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01/06/2007

CAVALLO: PONNETTE & LE DARRON

PONNETTE ET LE DARON "Chez la Mère Ponnette" ...Pictance & bectance en artille, caoua & pousse, en bordure de la nationale, ancien "Relais du Postillon". Voilà où qu'on a fait la pause en rentrant du Festival espingo de Rockab où passait Ray Campi. L'adresse était connue de Riton-la-gouale depuis un bail. Là-bas quand Le-Daron s'écrie: "Mets le couvert!", ça signifie qu'après la tortore et l'allumée, on s'apprête à une partie de poker. Fallait voir dans quel état la bordille se mettait à flamber. "Faut s'mett'd'acc'su'la carre! "-"Largue tes mitaines, Riton ! On dirait qu'tu biseautes ! "-"Essaie pas d'me roustir!"-"File-moi don'la Bergère !" - et :"Allez le-Niçois, amène la mornifle!" et quand sonna l'coup d'bambou, toute la clique fila au grenier, ou qu'y avait matelas et couvrantes, parce que les piaules, c' était "pour les truffes". Z'avez pigés que l'Frantic, i's'est tenu à l'écart, préférant la causette avec la Mère Ponnette qu'aimait bien les Rockers, qui lui disaient même que le morceau "Hey Pony" avait été écrit à son intention. Avant de rencontrer Le-Daron, elle avait travaillé dans les fêtes foraines, où les disques de Rock'n'Roll les plus sauvages passèrent très tôt, donnant du piment aux attractions. Ses compilations sur cassettes la rendirent un temps célèbre auprès des amateurs. Puis elle essaya sans succès de devenir chanteuse à l'époque du twist. C'est là qu'elle rencontra Le-Daron, fan invétéré de Jerry Lee Lewis. Même fossette au menton, même regard provoc, toujours un flacon d'Old Crow à portée de main et le havane au bec dans les grandes occases. L'était un chouya musico lui aussi, bien qu'i'marnait dans les casses de bagnoles. Lorsque Ponnette hérita du restau, ils se marièrent et allèrent s'y installer. Suffisamment musico pour se mettre au piano qui occupait un coin de la salle et nous rejouer, dès notre arrivée, un medley : "When The Saints - Crazy Arms - It'll Be Me - Whole Lotta Shakin'Goin'On". L' appelait ça : "Million Dollars Sextet" (on était 7) en mémoire à cette fameuse séance Sun réunissant Elvis, Carlos, Johnny Cash et Jerry. Ce-dernier était son dieu, son "super-héros dans le monde du showbiz". L'aimait revenir sur les anecdotes les plus craignos le concernant, qui paraissaient l'impressionner, histoire de titiller les méninges de ses invités : sa réputation de flingueur, de teigneux, de stentor mégalo, de cogneur, son profil de redneck dédaigneux, tout ça semblait revêtir pour Le-Darron des qualités estimables : "un Vrai dur !" qu'i disait. Il nous rappelait qu'en 73, Jerry Lee casse le col d'une boutanche d'Heaven Hill et le plante dans le cou d'un journaliste venu l'interviewer ; qu'une autre fois il rentre chez lui en arrosant la facade avec une mitraillette, une boutanche dans la fouille ; records d'excès de vitesse et de conduite en état d'ivresse, en complicité avec son vieux putois d'paternel; excessivement jaloux d'Elvis, depuis le début, dont il n'encaissait pas le succès, etc... "Ça vous gène que j'aie des couilles ou quoi ? !!!". Cette citation du "maître", qu'i nous ressortait à chaque fois, résume à peu près toute la philosophie jerryleelewisienne. Nick Tosches qui relate sa biographie en détails dans plusieurs bouquins récents écrit: "En matière de boisson, de bagarre, d'insultes, d'armes à feu et de baise, Jerry Lee les enfonce tous ; c'est le seul chanteur à pouvoir s'en sortir en engueulant son public et en traitant ses musiciens de fils de putes". Hé bein mézigue, c'est justementce qui le fait gerber, cette suffisance "texane"qu'on retrouve par exemple chez ce corniaud de George W.(C)Bush. Le redneck dans toute sa splendeur, totalement inconscient, la brute épaisse et bornée, l'illustration humaine du sanglier-des-Ardennes!... "L'enculeur" comme dirait mon pote Guy, qu'en soupçonne à tous les carrefours. Le miston qu'envoie chier toute la planète!... C'qui explique que le Frantic préférait la causette avec la Ponnette, la vraie taulière de la carrée, parce que son jules, malgré son cinoche, l'avait plutôt le ciboulot de la taille d'un petit pois. J'éprouvais aucune envie de lui démontrer que le Jerry, l'avait pas inventé la poudre, rapport aux pianistes noirs de boogie-woogie : les Pete Johnson, les Roosevelt Sykes, les Cecil Gant... Ça l'aurait foutu en pétard.

18:41 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0)

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