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09/06/2008

DESERTITUDE

DESERTITUDE / Si les notes du TumTumBlog sont de plus en plus rares, il n'y a pas de quoi s'en étonner. Premièrement parce la nature essentielle de TumTum n'est pas dans le temps, tout comme nous ne sommes pas "du" monde. (à maintes reprises, il a été dit ici que "le monde est en nous"). Deuxièmement parce qu' on peut compter sur les doigts les commentaires et les échos de vie des visiteurs habités en eux-mêmes par une envie de partage qui outrepasserait les perplexités, ce blindage et ce mutisme qu'occasionnent l'agacement ou le désarroi. reflet de leur embarras. Les propos tenus ici vous déconcertent ?... La porte du dialogue est grande ouverte!. Tellement empétrés dans le train-train simpliste, réducteur et borné qui s'accoutume du "ready-made", du vernis des conformités, vous vous interdisez l'investigation, la réflexion, que vous laiisez aux "spécialistes" en tous genres qui ne sont la plupart du temps que des profiteurs ; vous n'avez "pas de temps à perdre" et l'abri dans lequel vous trouvez refuge n'est qu'un fatras de préjugés qui vous rend insensible à l'aménité, à la tendresse sans marchandage, à ce "monde meilleur" dont vous rêvez et qu'à la fois vous licenciez, et qui git au fond de vous, répudié comme un importun. La vie de tous les jours vous semble impliquer une autre espèce d' approche, plus "réaliste", qui ne doit pas être troublée par ces "délires philosophiques". Cependant, vous vous contentez d'exploiter ce fantôme avec parcimonie, ramenant tout cela à des qualités personnelles de discrimination appliquée à ce même "réalisme" finalement très limitatif. Sachez que la communion existe dès à présent, dans le silence, ce silence que vous supportez très mal. Mais dès que l'expression parlée ou écrite se manifeste, intervient la dualité, et là, évidemment, pour vous c'est le jugement, le branle-bas de combat, la lutte contre les chimères qui ne vous laisseront pas en paix. La présence qui préside à la création d'un blog "révélateur", de partage, accueille toutes les formes de résurgence, y compris celle de l'abstention, de l'expectative qui engendre la désertitude, cette méprise dans laquelle il n'y a pas à chercher bien loin pour trouver des mirages, et qui par abjuration revêt des formes carrément méprisantes. Or, l'avantage de cette présence est qu'elle n'en tire aucune conclusion. Elle sait que la vraie nature de soi est irréductible à toute vision des yeux comme aux catégories de l'esprit. Libre à vous de vivre dans la tragédie, dans les formes et dans les temps que vous faîtes vôtres. Il est clair que c'est l'optique de l'internaute/spectateur qui crée la forme, médiocre ou étincelante, et que pour faire connaissance avec le véritable parfum du silence, et non plus la peur que vous y mettez, il faut que l'être que vous croyez être se perde dans le non-être ; il faut transcender ce "paquet", cette espèce de mirage blindé, bardé d'instruments de mesure (cette mascarade dont TumTum est sorti), de sorte à laisser place nette à la reconnaissance de l'être manifesté. Alors seulement, le non-manifesté se révèle. Vous qui ne voyez dans ce blog que "tarabiscotage et langue-de-bois", prêtez donc un peu plus attention aux jugements expéditifs qui en brouillent le lisibilité. Et si le sentiment d'en être exclu persiste, n'hésitez pas à apporter vos commentaires, à poser des questions ; nous les examinerons ensemble. La porte est grande ouverte !. ----------------------------------TumTum

Commentaires

Salut Tumtum !
Je venais de faire un long commentaire, lorsque tout disparut sous mes yeux effarés avant même d'avoir terminé (saloperie d'internet, de pc, de modernisme à la con, grrrr...) ! Peut-être l'as-tu quand même reçu ?
Etant assez occupé en ce moment, je ne vais pas m'amuser à tout recommencer, mais je t'envoie mon contact (puisque je suis cité dans cet article sur notre historique Beat Generation Française) et reviendrai voir ce qui se passe chez toi.
En attendant, si tu as le temps, l'occasion, l'envie, la possibilité, tu peux venir me causer sur mon blog, actuellement sur ebay (un vent de révolte et de pureté chez les marchands du Temple, ha ha !). Faut aller voir si j'y suis, et oui, effectivement, j'y suis, dans le chapitre "Communauté", blogs, et tu cherches le blog "Viperman", signé Abelfaygore...
Si tu es celui que je pense que tu es, je te salue beatnikement, et si tu es quelqu'un d'autre, je te salue quand même.
Le combat n'a jamais cessé, camarade, et l'aventure est loin d'être terminée !
Peace and love, see you soon, et continuons à rêver !
Gérard S. Kaufman ('tain, ça fait une paye que je n'ai utilisé ce pseudo!)

Écrit par : gérard | 30/06/2008

Oh là ! Quelle bonne surprise ! Dans le désert de TumTum, l'écho d'une voix qui chantait "Singin' In The Rain" (& bien sur aussi du folk et du blues"long commentaire" n'est pas arrivé à destination, victime des vacheries chronomêtrées d'internet. Ça m'est arrivé aussi.
Rares sont les beats qui aujourd'hui tripatouillent l'ordi et le web ("big brother").
De mon côté je dispose encore d'un vieux coucou (Mac G3 toujours sur système OS 9,2) acheté en 99, ce qui fait que, sur le web, ça plante très souvent, dix fois par jours 8 et certains sites " gourmands' avec vidéos (comme YouTube) me sont hors de portée.
Je sais bien que "le combat" n'a jamais cessé. Même dans les pires conditions, le vécu poétique ne se rend pas, car il est le Vie, et que l'aventure est dans notre ame, dans notre ouverture, comme la part de risque, de OUI, engageant tout notre être au signal de cette promptitude céleste, et que notre songe est dans notre âme, dans notre ouverture, et que notre songe se conjugue toujours au PRESENT, la sou.
OK, si j'arrive à nouveau jusqu'à Abelfaygore/"Viperman" (visité hier , trouvé directement par Google, mais rapidement bloqué en déplaçant le curseur - toujours mon vieux coucou !, je l'explorerai et j'y déposerai des mots.
En amitiés de toujours !
Phil

Écrit par : Phil | 01/07/2008

Phil ! C'était donc toi !! J'avoue avoir hésité entre Dan... et toi ! Cela fait si longtemps ! Et quel plaisir de se retrouver, grâce à l'outil magique !!!
Cette évocation d'un passé qui s'éloigne de plus en plus, et qui, pourtant, demeure si présent ! Et toutes ces questions qui remontent, qui se chevauchent, qui s'emmèlent... Où es-tu ? Que fais-tu ? Et aujourd'hui, qui es-tu ? Ah, ahah, la Beat Generation Française !!! Et oui, on a une (toute petite!) place dans l'Histoire, oui, mais, et maintenant...
Hier, je t'ai envoyé les coordonnées de mon blog, mais je viens plus ou moins de le saborder (oui, je suis comme ça, les bonnes choses doivent avoir une fin lorsqu'elles deviennent chiantes et contraignantes !
Dans l'immédiat, et depuis bientôt un an, je (nous) suis dans une période de transition, la maison que nous louions depuis 22 ans dans cette région magnifique des Hautes-Corbières ayant été vendue. Le nez dans la peinture, mais toujours actif (la musique, l'écriture, l'associatif, l'alternatif, la vie communautaire...).
J'ai revu Dan quelques fois, ou plutôt nous nous sommes croisés, mais le lien n'a pas été(encore) resserré. Et pourtant, nous sommes (presque!) voisins.
Qu'est ce que tu penses ?
Ne serait-il pas grand temps que nous nous retrouvions ? Quelque part, un jour, bientôt, demain...
Me concernant, j'aurai plus de disponibilité à partir de septembre, quand nous serons enfin et à nouveau "chez nous".
Tu peux me contacter directement sur mon email (en principe, tu dois l'avoir, puisque j'ai mis la petite croix dans la case "retenir mes coordonnées".
Je t'embrasse, vieux camarade forever young, et attends ta réponse, plus de nouvelles, ton email, quelques accords de blues, et tout le bonheur du monde !
Gérard

