à la saisie mentale, que ces objets soient représentations mentales ou biens matériels dits de consommation.
Si nous refusons d'accepter sciemment cette remise en question de la façon de voir les choses, à même l'expérience de chaque instant, par nécessité bien comprise d'une éthique favorisant l'éveil, l'élévation, dans cette dimension verticale de notre être qui veille à la qualité interne, autant de nos actes que de ce que nous abritons le plus secrètement, nous nous condamnons.
Le mouvement de la vie est transformation incessante. L'Esprit qui l'anime, n'est pas une croyance, mais une expérience qui demande à être vécue, reconnue en soi, dans son essence pure, désencombrée des concepts, des processus mentaux. Se raidir dans ses a priori n'a jamais fait que maintenir provisoirement une résistance, une fixation réactive contre-nature, isolant dans une épaisseur, une tension maladive, au mépris de la richesse qualitative inexplorée de l'éventail du sensible. Nous nous rendons incapables de voir que cette attitude même engendre la peur, la souffrance, et nous empêche de faire connaissance avec ce qui n'est ni plus ni moins que la réalité vivante, dans sa vérité de présence sur Terre et dans son essentialité même, antérieure à toutes les manigances et errements de la psyché. La dimension de l'harmonie, de la beauté, de la distinction du vrai et du faux, n'est pas une utopie, un idéalisme quelconque ; elle peut se faire connaître CONCRETEMENT à notre expérience sensible de la vie de tous les jours, si nous consentons à laisser de côté la tracasserie mentale causée par les enregistrements, la mémoire, les idées projectives, spéculatives, en prenant soin d'ouvrir notre cœur à chaque instant et nous laisser voir à partir de notre nudité intérieure. Cela ne dépend absolument pas du "pouvoir d'achat".
Cette dimension est transfigurante ; nous pourrions lui prêter la qualité "artistique" ; elle donne au monde, à la nature, une intensité esthétique inouïe, mettant en évidence une beauté et une majesté subite en certaines visions que vous n'avez plus besoin de chercher ailleurs, dans les musées ou les sanctuaires ; ce qu'elle offre à vos sens est gratuit, suscitant une vive émotion, et cela d'une façon inattendue, imprévisible, dans le cours de votre vie de tous les jours, sans besoin d'aller nulle part.
Ceux d'entre nous qui méconnaissent cette offrande de la vie la cherchent ailleurs, là où ils ne la trouveront jamais qu'imparfaitement, à l'aune et à la mesure de l'état de distraction dans lequel ils s'enferment.
De nouveaux sens qui font partie de ces facultés inexplorées du cerveau, appréhendent l'ordre de réalité qui leur est adéquat, l'intellect s'avisant de l'imposture des sens de la sensibilité antérieure, qui limitait aux sens physiques, le Contemplé se révélant n'être autre que le Contemplant.
Dans la première réponse au dilemme, cette proposition embarrassante qui met un terme à l'opportunisme de l'ingérence marchande, à l'exploitation, conduit logiquement à la condamnation, à la disqualification décrétée par un appareillage qui veut "continuer le bizness", ce qui se traduira en internement psychiatrique ou par élimination.
Lorsque se fait le constat d'échec de tous les systèmes et de leur perduration frauduleuse, on se trouve ramené d'une façon naturelle à une certaine vacuité qui prend ses distances avec tout ce qui s'avère oppressant, conditionnant, asphyxiant, et finalement mensonger. On ne "marche plus dans la combine".
Cette révolution commence en nous-même, en investiguant l'intrusion des concepts, des automatismes mentaux – hé oui : la "combine", c'est aussi investi dans la façon de voir, c'est l'image s'il y a, que je me fais de moi-même, c'est tout ce qui se superpose, tout ce qui vient entraver, salir, la Première instance de mon être – l'investigation nous dénude de tous ces affublements et mauvaises habitudes héritées de seconde main qui ne sont que des suggestions hypnotiques mécanistes utilisées par une loi du marché qui réduit l'esprit au calcul, érige l'affairisme en vertu, impose une compétitivité scélérate. Dictature de fossoyeurs, n'hésitant pas à recourir à des moyens terroristes massifs. Il faut bien en arriver à s'apercevoir, tôt ou tard, que toute cette énergie mentale déployée sans amour, qui manipule à son gré, organise, tire parti, ne réussit à produire que des traumatismes.
Le conditionnement mental sans cesse alimenté par la pub, les médias, les marchands de soupe tous azimuts, les propagandes, devient transparent, sauf pour les endormis.
