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24/06/2007

De la nature de la pensée - 2

Voici donc la suite de "de la nature de la pensée" dont vous avez pu découvrir la première page illustrée en images dans l'album portant ce titre.

"de la nature de la pensée" - suite -

A n'en pas douter, ce simulacre de confort dans les repères dont la pensée t'abreuve va devenir tout à fait étouffant, écoeurant, et surtout : répétitif. Si tu ne deviens pas inconsciemment son robot, son pantin hypnotisé, et qu'il reste en toi quelque part un soupçon d'intuition, une possibilité de sursaut de lucidité, ce qui est fort probable, cette expérience apparemment nocive t'aura permis d'entrevoir son stratagème insurrectionnel, et c'est là l'aspect positif de celle-ci (négatif pour elle: inconscience de dévoiler son schéma-moteur !).
Cependant, ne crois pas en être quite. A peine cette pensée (figurée dans les images de l'album "de la nature de la pensée" a t'elle disparue (il est possible qu'avant de partir elle ait malgré tout laissé des oeufs en toi), une autre va rappliquer, cette fois avertie et donc plus incisive, peuplée d'une colonie de fantômes censés te convaincre, surs de leur affaire, argumentant dans une langue de bois à la fois grandiloquente et particulièrement gredine : créanciers, percepteurs, instituteurs, médecins, banquiers, policiers, prêtres... qui vont s'exprimer à travers elle. Ne pas donner prise à ces démarcheurs qui forcent la raison et l'écoute réclame une certaine aptitude que tu ne trouveras peut-être pas en toi du premier coup, cédant alors à un vague négoce avec l'intox, aussi funeste que l'assaut précédent.
Mais par le même processus de désidentification, si tu parviens à échapper une nouvelle fois à cette vampirisation des cerveaux dont la pensée est toujours friande, tu vas constater une pause, un moment de répit, avant qu'un troisième type de pensée ne se manifeste, celui-là, ne se laissant pas repérer aussi aisément que les deux précédents, car il joue sur les pauses précisémment, sur les intervalles, ce qui est très risqué de se part. C'est comme un coup de poker, hautement improbable, et pourtant... Les silences, ça peut générer de la gêne, de l'angoisse, surtout chez quelqu'un d'accomodé à une certaine agitation ou encore sujet périodique à la déprime. Cette pensée-là, elle va se présenter carrément déguisée en super-héros. C'est la milicienne ontologique, ou phylogénique si tu préfères. Pas de quartier, ça va être radical et sans doute virer au psychodrame, au grand cinoche en 3D avec effets spéciaux, secousses et tremblements...
Nomdedieu ! vite : réagir ! ...mais une réaction, c'est tout ce qu'elle demande, c'est tout ce qu'elle attend, une bonne réaction, bien calée dans le passé, faisant figure de soumission contractuelle, un automatisme culpabilisant, identifiant définitivement, tranchant comme "pris sur le vif", en flag bien saignant, qui lui donne raison pour s'installer un bon bout de temps.
Au premier abord, elle est comme ces marchands qui ne sont pas pressés, qui font semblant d'avoir tout leur temps et de s'intéresser à vos hésitations. Ce recul l'exaspère. Mais elle est formée dans les unités de commandos-surprise, réputés les plus efficaces, rompue aux tactiques. Dès que le voyant clignote en sa faveur, elle fonce tête baissée ! et en un temps record, la place est occupée. Mais hélas pour elle, rien de probant ne fait signe. Les insinuations qui fusent retombent en pétards mouillés. Certaines ont perdu toute contenance. Un bref instant, un miroir leur a montré un enfant égaré, se libérant avec dégoût d'une panoplie indésirable, d'un rôle incongru, invitation à la désertion, à couper court à une escroquerie. Mais ne va surtout pas te mettre dans la tête que c'est gagné pour autant, une pensée de ce type, c'est reculer pour mieux sauter. D'une façon abyssale, larvaire, terriblement ralentie, mais n'en nourrissant pas moins ses miasmes en secret, elle n'a jamais été aussi virulente. Rassure-toi: ça se sent. Ça finit forcément par se trahir à un moment donné parce que ça se sent mal à l'aise quand ça frôle l'inconnu; ça n'est basé que sur des clichés psychologiques approximatifs, même s'il y en a des centaines et des milliers, mais ça ignore complètement la source d'arrière-plan, ça VEUT ignorer. Elle se montre kamikaze parfois, la pensée qui se prête à ces jeux-là. Elle se grille, et il y a de fortes chances, si elle a échappé au feu, qu'une fois rentrée au bercail elle soit immédiatement congédiée. Car elle n'aime pas se faire avoir. Il y a tellement d'investissements en jeu, de sombres intérêts particuliers là-dedans, "mondiaux" paraît-il, fondés sur je ne sais quelles saloperies de pouvoirs, qu'elle cède facilement à la colère noire, malgré les allures avenantes et distinguées de son impressionnant dispositif séducteur. Maffia syndiquée du registre fixant les conditions d'existence de l'individu sur la planète Terre. Tu vois le genre de mégalomanie !. Ça peut se résumer par: "On vous tient de A à Z !".

16:10 Publié dans Science | Lien permanent | Commentaires (0)

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