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19/07/2007

ROCK'N'ROLL, BLUES, ET CONNAISSANCE DE SOI / 1

Si l'on me demande ce que représente à mes yeux Elvis Presley (des débuts), disons : le Rock'n'Roll des années 50, je répondrais sans hésiter : le Blues !... Le blues des Noirs qui a trouvé un retentissement chez les Blancs écoeurés d'une société piégée dans les mauvaises habitudes de la pensée, de l'ordre conservateur, société confiscatrice des valeurs humaines les plus sacrées telle que la vie intérieure - d'ou le rêve commun des peuples, toutes races confondues, d'un socialisme au visage de connaissance. Mais il nous faut d'abord nous connaître en tant qu'être de présence consciente, non restreinte à la personne, à un clan, à une race, cesser de tricher avec soi-même à l'aide de prétextes d'emprunt, nous respecter intégralement, nous entraider, cesser de vouloir dominer, diriger, exploiter... C'est un travail de chaque jour, une vigilance de chaque instant. Officiellement, a cours le discours de la bouffonnerie qui est celui de tous les attachements et des compromissions qui distraient de la qualité de présence au monde, à soi, à l'être. Programmation empoisonnée, toujours centrée sur l'ambition qui est perversion de l'expansion, récupération, la compétition, la lutte, la cupidité, l'avidité personnelle, les pouvoirs, le compartimentage et la division instigatrice de l'état de guerre. C'est une vieille marotte, obnubilation de vieux singe empêtré dans un mécanisme qu'il a peur de voir en face, une fois pour toutes. Le matérialisme ne supporte pas la pauvreté, le non-conformisme, la poésie, et son système compétitif peu soucieux d'authenticité et d'honnêteté favorise toutes les tricheries. La lettre récente du Bluesman Chick Willis publiée intégralement sur son site MySpace et traduite en partie en français dans le magazine "Soul Bag" dénonce cette injustice dans laquelle le Blues, création musicale Afro-américaine est aujourd'hui récupéré par des blancs sans scrupules, sans respect pour le Peuple Noir qui a créé cette musique en la vivant très durement, ne songeant qu'à amasser des dollars avec le mot: "Blues". Antonin Artaud écrivait il y a plus d'un demi-siècle : "Nous sommes dans un monde et une vie de tartuffes, et une société d'anciens affranchis, qui n'ont jamais eu qu'une idée en tête : se dissimuler derrière un ordre terre à terre, où il est interdit à quiconque de dire qu'il y voit plus loin que le bout de son nez !". "En Amérique, le bluesman apparaît comme une énigme indéchiffrable ; il est le symbole de liberté, l'outsider qui dit : NON au système. Avec sa seule voix et sa guitare, il interpelle la presse, la télévision, et bien sûr, les pouvoirs en place" (Julio Finn "The Bluesman"). La "capitainerie" maffieuse n'offre plus en spectacle que des représentations, du déjà vu, déjà fait, se confortant dans ses larcins.. A contre-courant de la Vie, la momification des vieilles structures, nouées dans l'instinct de possession, la répétition jusqu'à l'agonie de ces idéaux de productivité et de consommation effrénées, porte-parole de l'artificiel conduit immanquablement à l'asphyxie, passant par tous les stades de la boulimie dont les médias actuels et les agaçants hobbies personnels moutonniers sont le reflet. Le mouvement "Beat" qui prit naissance dans les années 60 résulte d'un phénomène social global de prise-de-conscience, qui rompt avec le carcan démagogique de la technocratie et son langage publicitaire et politique, explorant l'aliénation occidentale à l'aide de voies de connaissance de soi connues depuis des millénaires en Inde et en Asie. L'Advaita Védanta, le Tch'an (d'où le Zen tire son origine), le Taoïsme, offrent une approche plus harmonieuse et plus réaliste que celles de la psychologie scientiste occidentale. Le Blues, ce chant issu de la condition d'esclavage, se reflète dans la frustration, la contrainte conditionnée de "perdre sa vie en la gagnant", ces nouvelles formes d'exploitation de l'homme par l'homme venant de l' "Economie". Son extension sous forme de "rock'n'roll" vient battre en brèche cette caricature d'être que modélise l'individualisme forcené, cette immaturité, ce modèle d'imposture, d'égocentrisme qu'érigent les sociétés de l'homme Blanc occidental, convaincu que ses idées sont enviables et que quiconque ne les admire pas est un "sauvage" ou un "ennemi". "Mon grand-père ne cessait de me bassiner avec mon nom de famille. Ce nom de Boyd n'est rien d'autre à mes yeux qu'une identification, exactement comme mon numéro de sécurité sociale. Je n'éprouve aucun respect pour ce nom-là. Je ne suis aucun Boyd, mon vieux !" (Eddie Boyd, bluesman) Le social ne supporte pas que tu puisse être poète, que la vie qui t'anime soit enracinée dans la poésie pure, dans cette aventure faite de lumière et d'obscurité du maintenant qui dépasse ses compétences, ses cadrages artificiels, ses béquilles conceptuelles. On s'est imaginé "pouvoir", d'une manière irreliée, en rupture humaine et cosmique. Comment ne voit-on pas la contradiction qui existe entre une superstructure et la base psycho-sociale sur laquelle celle-ci s'élabore en singularité "étrangère" ?. Tout l'univers médiatique encourageant à exister dans sa fantasmagorie hypnotique n'est qu'une exploitation gredine, assortie de mille compensations et tours de passe-passe. C'est une offense permanente à la Vie, envers toutes les formes vivantes, des plus proches au plus éloignées. Le temps est venu de cesser de vivre dans ces constructions mentales, toutes ces appropriations fallacieuses instigatrices d'une fiction individuelle et collective qui nous divise.

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