On est alors en passe de changer de dimension. On est ouvert à l'inconnu qui va se révéler capable de torpiller la torpeur, car l'Esprit, c'est la Vie, c'est le miracle de l'a-causal, de Cela qui s'engendre de lui-même, de l'Esprit Saint, et Jésus voit ce monde comme un cadavre, et les marchands du temple, les scribes et les pharisiens, comme les larves qui s'en nourrissent. Lorsqu'on est dans cette nudité d'être, "revenue de tout", on n'est plus dans cette saleté, dans cet état méprisable que le mental se complait à imaginer sans se rendre compte de ce qu'il fait. On devient naturellement réceptif et on explore, on vérifie les alternatives que l'on découvre ; on expose à l'épreuve de la vie une façon de voir qui éclôt en nous, radicalement différente de celle qui a cours. Ça passe ou ça casse. Si cette vision nouvelle s'avère amener du bonheur à profusion là où l'ancienne se serait traduite en misère, c'est pour le moins une victoire en soi. Cette nouvelle dimension n'ayant plus rien de commun avec les précédentes, il n'est plus question d'utiliser les vieux schémas didactiques, prophétiques, messianiques, charismatiques… pour en parler ; ce serait maladroit, indigne et ingrat. On est donc, d'une certaine manière, tenu au secret. Tant qu'on ne maîtrise pas totalement le langage propre à cette dimension, on ne peut en parler. Les circonstances oratoires dans lesquelles la vision s'entretient ne sont pas mesurables avec les outils inadaptés du vieux monde. Il se peut que ce vieux monde soit d'ores et déjà parfaitement cerné sous toutes les coutures de son ignorance quand bien même il croit que ce qu'il croit est légitime et qu'il se croie sûr et certain de bien savoir ce qu'il voit. Si l'on voit cela, on comprend aisément le plébiscite du Silence comme meilleur véhicule potentiel de l'intuition. Mais c'est de toutes façons une gageure que de prétendre vouloir amener par quelque moyen que ce soit, autrui à partager une dimension non objective, qui lui est étrangère, qui par sa nature non objective anéantit toute possibilité d'action transmissive et même toute possibilité d'en fournir les preuves, cette communion s'il y a, ne pouvant se manifester qu'à partir et au sein même de la Source qui l'engendre intérieurement en soi, en conjonction.
On ne peut en parler, bien qu'elle puisse se manifester en parole, d'une manière indépendante de la volonté, de la personne, mais on peut vivre dans cette dimension, car elle est plénitude et en tant que telle communique avec tout, silencieusement.
Goûter ce qui se présente maintenant, immédiatement, tout de suite, sans similitude ni ressemblance nous met en présence de la dimension de nouveauté dont il est question. Aucun mot ne peut la désigner, la circonscrire. C'est l'expérience de tout instant dégagée du fardeau des représentations mentales. L'esprit est complètement vide, tout nu. Rien ne diffère de ce qui est perçu directement. Si nous avons la patience et le courage de laisser s'exprimer ce qui est perçu, la dimension d'arrière-plan se révèle, nous révélant ce que nous n'aurions eu aucune chance de concevoir ni d'appréhender à bord des mécanismes mentaux.
Continuellement instructive et révélatrice, si nous lui laissons place, la dimension vivante, sans commencement ni fin, car elle était déjà là avant nous et se fait connaître en perduration, nous éclaire et ne cesse de nous émerveiller.
Un courant va de la Source au delta, aux expressions multiples qui se manifestent. Pour la plupart d'entre nous, cela n'est pas conscient. L'enfermement dans les conditionnements n'incite pas à voir et à vivre l'expérience d'une spiritualité réelle, hors de tout dogme et de toute religion, cette expérience vivante dégagée de la pensée.
D'ordinaire, la dimension de conscience dans laquelle ce que l'on perçoit s'inscrit, se définit en séparation restrictive, sélective, conditionnée par un ressenti relié à une mémoire interprétative, constituée de codes d'adoption figés, imagés, ce qui va entraîner une impression de répétition, de normalité, jusqu'à l'écoeurement.
Au contraire, cette qualité réceptive, accueil de l'inédit, va se faire connaître joyeusement explosive, relation d'amour et d'intelligence, participant activement à l'attente de ce qui nous entoure, aidant à être pleinement un être humain, aidant ce qui nous entoure à être ce qu'il est. Mais l'ignorance ignorante d'elle-même se manifestera peut-être en explosion subite de colère, réaction de rejet catégorique, en crise, si elle se sent visée dans l'identification erronée à laquelle elle s'accroche ferme, s'y réduisant contre vents et marées, soudain troublée par la contradiction qui se fait jour en elle-même. C'est dans ces moments – car la nouvelle dimension ne met pas à l'abri de surprises, agréables ou désagréables – que se reconnaît la prodigieuse efficience du courant d'amour, hôte de la vigilance, de la Présence qui englobe tout, toutes les situations, quelle qu'elles soient.