Écrit par : gérard | 01/07/2008

Bonjour TumTum !
Et pardon messieurs de vous déranger en pleine discussion. Je ne fais que passer. Je vais même me faire toute petite pour être sûre que vous ne me verrez pas.
Bon, aujourd'hui j'ai pris le temps de lire cet article jusqu'au bout. Je fais mon mea culpa une fois de plus (je l'ai déjà fait un petit peu chez le Viperman du dessus) car c'est vrai qu'il m'est arrivé de venir ici sans déposer le moindre commentaire, et sans prendre le temps de lire les articles entièrement.
Je ne ferais aucune critique sur le fond de l'article puisque je suis assez d'accord avec tout ce qui a été dit. Par contre, et c'est ce qui m'a souvent arrêtée en cours de route, tes textes étant très longs, il m'est difficile de les lire car écrits petits, en blanc sur fond bleu nuit, et sans aucun paragraphe permettant de souffler un peu. Je sais que ça peut te sembler être des détails insignifiants, mais ils ont leur importance.
Quand on a, comme moi, des difficultés à comprendre un vocabulaire et des tournures de phrases qui sortent de la simplicité habituelle (et je te le redis, ne change surtout rien à ta façon d'écrire parce que je t'ai dit ça, c'est au lecteur de faire l'effort de te comprendre, pas à toi de te mettre à sa portée. On ne peut pas constamment rester au rez-de-chaussée quand on a la possibilité d'atteindre les étages supérieurs), qu'on doit revenir plusieurs fois sur les mots pour en voir le sens, on a vite fait de perdre le fil, et de se perdre dans tes textes. Ce qui, au final, décourage.
Et je trouve cela réellement dommage, parce que tout ce que tu écrit est très intéressant quand on peut aller jusqu'au bout.
Je ne voudrais pas que tu prennes mal ce que je viens d'écrire. Ce n'est rien d'autre qu'une des explications à mon silence. L'autre tu la connais, mais tu m'as mise à l'aise par rapport à ça, et je t'en remercie. Je peux me sentir moins complexée et n'hésiterai plus à poser les questions qui me seront nécessaires à la compréhension de ta pensée.
Je t'en ai d'ailleurs posé deux chez Gérard (la seconde se retrouve en page 2, et pour y accéder tu trouveras les explications en première page, si tu souhaites, et si tu arrives, à aller rendre visite au Viperman).
Une dernière chose. Hier j'ai commencé à lire "Rien de grave à la pointe de Grave" (encore une fois je n'ai pas pu aller jusqu'au bout, mais cela n'a rien à voir avec ce que j'aie dit plus haut ; je continuerai ma lecture plus tard). Tout ce que je peux en dire dans l'immédiat, c'est que j'aime énormément le style et toutes les images que tes mots évoquent. J'aime aussi le dessin et les photos que j'aie pu voir, comme d'autres qui se trouvent sur ce blog.
Merci TumTum de partager tout cela ! Et merci aussi d'avoir fait changer d'avis le Viperman, au sujet de son propre blog. Il semble qu'un coup de fer à repasser ait suffit...
Au sujet des blogs, je lui ai exposé une idée qui me trotte dans la tête et qui me paraît bonne (mais je me trompe peut-être). Je sais qu'il n'a pas le temps d'y réfléchir en ce moment, alors quand il m'aura donné sa réponse, soit je t'en parlerai, soit il s'en chargera, soit... et bien elle tombera à l'eau.
Bises à toi TumTum, et sans doute à bientôt, ici ou là...
Léo

Écrit par : Léo | 04/07/2008

Bonsoir Phil,
Je viens de me promener sur le diaporama "blues". Je ne sais pas de qui sont ces photos, mais je les aime beaucoup.
Merci !
Léo
PS : je n'ai pas trouvé où mettre un commentaire quand on est dans la partie diaporama, aussi j'écris ici.

Écrit par : Léo | 04/07/2008

Mais tu ne nous dérange pas, Léo; nous aussi nous ne faisons que passer. Pourquoi veux-tu te faire toute petite afin que l'on ne te voie pas ?... Et si je te disais que cette façon de se présenter est justement "un bon truc" pour attirer l'attention sur soi ?..
Oui, on m'a déjà dit que le TumTumBlog était difficilement lisible: textes trop longs, sans alinéas, sans illustrations (en bref: sans respiration!) et caractères minuscules sur fond bleu-nuit. A part cette dernière mention, je ne vois pas trop comment modifier les choses - mais j'aime tellement le bleu-nuit ! - la raison en est toute simple : je ne vois pas comment c'est possible. Faudrait qu'on m'explique. J'ai beau taper les textes avec des alinéas, ça ne veut rien savoir, tout d'affilée ! grossir le corps du texte ? ou ? comment ? c'est peut-être possible sur un autre type de blog, mais peut-être avec un autre système, plus moderne ?... Bon, c'est mieux que rien, et encore je n'en suis pas certain. Je sais bien que la présentation, quand il est possible d'y remédier, avec des outils techniques, ça compte !.
Si tu as abordé "Rien de grave à la pointe de Grave", j'espère que tu as commencé par le début : le Diaporama. Le texte en est la suite, qu'il était devenu plus difficile d'illustrer en images. Sur internet, quand je tombe sur un texte d'une certaine longueur, je pratique le copier-coller et je l'imprime pour pouvoir le lire "à tête reposée", ailleurs que sur l'écran.
Idem pour de longs mails. Merci pour tes compliments. J'ai scané pas mal de choses de mes dessins, b.d.s (certaines sont parues dans de petits fanzines "underground" comme "Le chant de la terre" ou "Le Mille-Feuilles" dans les années 70, 80, 90. Au moins ça fait plaisir de savoir qu'il existe une visiteuse du TumTumBlog, une lectrice bien vivante, et non une caméra, ou un logiciel, pour renvoyer la balle !. Ces spectres compulsifs qui se sont aventurés chez TumTum à seule fin d'analyser "de quoi il en retournait" et qui ont tirés hâtivement leurs conclusions sans avoir la présence d'esprit de laisser quelques mots en témoignage de leur passage, dorment. Cela ne fait aucun doute. Ils sont accaparés. On peut dormir et rêver
d'une manière agitée, tyrannique, qui finit par envahir le champ. Comment s'apercevoir dans ces conditions, que les moments "vides", les intervalles, de même que le sommeil profond, sont les moments de régénerescence, de grâce, où l'émerveillement qui n'a plus sa place ailleurs émerge, naturellement ?...
A bientôt, Léo !
TumTum / phil

Écrit par : phil | 05/07/2008

P.S. / (à Léo) : Ces photos, je les puise un peu partout. Je les "bidouille" sur Photoshop (presque toutes). J'en prend des extraits (recadrage) ou les recolorise à ma façon. Elles servent de support de base. Les plus achevées sont bien sûr celles qui se rapprochent des collages, chers à la Beat-Generation. Je glisse parfois quelques photos persos (notamment pour la "Pointe de Grave", il y en a pas mal !). Chaque image doit comporter une part de création, à moins qu'il ne s'agisse d'un élément documentaire, et encore ! j'y trouve toujours quelque chose à changer pour le rendre plus beau, ou plus vivant. Dans le dernier diaporama sur le Blues, il m'est arrivé comme il arrive parfois si l'on oublie d'entegistrer son travail en cours, à plusieurs reprises, de "planter" sur Photoshop, sur l'une des scènes d'Enfer du Jugement Dernier (où les Afros-américains ont souvent eu l'impression que les démons: c'était EUX, les autres, les saints, les bons, les vertueux, la peau rosée et les cheveux blonds, évoquaient à leurs yeux un "club de bourgeois suisses" selon Julio Finn, auteur du livre : "The Bluesman". Et c'est donc pourquoi j'ai pensé aux masques du Bénin, ex-Dahomey, ex-"Côte des Esclaves", qui possédait une culture traditionnelle très élaborée, dont on pourrait faire remonter certaines sources à la Chine antique, par le biais des Arabes. Bref, pour en revenir à mon histoire : écran figé, impossible de sauvegarder mon "collage" avec arrière-plan de feu et mise en valeur de la tête d'un démon, j'ai pensé soudain à prendre en photo l'écran de l'ordi à l'aide de mon téléphone portable. J'ai envoyé la photo sur ma boite-mail. Evidemment ce n'est pas aussi net que l'original perdu mais ça donne un style "télé" ou "vidéo" à l'image qui ne m'a pas déplu du tout.
Voilà. Il est bien tard, déjà 1 heure 14, et mon jeune gambadeur nocturne de chat : "Timmy", n'est pas rentré au bercail malgré des appels stridents dans la campagne endormie. J'y retourne en souhaitant que cela ne s'éternise pas trop. Bonne nuit !
Phil

Écrit par : phil | 05/07/2008

Bonjour Phil !
Ma façon de vouloir me faire toute petite, hier, était une boutade. Justement parce que je sais qu'il n'y a rien de mieux pour attirer l'attention… Comme je sais aussi que Gérard et toi n'allez pas discuter uniquement ici. Ce n'était qu'un tremplin pour mieux vous retrouver ailleurs, notamment dans la réalité (c'est ce que je vous souhaite).
Bon, j'espère que Timmy n'est pas rentré trop tard hier, et que tu as enfin pu aller te coucher.

Alors... concernant les caractères de tes articles, étant un peu comme St Thomas (pardon, mais j'ai toujours besoin de constater par moi-même), j'ai fais une simulation de blog ici, et c'est vrai que je n'ai vu aucune possibilité ni pour les aggrandir, ni pour les modifier. La seule chose faisable, c'est de les mettre en gras, ce qui permettrait de les rendre plus lisible je pense.
Quant aux paragraphes, en appuyant deux fois sur la touche entrée, il semblerait que cela permette d'aérer les textes, du moins dans l'essai que j'aie fait. Mais comme tu as plus l'habitude de ce site que moi, ça ne fonctionne peut-être pas toujours, ou pas chez tout le monde.
Enfin oui, je pense que la meilleure solution est d'imprimer tes textes. Cela me permettra de ne pas passer trop de temps devant l'écran (au bout d'un certain temps, je n'y vois plus), et d'y revenir plus facilement. J'avais commencé à lire ce que tu as écrit sur la beat-generation, mais je n'avais pas pu aller jusqu'au bout. De cette façon-là, ce sera plus facile. D'autant plus que c'est très intéressant pour moi qui n'en connais presque rien.

Pour ce qui est de "Rien de grave à la Pointe de Grave", j'ai effectivement commencé par le diaporama. Quand j'aurais terminé à cet endroit-là, je continuerai par le texte. Mais il est dommage que tu ne puisses pas aussi illustrer les textes. Ma soeur avait un blog ici, elle a fini par le laisser tomber pour choisir d'autres sites, et je pense que c'est en partie à cause des difficultés de présentation (elle est peintre/dessinatrice…).
Puisque tu as également un blog sur myspace, qui semble être un site moins figé, pourquoi ne pas tout rapatrier là-bas ? J'ai pu constater qu'il n'y a pas eu plus de commentaires qu'ici, et qu'il est au point mort depuis novembre dernier.
Le manque de commentaires sur tes blogs est certainement dû au fait qu’effectivement beaucoup de personnes doivent penser que tu vis dans une autre dimension. J'en ris, mais il est certain que tes textes sont déconcertants ; ils sortent tellement de ce qu'on a l'habitude de lire qu'on est vite déroutés. Pourtant il suffit de faire l'effort d'entrer dans ton univers pour découvrir beaucoup de richesses dans tout ce que tu écris. Et on est conquis, ou on ne l'est pas. Tout dépend de la sensibilité de chacun, et de ce que l'on recherche en venant sur le net, ou dans la vie d'une façon plus générale. Pour ceux qui souhaitent s'ouvrir à d'autres horizons, qui ne rechignent pas à se remettre en question, c'est très intéressant.

Tu dis que pour illustrer "Rien de grave à la Pointe de Grave" tu as scanné tes dessins parus dans certains fanzines underground. Tu as donc fait aussi de la BD ? Est-il possible d'en lire encore, et où les trouver ?

Désolée, je saute du coq à l’âne, mais c’est parce que je suis la progression de ce que tu as écris hier. Donc : j'aime beaucoup ta façon de décrire le sommeil (à la fin de ton premier commentaire d'hier soir). Tout à l'heure je disais un peu la même chose chez Gérard, aussi ça me fait sourire de te lire.

Encore une chose que j'aime beaucoup, c'est ce que tu fais des photos. Faire ressortir certains détails déjà, et le "cheminement" partant du détail pour aller la photo entière. Et puis je pense aussi qu'une photo doit être retravaillée. J'aime rarement celles qui ne le sont pas. Elles sont des œuvres d’art à part entière, et si on n’y met pas un peu de soi, elles sont souvent assez ternes. A l'époque très lointaine où j'en ai fait un peu, je forçais sur les contrastes ou sur le flou, au tirage. Aujourd'hui, les logiciels offrent plus de libertés, notamment pour ce qui ressemble aux collages (une technique que j'aime beaucoup parce qu'elle laisse libre court à l'imagination en partant de choses "réelles". Et les possibilités sont infinies. Ce qui me rappelle la musique métissée. Là encore, tout est possible).

La photo du masque béninois dont tu parles, m'as impressionnée hier. Le masque en lui-même est assez effrayant, mais ce fond de flammes le rend encore plus fort. Et je trouve que cet effet légèrement flou rajoute encore à la force de cette photo. Un peu comme une vision cauchemardesque.

Ah ! je voulais te remercier d'avoir cité un livre : "The Bluesman" de Julio Finn. Je pense qu'il doit parler de l'esclavage et des difficultés que vivent les afro-américains. Je tâcherais de me le procurer.

Bon, je vais peut-être arrêter là, sinon tu seras obligé de tout imprimer pour me lire (et encore, j'ai essayé de faire court).
Bises et à bientôt !
Léo

Écrit par : Léo | 05/07/2008

Bonjour Léo,

Ça y est; je suis allé à vélo poster ma lettre-papier à Gérard, qui ne partira que lundi, mais au moins, il aura mes coordonnées, surtout mon mail. C'est tout de même plus simple qu'en passant par ces blogs (le sien ou le mien) dont
je répète que je rencontre d'énormes difficultés à y accéder, sans doute à cause de la vétusté de mon ordi, un vieux mac acheté en 99. Presque 10 ans déjà !. Il est au maxi de ses possibilités mémoire et système.
Ça me fait vraiment très plaisir que tu réponde à mes commentaires. TumTum n'a jamais connu ça, un tel afflux!.
Timmy est rentré juste après mon envoi, le poil encore bourré de petites boules qu'il récolte en traversant les herbes. Les deux autres vieux chats (Marius, 14 ans, et Gomémé, 13 ans ) l'attendaient. Après une séance de brossage, tout le monde est allé se coucher. Lolla la perruche dormait déjà depuis longtemps.
Pour les paragraphes, lorsque tu dis : 2 fois sur la touche "entrée", il s'agit de la touche alinéa, la quasi-verticala, à droite sur le clavier n'est-ce pas ?. Mais j'évite de taper directement en ligne, des fois qu'il surviendrait un plantage et que je perdrais tout le texte déja écrit. Je préfère le taper ailleurs, me relire, et l'envoyer en copier-coller. Mais mes paragraphes ne sont pas respectés !... Parfois je les corrige sur le net, et je découvre que le texte publié n'a "rien voulu savoir" !...
J'avais auto-publié mon texte sur la Beat-Generation dans un fanzine/papier de mon cru, tiré à 30/40 exemplaire, format A4, que j'imprimais (et parfois élaborais) à mon boulot, profitant de l'imprimante A5. Il se nommait : "Rockin'Rhythm'n'Blues". Il a duré 4 ans (2000-2004). Au départ il était gratuit, puis les "abonnés" n'avaient
qu'à m'envoyer des timbres pour le reçevoir à domicile. Il ne traitait pas seulement de musique mais s'étendait à la culture afro-américaine : ses grandes figures, ses mouvements culturels, sociaux. J'ai évoqué par des articles ce merveilleux Langston Hughes (que Gérard doit connaître) écrivain et "routard" noir des années 50 qui a fait connaître en France le Folkblues dans les années 60, Chester Himes connu par ses romans polars (de lui, j'aime beaucoup "Retour en Afrique"paru en 10/18), Julio Finn, le frère du bluesman Billy Boy Arnold que je considère comme l'inventeur du style des Rolling Stones. "The Bluesman" est bien ce que tu dis : il parle des sources africaines, mais il n'a jamais été traduit en français. Il y a aussi Melvin Van Peebles, cinéaste et poète, auteur de théâtre, qui a vécu à Paris, Maya Angelou, très connue aux States, pas du tout en Europe, qui a écrit des tas de livres, des poêmes, W.E.B. Du Bois, un étudiant noir brillant, très cultivé au début du 19ème siècle, qui avait acquit un poste important où "il a vu" ce que faisaient les Blancs des lois de Lincoln, et qui dégoûté est allé finir sa vie au Liberia. Et bien sûr, les Black Panthers, Malcolm X , et la version "soft" (chrétienne) représentée par Martin Luther King. Et aussi ce Blanc, fils d'émigré grec: Johnny (Veliotes) Otis, musicien, dessinateur de cartoons, peintre, sculpteur, et défenseur des Droits civiques et de la culture Afro-américaine, dont le livre "Upside Your Head"(hélas non traduit également) est très édifiant. Promoteur des artistes noirs au tout début des années 50, il a été un pionnier dans l'avénement du Rock'n'Roll, et a rencontré a de très nombreuses reprises, la haine des "rednecks" racistes qui ne comprenaient pas son attitude.
A lire, je te conseillerai (en poche) "Le peuple du blues" de LeRoi Jones, un écrivain et poète qui a d'ailleurs participé à la Beat Generation. Il existe aussi un petit fassicule illustré ("La Beat Generation" ed. Découvertes/Gallimard) signé Alain Dister (que j'ai d'ailleurs rencontré au Quartier Latin en 68 - Il m'avait pris pour un musicien du trio Jimi Hendrix !)
Mon "MySpace" ne fonctionne pas du tout. A chaque fois que j'essaie d'y accéder, on me dit que j'ai tenté trop de fois d'y aller avec erreurs, et le logiciel de vérification tourne en rond, à vide. J'ai beau spécifier à nouveau manuellement identifiant et mot-de-passe, recopier les codes successifs, impossible d'y parvenir !... Je le laisse en ligne car j'y ai mis ma biographie musicale et des photos de concerts du temps où je faisais de la musique. Alors, tu vois, c'est pas par refus de communiquer avec les "MySpacers" considérés par le site comme "Mes Amis", ni parce que je vis dans une "autre dimension" mais tout bêtement à cause d'un blocage technique.
Ce n'est pas pour "Rien de grave..." que j'ai scané mes b.d.s, c'est pour les albums "Coupeurs de Têtes", "Un Sunpiss dans la sierra" et l' "Arbre-Oeil" qui présente une galerie de divers dessins. J'en ai beaucoup d'autres.
Il y a aussi le diaporama "Qu'est-ce qui va ?". L'as-tu regardé ?
Quant à ta remarque : "J'en ris mais il est certain que tes textes sont déconcertants; ils sortent tellement de ce qu'on l'habitude de lire qu'on est déroutés". J'en ris aussi. J'ai placé cette image du héros-type de b.d. classique , en train de transpirer à grosses gouttes avec une bulle/texte censée exprime le fond de sa pensée : "Mais qu'est-ce que c'est que ces salades ?!". J'ai pris soin de développer un peu l'idée avec une note (du 12.06.2007 - catégorie : film) car c'est cinématographique cette affaire-là !... cette célérité à vouloir cerner, identifier, définir, qui repose sur une habitude mentale de saisie. J'avoue que je suis un peu "pirate" par rapport à ces automatismes réactifs, comme le furent les surréalistes, les dadaïstes, Rimbaud, et tant d'autres - méconnus du grand public (que Patrice Delbourg appelle "les
désemparés - 53 portraits d'écrivains / ed. Le Castor Astral, 1996) . La contre-"culture officielle" ne date pas d'hier.
Parmi ces derniers: Malcolm de Chazal (dont il faut avoir lu au moins "Sens Plastique"), poète et peintre qui vécut à l'Ile Maurice et qui rencontra l'Illumination en réalisant lors d'une promenade dans le Jardin de Curepipe, qu'un nénuphar lui souriait. Ah, je sens que si ça continue, je vais devoir dresser une liste de livres "essentiels" pour faire connaître ces explorateurs de la dimension cachée de notre existence.
Au lieu d'essayer de comprendre immédiatement un tableau, un texte, un poême, toute oeuvre d'art, même présente autour de nous, dans la nature, tout ce que la perception nous offre au regard, laissons cette oeuvre elle-même "nous regarder", à son rythme, nous baigner, et ces choses qui nous intriguent vont se manifester en nous, vont trouver la résonance juste. Cela peut prendre du temps, mais dans cette orientation qui est accueil , le temps n'a pas d'importance. Le ressenti en soi, c'est la seule chose qui compte... quand il est vrai, authenthique, sans séparation
avec l'objet, quand la pensée qui veut cataloguer immédiatement n'intervient pas, quand on prend soin de la laisser de côté. C'est en nous, dans notre intériorité que l'on peut découvrir l'unicité, pas dans les bricolages du "cogitum" ou de la réaction conditionnée par ce que nous savons déjà. Alors, c'est merveilleux ! c'est la création pure. Nous sommes amené à cela, dans notre être, qui n'est ni ceci ni cela. Car conceptualiser, sous la forme la plus minime, ce que nous sommes, c'est plonger la tête la première dans les difficultés. Ce qui observe les changements de notre existence se trouve en dehors. Tu parlais d'ego, mais l'ego n'est qu'une pseudo-entité, soumise à toutes les fluctuations. Il "colle au fond de la casserole" comme dit mon ami Steve. Il s'agit de voir tout ça clairement, sur le vif, sans vouloir s'en débarasser, le voir simplement, pour que ça s'élimine, car c'est ce connaisseur hors-scène, en nous, insituable, sans forme, qui est le vrai vécu, la plénitude, la présence, à chaque instant. C'est en lui que tout vient à apparaître.
Est-il possible de communiquer une investigation qui se fait sur le vif, à l'aide d'une ouverture désintéressée, dans laquelle tout but à atteindre est éliminé ? Notre vraie nature est ANTERIEURE à la pensée; l'ego fait partie de la pensée, de ses fabrications. Il est une surimposition qui n'a pas lieu d'être. Lorsque c'est parfaitement clair, il s'en va.
Et ce qui se ressent, c'est l'illimité, l'éclosion, le rayonnement de la Joie, support absolu et origine de toute chose.

