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04/06/2007

LA BEAT-GENERATION EN FRANCE.7

C'est de la conscience profonde de l'authenticité que surgit la spontanéité. Un univers falsifié, balisé, étiqueté de significations objectives mortifères, dans lequel l'information technique, fut-elle clinique, se substitue à la nature essentielle, n'engendre que ce que les Hindous appellent : Tamas, l'engourdissement, la léthargie de l'hypnose dans une existence entièrement "télévisée", organisée en l'occurence par les derniers sursauts d'agonie de cette lubie, réfugiée dans l'abstraction, disparue derrière les machines gestionnaires de la technicité programmée qui lui ont permis de se dégager de ses pesantes responsabilités et dans lesquelles toutes les "erreurs indépendantes de notre volonté", protégées par des codes inaccessibles, officient à sa place. Ce ne sont pas ceux qui se reconnaissent sur Terre comme non-nés, sans appartenance, libres du corps/mental, qui placardent ce "on" qui se demande "ou il va"; ceux-là trouvent la réponse dans le silence et "têtent leur Mère" comme disait Lao-Tseu, à l'écart des campagnes d'opinions. Ce sont les "animateurs", les programmateurs, ces entités fantômatiques de la colonie pénitentiaire trompés par leurs Pères, abusés sur toute la ligne de leur existence par "l'organisation", par les impératifs hiérarchiques arbitraires, autoritaires, et qui se réfugient encore dans les solutions de substitution que leurs proposent les marchands de Livres Saints et les zoologues, ceux-là même qui séparent et enferment les "espèces" et provoquent des intégrismes, au nom de cette lubie qui a meurtri et couvert de chaînes notre Mère Terre. Abrutis par le défilé continuel des programmations, ils se projettent dans la pénitence dans laquelle ils se croient assignés à leur rôles de techniciens ; ils font semblant ; ils s'installent là-dedans. Ils n'arrêtent pas de se forcer dans cette lâcheté qui transforme leurs activités en contraintes, dans lesquelles on s'aperçoit très vite qu'il est d'usage de porter des masques et que les dialogues ne sont acceptés que dans le format réglementaire du mensonge. Dans ces geôles héritées du paternalisme féodal, la tranquillité intérieure fait peur car elle dénote ; elle apparaît comme subversive, sinon de mauvaise augure. La simple présence d'être, qui ne "s'identifie pas", est perçue comme le comble de l'audace et de l'impertinence, signe de dérision de la survie dans laquelle est entretenue la condition existencielle sous-entendue dans le contrat de participation. Cette "poisse" dont on croit être sur le point de triompher en la jugulant dans les cellules capitonnées de "l'emploi", est constamment sur le point de ressurgir d'une manière accrue en virulence. On a parié très loin sur cette complicité de contrainte, si loin qu'il est devenu impossible de contrôler toute la complexité psychologique à laquelle peut entraîner ce démon de la suspiscion, sans éprouver les symptômes d'une irrémédiable et insidieuse corrosion. La présence observante, libre de cette volonté préhensive, de l'investissement qu'on voudrait lui faire endosser, renvoie sans même en émettre l'intention la charge dominatrice à elle-même. L'humanité actuelle, avec cinquante ans de retard, se débat dans ce genre de cauchemars bien qu'elle s'évertue encore à en masquer soigneusement la continuelle oppression. On aimerait peut-être que le courant d'amour, de joie, (que l'on a caricaturé avec les clichés "hippy", mais qui est une réalité fondamentale, à la source de l'illusion matérialiste) circule partout, investisse la matière jusque dans tous ses tréfonds, que la lumière envahisse tout. C'est ce qui EST, et qui n'est pas. Le monde en nous se transforme sans cesse ; il n'est que transformations. L'humain a un rôle à jouer qui lui est dicté par la Conscience, dans le coeur, en permanence, par lequel l'homminieneté devient réellement humaine, actualisant la conscience pérenne; cela passe en soi lorsque l'on est attentif, vigilant. Il faut que l'être humain parvienne à cette proximité du Cela qui voit, qui se sait, antérieur à tout savoir, le Guru-en-soi, sans forme, qu'il se fonde dans sa nature originelle, qu'il porte en lui cette lumière qui projette le film qui fait apparaître l'entière manifestation, qu'il réalise que l'amour est le moteur de toute vie, et que tout le reste, notamment cette "ex-istence", ce cinéma, ces croyances de la tête cautionnent le cauchemar. Lâcher-prise dont la Beat Generation comprit la nécessité en territoires de supermarchés, de télévision, et d'égocentrisme légiféré. On aurait tort de ne retenir qu'une image "laxiste" et "négative" du non-agir. Lorsque nous vivons sans explication, il n'y a plus ni quête ni croyances qui tiennent. La bondieuserie sous tous ses déguisements, autant laïcs que religieux apparaît comme une épidémie. C'est une question d'attention. Ce n'est que l'idée d'un "moi" agissant qui engendre la distorsion, l'aliénation dans une normalité pulsionnelle du mental, prisonnière d'un processus contraire à la vie. L'homme ne peut jamais être "lui-même"; c'est une hallucination !. En réalité nous sommes un canal ; il n'y a aucune autonomie là-dedans, mis à part celle de cette PRISE DE CONSCIENCE. Celle-ci se distingue de l'ingénuité d'un refuge dans l'indifférence, croyance à la non-incidence de chacun de nos actes qui est ignorance, ou qui peut être hérésie du déterminisme absolu qui nie la responsabilité en la noyant sous le concept d'une instrumentalité passive. Mais là encore, le parcours est truffé de paradoxes, la véritable activité est toujours non-active. Le désir d'action doit se soumettre à l'intemporel, à l'impersonnel ; c'est là qu'il y a sollicitation. Autrement dit : la personne se mêle toujours de ce qui ne la regarde pas. Qui prétend agir en se laissant aller au raisonnement ordinaire ou aux exaltations et effusions du coeur demeure dans le processus d'objectivation. Le présent nous est donné et se suffit à lui-même. Il existe une forme d'action qui n'a absolument rien à voir avec le réactif , qui se produit directement, sans choix, sans mémoire, hors du temps. Le libre-arbitre, à ce propos, ne consiste bien évidemment pas en cette pseudo-liberté de s'offrir la jouissance de faire ce que l'on aime, qui est réactive, compensatrice, soulevée par une prétention. On ne dispose pas de soi-même comme on aurait tendance à le croire. La liberté se situe au niveau du choix d'accepter ou de refuser ce qui se présente, à l'improviste, donc susceptible de bouleverser à tout moment toute apparence dans laquelle l'esprit s'endort, de se soumettre à cette élimination de toutes ses constructions, identifications, noeuds d'énergies retenues, et là, l'intimité est parfois sollicitée par les forces telluriques enroulantes, exacerbées, qui s'efforcent par tous les moyens de vous retenir dans les limitations. Vos proches ne partagent pas cette épreuve; ils ne peuvent vous venir en aide. Ils peuvent témoigner de soutien, de présence et d'amour, s'ils sont ouverts et à l'écoute, mais ne peuvent affronter à votre place ces forces malignes, dont il faut user la tension, épuiser la virulence, ce qui ne pourra se faire que depuis votre être impersonnel. L'axe de Vie passe par les ténèbres où doit mûrir cette évidence. Ce vidage s'accompagne d'un vif pressentiment de réalité qui supplante toutes les idées que nous pouvions nous faire, qui est une dynamique d'accueil de notre Vraie Nature. Au cours de l'existence, l'épreuve enténébrante peut survenir à tout instant, ce qui donne un bien singulier éclairage de l'idée de SECURITE, (tellement mise en avant dans nos sociétés de confort) qui en réalité est d'inspiration sulfureuse. Alan Watts (1915 -1973) n'a-t'il pas vanté la "bienheureuse insécurité" (Ed.Stock, 1977) ?. La tranquillité dont nous parlons n'a aucun rapport avec quelque forme de "quiétisme" que ce soit, qui consisterait en une attitude objectivée (telle l'image "hippy"). Dans le champ du clair-obscur, le principe unificateur ne se manifeste que lorsque le mental est totalement abandonné, l'intuition qui conduit au pressentiment de la souveraineté du Non-manifesté passant par la non-compréhension du Vide. C'est cela l'aboutissement du "zen" !. Lorsque toutes les perceptions sont passées au second plan, s'entrevoit une brèche dans laquelle notre Etre Essentiel nous prend. Il nous prend en charge entièrement. Il ne reste alors que la Présence de l'Instant, toute efficiente. La nature du Vide est alors connue comme étant naturellement sereine, englobant le tout, résolvant tout problème, participant de la nature de la lumière. La création trouve son sens véritable, sa destination, en actualisant dans l'espace et le temps cette joie profonde qui émane d'une paix inconditionnelle. TumTum

17:12 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0)

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