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24/11/2007

DEUX NOUVEAUX LIVRES DE DAN GIRAUD

J'ai reçu deux livres de Daniel Giraud : son essai sur le "Qôhélet" (qui n'est autre que "l'Ecclésiaste") et son petit texte romancé sur la musique Cajun et Zydeco des bayous de Louisiane, qui traite avec humour et poésie de la condition de l'émigration. "L'Ecclésiaste" fait partie de l'Ancien Testament. Et que dit-il ? ...Que la société est mal foutue, qu' "il en a toujours été ainsi et qu'il en sera toujours ainsi", que "nul n'est à sa place", que "dans l'existence, tout est pourri" et que "sous le soleil tout est vain et poursuite de vent". Alors à quoi bon croire à quoi que ce soit ?. "Si dans l'Etat, tu vois l'oppression des pauvres, la justice et le droit violés, n'en sois pas surpris"(V,7). Dans les Psaumes (127.2) la parole biblique émet aussi cette interrogation : "N'est-il pas vain de se lever le matin ?". Pour quoi faire ?. Il n'y a rien à "faire", à espérer. "Quel avantage pour l'ouvrier à travailler ? " (III,9), "Que retire le genre humain de tout le travail qu'il endure sous le soleil ?"(I,3). Et le texte attribué à un certain Kohélet de conclure :"Rien de mieux pour l'humanité que de manger et de boire, de se donner du plaisir". Le dieu d'Israël: Yahvé n'est pas évoqué dans l'Ecclésiaste, pas plus que "le" Seigneur, Adonaï, mais uniquement "Elohim" : les divinités; "Et je prône la joie car il n'y a de bonheur pour nous que dans la nourriture, la boisson et le plaisir que l'on prend. C'est cela qui accompagne notre oeuvre durant les jours de l'existence proposée par les divinités sous le soleil. " ( VIII. 15). Cet "Ecclésiaste", mal connu, retouché dans sa partie finale (versets 9 à 14), n'est pas l'oeuvre d'un écclésiastique mais d'un sage, d'un homme de connaissance. Nulle part n'est évoquée d'Eglise. "Son allocution est un réquisitoire contre la peine et la travail et un plaidoyer pour la joie dans cette triste vie" fait remarquer Daniel Giraud, dans cette nouvelle présentation qu'il nous offre : "TOUT EST VAIN, Paroles de Kohélet dit "l'Ecclésiaste" - Essai. Editions Révolution Intérieure (septembre 2007). Avec "Feeling" (- roman, Ed.Révolution Intérieure, sepembre 2007) préfacé par le musicien acadien Bobby Michot, Dan nous transporte en "Acadania", lieu sans mots d'ordre ou "chacun est libre et indépendant sans que personne ne vous oblige à faire ou à penser quoi que ce soit que l'on ne veut pas". On y rencontre les poêtes de la Beat Generation, Walt Whitman, Ernest J.Gaines, Fats Domino, Coco Robicheaux, l'inondation de la Nouvelle Orléans, et au tournant des cataclysmes : George "Boucherie" dit "la Terreur" et son fiston : Adolf Sarkophage "comme au début des années 30 en Allemagne". On y apprend que l'Abbé Pierre avait insisté pour que l'on biffe de l'hymne national l'ignoble incitation : "Aux armes !" mais également l'inadmissible "sang impur" ("le sang des autres que l'on tue au nom de la pureté de notre propre sang") dont on redoute qu'il "abreuve nos sillons". Dans la déconfiture des nationalismes-propagandes, les "ploucs et les indiens, déjantés au jour le jour", émigrés dans leur propre pays, n'ont plus qu'à se saoûler et à faire rouler "l' bon temps".

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18/11/2007

ACCORDER SON VIOLON

ACCORDER SON VIOLON Nous avons tous en nous une clairière potentielle d'accueil à la Grâce : cette réceptivité à l'Harmonie qui seule est apte à transformer les choses. Nous disposons aussi de toutes les facultés d'enrayer cette disponibilité en faisant prévaloir des arguments personnels, des réticences, en engrangeant le processus psychologique. Nous vivons sous le régime de l'occultation causée par notre attitude intérieure, mise en branle, taraudée, par un point de vue conceptuel. La grâce que nous accordons à tout ce qui nous environne, à tout ce qui est perçu, c'est en même temps la Grâce qui nous accompagne en acte instantané. Lorsque l'on s'aperçoit de cette adéquation finalement très simple, le joug est rompu ; nous sommes averti. La façon dont nous regardons les choses, à chaque instant, participe à la création. Tant que cette information essentielle n'est pas conscientisée, nous vivons sous le régime temporel, dans une perspective truquée, car le plus étonnant est que cette information est instantanée, intemporelle, toujours sous-jacente au maintenant, à condition que l'on se fasse écoute. On ne peut la retenir ni la quémander. Tout mouvement intentionnel participe d'une objectivation qui en dénature l'émergence et s'en éloigne. La Grâce s'actualise dans l'attention silencieuse, en Présence. La pensée n'est d'aucune utilité. Cette attention silencieuse est alerte, ouverte, et surtout sans attente ni conclusion d'aucune sorte. Elle est le réel, la révélation de la Conscience que nous sommes, dans laquelle la psyché, le monde, tout l'univers cosmique, apparaissent. Un concept est une projection-prison dans laquelle il ne peut y avoir de dialogue; ça remplit l'espace comme un label publicitaire, ça imprime la tête; ça vient se surimposer en régie; ça s'exprime en référence. Projection mentale, représentation théâtrale imagée à partir d'une idée de soi, d'un scénario qui comporte l'évaluation, le jugement. Le concept quémande les voix pour se donner de l'assurance, la consistance qui lui fait défaut ; c'est une "manip", un vulgaire "truc" de propagandisme, d'agitation provoquée à partir d'une effervescence apprise, d'un réflexe conditionné. La réalité est toute autre : aucune représentation mentale de nous-même n'est nous-même. C'est un tissu d'incongruités, flottant dans une constante inadéquation que tissent en vain critiques et censeurs. C'est une mise-en-scène qui vient en prolongement à celle qu'ils se font d'eux-mêmes; ils sont l'expression d'une tentation funeste, perdue d'avance, d'une méprise fondamentale sur la nature des choses, tournant le dos à l'écoute en cautionnant l'embobinage, la prétentieuse "interprétation". On ne peut plus aujourd'hui que LAISSER MOURIR ce projectionnisme mental, dans une écoute silencieuse. L'expression : "pisser dans un violon" a été inventée par de petits chefs d'orchestre non seulement mélomanes mais mégalomanes, illusionnés par le pouvoir de la réclame. L'orchestration est cacophonique parce que l'on a oublié que la vraie musique coule de source, que l'exécutant disparaît, ainsi que "l'auteur", que rien ne peut se créer véritablement sous la baguette, et que l'énervement consécutif à l'agression provoquée par les dissonances n'y changera absolument rien. Toutes les propagandes qui nous environnent et qui semblent apparemment "fonctionner" encore sont de la "pisse en violon". Le nationalisme, les idéalismes, l'islam, le judaïsme, le marxisme, le communisme, l'athéisme, le catholicisme, le bouddhisme... Toute cette publicité qui encombre nos boîtes-à-lettres n'est plus rien d'autre qu'un vaste gaspillage. Les médias profanes ou sacrés sont usés, c'est une évidence. La répétition n'aboutit qu'à des simulacres, à un étiolement du vivant, à une désagrégation dans laquelle la nullité possède malgré tout une vertu réversible, auto-nettoyante, celle de la nudité intérieure qui n'est pas nulle. Bouchée par des millénaires d'embobinage, on ne l'aborde malheureusement qu'avec des concepts, des sanctions douanières, c'est dire le ravage !. Impossible de revenir en arrière; lorsque le processus d'intimidation et de récupération qu'utilisent ces autorités est mis à jour, et compte tenu de la division qui habite la croûte terrestre, il est maladroit de se réclamer de quoi que soit. Il apparaît au contraire urgent de lâcher prise de toutes les confessions, de lâcher prise avec le passé, le connu. Dans la dimension mourante, on aura beau agiter les mémoires, menacer des gris-gris, ça n'opérera plus, de moins en moins, jusqu'au glou-glou final de toutes ces singeries. Sans avant ni après, on se trouvera enfin confronté à la situation récurente, métaphysique et non plus psychologique ou politique, à la Musique du silence, libre des caquetages et des structures de pensée prédominantes. On constatera alors sans la moindre difficulté cette préséance de la Grâce, en même temps que le gaspillage de tout ce qui s'accroche à l'Histoire. Lorsque l'humanité aura vu clairement et irrévocablement comment et pourquoi elle se fabrique elle-même des fantômes, et qu'une majorité d'êtres humains en aura assez de ce cauchemar ... Révolution Intérieure Instantanée !. Mais ça se passe hors du temps; c'est déjà commencé et même terminé pour qui s'est laissé saisir par cette merveille intemporelle. C'est enfantin !. C'est une question de laisser être, ou de conscience manipulée... comme si un monde de "grandes personnes" n'arrêtait pas de se faire du mal, plongé dans la mouise, en se prenant individuellement pour "quelqu'un", en consultant le petit poste de télé individuel qu'on lui a fichu dans le crâne : "moi, cette existence restreinte". C'est un divertissement tout à fait dramatique, un gâchis, parce que cette télé, c'est du "fabriqué", du cinéma, de la violonade !. Alors les enfants attendent que les adultes aient fini de s'infantiliser avec ce genre de gadgets lamentables !. Mais l'addiction est tenace. Pensez-donc : des milliers d'années de "civilisation"!. TumTum

 
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