Avertir le modérateur

24/06/2007

de la nature de la pensée - 3

"de la nature de la pensée" - 3 -

En venant au monde, vous êtes promu agent sous contrôle de la pensée.
Ce qui explique le peu d'attention, parfois amusé ou franchement moqueur, réservé au philosophe marginal qui s'aliène en s'ingéniant à triturer, à démontrer, à rassembler, à mettre en équations, toutes les conversions possibles de l'espace cogitatoire déjà colonisé. Ce qui est beaucoup plus "grave", car on n'y songerait même pas, c'est de se débarasser illico du boîtier !. Je ne dis pas de se tirer une balle dans la tête; la pensée n'a jamais eu son "siège dans le cerveau" comme on l'imagine. Pourquoi pas dans les coffres-forts d'une banque suisse ou dans les w.c. pendant qu'on y est ? ! La pensée rôde partout, et son "siège", c'est le chantier qu'elle a installé en toi pour faire son cinéma.
La pensée ne peut se supporter elle-même; elle a besoin d'adhérents, de complices, de petits terminaux robotiques, lui reflétant l'image de son pouvoir usurpateur. Elle est l'instigatrice en puissance de toutes ces manipulations génétiques que l'on voit champignonner; c'est elle qui cherche dans le cerveau les zones sensibles avec l'arrière-pensée d'un bricolage encore plus expéditif afin d'assurer sa domination du conditionnement de l'espèce.
Lorsque l'on évoque en public l'absence totale de pensée, on a régulièrement à faire à une majorité de fervents défenseurs de la pensée, de "bons agents", redoutables fanatiques, intimement persuadés, convaincus, que la pensée fonctionne avec la vie, la nature, je-ne-sais-trop-quoi d'indispensable et d'essentiel... En réalité, TumTum vous l'annonce sans faillir : ces factionnaires ont peur . Ils sont habitués au terrorisme sourd de la pensée, qui les rassure d'une certaine manière. Par hypnose évidemment !. L'hominien est censé se distinguer des autres espèces "grâce à la pensée", voyez-vous cela !. Il y a un intégrisme de la pensée, un concept généralisé qui est le fruit empoisonné de l'oeuvre obscure de la pensée. Lorsque les gens ne pensent pas, ils ne s'en aperçoivent même pas ou bien ils commencent par s'inquiéter. TumTum dit encore ceci : cette inquiétude est alimentée!. Ils chassent vite ce vide inhabituel qui les effraie. Des maladies se sont greffées sur cette impression de malaise bourgeois de la pensée, lorsque la rupture d'un continuuum débouche brusquement sur une absence, un moment de non-pensée. A ce moment-là, la pensée en tant que drogue permanente se met à s'affoler; c'est une crise de démantèlement; on assiste parfois à l'agonie d'une psyché concédée à un appareillage enregistreur de sons et d'images. Tout ce qui tenait lieu de garde-fou dans l'inconscient, de codes sécuritaires de faction, toute cette mécanique transplantée envoie ses slogans rageurs, ses malédictions. Le petit despote courroucé installé à l'avant du cerveau prête ses traits au faciès bourgeonnant de l'acteur, serrant poings et mâchoires tandis qu'un butoir ou une enclume semble lui jaillir du front. Dispositions tout à fait délectables pour la poursuite des vieux schémas de la pensée qui sous couvert de divertissements téléchargés pousse au génocide, à cette espèce "sélection naturelle" entièrement fabriquée et programmée par la pensée. Mais c'est alors qu'un événement imprévisible se produit, réduisant cette image grotesque à une baudruche en train de se dégonfler. La pensée qui met la main sur tout avait omis cela : l'imprévisible, qui est comme par hasard de connivence avec la non-pensée.
Parfois aussi, la pensée se permet impunément d'utiliser la non-pensée pour parvenir à ses fins, mais très provisoirement. Il faut très vite reconstituer "un cadre sain, positif", une nouvelle cellule de contrôle.
Quoiqu'il en soit : Qui manipule ? Qui fait de la broderie ? Qui extrapole ? Qui en rajoute ? Qui analyse ? Qui évalue ? Qui spécule ? Qui calcule ? Qui immatricule ? Qui se pose en juge ? Qui s'interpose ? Qui (se) superpose ? Qui (s') impose ? Qui conçoit ? Qui conclue ? Qui accapare ? Qui se permet tout ça en permanence ? ... La pensée, invariablement. Et toujours de travers. C'est une manie, la pensée, ça n'est pas du tout sérieux ; ça ressemble énormément à de la folie, à du caquetage d'embrouillamini. Ça n'est pas drôle non plus parce que ça fausse tout. A partir du moment où l'on vit dans la superproduction des supercheries, ça devient une habitude insignifiante : une normalité. Ça vous fabrique des automates à pleines fournées. Et la nature ?

17:55 Publié dans Science | Lien permanent | Commentaires (0)

Les commentaires sont fermés.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu