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12/06/2007

Mais qu'est-ce que c'est que ces salades ?

MAIS QU'EST-CE QUE C'EST QUE CES SALADES ? *
/ *(voir la vignette associée à cette légende, dans l'album) /
Qui émet cette réflexion ? ...Ça ne peut être que le mental conditionné, momentanément désemparé. Sur la vignette, le personnage-type du héros de b.d. cogite à la manière du penseur de Rodin. Ça, c'est la "méditation" occidentale, frontale, sans aucun espace ouvert à l'espace, à la maturation. C'est comme dans un ordinateur en train de passer en revue toute ses mémoires. Recherche sur écran. Cette promptitude à vouloir cerner, identifier, définir, repose sur une habitude mentale qui ruine toute chance de pouvoir observer réellement ce qui se présente, en l'occurence une situation entièrement nouvelle, apparemment complexe, échappant aux critères définis. Tout ce qui s'écarte du schéma adopté, de sa reproduction éxécutive, c'est à dire en fin de compte : la Vie, apparaît sous formes de salades.
Cette vignette est tirée d'une b.d. dans laquelle plusieurs paramètres d'interprétation s'enchevêtrent, plusieurs paradigmes même. Le thème du "jeune cadre dynamique", envoyé sur le front, ou "représentant missionné", qui découvre grâce à sa sensibilité naturelle heureusement encore préservée, tous les ressorts cachés de l'imbroglio que les mandataires qui l'ont chargé de responsabilité de gestion, de remise en ordre, n'ont pas voulu voir. Il s'aperçoit qu'il ne parviendra pas à répondre à la tâche qui lui est incombée selon les termes fixés d'avance, qui sont bien trop étroits et directifs pour favoriser une détente de la situation dans laquelle les fonctions pourraient retrouver leur harmonie. Ce que ses supérieurs hiérachiques n'ont pas su faire, c'est se mettre à l'écoute. Tout leur programme est établi sur une ingérence dont les conséquences actuelles découlent manifestement. "Qu'est-ce que c'est que ces salades ?" est donc aussi le constat du héros qui s'aperçoit piègé dans le "sale" rôle dans lequel il s'est laissé reléguer. Pour mener à bien sa mission, il va devoir probablement prendre des initiatives en-dehors du programme qu'il est chargé d'appliquer. Il se surprend dans un dilemme, celui de l'héritage de la pensée dualiste, qui le presse de "choisir son camp", le menace de lâcheté, de trahison, de démission. Il affronte le thème de l'opinion, en contradiction avec l'intelligence qui accompagne le ressenti profond. "Choisir son camp" c'est devenir, dans un sens ou dans l'autre, l'instrument d'une option tranchée, tronquée, projetée en dépendance, en frustration. C'est une manière flagrante de se débarasser du problème en simulant une "action concrète", opérationnelle, cautionnée par une appartenance. Cela ne satisfait que les instances établies, dans le passé, déjà engagées dans le conflit; c'est un cul-de-sac !.
Sortir de la vision dualiste fait figure de démission alors que c'est s'y conformer qui est lâche, obstinément malhonnête vis-à-vis de ses pressentiments profonds, de ce qui "saute aux yeux".
Ces "salades" sont l'expression d'un appel à honorer ce qui est, l'irrésolu de la situation; l'apparente complexité s'est échaffaudée à partir des points-de-vues fractionnels, de carcans, de tensions, d'une appréhension excessivement maladroite, basée sur l'intention psychologique. Voilà tout ce qui échoit et échoue au regard de notre "héros". "Je suis payé et mandaté pour faire la guerre, et non pas pour favoriser la paix et l'harmonie !". Voilà le genre de constatation qui vient s'imposer à son esprit. Et comme c'est un "héros", sa réponse est immédiate : NON !. Ça ne peut pas durer comme ça. Il va donc disparaître, se laisser happer en riant par la nouvelle dimension, autrement plus clairvoyante et vivable, qui s'est imposée à lui d'une façon imprévisible, à ses risques et périls, au bon milieu de sa "mission de fonction"; les choses n'en pourront aller que mieux. Ce thème de la disparition ("de notre agent") se retrouve à travers plusieurs b.ds du même cru. On parlait dans les années 50 d' "univers parallèles", ce qui bien évidemment n'est qu'une métaphore.
Lorsque tous les repères sur lesquels s'accroche le mental manipulateur, dans une dimension fictive, apparaissent clairement facteurs et produits d'un dysfonctionnement, ils sont abandonnés. C'est automatique. Il n'y a que dans les vieux décors, à rebours, qu'on se stresse et qu'on s'inquiète en pressentant que toute collaboration contractuelle gérée par le mental est une impossibilité, qu'elle est toujours fomentée par une hypocrisie. "Mais mon vieux ! s'exclame le directeur, c'est la panade ! C'est la fin de toute organisation, de toute entreprise !... - Exactement !" répond le silence. Et ça va lui occasionner des cauchemars à répétition. "Pour qui te prends-tu ?!!!" finira par lui dire un spasme plus violent que les autres. Et au lieu de revenir en arrière ou de s'empresser de faire de nouveaux projets, il comprendra que la conjoncture initiale nécéssite le lâcher-prise. Si nous savions à quel point la moindre pensée occasionne la poussée des salades, nous nous en tiendrions à bonne distance.

21:30 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0)

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