Je t'embrasse.
Phil

Écrit par : Phil | 06/07/2008

Salut hello bonjour namaste selamat pagi et alea jacta est !
En passant par ma boite mail, je découvre le commentaire ci-dessus, en 3 exemplaires ! Un des nombreux mystères des chemins du virtuel, doute de la présence effective de notre existence dans une dimension peut-être alléatoire...
Mais vaut mieux 3 que 0, redite apportant les preuves d'une communication établie, état de fait ouvert sur un futur proche d'échanges et de dialogue.
La mélodie du vent, l'humidité de l'air, dehors, image-contraste de fraicheur d'avec la certitude que nous sommes en été.
Une journée différente, mais semblable à tant de journées différentes.
Attente de la singularité particulière qui va se dessiner au cours des heures à venir.
Attente du moment évènementiel, mais sans impatience, puisque l'instinct a gravé au plus profond de nous même la certitude que le Grand Possible interviendra forcément, lorsque l'instant sera venu. Le tout étant d'être éveillé, prêt à recevoir, prêt à comprendre.
Demain..?
Chaque joue compte, même s'il peut paraitre vide. Et quand du néant surgira la lumière, il sera alors temps de faire le plein.
Continuons à "être", la Route est encore longue, et nous vivrons parceque nous avons encore tellement de rencontres à faire !
Au revoir, bye bye, salut, namaste, selamat jalan, see you soon...
Gérard

Écrit par : gérard | 06/07/2008

Salut hello bonjour namaste selamat pagi et alea jacta est à toi aussi Gérard, grand barbu devant l'Eternel, ainsi qu'à toi Phil !

Le message précédent ne s'affiche plus qu'une fois. Je présume que tu as dû supprimer les deux publications d'hier, Phil, pour ne le remettre qu'une seule fois. Ah ! les joies de la technique et de l'informatique !...

Gérard, j'aime beaucoup cette phrase que tu as écrite : "Continuons à "être", la Route est encore longue, et nous vivrons parceque nous avons encore tellement de rencontres à faire !". Oui, encore beaucoup de rencontres à faire. Et je suis étonnée chaque jour de constater qu'il suffit d'un petit rien, en apparence, d'un petit clic en l'occurrence, pour faire ces rencontres qui, pour certaines, peuvent changer le cours d'une vie.

Phil, je te remercie pour la longue réponse que tu m'as faite. Comme je l'ai écrit hier chez Gérard, j'en suis très heureuse tant elle fourmille de renseignements et de découvertes pour moi. Bon, je ne vais pas répondre point par point, mais juste pour revenir sur les difficultés de présentation dans tes articles, ce site est encore plus figé que je ne le pensais. C'est regrettable car si tu en avais la possibilité, il y aurait de belles illustrations à mettre dans le corps de chaque article, et pas seulement en diaporamas. Et je pense en particulier à "Comment l'aigle à fondu sur le projectionniste", ou à "Voyage à la Fabrique", puisqu'il y en a des images.

En parlant de diaporamas, je viens de finir ma visite de l'Arbre/Oeil, de Coupeur de Têtes, de Un Sunpiss dans la Sierra et de Qu'est-ce qui va ?. J'aime beaucoup tes dessins, mais je ne suis pas arrivée à lire tous les textes des BD dans l'Arbre/Oeil, même en les copiant et en les aggrandissant (c'est flou).

Concernant l'Arbre/Oeil, il faudrait pouvoir revenir sur chaque photo, il y aurait un commentaire à faire pour chacune (là encore, il est regrettable qu'on ne puisse pas écrire dans cette partie-là des blogs). Je vais simplement relever une phrase que j'ai aimée (encore !) : "je connais la lumière et je reste dans le noir" (Le Vieux Bang-Tseu). Elle est d'une grande sagesse.

J'aurais besoin de revenir sur les trois autres, principalement sur "Qu'est-ce qui va ?" qui bouscule encore beaucoup d'idées reçues, qui me fait remettre en question ma façon de vivre et de voir depuis toujours. Bon sang ! je ne crois pas que tu imagines à quel point, depuis quelques jours il y a une nouvelle prise de conscience, pour moi ! Elle a déjà commencée il y a un an, mais ces jours-ci, j'ai le sentiment d'être embarquée dans un train qui roule à vive allure vers un pays dont on ne peut pas revenir. Y aura-t-il une véritable révolution intérieure en chemin, et le bonheur au bout de la route ? Je n'en sais rien, seul l'avenir pourra le dire...

Je n'ai pas encore eu le temps de lire "Mais qu'est-ce que c'est que ces salades ?". Je l'ai imprimé, comme d'autres textes (ceux sur la Beat-Generation, la suite de "Rien de grave à la Pointe de Grave", "la Vieille Branche", "Comment l'Aigle a fondu sur les projectionniste" et "Voyage à la Fabrique"). Je prendrais le temps de tout lire, et d'y revenir, si c'est nécessaire. Eventuellement en te posant des questions, si ça ne te dérange pas et si j'ai besoin d'éclaircissements.

Je suis tout à fait d'accord avec ceci : "... cette célérité à vouloir cerner, identifier, définir, qui repose sur une habitude mentale de saisie." J'ai toujours trouvé désagréable ce besoin de classifier, comme si nous n'étions qu'une seule chose. C'est étouffer tout le reste, gommer toutes les possibilités qui s'offrent à chacun de nous, et nous empêcher de vivre ce que nous sommes. Mais cette façon de voir est tellement ancrée dans la société, qu'il est bien difficile d'en sortir. Et quand on en sort, on est considéré comme un extra-terrestre ! Et bien tant mieux ! On n'est pas compris, malmené aussi ? Là c'est moins amusant, mais c'est aussi réconfortant. Pour moi, cela prouve que l'on est sur le bon chemin, en avançant à contre-courant, non ?

Je voulais te remercier d'avoir cité quelques livres (je regrette que certains ne soient pas traduits en français, je ne lis pas l'anglais), et des personnages que je ne connais pas, pour la plupart. J'ai donc beaucoup à découvrir dans tout ce que tu m'as écrit. Mais bien plus encore, je pense. Il serait intéressant, en effet, que tu dresses une liste de tous les livres indispensables dans le domaine de la contre-culture. Même si peu de personnes écrivent ici, je pense que ton blog doit être lu, et ces bouquins peuvent intéresser pas mal de gens.

