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25/06/2007

de la nature de la pensée - 5

"de la nature de la pensée" - 5 -

La pensée va jusqu'à prétendre que si vous n'en faites pas usage, vous allez vous trouver mené par "celle des autres" qui vont penser à votre place. En affirmant cela, la pensée se trahit : c'est bien elle qui cherche à vous mener, à entretenir l'entité particulière que vous croyez être dans cette restriction cogitante. Pour s'exprimer, les sens, les actions spontanées n'ont pas du tout besoin d'elle. Elle voudrait qu'il y ait des rôles, des responsabilités, des conflits d'intérêts, des victimes et des bourreaux. La pensée ne se remet pas en question, bien au contraire, elle cherche à se consolider, à former des noyaux solides, des noeuds, à crisper, à visser, à cerner...
La pensée ne vit pas, elle s'emmerde dans une fausse solitude, une attitude de substitution. Le penseur de Rodin est assis sur le trône des cabinets en quête de distractions. C'est ainsi qu'on en arrive à meubler ses w.c. d'une bibliothèque ou d'un poste de télé. Ça exprime ce désarroi, ce refus du moment présent.
Depuis toujours, la pensée s'y entend pour pirater l'énergie à son profit, à notre insu, et parfois même avec notre consentement. Elle nous emmerde avec ses collections de vieux magazines. Rien n'indique que cette façon d'aménager ce qu'elle considère comme des "temps morts" ou pire : des "moments privilégiés", soit la nôtre. Elle se comporte comme un essaim de mouches tournant autour des excréments, associant la curiosité intellectuelle à la constipation.
Toutes les figures qui encensent la "grandeur" de la pensée sont des inepties ; de prime abord toute propagande, toute insistance, reflète l'incorrection, la malhonnêteté. Si ce que l'on attend de vous ne vient pas de vous-même, c'est qu'on s'est trompé d'aiguillage, qu'il y a du racket dans l'air.
Il existe une zone non définie où il est possible de voir à l'extérieur du terrain de la pensée. Là, il n'y a aucun centre d'observation. Là, tous les travers de la pensée, toutes ses manigances, son caractère bluffeur, tout cela apparaît clairement, sans qu'il y ait besoin de cogiter là-dessus. Ce travers de vouloir toujours tout organiser, tout interpréter, superviser, cette maniaquerie niant le ressentir immédiat inverse les données. Cette ébulition dont vous êtes affecté déteste se surprendre en situation d' ajournement; elle doit être active, efficace, constructive, etc... Elle dispose d'une réserve de procédés mnémotechniques de saisie, de tiroirs remplis de médicaments (compensations). Un univers entièrement pensé ressemble à un musée ou une salle de projection dans laquelle vous êtes enfermé, face à l'écran. Le visiteur est en droit de se demander: "qu'est-ce que je fous là ?". Cette exposition n'exprime qu'une secondarité de bas opportunisme. La pensée voudrait comprendre, servir à quelque chose; elle ne fait jamais qu'enrayer les choses, les retarder en les objectivant.
Il n'y a rien à cautionner là-dedans. C'est sur un tout autre plan que ça se passe: celui d'un accompagnement dont elle n'a aucune idée, qui se situe au niveau de l'écoute vibratoire. Le contenu avancé n'est pas pris en considération. Ce qui est accompagné c'est ce qu'il y a derrière, ce qui n'apparaît qu'en filigrane : la fibre infectée, la souffrance que cela transporte. C'est la cellule vivante emprisonnée à laquelle on ne peut que souhaiter la détente, le désengagement des processus inoculés.
La pensée s'est substituée à la réalité organique, méprisant ce qui nous reliait à l'harmonie. C'est une ingérence qui a colonisé le temps et l'espace, aliénant la dimension vivante dans des automatismes réducteurs. C'est une infâmie. Pour le malheur du monde, il existe encore bien des gens qui n'en sont pas fatigués. L'individu est piègé dans sa représentation sociale comme en lui-même. Les formulations de l'existence en vigueur sont salopées. La société qui se veut dynamique, interactive, n'a pas de prise sur le fait qu'il y ait des moments où le "faire" ne se justifie plus, où la mémoire fonctionnelle n'est pas réclamée, et où la mémoire psychologique est suspendue. A ces moments-là on n'est plus dans ce cinéma de la pensée, avec ses références : un pays particulier, un modèle d'état civil fiché, un individu ou un collectif. L'imagerie ne fonctionne plus. Ça ne peut s'enregistrer; aucune attitude n'est assumée. C'est CE QUI EST qui s'aperçoit en lui-même. S'il n'y avait pas cette source, tout le reste s'évanouirait instantanément.
Dans cette absence, tout se développe, se détend, sans besoin de penser. Cela peut se vérifier en chacun de nous. Alors à quoi continuons-nous donc de jouer ?.

14:11 Publié dans Science | Lien permanent | Commentaires (0)

24/06/2007

de la nature de la pensée - 4

"de la nature de la pensée" - 4 -

A l'arrière-plan, en dehors de tout ça, émerge parfois du silence la sensation merveilleuse d'une harmonie complètement soustraite à cette gabegie, une mélodie, un parfum, un chant, une vastitude illimitée, la sensation d'une beauté infuse. Toile de fond inviolée, disponible à tout moment, lorsque la pensée n'est plus sollicitée.
"Manquement ? Assoupissement ? Rêverie ?"... C'est qu'elle tient son monde au garde-à-vous, la pensée, dans les cercueils de modalités d'existence. Quant on a flanqué le boîtier aux ordures, on sait que toute qualification est enfermée et soumise à la conviction photographique, à cette résistance purulente. La pensée pompe son carburant dans l'existence personnelle qu'elle flatte ou dénigre mais entretient; elle a besoin de ce fantôme, de ce factotum délirant, lui donnant l'impression qu'il est nécessaire, qu'il a quelque chose à faire valoir. Rien n'est plus odieux dans le mensonge, car avant qu'elle intervienne, il y a déjà eu perception. La qualité originelle de chaque situation est détériorée par la pensée, l'ombre d'un témoin, d'une autorité qui juge.
A quoi ressemble ce penseur de Rodin, le menton posé sur son poing ?
qu'est-il en train de fomenter ? va-t'il enfin se lever ?... Non, il est figé en statue. Il se morfond. Rien ne le distingue d'un vieux gorille encagé, comme une effigie de l' Emmerdement. On sait qu'il pense parce que c'est un hominien mais à quoi peut donc penser le gorille encagé, loin de son milieu naturel ? pas si compliqué que cela à deviner. Quelle valeur l'artiste qui l'a sculpté accordait-il à la pensée, au point d'en ériger pareille statue ? .
Voyez comme l'attitude de ce "penseur" est aux antipodes de la méditation orientale qui ne se complait guère dans ce genre de crispation.
La pensée est un ajournement, une dispersion d'énergie qui nous projette dans les méandres, les motifs. Elle nous fait passer notre vie "sous l'Occupation", dans une obstination, un rétrécissement pathologique ne conduisant qu 'à des culs-de-sacs. Elle emplit le carafon de liquides frelatés. Le penseur de Rodin a le vin mauvais. Il rumine. L'eau-de-vie ruisselle partout sauf dans cette contradiction massive, préhistorique, à l'arrêt, fixée dans la pierre. Le dessus de la main sert de reposoir à cette tête, lourde d'images, de perspectives, d'arithmlétiques, transformée en marmite, devenue unique centre de cogitation.
Nous ne sommes pas tenus de penser. La psychologie tient cette activité pour "naturelle", c'est son point de vue !. Le non-pensé précède l'insémination artificielle de la pensée qui ne fait que transposer sur un plan d'objectivation latente les ingrédients non-définis. Ceux-ci "colorés" (selon l'expression de Patanjali) se prêtent à une géométrie qui ne présente qu'un simulacre d'intelligence seconde, basé sur la reproduction, la comparaison, la dissection. Ces évaluations gymniques, compétitives, ne servent qu'à diviser les êtres, à les priver de leurs facultés premières d'êtreté, dans la présence. Lorsque les apparitions sont uniquement constituées de "matière à penser", l'existence prend l'allure d'un devoir de disssertation qui peut s'étendre dans la délectation égocentrique. ralentie par ces processus, la présence d'esprit s'égare dans les poncifs, incessants commentaires débitant les leçons apprises au lieu de vivre avec l'essence, la nuance inédite, la contradiction immanente de toute formulation basée sur le connu, d'où étiolement du sensible, privation de la nature réelle du vivant.
La médiatisation des informations projette un catalogue artificiel, une configuration alimentaire, cherchant à capter l'esprit dans un ordinaire normalisé, fiction de permanence qui découle de la pensée. Cette "continuité" dans le vécu n'existe que par suggestion.
Quand on est nulle part, qu'on ne fait rien, qu'on est là simplement, et qu'on ne pense pas, la présence fait monter en elle cette disponibilité d'écoute, de communication, ce sentiment naturel de communion. On n'a pas besoin de penser l'instant présent; il n'y a qu'à l'accueillir. Les pensées qui fusent, on les perçoit tout de suite comme des guirlandes ou des "pansements" comme disait Cocteau. On peut comprendre énormément de choses en silence. Lorsque la pensée est mise de côté, l'être est ouverture, découverte, et vit une révélation.

