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06/06/2007

Le ROUGE et le BLANC ou l'intériorité du COUPLE.5

LE ROUGE ET LE BLANC OU L'INTERIORITE DU COUPLE. 5 Il y a plus de deux mille ans que l'étude des instincts s'est imposée à la réflexion humaine. Nous savons que les énergies pulsionnelles tiennent à des facteurs biologiques génétiquement encodés auxquels viennent s'ajouter des incidences socio-culturelles. La culture les oriente, se voulant émancipatrice, ou les exacerbe. Le concept édificateur de la civilisation repose non pas sur le renoncement aux pulsions instinctives, comme le pensait Freud, mais sur leur claire vision. La répression des instincts est inopérante car ceux-ci sont plus forts que les idéations rationnelles. Le fait de céder aux pulsions, de se laisser submerger par elles, est symptôme d'absence de conscience. Lorsque nous nous sentons alors "agis par des forces qui nous dépassent", qui nous meuvent, nous régressons à un stade antérieur d'évolution organique, où s'exerce la virulence des encodages archaïques, implacables lois de la Mère ou du Père. Cette négation de la conscience, c'est exactement ce à quoi nous invitent maints slogans publicitaires en donnant l'impression que le "défoulement" ou la libre expression des instincts, fondent la liberté, ce qui est évidemment mensonger. Il peut se former ensuite un amalgame entre la conscience propre au principe Yin et l'ego dont la tendance est récupératrice de la programmation génétique des pulsions, mais cet aspect demeure la plupart du temps inconscient, du fait que le désir est conditionné par la croyance/identification à un "moi" individuel. La personne en effet, selon la conception féminine, est appréciée dans la dimension qualitative étalonnée par l'attraction sexuelle. L'homme avide de succès, d'"être aimé", cultivant sa personnalité sur ce seul critère, demeure à un stade d'immaturité, ignorant les valeurs intérieures de la virilité ; il est "le jouet" des femmes, un yang d'usage et d'apparat. N'explorant ni ne développant en lui l'esprit intuitif qui l'amènerait à prendre conscience de la réalité métaphysique qui se cache sous l'attraction sexuelle, il s'identifie à l'objet devenu en l'occurence l'appendice d'un autre objet d'appropriation, coupé de l'univers conscient. Sa structure egotique comporte en apparence toutes les caractéristiques de la masculinité mais elle est en fait calquée, façonnée, sur le comportement non-éthique féminin. Il est instrumentalisé dans la Maya. Il ne pourra découvrir qu'en lui-même, et à l'écart des cercles dans lesquels se conforte le "machisme" ordinaire, l'énergie créatrice, l'intuition qui va le transporter dans une dimension émancipatrice. Psychologues et spiritualistes parlent souvent d'une "sublimation" des pulsions instinctives ; il s'agit en fait d'une conscientisation, d'une découverte libératrice de schémas dans lesquels le germe de la conscience est retenu, "cocooné" à des fins nutritives privatives de son épanouissement intégral. Plus cette conscience s'actualise et plus la qualité émerge dans le champ relationnel, s'arrachant à la tyrannie pulsionnelle, ce qui occasionne une constante révolution de l'appréciation. Le coeur prédomine sur le ventre et la tête. L'homme-enfant qui s'imaginait le monde comme un vaste terrain de conquêtes, de profit personnel et de jouissances, découvre qu'il porte en lui le monde, et que ce monde est habité d'énergies de différentes qualités, qui rayonnent, et cela est perçu différemment selon le degré de maturité, de distance de déconditionnement vis-à-vis des impulsions. Il existe des concepts collectifs projectifs très éloigneés de la conscience "contemplative", c'est-à-dire celle qui se vit dans l'innocence intime, la nudité, la blancheur, face à ces énergies phénoménales, sans le secours de références ni jugement, dans l'accueil qui en suspend la charge endémique, colorée et colorisante. Lorsque le témoin découvre cette "coloration" transportée par toutes ces forces cosmiques, il n'est