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02/06/2007

CAVALLO: BOPPIN'BILLY.1

BOPPIN'BILLY (IS READY-READY-TEDDY TO THE ...ROCK'N'ROLL!) 'Tant que je me souvienne, Boppin'Billy créchait à La Garenne-colombes. Nous étions tous encore chez nos pa- rents à l'époque. Billy était un pote de bahut, un CET à Paname. Son vrai prénom était William. Blondinet, il avait un faux-air d'Eddie Cochran, avec son menton légèrement en galoche, sauf son blaze qu'était un chouya plus pointu. Mordu de Rock'n'Roll comme mézigue. On s'échangeait des singles pendant les cours. Et c'est dans ce bahut que j'ai dû cloper mes premières tiges pendant les récrés, jactant flirts et rock'n'roll. Un flash de ce temps-là, qui me revient : le Photomaton du Prisu, qu'était tenu par une vendeuse en blouse grise, le genre de ma tante Pauline. C'tait toute une affaire, pour elle, d'installer l'client sur le siège tournant qu'il fallait règler en hauteur bien en face de l'objectif, et d'appuyer su'l'bitonio au bon moment; elle ne voulait que personne d'autre ne s'occupe de ça à sa place; le Photomaton, c'était sous son entière responsabilité. Et ça, ça m'avait gonflé, vous pouvez pas savoir!... Je n'étais plus un môme!. En me préparant au premier cliché, voilà que j baisse la tronche, laissant tomber une mêche sur le front, exactement comme Gene Vincent sur la couverture du dernier "Disco-Revue", et cette greluche de répliquer : "C'est pas nécesssaire !". Putain! De quoi j'me mèle!... Elle venait de me couper tous mes effets. "Allons, calmez-vous ! - On se détend !". Ah, cette fois je devenais furax, j'devais avoir la trogne constipée, et j'ai dû me résoudre à ces portraits à la con, acceptables aux yeux de mes dabs et des autorités concernés. Avec Billy, l'était question de créer un groupe qui s'appelerait: The Boppin'Cats; pas question d'un nom comme "chats sauvages"ou "chaussettes noires", ni d'paroles en franchouille. On allait reprendre bien sûr : "Be-Bop A Lula", "C'mon Everybody", des trucs comme ça, et j'écrivais des lyrics in english du genre: "Sweet Rockin' Baby Doll", "Dancin'Round The Jukebox", c'était pas trop duraille, suffisait d'piquer un bout ici, un autre là, dans une douzaine de rock'n'rolls, et mis ensemble, ça faisait un truc "in", dans le vent, original. Combien d' ailleurs, soi-dit en passant, n'ont pas procédé de cette manière, aux States, durant les 50's ?...Faut dire que sans aller jusqu'à chanter en yaourt, comme certains de nos potes, groupes rivaux, on s'enquiquinait pas trop avec ça. Solfège idem. Les trucs d'Elvis, on les connaissait par coeur, phonétiquement, sans entraver le quart de c'qui racontait. Bref, Billy comme nous tous était dingue de la gratte électrique, mais il se découragea très vite, et jouer la rythmique ne l'accrochait pas trop, alors il se tourna vers la basse. Son putain d'rêve c'était de tenir une contrebasse dans ses pognes et de faire le jeu de scène comme le mec des Comets de Bill Haley qui chevauchait son instrument comme un pur-sang ou une bécane. Mais ça coûtait un max de flouze comparé à nos grattes deutsches et ritals. Coup d'pot, l'avait un tonton dans le Jazz qui lui promis de se rancarder. "Avec une basse solid-body en bandoulière, t'as plutôt l'air con!" qu'i disait le Billy. "Ça sonne pas! Comment veux-tu slapper ?...". Faut dire qu'i fantasmait dur là-dessus le Billy; on le charriait. Le slap des cordes de la contrebasse, ça évoquait dans sa tête à la fois la castagne du style "Fureur de Vivre", James Dean à l'Observatoire, et le "slip", le petit claquement sexy des élastocs de soutien-tifs et de petites culottes des nanas presqu'à oilpé !. Tout un programme !... Et quant son tonton lui dégota le big-bazar, qu'avait déjà fonctionné dur rapport à ses éraflures, Billy passa une journée entière à le pomponner. Pas question de jouer not'musique avec ce vieux nounours de baluches. Billy se pointa lorsqu'il jugea sa contrebasse "ready-ready-teddy to the... Rock'n'Roll". Et sa gonzesse : Agathe, qu'on appelait: Agathe Veublouze nous inspira aussi de reprendre "Agathe A Woman... She's Good to Me!" de Ray Charles siouplaît, mais dans sa version presleyienne. Billy chevauchait donc son engin en imitant la galopade des westerns devant les mirettes émoustillées de son Agathe. "She's my diamond-gal !" qu'i'disait entre deux poses rock. "She's Gathe It ! Ouuuuuuubh, My Soul!". Et nous étions un brin jaloux de son succès avec sa môme, nous qui en étions encore à flirtailler de-ci de-là. "I Get Agathe! ...Just for Me! ...Oh - Yeah!". Sacré Billy !.

13:04 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0)

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