Il n'existe jamais de séparation que celle que crée la pensée qui ignore que le réfléchissement que produit uniquement en nous, comme un investissement à nos propres fins limitées, avides, aveugles, anticipant sur la dualité qui permet à la Conscience de révéler clairement en ce qui nous concerne, par la grâce de l'intuition, la justesse quant au regard qui nous habite et que nous habitons, quant à sa pureté ou à sa ternissure dans la Lumière qui l'engendre.
Quelle que soit notre expérience du moment, la Conscience est là, bien avant le corps, précédant la fonction cérébrale ; elle n'est ni pensée ni sensation ; elle s'exprime par une fréquence vibratoire subtile qui précède toute perception, toute conception, tout agissement.
Nous sommes invités par la Vie à cette reconnaissance infiniment joyeuse : reconnaître l'Evidence, l'indiscutable, quant à ce qui s'éprouve à chaque instant. Notre nature originelle habite bel et bien cette dimension sans dimension, sans délimitation, inépuisable, éclairant toute chose, qui est celle de la Connaissance, éclosion de la lumière, rayonnant partout, du microcosme au macrocosme, en nous-même.
Est-ce cela dont témoigne la Katha Upanishad évoquant "Le Soi, enchâssé dans le cœur de chaque créature, plus infime que l'infiniment petit, plus lumineux que l'infiniment plus grand" ?
Se savoir être Cela n'est pas devenir fou, perdre la tête, sinon dans le bon sens (se passer complètement et définitivement de l'inflation mentale qui, elle, est vraiment hallucinée !).
Le fruit du yoga, du zen, de la gnose, ne dépend pas d'une quête, d'un chemin, d'une discipline, d'une manipulation formelle, superficielle, directionnelle. C'est l'arrière-plan permanent, sans finalité, qui rend libre de toute projection intempestive de "réalité" illusoire, fabriquée par une pensée ; pensée qui naît et meurt, simple apparition momentanée, de même que toute forme perçue apparaît et disparaît en nous, n'étant pas Cela qui l'observe et ne pouvant jamais être perçue s'il n'y avait pas ce connaisseur aux tréfonds de nous-même.
Cette dimension joyeuse du toujours neuf s'éprouve en pur qualitatif, en vivacité alerte, en pure Joie et en gratitude. Inconditionnée, elle ne connaît ni gain ni perte, ne retenant rien, se renouvelant à chaque instant. Il n'y a pas notion de mouvement ; la Présence contient en elle mouvement et repos. Elle accueille la discontinuité apparente à partir de notre tranquillité originelle, qui se révèle en continu, comme une valeur impérissable de l'esprit d'enfance. Une valeur intouchable, impénétrable, imperméable aux aléas de l'existence, véhicule permettant le discernement d'un régime de vie et le passage dans l'inconnu.
Une fois que l'on sait cette dimension vivante, on ne peut que lui faire confiance, car elle en sait infiniment plus que le cerveau, que l'imagination, et à plus forte raison : que la raison. Nous accordons la place qui revient de droit à la Première instance, autorité d'amour et d'intelligence qui nous informe, antérieure et infiniment plus vaste que tout ce que nous pouvons être enclin à imaginer. C'est ainsi que la Conscience s'accueille Elle-même dans l'accueil que nous nous accordons à nous-même, en nous-même, sans nous imaginer être le mental pensant et agissant.
Tumtum, Août 2009
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16.12.2008
HOMMAGE A THEO LESOUALC'H
Théo Lesoualc'h faisait partie des poètes essentiels de la Beat Generation en France, qui rappelons-le fut OCCULTEE. Je vous invite à venir en lire un résumé historique sous forme d'un article intitulé: LA BEAT-GENERATION EN FRANCE (1967) HISTOIRE OCCULTEE (catégorie: Histoire), en 7 chapitres, sur mon blog "TumTumBlog" (20minutes.fr), Son roman "La vie vite" fut en synchronicité avec le "Sur la route" de Jack Kerouac. Outre sa participation à la revue MAI HORS SAISON de mon ami Guy Benoit, il collabora aussi à REVOLUTION INTERIEURE reprise en mains par Daniel Giraud, et je me souviens qu'il m'avait envoyé un texte pour le numéro "zéro" dont je fus l'initiateur (tiré sur stencils). Le petit cahier "Premier geste d'avant l'aube" est un recueil de gemmes extirpées en "connaissance du matin", véritable diamant de poétique vivante. Dans son texte "Théatre de l'invasion. Le présent total" (publié par "Révolution intérieure") il écrit: "Le présent est pour moi la seule réalité. Contre cette civilisation utopique du béton et de l'électronique. Contre l'homme-colonisateur né avec