nullement dans le noir qui en représente la négation, mais se fond dans le blanc qui en est le support. L' "autre" pour ainsi dire, c'est aussi la couleur vécue en nous ; le rouge, expression passionnelle, douloureuse, liée à la modalité charnelle, dans la forme irriguée par le sang, la couleur animale faite de chaleur et d'instincts dans laquelle l'amour nous cherche aussi. Tous nos coloriages constituent-ils la raison plénière de notre passage sur terre ?. N'avons-nous jamais pressenti à travers cette expansion qui prend différentes formes d'expression selon le ressenti, la présence inexplicable de "quelque chose" qui échappe à ces investissements autant qu'à nos facultés mentales, conditionnées par ceux-ci ?. N'avons-nous jamais ressenti une qualité vivante hors de toute possibilité de description, indépendante de tout confort personnel, venant de la Vie elle-même, du Relié de toutes les couleurs, nous envahissant sans raison apparente d'une félicité "lumineuse", inexplicable ?... porteuse en elle-même d'une paix sans limite, mettant fin à toutes les questions, comme ce pressentiment que ce qu'il nous est donné de vivre comporte à l'origine une intelligence qui coiffe entièrement toutes les modalités situationnelles de l'existence ; il y a cette interpellation qui provient de la page blanche, en amont de toutes nos prétentions hâtives, cet appel à accompagner l'éclosion des couleurs. On a longtemps cru que se connaître, être informé de ce qu'il est possible d'accomplir, relevait d'une pensée utopique. Les transformations de l'être passent par une ouverture qui dépend bien souvent, sans en dépendre absolument, du milieu dans lequel il vit, mais aussi d'une part d'intuition, qui génère une initiative, une application, dont on peut ignorer le pourquoi, le comment, la justification fonctionnelle. L'amour se manifeste dans ce non-lieu. Les facteurs cognitifs d'ordre expérimental agissent en orientation ou en désorientation mais qu'est-ce qui permet d'en éprouver la valeur réelle, le bien-fondé ?. Tandis que les critères sociaux d'adaptation et d'inadaptation ont tendance à façonner "l'individu", un être "coloré"passivement, collectivement et individuellement, il y a en tout être une capacité qui demande à s'éveiller en vue d'un accomplissement. La réelle nature de cet élan est avant tout spirituelle, c'est-à-dire prise en conscience de "ce qui est" lorsqu'il n'y a plus de "moi". La pensée discursive colorée et colorisante est très mal placée pour prétendre à l'observation car elle se situe dans le temps psychologique ; elle ne peut comprendre cette évolution que dans un cadre relatif, restreint à sa figuration sociale, morale, etc... Il faut voir que c'est une conscience limitative, limitée par les opinions, les raisonnements. L'identité réelle ne peut se confondre avec la personnalité, l'individualité ; elle n'est pas représentable parce qu'elle est vivante et que tout ce qui s'objective se fige et meurt. A tout instant, la conscience qui n'est pas "conscience de" (quelque chose) demeure dans l'unité. Le témoin apparaît et disparaît, lui aussi, il est un pont entre réel et irréel, il se dissout avec son objet comme l'arc-en-ciel avec le spectre des couleurs. Il est pareil au reflet du soleil sur une perle de rosée. La masculinité intérieure du féminin et la féminité intérieure du masculin ont toujours quelque chose à nous apprendre dans leur suscitement mutuel. Il s'agit de trouver l'eau dans le feu et le feu dans l'eau. Le point métaphysique de la Création cosmique, le Bindu, est le foyer originel de la "Bi-Unité", rouge et blanche. La Génitrice (ou Mater Genitrix) est la Shakti, l'énergie transformatrice, la source de toutes les formes, des sons, des couleurs, de tous les enchantements, et le blanc est la couleur de la Sagesse, l'avant toute naissance, l'antériorité du rouge, l'Illumination. Blanc et Rouge sont les couleurs de l'Epiphanie.

19:57 Publié dans Science | Lien permanent | Commentaires (0)

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