Encore une chose avec laquelle je suis d'accord, c'est sur ce que tu dis au sujet des oeuvres d'art. Ne pas chercher à les comprendre, les laisser venir à nous, les ressentir. Hormis quelques textes comportant des messages qu'il est utile de comprendre (et parfois, pour les comprendre, il faut analyser ces textes-là), je ne vois pas l'intérêt d'analyser une oeuvre. Son auteur n'y met rien d'autre que ce qui vient du plus profond de lui, alors autant se laisser porter par ça.

Par contre, j'aurais besoin de revenir sur la fin de ton commentaire, quand tu évoques l'égo. C'est un autre nouvel éclairage pour moi. Donc à relire et à méditer.

Et pour reprendre le registre des blogs et des photos, je suis allée sur ton myspace (une fois de plus, quel dommage que tu ne puisses plus y accéder ! il ne te resterait plus qu'à créer un autre blog sur ce site, peut-être, et repartir de zéro ?... Mais avec ton vieux PC, je ne suis pas certaine que ça règlerait tous les problèmes), je suis donc allée sur ce blog-là, et j'ai été ravie de voir les photos que tu y as mises. Toi à tous les âges (ou presque, on ne t'y vois pas en couches-culottes quand même !), dans tes oeuvres (musicales), et avec un certain Dan Giraud, qui figure ici aussi et dont je présume qu'il s'agit de la personne à laquelle Gérard pensait avant de savoir que le TumTumblog était à toi.

Je t'embrasse Phil, et je fais aussi des bisous à Gérard s'il passe ici. Mais peut-être y aura-t-il d'autres personnes, un jour, qui se décideront à écrire ?...

A bientôt !

Léo

Écrit par : Léo | 06/07/2008

Bonjour Phil !

Je voulais faire une simple remarque sur ta façon de décrire les touristes (mais plus généralement la société), en me basant sur ce que j'aie pu lire dans "Rien de grave..." et dans ta BD "Un Sunpiss...".
On pourrait ressentir beaucoup de mépris de ta part envers les gens, alors que ce n'est rien d'autre qu'une "photo" très réaliste de ce que nous sommes. Et tu nous la mets sous le nez pour nous faire réagir. Mais tu n'es pas le seul à faire ça, heureusement.
On peut ne pas apprécier, avoir une réaction violente parfois, insulter même (Gérard en sait quelque chose, il s'en est pris plein la figure suite à ses derniers articles !). Mais on peut aussi en sourire, ou en rire, et "rectifier le tir".
Alors un autre merci !

Bises et à plus, ici ou ailleurs...

Léo

PS : "Rien de grave...", j'ai beaucoup aimé, et regretté que ça s'arrête là. Quelques pages de plus ne m'auraient pas dérangée.

Écrit par : Léo | 07/07/2008

Bonjour Léo,
Merci pour tes appréciations. A propos de ces "photos" comme tu écris, "très réalistes de ce que nous sommes", j'ai envie de dire au contraire: " si peu réalistes" puisqu'elles sont des clichés, des visions sarcastiques qui montrent le côté ridicule, conditionné, "de ce que nous ne sommes pas". Bien sûr, en en voyant cet aspect grotesque, parfois insupportable, indigeste, obscène, et tout ce que l'on voudra, nous nous désidentifions automatiquement de ces structures moutonnières. Qui peut se sentir visé au point d'avoir, comme tu écris: "une réaction violente" ? Celui ou celle qui s'identifie dans cette restriction, qui ne croit être que cela, cette misère embrigadée, qui en souffre sans se l'avouer franchement, et qui manquant d'humour, d'espace intérieur, se sent agressé. Il lui faut tous ces gadgets pour le rassurer, tous ces services, ces gâteries conditionnées par le pouvoir de l'argent. Comment ces touristes peuvent-il voir vraiment le monde qui les entoure puisque tout leur parcours est truqué, artificiel ? Krishnamurti déplorait une telle chose; c'est mutiler son âme que de détourner le regard de la réalité, de la pauvreté, de la misère du peuple d'un pays que l'on visite pour ne retenir que des cartes postales satisfaisant à un loisir. Il y a un côté notoirement obscène dans le tourisme et dans le loisir organisé.
Je reviens sur ton mail précédent : l' "Arbre-Oeil" n'est pas conçu pour être visionné en diaporama mais image par image. Quelques légendes les accompagnent, il me semble. Idem pour le Musée des Cartes & Plans (inachevé). / Le "vieux Bang Tseu" est un personnage fictif, créé à l'occasion d' une b.d. réalisée par "Le Citron Hallucinogène" qui me laissait carte blanche,
mais la citation est tirée des vieux sages du Tao (Tchouang Tseu, Lao Tseu, Lie Tseu) 500 ans avant J.C. / Le diaporama "Qu'est-ce qui va ?" était à regarder en "vitesse lente", pour avoir le temps de lire les textes, mais ils viennent de changer leur logiciel et je ne sais pas si l'optoion existe encore; je n'ai pas vérifié./ "on est considéré comme un extra-terrestre" écris-tu aussi. On s'en fout !. Si l'on ne vit que par les images que vous renvoient l'entourage on devient un pantin manipulé. Il y a ce qui vient de l' "extérieur", de l'effet secondaire, et il y a ce qui se passe en nous, en direct, ce qui se ressent et qu'on est seul à connaître. L'opinion, le jugement
sont toujours fractionnaires. Dans l'absence de représentation mentale venant de toi ou de moi, il y a unité. Une remarque désagréable peut venir toucher une image de soi à laquelle on est attaché. Il suffit de vider l'esprit de cette image. Aucune représentation mentale n'est soi-même. / Une liste de livres "indispensables" ?... je disais seulement "essentiels", qui renvoient à l'essence. Je ne crois pas qu'un livre puisse devenir "indispensable". Et puis chacun est différent dans son approche; il est difficile de conseiller un livre. Il faudrait que le choix s'établisse de lui-même, par analogie. Et puis c'est tellement déroutant la rencontre avec les livres. Les livres me sont toujours venus, apparus, au moment juste, coïncidant parfaitement avec ce que je cherchais confusément à y trouver. Mais puisque j'ai émis cette idée, je me dois d' essayer de dresser une liste, aussi variée que possible. Ce sera forcément subjectif. Il faudrait mieux te connaître pour que l'analogie se présente./ L'ego sert bien souvent d'argument délateur à l'ego lui-même; c'est une de ses tactiques!...C'est pourquoi j'évite d'en parler trop souvent. / Oui, Dan Giraud est l'un de mes meilleurs amis "de toujours", un vieux frère, et pourtant nous ne nous ressemblons pas par biens des côtés. Mais j'aime sa sincérité, son honnêteté foncière, sa sensibilité, sa gentillesse, sa sagesse hors-normes. Je n'ai pas voyagé autant que lui mais j'ai vécu des moments initiatiques à ses côtés, en ballade sur les cimes ariègeoises, ou en allant le voir, gravissant la "Côte Crabère" à travers les ronces avec un sac à dos arch-rempli, me perdant, seul avec Maha, l'esprit de la Montagne. Et on a pu approcher ensemble des voyants, des sages, qui avaient quelque chose à nous transmettre. Mais c'est aussi cette simplicité naturelle entre nous, ce "feeling" comme on dit dans le blues, cette ouverture de vision partagée, c'est pourquoi je peut parler d'un excellence de l'amitié, de l'âme-itié, parce que c'est du vécu et même du vécu intemporel !...
Bises,
Phi

Écrit par : Phil | 07/07/2008

Bonsoir ici Phil,

Tu as raison, ce que tu montres dans ces descriptions que tu fais des touristes, ce ne sont pas des « photos réelles », mais plutôt des caricatures. C’est de cette façon-là que je le voie. Les caricatures partent d’une réalité pour n’en retirer que les traits les plus marquants. Et ce que tu décris n’est pas si éloigné, dans le fond, de notre comportement quand nous sommes en vacances. C’est vrai, ce n’est pas « ce que nous sommes », mais ça ressemble à notre manière d’agir.

Lorsque l’on fait du tourisme, dans la grande majorité des cas on se contentent de ne voir que « les cartes postales » comme tu le dis, plutôt que d’aller à la rencontre des gens (et quand on y va, ça tire plus du voyeurisme que d’une réelle volonté de connaître les personnes). Mon rêve aurait été de faire le tour du monde, en immersion totale, mais peu de personnes ont envie de ça. Serait-ce à l’image de la société d’aujourd’hui qui nous rend de plus en plus égoïstes et indifférents à ceux qui nous entourent ? Serait-ce cette perpétuelle peur de la différence ? Serions-nous conditionnés depuis la naissance, au point de ne trouver d’intérêt que dans des « Shmolldu » et autres activités préfabriquées ? J’aime beaucoup cette phrase qui exprime ce que je pense (je n’aurais pas su trouver les mots pour le dire) : « c'est mutiler son âme que de détourner le regard de la réalité, de la pauvreté, de la misère du peuple d'un pays que l'on visite ».

Quant aux personnes qui réagissent violemment quand on leur montre leurs défauts (ce n’est rien d’autre, en fait ; et là je pense à ce que Gérard a écrit dans ses deux derniers articles sur ebay, qui a provoqué un déchaînement d’insultes et de bassesses plusieurs jours de suite), il doit y avoir une part de complexes, et leur souffrance est telle qu’elles ne supportent pas qu’on les leur montre. Tout le monde peut se sentir complexé par rapport à quelqu’un d’autre (tu le sais, j’ai ressenti ça avec toi, mais aussi avec Gérard, et d’autres. Vous m’avez fait comprendre que je n’avais pas à l’être, alors MERCI !), mais n’est-ce pas plus constructif de se remettre en question et d’essayer d’avancer, plutôt que d’agresser l’autre ? Il faut croire qu’il existe des personnes qui n’en sont pas capables, ou qui le refuse. Et dans ce dernier cas, je ne comprends pas pourquoi.

J’ai encore un merci à te dire pour les personnes que tu cites. Je ne connaissais que le nom de Lao Tseu, pas les autres, ce qui va me permettre de tenter d’en savoir un peu plus sur eux (et sur Lao Tseu aussi, puisque je n’en connais rien. Que d’ignorance !!). Une question : je constate que ces personnages ont tous « Tseu » à la fin de leur nom (à part Krishnamurti). Est-ce que cela a une signification ?

Sur ebay, j’ai oublié de dire que j’aime ta façon de voir l’arbre-œil. C’est vrai, les arbres sont vivants, ils peuvent nous régénérer. Son œil lui donne un regard humain, plein de compassion mais aussi de curiosité. Je comprends que tu voies cet arbre-là comme une divinité. Je comprends mieux aussi, ce que tu appelles « religion sauvage ».

Concernant les diaporamas, je ne sais pas si tu as pu vérifier, mais ils fonctionnent. Je ne m’en sers pas, je préfère cliquer sur la première photo de la galerie, et ensuite sur le lien qui permet d’afficher la photo suivante, ce qui me permet d’aller à mon rythme, et de m’interrompre, puis de reprendre comme je le désire. Ou de revenir sur la précédente.

Ta façon de décrire Dan Giraud donne envie de le connaître. Parfois on croise des personnes, sur sa route, qui sont comme des cadeaux. J’ai l’impression que c’est le cas pour toi, avec Dan. On ressent la grande affection que tu lui portes, quand tu en parles, et ce que lui a dû t’apporter dans ta vie. Mais la réciproque est certainement vraie.

Le peu que tu dis : vos moments initiatiques, vos balades en montagne, les rencontres que vous avez faites, je vais oser dire (même si tu peux trouver que je vais trop loin) que ça me rappelle un livre que j’aie lu il n’y a pas longtemps : Les Clochards Célestes de Kerouac. Peut-être à cause de cette amitié qui vous lie et des instants forts que vous avez passés ensemble.

Une fois de plus, j’ai répondu un peu en vrac. Désolée ! J’espère que tu t’y retrouveras.

Bises

Ginou (alias Léo)

Écrit par : Léo-Ginou | 08/07/2008

"Tseu" (ou "Tzu") veut dire "Sage" ou "Maître spirituel". J'ai oublié : Lie Tseu
("Le vrai classique du vide parfait" / Ed. Gallimard - collection Idées. Confucius, que les Occidentaux citent souvent, malgré son nom : Kung-Fu-Tseu, ne fait pas partie intègre de ces Sages du Tao; on lui prête en effet des intentions institutionnelles. Les Anciens Sages du Tao nourissaient leur intelligence par leur paix intérieure et leur non-agir. On peut citer aussi le poète "Ch'an" (origine du mot japonais: zen) qui signifie: "méditation", transmis hors des écritures, "de coeur à coeur, lorsque l'on voit sa propre nature d'avant notre naissance" précise Dan : Han-Chan, qui avec son compagnon Shi-Te s'amusaient à faire des farces aux moines du monastère auxquels ils appartenaient, ayant une connaissance plus affutée et plus spontanée que celle dans laquelle se figeaient les moines, observateurs des règles et espérant une délivrance qui ne peut survenir que dans le maintenant. Et le poète Li Po sur lequel Dan a aussi écrit : "Ivre de Tao, Li Po, Voyageur, Poète et Philosophe en Chine au VIIIème Siècle" (Ed.Albin Michel/coll. Spiritualités vivantes" (1989), traduisant huit poèmes de ce voyageur non-conformiste comme Rimbaud et plus tard Kerouac, Thoreau, Rexroth... Li Po qui écrivait: "Le monde est un grand songe". Cette démarche "contemplative" se retrouve aujourd'hui chez un certain nombre d'orateurs, parfois auteurs de livres.
On peut considérer Ramana Maharshi en Inde, de même que Nisargadatta
comme des Sages éveillés majeurs du XXème siècle. Aujourd'hui, et plus près de chez nous il y a Stephen Jourdain (ou "Steve") et Jean Klein étant allé rejoindre la Lumière, il est possible de retrouver le parfum de ce qu'il nous enseignait chez quelques-uns des fidèles de ses "entretiens" dont notamment Jean-Marc Mantel (qui a un forum sur internet : chose exceptionnelle!) . On appelle ces questions-réponses en présence de la Sagesse éveillée (car un tel orateur mettra toujours en garde contre une vision personnifiante - "Il n'y a personne ! - Cela ne peut s'éveiller qu'en vous-même"-, un "satsang". He bien il existe un "web-satsang" grâce à Jean-Marc. Ce que dit Eckhart Tolle aussi, sur : le "moment présent" est tout à fait remarquable.

Écrit par : Phil | 08/07/2008

Merci beaucoup pour toutes ces précisions, ces livres et auteurs cités, et pour avoir répondu à ma question concernant "Tseu" (je me doutais bien de sa signification).
Bises et à bientôt !
Ginou

Écrit par : Ginou | 09/07/2008

Bonjour Léo-Ginou,

Pour revenir sur ton dernier long commentaire, d'hier: "serait-ce cette image de la société qui nous rend de plus en plus égoïstes et indifférents ?" - Mais oui ! Non seulement cette image mais ce que nous en faisons à tout moment en entrant dans les moules existants qui sont de plus en plus asphyxiants. Nous sommes, et déjà depuis pas mal de temps, dans le monde de George Orwell ("1984", "La ferme des animaux"). Il est urgent de s'éveiller. Oui, c'est une très grande épidémie de souffrance, profondément enracinée. La condition humaine définie et établie en normalité repose sur un dysfonctionnement, une distorsion de la perception qui cause la peur, l'avidité, la violence. Nous sommes venus au monde dans cette immaturité collective de l'espèce, dominée par cette hantise de l'ennemi (du "sang impur"), qui le provoque, qui en a secrètement besoin pour valoriser son piètre statut. Quand "l'autoritarisme d'une société médiocratique chargée d'épier tout être pensant et vivant différemment" comme l'écrit Dan dans "Délit de faciès poétique", quand ce moule réducteur s'impose en norme, règnent le soupçon, la délation et la répression, et "seuls les poè-poètes propres sur eux" qui "ne bouleversant pas la raison conformiste et la logique linéaire, loutes les lavettes et les larbins des Pouvoirs, ne sont pas touchés". "A quant le délit d'opinion poétique ?" s'interroge-t'il. tchouang-Tesu n'écrit-il pas que : "lois et ordonnances sont des traquenards dont personne ne se tire" (ch.25). Hommes réputés, détenteurs de pouvoirs étaient vus par lui selon l'écho qu'ils produisaient, leur conduite étant discernée par l'ombre qui les accompagnait .
Oui, il y a une très grande épidémie de souffrance, profondément enracinée. Le refus c'est la crispation, l'identification. Le Connaisseur en nous, en est libre. C'est dans la détente que s'éclaircit l'évidence de l'asservissement à une fiction. Ne te préoccupe pas des "personnes qui refusent"; c'est leur affaire. Commence par le plus proche. "C'est votre propre qualité de présence qui éveille chez l'autre cette même dimension, avait répondu Jean-Marc (Mantel) à l'une de mes questions; faites face à vos réactions. Accueillez votre tendance au refus, et laisser la se résorber dans l'écoute silencieuse. Vous ne pouvez rien faire pour l'autre, car l'autre n'a pas d'existence en dehors de votre propre esprit. Faites face à "l'autre" aussi complètement que possible, sans projection, sans attente. L'accueil éveille l'accueil;, la réaction stimule la réaction. Chercher à convaincre n'est qu'une défense, qui entraîne une défense en miroir chez "l'autre".

Écrit par : Phil | 09/07/2008

Bonsoir Phil !

La lecture de ton commentaire me conforte dans l'idée que nous vivons dans une société paranoïaque. Et qu'elle l'est de plus en plus. Malgré l'évolution que l'Homme devrait avoir au fil des siècles, il n'y a aucune avancée positive sur ce plan-là, pas plus que sur d'autres : on s'ingénie à tout détruire autour de nous, au lieu de respecter la nature, comme nos ancêtes le faisaient, parce que nous avons oublié que nous vivons grâce à elle, tellement persuadés que l'être humain se suffit à lui-même !

Cette paranoïa engendre beaucoup de souffrance. L'expression que tu as employée : "une très grande épidémie de souffrance" est tellement juste pour décrire ce qui se passe dans le monde !

Comme il est important, aussi, de comprendre et d'appliquer ceci : "Ne te préoccupe pas des "personnes qui refusent"; c'est leur affaire." Mais je pourrais citer toute la fin de ton commentaire ci-dessus, parce que dans tout ce que tu as écrit, tu as exprimé parfaitement ma pensée, je n'aurais pas su trouver les mots aussi bien que tu l'as fait.

Je l'ai écrit chez Gérard tout à l'heure, j'ai lu "qu'est-ce que c'est que ces salades ?". Si seulement les "jeunes cadres dynamiques" envoyés en mission pour rétablir les situations difficiles dans les entreprises, pouvaient tous réagir comme ce héro !...

Ce qui est déplorable, c'est ce besoin constant de devoir prendre partie, choisir un camp. Nous imposer en permanence d'avoir une pensée binaire. Comme s'il n'existait rien d'autre que le blanc et le noir, le bien et le mal... ! Que faisons-nous de toutes les nuances ?! Elles existent pourtant, et sont bien plus importantes que le reste.

Je ne sais pas si tu as lu mon commentaire de 18h24, chez Gérard, et comme j'ai lu que tu ne repasserais sur ebay que dans quelques jours, je te pose la question ici, au cas où tu verrais ce commentaire plus tôt. Puisque Gérard ne compte pas publier à nouveau et qu'il suggère qu'une des personnes écrivant sur son blog prenne le relais, pourquoi n'ouvrirais-tu pas un blog sur ebay ? Tu as beaucoup de choses à dire, à partager, à faire comprendre aux autres (à ceux qui ont envie de s'ouvrir surtout). La discussion pourrait continuer à cet endroit-là, plutôt que chez lui où les choses deviennent compliquées quand il faut passer en pages 2, 3, etc... Et cela ramènerait certainement des personnes qui, actuellement, n'ont pas envie d'écrire tant les autres blogs sont "pauvres".

A moins que tu me donnes l'autorisation de publier un de tes écrits (en citant ton nom, évidemment). Je ne voulais plus faire d'articles (du moins pour l'instant), mais si cela peut faciliter les échanges, je veux bien rouvrir mon blog. J'avais pensé publier "qu'est-ce que c'est que ces salades ?" parce qu'il me semble qu'il pourrait y avoir de nombreux commentaires, que cela pourrait animer de façon tout à fait intéressante les blogs ebay.

Je te remercie pour ta réponse, quand tu auras eu le temps d'y réfléchir.

Bises et bon week-end !

Ginou

Écrit par : Ginou | 09/07/2008

Bonjour Ginou ! (tiens on est passé de Léo à Ginou; c'est donc: Ginou maintenant, OK ?) Je te suis gré d'avoir recopié ici ta question "de 18h.24" envoyée chez Gérard, car il est relativement plus facile pour moi d'accéder au TumTumBlog qu'au Viperman d'Abelfaygore ; je pense que c'est une question de système OS et de navigation. Des messages m'incitent régulièrement à "upgrader" sur l'un et l'autre blog, hélas j'en suis bien incapable pour le moment. Comme je vous l'ai dit à tous je suis au maximum des options réalisables sur mon système Mac OS.9.2 et les navigateurs disponibles avec cette version sont: Netscape 7, Mozilla et icab. Pour en utiliser de plus performants, il faudrait passer en Mac OS.X et mon ordinateur âgé de presque 10 ans ne peut pas l'intégrer. C'est possible sur un Mac de type G4, G5 ou ultérieur. Bon, arrêtons là les explications techniques qui pourraient nous entraîner très loin. Je vais d'ailleurs sans doute pouvoir me renseigner une nouvelle fois grâce à une connaissance amie, de la région que j'habite, qui m'en a fait la proposition pas plus tard que cet après-midi . On verra bien mais je ne fais pas trop d'illusion. Le mac, système Apple, ne fonctionne pas comme la plupart des PCs système Windows. Ginou, il est bien possible que dans les circonstances actuelles, que je viens de préciser, il me soit impossible de créer un blog sur eBay, aussi me vient cette idée : pourquoi ne le créerais-tu pas toi-même, en tant qu'administratrice. Tu peux même l'appeler: "Qu'est-ce que c'est que ces salades?!" si tu veux, et utilser l'image BD en effigie. Tu peux publier la note qui va avec sous la signature de TumTum (et non Phil; Phil, c'est entre nous). On verra bien s'il y a, comme tu le supposes, des commentaires. Je viendrai voir ce qui s'y raconte et si tu le permets, participer à ces discussions. Peace & Love (toujours d'actualité. Non, non, ce n'est pas "un slogan soixanthuitard ou hippy mais un souhait tellement plus débordant) Phil

Écrit par : Phil | 10/07/2008

Bonjour Phil

Oui, tu peux m'appeler Ginou ici (diminutif de Geneviève ; depuis toujours quasiment tout le monde m'appelle comme ça). J'étais gênée de t'appeler par ton prénom alors que tu ne connaissais que mon pseudo.

Pour ce qui est de créer ton propre blog sur ebay, je me doutais de ta réponse étant donné les difficultés que tu as à t'y connecter. Mais hier soir je pense avoir mal compris ce que tu me proposes dans ton commentaire ci-dessus (à moins que ce soit maintenant que je comprenne mal ! :o) ce qui n'aurait rien d'étonnant). Ou alors nous nous comprenons mal tous les deux.

Bon, je vais tenter de m'expliquer. Ces jours derniers, j'avais d'abord envisagé de rouvrir mon blog ebay déjà existant, mais que j'aie suspendu pour l'instant (il est intitulé LEZARZALALEO). Seulement, comme il contient pas mal de vidéos, tu pourrais ne pas arriver à l'ouvrir, comme d'autres ont de grosses difficultés. J'ai dû supprimer la plus grosse partie de mes articles à cause de ça. Et comme il est évident que je souhaite te voir participer aux discussions, comme c'est le cas actuellement chez Gérard, une autre solution doit être trouvée.

Je ne sais pas ce que Gérard compte faire quand il sera plus disponible. Mon souhait serait qu'il reprenne son blog, sur ebay ou ailleurs, ou, comme nous l'avions envisagé qu'il participe à un blog commun, ce qui avait l'air de lui convenir puisque moins lourd à gérer. Nous verrons si l'idée tient toujours dans l'avenir. Ce qui est certain, c'est que, dans l'immédiat il ne peut plus faire face. Il serait alors dommage que notre groupe de discussion (auquel pourraient s'ajouter d'autres personnes, qui sait ?), s'éparpille et disparaisse, il faut donc bien prendre le relais. Je m'y décide enfin ! je sais que ça fait un moment qu'il souhaite que quelqu'un prenne sa place.

Enfin, voilà la proposition que je te fais : je pourrais ouvrir un autre blog que celui que j'aie à l'heure actuelle, prendre le pseudo de TumTum (pourquoi pas ?), l'intituler "Qu'est-ce que c'est que ces salades", avec, en avatar, l'image BD qui correspond au titre. J'en serais l'administratrice, tout en te permettant d'y accéder en te fournissant les identifiants de connexion, ce qui te permettrait de faire des publications si tu le peux et le souhaite (en attendant qu'un jour peut-être tu puisses le reprendre, toi seul uniquement, si tu le désires ; les identifiants pourront être changés. Et je pense qu'il serait honnête de dire clairement sur ebay qui gère ce blog maintenant, il n'y a aucune raison de le cacher). Dans le cas où tu ne pourrais pas (ou ne souhaiterais pas) publier toi-même, je me charge des publications, soit en choisissant personnellement des textes ou autres (et s'il s'agit des tiens, en t'en demandant l'autorisation, bien sûr), soit parce que tu me le demandes, si tu désires publier telle ou telle chose pour engager une nouvelle discussion.

Etait-ce ce à quoi tu avais pensé ?

Par contre, ne publier que ton texte "qu'est-ce que c'est que ces salades ?" finira par poser le même problème que chez Gérard actuellement : page 2, puis 3 etc... commentaires auxquels ont ne peut plus accéder à chaque changement de page, difficultés d'accès aux autres pages que la 1... Il faut donc envisager des publications régulières.

Voilà. Je pense avoir fait le tour de la question, et j'espère que mes explications sont assez claires pour que tu arrives à me comprendre. Une dernière chose : les discussions sur ce blog seraient, bien sûr, ouvertes à tous. Mais y aura-t-il beaucoup de monde ?... Il est fort possible que ça se passe comme chez Gérard : au moment de la publication oui, un peu, par la suite, toujours les mêmes piliers. Mais l'essentiel n'est-il pas l'échange, le partage ? Et même si peu de personnes interviennent, les lecteurs sont nombreux.

Je te souhaite un excellent week-end ! Peace and love idem (et je l'emploi souvent moi aussi, même si j'ai peu connu cette belle époque ; d'ailleurs le dernier article déposé sur Lezarzalaleo, dans lequel j'explique les raisons de la suspension de mon blog, se termine par ces mots-là).

Bises et à bientôt pour une réponse à ma proposition (qui me semble honnête).

Ginou

Écrit par : Ginou | 11/07/2008

Bonjour Ginou,
Gérard est en train d'enménager dans une nouvelle habitation; la plus grande partie de son temps est prise par cette installation. C'est ce qu'il vient de m'écrire. Il n'aura pas le temps de se consacrer à son blog, n'y jetant un oeil que ""tous les temps en temps" comme disent les Cajuns.
Tu me demandais si j'acceptai que tu publie la note et l'image de "Qu'est-ce que c'est que ces salades ?!". Je t'ai répondu: d'accord. Tu es libre d'ouvrir un autre blog, mais je ne comprends pas bien ton idée de prendre le pseudo de TumTum. Il y a déjà pas mal de "TumTum" qur internet, qui n'ont rien à voir avec mon blog. Il ne s'agit pas de faire un duplicata ou une excroissance du blog déja existant. Appelle donc ton nouveau blog du nom qui te plaira. On peut éventuellement se concerter là-dessus : quel est la motivation : l' échange,le partage, au sens large, comme tu l'écris ou bien: la rbien sûr, éflexion, la connaissance de soi ?... A toi de trouver la formule qui te convient le mieux. Il ne s'agit pas de ne publier que mon texte, bien sûr, mais tes notes à toi aussi. Selon les réponses à l'une ou l'autre de ces notes, chacun peut intervenir ou engager une nouvelle note pour éviter ce que tu dis (l'accumulation de commentaires). Je ne vois pas pourquoi les discussions ne serait pas ouvertes à tous. J'y interviendrai si tu le permets sous le pseudo de TumTum qui est censé être l'auteur de "Qu'est-ce que c'est...". Je ne comprends pas bien ton idée de reprendre à ton compte le pseudo de TumTum; cela ne ferait qu'en rajouter en risques de confusion vis-à-vis des visiteurs qui connaissent mon blog. Ou alors explique-moi le fil de la pensée qui t"a insufflé cette idée. Il ne s'agit pas de faire de TumTum un label ou un emblême de quoi que ce soit. Quant à la fréquentation, on ne peut pas savoir à l'avance. Tout est possible. J'attends ta réponse.
Bien amicalement,
Phil

Écrit par : Phil | 11/07/2008

Bonsoir Phil,

Tu veux connaître le fil de ma pensée ?... mais il n'y a pas de pensée ! j'ai la tête vide... Disons plutôt que je comprends tout de travers, et ça m'arrive constamment, ce qui me fait bien rire !

A la relecture de ton commentaire (je ne devrais jamais relire les commentaires), je croyais que, ne pouvant pas ouvrir un blog sur ebay, vu la vétusté de ton matériel, tu souhaitais, en quelque sorte, que j'en ouvre un pour toi et que je le gère, d'où le pseudo TumTum... Bon, oublie ça ! Je suis en train de rire de ma bêtise !

Etant donné que ce n'est pas le cas, je peux tout simplement garder mon blog existant. Il me suffira d'enlever les articles contenant des vidéos, dès qu'il deviendra trop difficile à ouvrir, comme je le fais depuis le début. C'est un crève-coeur à chaque fois, mais je ne peux pas faire autrement, d'autant plus que moi aussi, malgré mon PC neuf et l'ADSL, je fini par avoir des difficultés.

Pour le contenu de ce blog-là, il peut continuer à être ce qu'il était. J'y faisais découvrir ou redécouvrir des chanteurs et des groupes des années 50 à 70 principalement, en piochant des noms sur le profil ebay de Gérard, puisque je n'en connaissais quasiment aucun. Ce qui me permettait de les découvrir aussi. Les styles : blues, rock, folk, country, jazz etc... Et tu me sembles bien placé pour me donner des noms toi aussi.

J'ai fait également quelques articles sur des BD ou des dessinateurs de BD, sur Sieff, sur Mucha, quelques critiques de films. Je comptais l'élargir en publiant sur des peintres que j'aime (les surréalistes surtout), ou en présentant des livres qui m'avaient plus, des poètes... En fait, tout ce qui concerne l'Art (d'où le nom : lézarzalaléo), vaste sujet !

Mais je peux l'élargir plus par des sujets de réflexion, et là encore, le sujet est vaste. On peut aller de la politique à la connaissance de soi (puisque tu en parles), ou par des textes plus personnels (mais pour l'instant, j'ai bien des difficultés à écrire seule, que ce soit des nouvelles, des poèmes, ou sur des sujets "concrets", alors qu'il m'est plus facile d' "embrayer" à la suite de quelqu'un. Ce qui m'arrive souvent : tourner en dérision et détourner des mots quelquefois très sérieux. J'espère que tu ne te vexeras pas si je le fais avec les tiens, j'ai souvent du mal à me retenir quand je suis en "crise de détournement". Avec Gérard ça ne pose aucun problème, il pratique aussi, mais tout le monde n'apprécie pas forcément, ou ne comprend pas.)

Tout cela, bien sûr, dans un esprit de partage. Partager mes goûts et mes idées avec les autres, partager et découvrir les leurs à travers leurs commentaires. Si possible dans la bonne humeur (malheureusement, ce n'est pas toujours le cas...).

Publier ton texte "qu'est-ce que c'est que ces salades" me paraissait une bonne chose pour pousser à la réflexion, à la fois sur le monde du travail, et sur la façon de se comporter face au pouvoir, à ce qu'il veut nous imposer. Partant de là, d'autres sujets peuvent être abordés. Mais d'autres textes qui sont ici, ou tes BD, peuvent aussi être publiés sur mon blog, si ça ne te dérange pas, évidemment. Je serais curieuse de connaître les réactions des blogueurs ebay.

Bon, j'espère que cette fois-ci je suis un peu plus claire.

Puisque tu es d'accord, la semaine prochaine je publierais "qu'est-ce que c'est que ces salades", mais je crains qu'il faille le raccourcir. D'après ce que j'ai pu voir, il fait 2 pages pleines et ebay risque de me le refuser (là encore, le nombre de caractère est limité !). Alors s'il ne passe pas, je te le dirais et peut-être pourras-tu y faire quelque chose ? Je sais que ce n'est pas agréable de devoir couper un texte, aussi je comprendrais très bien que tu refuses. Dans ce cas-là, ce n'est pas grave, je trouverais bien autre chose à pubier, même si je vais regretter ce texte-là.

Pour Gérard, oui, je sais qu'il risque de passer tout l'été et peut-être une partie de l'automne à emménager, d'autant plus que les travaux ne sont pas finis. Alors s'il intervient sur les blogs, ça ne pourra être qu'épisodiquement. Tous les temps en temps, comme tu le dis. Je ne connaissais pas cette expression. A retenir !

Passe une bonne soirée !

Bises et à bientôt !

Ginou

Écrit par : Ginou | 11/07/2008

Bonjour Ginou,

Tu écris au début de ton commentaire: "je comprends tout de travers, ça m'arrive constamment, ce qui me fait bien rire !".
Est-il possible d'élucider ce mécanisme ?.
Au moment où tu t'aperçois que tu as compris de travers, tu t'aperçois également que c'est un phénomène chronique, qui se reproduit constamment. Et cela te "fait bien rire" !.
Qui s'amuse ? de quoi ?... Je n'avance aucune hypothèse. J'essaie simplement de comprendre, de partager. Qu'est-ce qui s'offre en partage ?.
Nous invites-tu à nous moquer du constat de cette distorsion de la compréhension ?...
Le rire, dans ce cas de figure n'est-il pas une réaction, un expédient ?... une forme de fuite de la compréhension qui s'est entrevue un, instant (puisque tu as bien remarqué cette anomalie) ?.... Je m'interroge en même temps que toi. A moins que tu aies une réponse toute faite à m'apporter.
Je me demande quelles pourraient être les conséquences si un président, un médecin ou encore un scientifique fonctionnait de cette manière. Est-ce que cela ferait rire ?.
Tu n'es pas obligée de me donner une réponse immédiate.

Je te souhaite une excellente journée.
Phil

Écrit par : Phil | 13/07/2008

Bonjour Phil,

Tout d'abord (je ne sais pas si tu as pu aller lire le blog de Gérard ces jours-ci), je voulais te dire qu'il est possible que je ne rouvre pas mon blog ebay. Aussi je ne suis pas certaine de publier ton texte, du moins pour l'instant. En fait, tout dépendra de ce que Gérard souhaite faire avec son propre blog. L'autre jour il avait l'air de ne plus souhaiter que nous restions chez lui, ne pouvant plus faire d'autre publication pendant un temps certain, d'où ma proposition de rouvrir le mien ; puis il a semblé changer d'avis. Et je pense que cela tient, en partie, au fait que, quoi qu'il se passe sur son blog, les lecteurs sont toujours nombreux (plus ou moins selon les jours). Même si peu de monde intervient, c'est vrai qu'il serait dommage de ne plus y commenter puisque nos mots peuvent porter.

Pour l'instant, il ne semble pas avoir pris de décision. En ce qui me concerne, je n'ai pas plus envie que ça de recommencer à faire fonctionner un blog sur ebay. A quoi bon passer son temps à répondre à des insultes ou à des paroles désagréables, comme c'est de plus en plus souvent le cas, alors qu'on ne cherche qu'à communiquer, partager, et qu'il y a tout de même mieux à dire ? Maintenant, s'il n'y a pas d'autre solution dans l'immédiat, je le ferais, mais pour le moment, les choses continuent comme avant : discussions chez sur le blog de Gérard. Nous verrons par la suite si une autre solution se présente.

Pour répondre à ton commentaire précédent, si je ris du fait qu'il m'arrive souvent de ne pas comprendre ce qu'on me dit, c'est tout simplement parce que je n'ai pas envie de me prendre au sérieux. Je suis la première à me moquer de moi ; et oui, il est possible que j'invite les autres à en faire autant. