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06/06/2007

Le ROUGE et le BLANC ou l'intériorité du COUPLE.2

LE ROUGE ET LE BLANC OU L'INTERIORITE DU COUPLE. 2 Lorsque l'on aborde le couple intérieur, on s'expose à une nouvelle ambivalence qui est donc celle du féminin abyssal, voie de perdition si remontent à la surface des résidus réactifs propres à la mentalité garçon, ou voie d'amour aux propriétés miraculeuses, si l'observateur se tient fermement dans la rectitude et affronte avec limpidité verticale, le déferlement exterminateur que la Déesse Rouge envoie sur toute forme susceptible d'attenter à son empire. L'histoire chevaleresque médiévale, la poésie des troubadours et les écrits de Dante font état de tels récits. La masculinité intérieure du féminin recèle un pouvoir vivifiant et "démoniaque". La verticalité de l'amant y est éprouvée. Le moment traumatique traversé par l'être intérieur, sans sexe, du garçon, équivaut à un dénudement abrupt similaire à celui du Seuil ; mort et renaissance dans l'essence de la vision qui surgit, éveil à une réalité supérieure, jusqu'alors voilée à l'intellect et aux sens ordinaires. L'essence du "T'ai Ki", c'est à dire de la conscience unitive qui s'ignore encore dans la confrontation des deux "couleurs" que revêtent symboliquement ces deux partenaires intérieurs: le blanc et le rouge, va se révéler par une synthèse, une spirale dans laquelle le "Yang" présent dans le "Yin" et le "Yin" présent dans le "Yang" fusionnent et s'anéantissent réciproquement. Rencontre de soi-même dans l'autre. Eclair foudroyant, aperception, c'est-à-dire perception instantanée de ce qui est perçu, sans personne pour percevoir ni quelque chose de perçu, toute figuration polarisée s'évanouissant, laissant se déployer la lumière de la conscience pure dans l'intemporel, l'impersonnel, la véritable Nature que nous sommes. Dès lors, il n'y a plus de barrière pour s'adapter à tout ce qui se présente et accomplir ce qui doit l'être. D'une façon générale, le garçon, le masculin, se croit piégé dans son rôle et refuse sa féminité intérieure, méprisant la masculinité intérieure de la femme (sa nature de femme-feu) qu'il redoute. Cet homme qui peut facilement devenir tyrannique aura tendance à biaiser en portant son dévolu sur une femme plus jeune et plus "malléable" en apparence ; son problème n'est pas résolu, bien au contraire. Quant au garçon transfiguré en ouverture à l'Etre, qui représente une "secondarité" de caractère, intériorité féminine de l'homme qui est en fait une virilité spirituelle, passant par l'éveil à la sensibilité, à l'art, à la poésie, à la présence à soi-même, sauf exceptions, elle n'est pas si bien vue que cela par la femme qui va la considérer comme une masculinité affaiblie, décevante, réfugiée dans la rêverie, l'intellectualisme, le romantisme, la religion, et qu'elle soupçonnera volontiers d'homosexualité latente, préjugé vivace qui confond par sentiment de déchéance personnelle un processus évolutif avec un schéma régressif. Notons qu'il est toujours possible de suspecter de misogynie une vision de la femme qui s'insère dans l'espace de cette ouverture, dans cette démarche intériorisante d'exploration, quête d'absolu semblable à celles de l'"amour courtois" du Moyen-âge ou des "Fidèles d'Amour", que le couple féminin fille/femme-feu, penchant vers le relatif immédiat voudrait dominer, du fait de la morale personnelle de son instinct sexuel, et qui semble lui échapper. La fille cache soigneusement en elle sa puissance rouge de femme-feu, se pliant en surface. Avec cette dernière, nous avons affaire à une gigantesque force de volonté spirituelle, inscrite dans la génétique du monde manifesté, remontant à l'origine des temps, s'apparentant d'assez près au magnétisme animal, qui non seulement détient le pouvoir de génération, de préservation et de régénération de l'espèce