19:25 Publié dans Science | Lien permanent | Commentaires (0)

de la nature de la pensée - 3

"de la nature de la pensée" - 3 -

En venant au monde, vous êtes promu agent sous contrôle de la pensée.
Ce qui explique le peu d'attention, parfois amusé ou franchement moqueur, réservé au philosophe marginal qui s'aliène en s'ingéniant à triturer, à démontrer, à rassembler, à mettre en équations, toutes les conversions possibles de l'espace cogitatoire déjà colonisé. Ce qui est beaucoup plus "grave", car on n'y songerait même pas, c'est de se débarasser illico du boîtier !. Je ne dis pas de se tirer une balle dans la tête; la pensée n'a jamais eu son "siège dans le cerveau" comme on l'imagine. Pourquoi pas dans les coffres-forts d'une banque suisse ou dans les w.c. pendant qu'on y est ? ! La pensée rôde partout, et son "siège", c'est le chantier qu'elle a installé en toi pour faire son cinéma.
La pensée ne peut se supporter elle-même; elle a besoin d'adhérents, de complices, de petits terminaux robotiques, lui reflétant l'image de son pouvoir usurpateur. Elle est l'instigatrice en puissance de toutes ces manipulations génétiques que l'on voit champignonner; c'est elle qui cherche dans le cerveau les zones sensibles avec l'arrière-pensée d'un bricolage encore plus expéditif afin d'assurer sa domination du conditionnement de l'espèce.
Lorsque l'on évoque en public l'absence totale de pensée, on a régulièrement à faire à une majorité de fervents défenseurs de la pensée, de "bons agents", redoutables fanatiques, intimement persuadés, convaincus, que la pensée fonctionne avec la vie, la nature, je-ne-sais-trop-quoi d'indispensable et d'essentiel... En réalité, TumTum vous l'annonce sans faillir : ces factionnaires ont peur . Ils sont habitués au terrorisme sourd de la pensée, qui les rassure d'une certaine manière. Par hypnose évidemment !. L'hominien est censé se distinguer des autres espèces "grâce à la pensée", voyez-vous cela !. Il y a un intégrisme de la pensée, un concept généralisé qui est le fruit empoisonné de l'oeuvre obscure de la pensée. Lorsque les gens ne pensent pas, ils ne s'en aperçoivent même pas ou bien ils commencent par s'inquiéter. TumTum dit encore ceci : cette inquiétude est alimentée!. Ils chassent vite ce vide inhabituel qui les effraie. Des maladies se sont greffées sur cette impression de malaise bourgeois de la pensée, lorsque la rupture d'un continuuum débouche brusquement sur une absence, un moment de non-pensée. A ce moment-là, la pensée en tant que drogue permanente se met à s'affoler; c'est une crise de démantèlement; on assiste parfois à l'agonie d'une psyché concédée à un appareillage enregistreur de sons et d'images. Tout ce qui tenait lieu de garde-fou dans l'inconscient, de codes sécuritaires de faction, toute cette mécanique transplantée envoie ses slogans rageurs, ses malédictions. Le petit despote courroucé installé à l'avant du cerveau prête ses traits au faciès bourgeonnant de l'acteur, serrant poings et mâchoires tandis qu'un butoir ou une enclume semble lui jaillir du front. Dispositions tout à fait délectables pour la poursuite des vieux schémas de la pensée qui sous couvert de divertissements téléchargés pousse au génocide, à cette espèce "sélection naturelle" entièrement fabriquée et programmée par la pensée. Mais c'est alors qu'un événement imprévisible se produit, réduisant cette image grotesque à une baudruche en train de se dégonfler. La pensée qui met la main sur tout avait omis cela : l'imprévisible, qui est comme par hasard de connivence avec la non-pensée.
Parfois aussi, la pensée se permet impunément d'utiliser la non-pensée pour parvenir à ses fins, mais très provisoirement. Il faut très vite reconstituer "un cadre sain, positif", une nouvelle cellule de contrôle.
Quoiqu'il en soit : Qui manipule ? Qui fait de la broderie ? Qui extrapole ? Qui en rajoute ? Qui analyse ? Qui évalue ? Qui spécule ? Qui calcule ? Qui immatricule ? Qui se pose en juge ? Qui s'interpose ? Qui (se) superpose ? Qui (s') impose ? Qui conçoit ? Qui conclue ? Qui accapare ? Qui se permet tout ça en permanence ? ... La pensée, invariablement. Et toujours de travers. C'est une manie, la pensée, ça n'est pas du tout sérieux ; ça ressemble énormément à de la folie, à du caquetage d'embrouillamini. Ça n'est pas drôle non plus parce que ça fausse tout. A partir du moment où l'on vit dans la superproduction des supercheries, ça devient une habitude insignifiante : une normalité. Ça vous fabrique des automates à pleines fournées. Et la nature ?

17:55 Publié dans Science | Lien permanent | Commentaires (0)

 
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