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17/02/2008

LE PETIT MOI

De quoi est donc faite cette substance revèche, despotique, calamiteuse que nous appelons le "petit moi" ?... C'est tout simplement une putain de mauvaise habitude, mais vraiment très peu de choses, comme un gaz, mais ça colle terriblement, c'est poisseux, aaargh!... Au départ c'est une idée suggérée officiellement par le monde environnant, une proposition d'atrium voyez-vous, un modèle de cirque. Avec la pseudo-éducation que l'on reçoit, bon gré mal gré, on n'y coupe pas; c'est une sorte de bagage, de sacoche qu'on va nous coller sur le dos, qu'on va se coltiner et à laquelle on doit se coleter !... parce que le sarcophage existenciel de la personne humaine, c'est une très vieille coutume, un vieux credo encouragé par la bureaucratie, la "raison sociale" ou je ne sais quoi qui interdit de se poser des questions fondamentales pour mieux noyer le poisson. Avec l'âge, la croyance d'être une entité, un individu à part entière, ça va se durcir, s'affirmer et se prendre les pieds dans le film inextricable de la norme épaisse et manigancée, assortie de tout son attirail de droits censés authentifier la chose: "vous êtes cette photographie !" . Fantasmagorie répandue sur la terre entière, qui prouve à rebours que la fiction de fixer les choses est plus forte que la réalité, en se permettant de l'investir, de lui colmater toute son intériorité de sorte à ce que ne se présente plus jamais (une vie, ça passe vite!) aucune idée d'investigation plus profonde. Mystification généralisée, embrigadée dans l'imbroglio que nous sommes nés, "pipolisé" dans un programme horizontal linéaire d'une lamentable pauvreté d'esprit et dans une topographie tout autant déplorable, encartée, alignée en surface, divisée en catégories, terrain de compétitions et de magouilles, nanti d'une collection d'étiquettes facilement réductrices, fabricatrices de malentendus. Sans jamais mettre en doute ce que l'on nous a appris sur nous même, nous voici donc momifié dans la panade, dans cette représentation nommée "moi-même", vantée par la pub et tous les cire-bottes qui nous dépossèdent quotidiennement de ce que nous sommes réellement en nous imposant le spectacle d'une réalité truquée de A à Z. Tout ce qui va suivre, se greffant sur ces informations calamiteuses, va se mesurer à ces définitions restrictives que nous finissons par adopter, ces statuts imbéciles d'existence à courte vue qui sonnent tous faux et ne mènent qu'à l'asphyxie ou la guerre. Un point très important à ne jamais perdre de vue, et avant tout à voir sur le vif, au moment où ça se produit : remarquer que lorsque l'on parle de vous, en réalité, on ne parle JAMAIS de vous, mais d'une REPRESENTATION mentale appartenant à la projection que l'on se fait de soi-même, là-bas, dans sa petite aliénation, dans son hallucination. dans sa spasmophilie ectoplasmique en crise et en débondage. Si l'on avait un tout petit peu de respect, de dignité, on s'abstiendrait de qualifier, de juger, de déblatérer, mais on se sent à l'étroit, mal à l'aise, dans son petit moi et ce sont "les autres" qui en sont responsables. Tiens, pardi ! Il faut parvenir à constater ce processus, à le ressentir dans ses fibres sensibles, d'une manière indubitable et définitive. Il n'y a pas d'"autre". Tout ce que je remarque "à l'extérieur" et qui m'insupporte, c'est MA propre DEFICIENCE; A partir de là, le pot-aux-roses étant découvert, on se gardera bien de céder à ces foutues réactions qui ne font que renforcer cette théâtralité inconsciente du "quelqu'un", toi ou moi, des jugements et des opinions, ce déphasage ridicule de la vivante réalité. Ce théâtre-là, ce cinoche ou ce cirque, on le laissera MOURIR dans le silence. Il n'a pas sa place. Lorsque l'on a constaté qu'il est armé du pouvoir de stimulation, de réactivation, une sorte d'opacité transparente s'installe entre cette motricité virale insidieuse et ce qui la regarde, ce qui ne peut plus être atteint parce que justement le pot-aux-roses est découvert. On ne s'identifie plus au système réactif, à l'obtempération, à la crétinerie des rôles qui se mesurent, la cible s'est pardue, ne reste que la tension, la maladie, et ça, avec un peu de repos, ça se soigne. Il ne s'agit pas d'une stratégie mais de l'abandon pur et simple de cette bondieuserie de représentation, terrain de toutes les manipulations, de tous les coups-fourrés, terrain de perdition . Il s'est produit un éclair. On a vu - l'embobinage - et du même coup on a vu qu'on était à l'extérieur - dans la vastitude qui voit - dans ce qui n'a pas de nom et qui est là tout de même, en présence silencieuse. On ne peut rien faire pour supprimer cela. Tôt ou tard on est rejoint par cela. Autant la rejoindre tout de suite. Il n'y a pas besoin de mots, de drapeaux ou de bouquins sacrés pour définir le moment présent, la rencontre quelle qu'elle soit qui s'y déroule. La moindre image d'un "moi", de "ma façon de voir", toutes sortes de prétexte de "quant-à-soi', etc... c'est la bourde, la bourde monumentale, le monument qui s'installe; BOUM ! "je" suis là. C'est la momumentale et phénoménale subordination à l'image bricolée, à la statue, sans en avoir investigué les ressorts. C'est une sorte d'auto-condamnation, d'auto-destruction, un gâchis programmé, au nom de la banalité endormie, de l'illusion de sécurité ou je ne sais quelles crédulités de bazar. C'est oublier la réalité: LE SUBSTRATUM DANS LEQUEL toutes ces images émergent. POESIE PURE que nous vivons tous : àme et monde IMMERGES dans un seul et même bain spirituel, où ce qui est véritablemennt réel est créé par l'INTERIORITE PROFONDE, à des années-lumière des programmes de télévision. Alors ces scénarios: "ma vie", "mon programme personnel", ces déclinaisons dont on se repait inlassablement, fumisteries? ...oui, sans aucun doute ! interludes foireux, voies-de-garage, cochonnerie effrontée, bénie par les démons ; flanquez-moi ça immédiatement au vide-ordures !... Et dire que la téloche n'est faite que de cela, de cette sarabande de petits "moi" qui plastronnent en se relayant en veux-tu en-voilà !... On appelle ça le vedettariat !. Et on entraîne tous les abrutis qui vous suivent du regard dans cette stupidité, dans cette saleté, dans cette indignité coutumière qui passe son temps à se divertir au régime du "Discount" ... TumTum

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