humaine et de la vie dans son ensemble, mais possède aussi une réelle volonté d'initiative morale, vouée aux buts ultimes de l'existence. la féminité de feu garantit la liberté intérieure de la fille et domine moralement le garçon, inféodé à ses besoins instinctifs, soumis à l'attirance sexuelle. Le mythe d'Isis et d'Osiris s'éclaire d'ailleurs sans difficulté dans le cadre du couple externe dans lequel la fille a le pouvoir de faire renaître le garçon dans toute sa verdeur, mais le passage à la dimension intérieure, ou se rencontrent face à face le blanc et le rouge, est d'une toute autre nature. La perte ou la fissure de la femme-feu, soupape de sûreté de la fille, endommage son libre-arbitre, son aisance à l'ironie taquine, à la séduction, et sa force défensive ; elle devient aussitôt une proie facile pour le garçon. C'est ce qui se caractérise dans les cas de viols, d'incestes, ou de prostitution, où la fille coupée de la femme-feu, la Déesse rouge, n'apparaît plus que "fétu de paille"entre les mains d'onanistes nécrophiles. Nous verrons plus loin à quel point le concept contemporain envahissant de "sexualité" n'a absolument plus rien à voir avec l'amour et s'est disqualifié dans les artifices du "consommable". Tant que la féminité intérieure masculine pointant vers la blancheur absolue et la femme-feu ou Déesse rouge, ou masculinité intérieure féminine, polarités inversées des sexes apparents ( garçon et fille) ne sont pas consciencialisés intérieurement et réciproquement, un dualisme obscur continue de s'exercer. L'être humain se fait victime et bourreau de cette ignorance, de ce noeud très serré, inaccessible à la grossièreté des points de vues dominés par les forces instinctives, à défaut d'une maturation où pourrait s'esquisser le champ d'une véritable "relation humaine" éclairée et éclairante, entre les êtres. Il y a là des valeurs qui, pour se développer, rayonner dans l'existence, méritent d'être accueillies ouvertement et sans réticence, avec la plus complète offrande de soi-même. Chacun des pôles de la quaternité du couple humain ne se connaissant que relativement opère de façon très souvent destructrice pour l'être cher ainsi que pour soi-même. La femme originelle possède les clés harmoniques de la Matière, mais elle est aussi l'indissociable "rumeur" qui met en mouvement le substrat du manifesté, ou Shakti, et à ce titre investie d'un rôle de justicière des lois de la Mère. La quête de son amant : Shiva, dépend de la grâce, de la rectitude et de la nudité intérieure ; elle est celle de la découverte de la Vraie Nature, en-deça des images. L'ouverture et la ferveur sont secourus par la grâce, face à la puissance terrifiante réveillée par cette aspiration qui s'affiche en transgression d'une loi de la séduction prééminente depuis l'origine des temps et de la condition humaine. La Déesse rouge abhorre qui l'approche d'aussi près, excepté les animaux et les enfants. Elle règne en impératrice dans ce royaume interdit aux hommes. Shiva est la seule présence qui puisse s'en approcher ; il ne surmontera l'effroi que s'il est véritablement fondu dans la Présence observante impersonnelle, faite d'accueil et d'amour, et si la grâce le permet. L'abdication de la Déesse se produit de manière exceptionnelle, lorsque la liberté intérieure du principe féminin originel est rigoureusement respectée, consciente de ne subir le moindre dommage. Un rayon de lumière s'installe alors entre l'Inaccessible et la Contemplation. L'actualisation dans l'espace-temps d'un tel miracle n'est pas concevable par la pensée et pourtant, la vision est là, dans la conscience pure, hors du temps et de l'histoire ; si ce miracle s'éveillait dans l'organique, il serait capable d'harmoniser tous les instincts et gestes de la vie, de transcender la Genèse ; la vie sur Terre serait un paradis.

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