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22/06/2007

REVELATION

Ou bien nous cheminons dans les ténêbres et la fantasmagorie,
dépendant d'une drogue, revêtu de la combinaison épaisse du fichage
que nous avons laissé nous décrire, porteur de ce masque, de ces attributs
obtenus par délégation, télécommandé par les croyances, et face à ce qui
dérange les intérêts et le logiciel de ce petit robot personnel, nous nous
exclamons : "Qu'est-ce que c'est que ces salades ?!".
Et nous ne sommes rien d'autre qu'un instrument de torture inconscient.
Ou bien nous sommes accueil, sans forme, et nous laissons la conscience
observante transformatrice nous révéler silencieusement ce qui est
véritablement en jeu, la nature du Champ. Nous nous surprenons alors
en dehors de la fantasmagorie instrumentale.
Cela survient tout seul. Cela ne provient pas d'une action.
La clarté intégrante de notre Etre réel se révèle d'elle-même.
Dans le cauchemar, que les vieilles mécaniques mentales continuent
de projeter, surgit l'opportunité de l'attention, écoute et lâcher-prise,
qui honore l'émergence de la conscience observante qu'il ne nous a
jamais appartenu de piloter. Quand une majorité d'êtres humains
aura compris que le cauchemar, il faut simplement le laisser
s'épuiser de lui-même, en veillant à ne plus l'alimenter en réactions,
celui-ci disparaîtra.
Tout ce qui se rallie au masque illusoire d'une "persona" dirigeante,
de ses tactiques défensives, conservatrices, auto-protectrices,
auto-valorisantes, reflète l'imposture. Et c'est la prise de conscience
instantanée de cette falsification, au fur et à mesure qu'elle rapplique,
qu'elle résiste, qui permet de la mettre en lumière et ouvre à l'émergence
d'une dimension entièrement nouvelle, résolvant tout conflit.
Nous avons cru dur comme fer à cette existence dans les cadres réducteurs et
conflictuels de ces fabrications mentales installées dans le temps et dans l'espace.
Nous nous sommes identifiés dans ces projections. Tout le malheur vient de là.
Nous avons perdu conscience de la beauté inhérente à la vie, de la joie, de la
rencontre vivante, de la nature essentiellement rayonnante et impersonnelle de
notre véritable identité, dans son immanence. Nous nous sommes rendus étrangers
à cette Présence. Nous avons défini notre existence dans l'étroitesse des formules
courantes de la pensée, dans cette mathématique tendancieuse de seconde main
qui observée en pleine lumière - indépendamment de tout concept moral ou
de tout jugement intellectuel - apparaît clairement dans sa fausseté.
Face à la conscience observante impersonnelle, globale, la supercherie, cause
principale du dysfonctionnement qui règne sur la planête, ne tient pas.
En adoptant des points de vues partiels sans prendre conscience des impulsions,
des sensations, des automatismes qui les déclenchent, leur donnant un semblant
de consistance et un aura de valeur, nous nous sommes encamisolés dans une
combinaison fictive, réactionnaire, infatuée, hermétiquement coupée des
ressources d'harmonie que la vie nous offre en permanence.
Tout ce que nous avons cru accaparer pour affirmer l'existence de cette
ectoplasmie, de cet assemblage viral superposé à notre vraie nature, n'est que
de l'infection, une anomalie. Sans examiner attentivement le paysage, la nature
de ce qui s' y passe, nous avons mis en scène un fléau : le mental abusivement
dressé au-delà de sa fonction naturelle, instituant une "réalité concrète" qui
n'a jamais été qu'un fractionnement onirique.
Au XXIème siècle, nous vivotons encore à ce stade d'immaturité arrogante,
nourrie de croyances, enfièvrée de technicités fallacieuses, d'avidité de chiffonniers
et de compétitions hallucinées. Comment peut-on encore adhérer à ces structures
ségrégationnistes, peupler ces séismes cérébraux ?. Toutes les idéologies ont
montré leurs limites. L'industrie mentale a échoué.
Notre intériorité est sans projet, libre des catégories, libre de la mémoire,
d'un devenir, libre de l'investissement qu'on a cherché à lui inculquer, cette
maltraitance, cette culpabilisation, cette lubie préhensive.
Il urge de réaliser que nous sommes éveillés à cette dimension, en plongeant
aux abysses de notre intériorité, là ou résonne cette présence d'être
reliée à l'essence, à la source, dégagé de cette fausse émancipation qui fait
autorité depuis 2500 ans. Une fois que nous avons été touché, on ne peut
plus demeurer là-dedans. Chaque instant est habité d'une irradiance surgie
d'une paix profonde, inconditionnée, d'une immensité échappant à la pensée,
où rien de ce qui se présente ne peut plus faire l'objet d'investissement, où
cela éclôt en haut, se dissous en bas, dans une verticalité souveraine,
contemplée comme l'intelligence de la vie, omniprésente, ramenant
constamment au maintenant, unique circonstance de présence dans
le manifesté. C'est la conscience pure, où l'horizontal et le vertical se
rencontrent. Le contenant, l'attention silencieuse, contemple le contenu.
Il n'est pas le corps ni le mental qui étaient simplement là pour découvrir
la corporéité cosmique, au-delà de tout ce qu'il est possible
d'imaginer. C'est là, maintenant, inanalysable, inconditionné par les circonstances,
sans attente. Le sans-limite unifiant toute chose, non-contaminé,
plein de surprises, fruit de la méditation sans méditant ni objet.
C'est une REVELATION de la véritable nature du Champ, une joyeuse éclosion.

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