l'impérialisme romain, il y a deux mille ans. Contre une planification muette vouée à la lâcheté humaine et contre-Nature". Dans ce texte, il évoque plus loin "un trouble fondamental de l'Etre qui est celui des âges les plus reculés des mythes. Que la vanité primaire de notre civilisation aliénante et comprimée par son malaise, ne peut réduire, malgré toutes les répressions, car ce trouble émane des profondeurs les plus souterraines de l'humain. C'est le même trouble qu'expriment les bas-reliefs maya, les rituels chamaniques. Ce même trouble qu'Artaud décodait dans les envoûtements de la danse balinaise et qui ressurgit aujourd'hui dans toute une expression nouvelle qui échappe à la culture officielle, comme les poèmes de Ginsberg, les récits de Burroughs, la musique de Jimmi Hendrix, etc...". Le "grand frère" Théo n'est plus ; il EST, à jamais. Phil Dubois
11:44 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
08.10.2008
DIALOGUE
DIALOGUE ENTRE NARASIMHA SWAMI & RAMANA MAHARSHI (extrait) "RM- Comment ressentez-vous ce "je suis", là, tout de suite ? NS- Comme une personne assise ici parlant et écoutant RM- N'est-ce pas votre corps qui est assis, pourvu de la capacité de parler et d'écouter ? Seriez-vous ce corps ? NS- Ne le serais-je pas ? RM- Qu'est-ce que votre corps, sinon des mains, des jambes, des yeux, un nez, etc... Etes-vous des mains ? Ne pouvez-vous pas exister sans vos mains ? NS- Evidemment que si, je ne suis pas dans mes mains RM- Pour cette même raison vous n'êtes pas vos jambes, votre nez ou vos yeux. NS- C'est exact. RM- Si vous n'êtes pas ces parties, vous n'êtes pas non plus le corps dans sa totalité. NS- Comment cela ? RM- Ce qui vous appartient, que vous possédez, n'est pas à confondre avec ce que vous êtes. N'est-ce pas vrai ? NS- Si, apparemment. RM- Vous disiez "mon corps". Il faut donc en déduire que le corps est en votre possession ? NS- Oui, il semblerait, bien que je ne saisisse pas qui est ce "je" qui le possède. RM- Le propriétaire, c'est-à-dire vous, doit en conséquence être invisible. N'existerait-il pas d'entités invisibles ? NS- Si, il en existe, il y a les fantômes, les esprits. RM- Alors vous pourriez être un esprit ? NS- Comment un être vivant pourrait-il être un esprit ? RM- Quand pourrait-il l'être ? NS- Après sa mort. RM- Et durant sa vie, où son esprit se tient-il ? NS- Il doit être en liaison avec le corps vivant ou demeurer en lui. RM- Qu'est-ce qui distingue l'esprit et le corps, la matière vivante et la matière morte ? NS- Je suppose le fait que l'esprit est quelque chose de subtil, le corps quelque chose de plus grossier et que l'esprit agit sur le corps. RM- Donc, ni le corps, ni les sens, ni la respiration et autres fonctions vitales, ne constituent l'esprit, qui est vous-même, votre "je". NS- Non, ils ne sont pas le "je". RM- Lorsque vous pensez au "je" ou que vous en parlez, que ressentez-vous comme faisant partie de vous ou de votre esprit ? NS- Les gens disent que l'homme a un corps et un esprit. Si je ne suis pas un corps, je suis donc un esprit. RM- Qu'est-ce donc que cet esprit ? De quoi est-il constitué ? NS- Je ne saurais le dire. RM- Quand vous faites référence à votre esprit, quelle idée avez-vous dans la tête ? L'esprit n'est pas un tronc pourvu de membres, d'une tête et d'une voix, si ? NS- Non. RM- Vous avez un organe plus subtil que ce corps de matière qui vous sert à vous exprimer. Pourquoi parlez-vous en ce moment ? NS- Pour exprimer les pensées et les idées en mon esprit. RM- Les pensées et les idées sont donc le contenu de l'esprit et forment ensemble l'esprit. NS- Oui. RM- Les pensées et les idées sont-elles de la même espèce ou bien se suscitent-elles mutuellement ? NS- Je ne comprends pas. RM- Voyant une personne, quelles pensées vous suggère-t'elle ? NS- Je crois voir une forme pourvue de certaines qualités, comme la gaieté, la petitesse, etc... RM- Comment savez-vous que ces appréciations sont vraies ? NS- Pour les avoir déjà rencontrées dans le passé. RM- Par conséquent, il y a des sensations brutes que vous vous empressez de comparer avec des impressions analogues que vous avez eues dans le passé. Cette fonction n'est-ce pas la mémoire, la capacité de comparer et de juger des similitudes ou des différences, une capacité plus élaborée que la simple réception d'impressions ? NS- Oui. RM- C'est une deuxième fonction qui a pour nom intellect ou buddhi. Des deux, laquelle est supérieure à l'autre : la sensation ou la pensée, ou alors l'intellect ? NS- L'intellect guide, organise et maîtrise les pensées. Aussi c'est l'intellect (buddhi) qui est supérieur aux pensées. RM- L'intellect peut donc être considéré comme une sorte d'enveloppe intérieure, un noyau, du mental. Pouvez-vous penser à un autre noyau dont buddhi serait l'enveloppe extérieure ? NS- Mon esprit est incapable de pénétrer dans de telles régions mystérieuses. RM- Même maintenant que vous avez pénétré en cet esprit, que vous avez prononcé le mot "mon esprit" ? Dans ce terme vous avez inclus les pensées et l'intellect, n'est-ce pas ? NS- Oui RM- En disant "mon intellect", quel rapport voyez-vous entre vous et l'intellect ? N'est-ce pas celui existant entre un propriétaire et son bien ? NS- Peut-être que oui, mais la chose n'est pas claire à mon intellect. RM- Est-il pareil tout le temps, est-il le même pour vous et pour les autres ? NS- Non, il change, et il est différent de celui des autres, notamment en ces instants où je ne suis pas d'accord avec eux. RM- L'intellect est-il de même degré ou qualité pour tous, quel que soit leur âge, ou leur instruction, ou leur santé ? NS- Non. Pour un bébé il est très réduit. Les personnes plus âgées ou instruites en ont davantage. Les malades aussi ont parfois un intellect plus réduit. Pour les personnes très intelligentes il est très développé, alors que chez les fous, les alcooliques et les sots il est pour ainsi dire inexistant. RM- Chez les fous, ou est-il ? HS- Il est masqué ou détruit. RM- Ne peuvent-ils pas le réintégrer un jour ? NS- Certains, oui. RM- Comme l'on reprend possession d'un bien volé. Donc, il est votre bien, qui peut être amélioré, sujet à changements, pouvant être détruit, et pouvant de nouveau vous être rendu, à vous qui en êtes le possesseur ? NS- Oui. RM- Bien, l'intellect ou buddhi est votre propriété, seulement, ce n'est pas vous ? NS- C'est exact. RM- Alors qu'êtes-vous ? NS- Je suis incapable de le découvrir. RM- Vous voulez dire que votre intellect ne vous montre pas qui vous êtes. NS- C'est cela. RM- N'avez-vous pas d'autres facultés hormis l'intellection ? Pourquoi ne pas voir ? NS- Où dois-je regarder, que dois-je voir ? RM- Regardez en vous, regardez-vous. NS- Mais comment pourrais-je voir ce qui est invisible ? RM- C'est à vos yeux de chair que cela est invisible. NS- Mais ce sont les seuls yeux que je possède, non ? RM- Il y a votre "je". Regardez avec lui et demandez-vous "Qui suis-je ?". NS- Mais comment pourrais-je voir mon "je" ? RM- En parlant de ce "je", n'êtes-vous pas conscient de quelque chose ? NS- Si. RM- Cette conscience n'est pas une conscience s'exerçant sur des objets, donc c'est autre chose, obligatoirement ? NS- Comment cela ? RM- En réfléchissant à un objet, vous êtes absorbé par cet objet et transformé - vous devenez cet objet§. A ce moment-là vous ne réfléchissez plus au "je" mais à l'objet. N'est-ce pas vrai ? NS- Si. RM- Maintenant si vous écartez l'objet, que reste-t-il ? NS- Rien. RM- Mais au moment où vous perceviez l'objet, il y avait d'un côté l'objet perçu et de l'autre vous-même, l'entité percevant. NS- C'est exact. RM- Si vous écartez l'objet, que doit-il rester ? NS- Logiquement, mathématiquement, le sujet. Mais en fait ce n'est pas le cas. Sitôt que j'arrête de réfléchir aux objets, le mécanisme de la pensée disparaît. Le "je" ne reste pas tout seul. RM- Vous avez partiellement raison. Le notion intellectuelle et relative du "je"-sujet n'a pas d'existence en dehors de son pendant, l'objet. Le sujet et l'objet naissent ensemble et disparaissent ensemble. Le je en tant que première, deuxième ou troisième personne apparaît dans la conscience puis disparaît. Mais n'y a-t-il pas de conscience différente de cette conscience intellectuelle ? NS- Je n'en vois pas. RM- Votre intellect est-il présent dans le sommeil profond ? Dormant profondément, percevez-vous des choses ou objets, comparez-vous, mettez-vous en contraste, vous rappelez-vous des choses ou objets et les jugez-vous ? NS- Non, il n'y a pas d'objets auxquels je puisse penser ni de jeu intellectuel. RM- Et pourtant, vous l'aviez admis, vous étiez heureux ? NS- Oui. RM- Qu'est-ce que ce sentiment global, ce bonheur indépendant des objets ou pensées, ce sentiment ou conscience auquel l'intellect n'a pas part ? Vous avez déjà découvert qu'il est dans la nature du "je", du Soi, d'être heureux ; c'est en lui que vous trouvez le bonheur, une fois l'intellect transcendé. L'on peut en conséquence conclure que "je", "Soi" et "bonheur" sont une et même chose, ressentis en tant qu'unité, bien que l'intellect ne les perçoive pas comme tel. NS- Je suis maintenant convaincu qu'il doit en être ainsi, mais je n'en ai pas clairement la perception. Je ne ressens pas ce bonheur inconditionnel ou absolu au-delà de l'intellect. RM- La raison en est votre longue habitude de penser à vous par rapport à des objets, de vous identifier avec des objets, ce qui vous a empêché de vous voir de la façon venant d'être énoncée. Vous avez constamment fonctionné avec votre intellect et jamais avec votre intuition. Si vous renversez cette tendance et allez vers la vision profonde, intérieure, écartant toutes les images extérieures et vous retirant dans le sentir intuitif, dans la pièce obscure de votre esprit, vous saisirez votre vraie image. C'est cela le réel, la réalisation, le "réalisateur" ou le Soi - Celui que les mots sont incapables de décrire, qui est hors d'atteinte du mental, et que l'on évoque par des mots qui le décrivent, c'est à dire sat-chit-ananda, existence ou réalité, conscience ou illumination, et béatitude".
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04.10.2008
MAI HORS SAISON n°15
J'ai déjà mentionné dans mes notes intitulées "La Beat Generation en France (1967) histoire occultée" (7 notes que vous trouverez sur ce blog, publiées le 04.06.2007), l'excellente revue poétique : MAI HORS SAISON, créée par Guy Benoit en 1969. Je viens de recevoir le n°15 (septembre 2008) dont l'illustration de couverture est une photo prise par un poète MAJEUR de la Beat Generation française: Théo Lésoualc'h. Elle représente l'inscription "NON, NON" taguée sur un mur, qui traduit bien notre indignation face à la "fin de l'être humain", "l' immonde" (tel que l'appelle Paul Chamberland) dans lequel ne se manifestent que la dureté de coeur, l'indifférence techno-gestionnaire, l'obscurantisme délibéré proféré par la barbarie de la violence économique ordinaire. Le verso de couverture nous rappelle la liste de tous les poètes qui ont participé depuis1969 à aujourd'hui, à cette expression vivante de la "révolution/révélation" qui s'affichait en titre du n°11, initialisée par Daumal et Gilbert-Lecomte (Le Grand Jeu) et que nous rappelle en substance Serge Sautreau, à travers un texte sublime, d'une brûlante actualité, intitulé: "La forge", et dont je ne peux m'empêcher de vous livrer de larges extraits : "Tout le monde sait, depuis toujours, que le fric pourrit tout : il n'a jamais étalé sa puissance ni exercé ses ravages avec autant d'âpreté qu'en ce début de vingt-et-unième siècle. Même les esprits très peu portés à la critique du capital se prennent à contester ce règne de mépris et de terreur sociale qui ne rêve que commerce et profits aggravés" - "Arc-boutés sur des hostilités circonstancielles parfaitement fondées mais inaptes à l'approfondissement du phénomène religieux, les révolutionnaires historiques ignorent, ou ne veulent pas savoir, ce que pourrait être, ce qu'est peut-être bien L'ESPRIT. L'expérience intérieure les prend à contre-pied. Ils y voient un leurre ou un piège. Au pire un truc de curé. Au mieux une lubie de poète. Voilà comment on fait de sa propre énergie un succédané du trop célèbre opium du peuple! C'est pourtant là que se cache l'essentiel, là concrètement là que le peuple respire en chaque individu, là d'abord, dans cette révélation de la société du dedans, dans cette décision intime de refus et de refonte, que se trame l'émancipation. Celle-ci est de l'ordre de l'amour, et même de l'amour fou : du coeur mystique à l'état brut, voilà QUI GÊNE". - "Il ne faut pas laisser la métaphysique aux réacs !" cette exclamation du poète Guy Benoit (...) n'en a pas fini de ses perturbations. La révélation est l'extrême pointe de la raison. Elle surgit en RAISON ARDENTE. De nature spirituelle, elle ne doit rien à aucun dogme : elle les précède tous. C'est d'elle que les religions prétendent tirer leur validité. C'est à elle que, sans cesse, elles parviennent à tourner le dos".- "La révolution exige davantage d'audace qu'une main en visière sur une trouille de gros bras. Elle ne redoute ni l'angle ni l'oblique. L'invisible ne lui fait pas peur ; elle y séjourne à longueur de siècles. Rien de ce qui se joue dans les coursives de l'entendement ne lui est étranger. Les dieux et le dieu des dieux s'agitent dans son dos lorsqu'elle visite les peuples. Elle casse les coutumes de l'exploitation : elle ravit, libère et accomplit tous ces dieix et ces peuples. Elle tue le Bouddha comme il demande à l'être si l'on veut le rencontrer". -"Ils ont cessé de la troubler ou de la faire rire. Elle sait ou elle en est avec le nord. La situation de l'esprit n'a rien d'un théâtre d'ombres - c'est un gouffre et elle y vit. Lorsqu'elle remonte au grand jour, il lui revient de vaincre avec ceux du gouffre, avec leurs plaies, avec leurs espoirs, avec leurs mirages. Exigence terrible et simple : à propos du volume, de la clim' et du plan de vol planétaires...Alors la révolution se voit : elle agit. On ne la perçoit que lorsqu'elle agit, justement. Le reste du temps, sous l'aile de la pensée, peu la devinent". - "Ceux qui croient ne croire qu'à ce qu'ils voient ne sont pas près de la voir. Justice, ah justice !... Tant de cécité volontaire au sujet d'un fait qui crève les yeux, évidemment... L'impérialisme du solide a fait son oeuvre, mais toutes les paupières ne s'arment pas de plomb. La révolution est une transparence qui tend à devenir visible". - " Oui, l'Eden est en bas, dans le foyer, dans le brasier originel, dans notre sol profond, dans l'insondable instant. L'Eden? L'immanence d'ici toujours. L'utopie ? La transcendance de maintenant qui vient. Ainsi, du brasier au soufflet en passant par les flammes, une verticale, à la fois creusante et ascendante, relie l'Eden à l'utopie. Ceci n'est pas un décret, mais une vision. Il ne dépend que de l'intuition de chacune et de chacun d'y voir rôder le secret de la forge. Cette verticale travaille le peuple comme le tisonnier éclaircit le mâchefer". - (en note:) "la république n'est pas la propriété du capital. Par les temps qui courent, ce dernier, tout en affectant des protestations de républicainisme sincère, en est plutôt le fossoyeur. Non : depuis 1972, il est clair que république signifie, au moins idéalement et comme voeu pieux et inexaucé, AMIE DU PEUPLE plutôt que POMPE A FRIC. C'est donc dans son principe, dans son essence d'AMIE DU PEUPLE que j'aime à la considérer". - "Mise en face du pôle REVELATION, la bourgeoisie ne tient pas la route. a y regarder de près, cette même bourgeoisie n'a pris le pouvoir qu'en sabrant une révolution dont l'impulsion venait d'ailleurs: des lettrés, de l'aristocratie émancipée et du bas clergé, relayés puis dépassés par le peuple dès que celui-ci eut perçu le sens de ce qui se jouait: dès qu'il s'en donna la révélation. A l'affût de tout profit nouveau, la bourgeoisie entra en scène pour contrôler le mouvement, pour en stopper la course au point qui lui convenait : de la révolution, elle ferait son affaire. Mais de la révélation de la dignité du peuple comme de toute révélation, la bourgeoisie n'en a cure : la révélation est "sans intérêt"; elle n'ajoute aucune plus-value à la production ni à la circulation des marchandises, elle surgit comme une incongruité dans le champ, étroitement circonscrit à la qualification matérielle, d'une économie où aucune autre place que le calcul n'est réservé à l'activité de l'esprit. Rien n'est plus étranger à la bourgeoisie que la possibilité d'une transcendance, et elle ne s'accommode des dogmes religieux que dans la mesure où ils oublient de condamner ses trafics, ses commerces et autres escroqueries - que dans la mesure, aussi, où ils se donnent comme éteignoirs des désirs du peuple et non comme sources illuminatives, comme incitations à l'expérience spirituelle immédiate, qui est libération. Mais Monsieur Jobard, actionnaire et champion boursier, l'Eden, Halladj ou Lao-Tseu, c'est de l'hébreu sans dividendes : aucun intérêt, oui, et dangereux pour exploiter et spéculer à l'aise !... A l'opposé de l'habituelle et trop commode vulgate, il se pourrait que la bourgeoisie, en tant que classe, n'ait jamais été révolutionnaire, mais seulement opportuniste. Experte en marchés noirs sous n'importe quelle Occupation, elle n'a jamais failli à ses détestables habiletés".- "Il y a eu, il y a encore des peuples, hélas... et qui ne s'efforcent pas nécessairement d'aligner leurs destins sur les contorsions des maîtres. Le tremplin spirituel leur est plus familier que les hystéries de Wall Street. A ceux-là, on ne fera jamais gober que la république doive se plier à la dictature des conseils d'administration, ni la démocratie aux impératifs de rentabilité financière. A ceux-là, on ne fera jamais respecter des hommes qui ne savent rien faire de leurs mains, ni de leur pensée autre chose qu'un rente. A ceux-là, le naturel de la révélation apparaît : hors chiffre, plein coeur." On trouvera également dans ce numéro 15, de précieuses révélations de la part de poètes (Guy Benoit et Jean-Pierre Begot) qui furent mobilisés en "appelés" à la guerre d'Algérie. ("Extraits d'Algérie/1959-1962" ). A cela, on pourrait rappeler ces mots de Paul Chamberland ("En nouvelle barbarie" essai, Ed.Typo, Montréal, Quebec): "Le poète aussi fait le mort en chantant. Et cela, les habiles, les agités, les bruyants, le traduisent ainsi : en voici un, parmi nous, qui est dépassé par les événements, qui n'a pas pigé, qui s'est fourvoyé et qui raconte des histoires à dormir debout. Mais que faire d'autre que de supporter sans s'émouvoir ce complet non-entendu, puisqu'il vaut mieux éviter le malentendu." et ailleurs dans ce même ouvrage, qui est capital, historique, et bien plus actuel que tout ce qui se publie chez nous depuis une décennie : "La sphère du spirituel est désormais si difficile à reconnaître qu'elle paraît purement illusoire. Car l'exigence spirituelle entre en conflit ouvert avec la réalité contemporaine, qui est produite et reproduite selon les dispositifs et les critères de la technoscience. En ses présupposés, la technoscience est foncièrement extérieure au sujet puisqu'elle compte pour rien ce qui n'est pas reproductible et communicable en tant que données ou informations assimilables à des opérations de calcul ou de procédures d'expérimentation. Son projet ultime est celui d'un environnement entièrement "processé" et façonné selon les paramètres qu'elle établit. Ce qui implique inévitablement la visée d'une programmation exhaustive des comportements : un anthrope synthétique, prédictible; une momie, LE CADAVRE IMMORTALISE DU VIVANT, "EN FORME ET EN SANTE". Paul Chamberland qui participa à plusieurs reprises à "Mai Hors Saison", malgré ses décorations et promotions culturelles au Quebec, eut le courage d'énoncer bien haut et fort, ces dernières années, ces mots : "ON CHIE SUR L'ESPRIT !... ET TRES OFFICIELLEMENT - DANS LES MINISTERES, DE LA CULTURE, DE L'EDUCATION, DE LA SANTE: LA, LES HUMAINS SONT TENUS POUR DE SIMPLES P A R A M E T R E S D E L A F R E N E S I E P R O D U C T I V I S T E ".
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03.03.2008
Bref exposé de l'état de guerre
Bref exposé de l'état de guerre - 1er mirage : la nostalgie d'être (ou de ne pas être, ce qui revient au même en tant que nostalgie) ce que l'on est . Sentiment d'inquiétude, de manque, de peur, d'isolation, hallucination basée sur l'objectivation tenaillante, le souci d'évaluer, de mesurer, la séduction de compaison, l'ignorance du relié, l'agitation mentale. - 2ème mirage (qui s'emboîte sur le premier): la quête projective (pour se prouver à soi-même en mobilisant la demande, la provocation de la contribution des autres pour se créer une "justification" apparente d'être (de se croire) "quelque chose" ou "quelqu'un"). Stratagème exterminateur qui mène à s'attribuer des valeurs de connaissance, des capacités, à caractères totalitaires: "Moi, je sais, je suis le Meilleur !". - Conséquence instantanée inévitable : la division, la guerre, dans le monde et transportée en soi. Et l'illusion d'une séparation entre externe et interne. Que peut-on faire pour remédier à cela ? Rien. On ne peut que se dé-faire. De toutes façons, les résultats manifestent la défaite. Ce qui ne change pas en moi, n'est ni la défaite, ni la guerre, ni la peur. La défaite de tous nos actes, de nos pensées, dans cette espèce de violence réactive virale qui finit par s'installer en normalité, en "réalité", coupée de la sensibilité première, de l'écoute, de ce qui demeure, maintenant, à l'écart de toutes les scènes imprimées dans la mémoire, cette défaite n'a pas de realité VIVANTE. Si je la laisse mourir, se dissiper, la toute possibilité est intacte dans l'ouverture que je suis (indéfinissable), maintenant. Et cela change tout !...Il suffit d'être attentif au moment présent, sans rien retenir du vécu, du révolu. Alors c'est comme si l'intelligence de la vie vous disait: MERCI, car en étant toujours cette présence que l'on est (et qui est toujours là, de toutes façons ; c'est le "ce que je crois être" qui s'en écarte !), on participe intimement à la création, à la conscience de ce qui est, au-delà des apparences momentanées et des mirages précités. TumTum
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