Avertir le modérateur

01/06/2007

CAVALLO: CHOURAVE CHEZ LES AZTEQUES. 1

CHOURAVE CHEZ LES AZTEQUES ou LA LENTILLE DU HAWK Le hawk, c'est c'ui qu'à l'oeil, qu'a vu avant tout l'monde, et qui gamberge pas trois plombes, même pas deux minutes. A la Bastoche, on avait la réputation d'être des "rapides". Paulo disait que l'pin-ball (le billard électrique) des troquets, c'était un excellent training pour la jungle des rues. S'agissait d'avoir la lentille aiguisée pour pas se faire couillonner par plus mariole que tézigue. La rue du populo, on la mirait souvent comme le défilé des empaquetés, des ballots, nourris par les singes et les guignols. Ça manquait pas de raclures aux coins des porches pour lorgner le prochain têtard. Y'en avait même qui se délectaient à ce jeu-là. Y'avait des brindezingues aussi, des tordus de bibards, qu'on aurait cru tout droit sortis d'l'enfer, des loquedus 'vec qui fallait pas s'flécher, des chicandiers, des becteurs de la carlingue, qu'essayaient comme ça, sans prévenir, de se faufiler dans le Rock'n'Roll. Y'a des perruqués ostentatoires qui "déplacent de l'air" par ou i's'baguenaudent, rupins matuvus ou pedzouilles arrivés, les ceusses qu'ont toujours besoin d'un larbin, et qui t'regardent de haut. C'est rarement ceux-là qui se font pigeonner, parce qu'ils sont craints. A moins qu'ils soient très occupés, et tête-en-l'air, barbotant dans leur confort. Not'rock'n'roll pour leurs naseaux délicats, ça sent la merde. En d'sous d'eux y'a les beaufs, qui font comme si que, ceux qui pétent plus haut qu'leurs culs, incapables d'avoir une idée sur quoi qu'ce soit, qu'on toujours besoin du voisin, le style Radio-Luxembourg années 50 ou 60. Ceux-là sont les gogos tout crachés. Mais les voyous s'attaquent aussi à des gens plus réglos, pour qui la vie est duraille, et qui tirent tout de même une bonne tronche parce qu'i'z'ont du palpitant, et là, les marlous pas psychologues pour deux sous ne font pas de différence. Fatalitas et calamité !... Nous, les mordus du Rock'n'Roll, on béquetait pas dans cette auge-là. On était réglos avec les réglos, mis-à-part quelques gougnafiers qui chouraient les disques des copains dans les surboums ; suivez mon regard. La lentille du hawk était d'mise que j'te dis; ça pouvait fonctionner à tout moment, et un soir, mézigue a choppé comme ça un fumier qui reluquait ses 45 tours, eux-mêmes tombés d'un camion, mais d'un camion d'aztèques!... qu'avaient la louche au flinguot en t'voyant débouler dans leur magaze. "Vous cherchez ?"qui t'disaient comme ça en te sautant su'l'paletot. Le Frantic pouvait pas les encadrer ces boutiquiers-là. Pas aimables. C'tait p't'êt' à cause de ma dégaine. Des blousons noirs les avaient déjà caroublés à plusieurs reprises. Mettaient tous les zigs de mon genre dans l'même sac. Perdez rien pour attendre, que j'me disais, mézigue va prendre tout son temps, et travailler l'engourdissement. J'leur sortais deux trois trucs qui leur en bouchaient un coin sur l'histoire du Rock'n'Roll. Savaient même pas c'qu'i'fourgaient, les cloches !... De vrais bleus !. Et méprisants avec ça (pour les amateurs de Rock'n'Roll)!... On aurait dit qu'ça leur tapait sur le haricot de devoir vendre cette musique-là, qui pour eux n'en était pas. Je passai un temps fou penché sur les bacs, examinant les pochettes comme un philatéliste. "On peut vous aider ?!" qu'i disaient derrière mon dos, revenant à la charge. J'bouillais!. "Non merci, j'regarde!". En réalité j'attendais qu'y ait un peu plus d'monde dans la boutique, afin qu'i'cessent de me râper les burnes. Parfois, excédé, voyant que je n' y arriverais pas, j'allais carrément à la caisse leur demander une galette que j'avais bien vu qu'i'z'avaient pas. "Vous voulez qu'on vous le commande ?...". Ah, c'était des aigrefins, des coriaces!. M'fallait alors inventer des références inexistantes, en ajoutant des précisions bidons. Mais l'jour J où qu'mézigue gaula un pacson d'45 tours EP, les glissant rapidos sous son perfecto, et qu'i s'dirigea d'un pas ferme et décidé vers la lourde entrebaillée qui venait d'carilloner, une colonie de glandus s'étant pointé dans l'casin, il entama le chant de la Victoire en filant à grands pas. Les crâneurs s'étaient fait blouzer, sans le moindre tilt !. Du boulot de pro !

18:43 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0)

Les commentaires sont fermés.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu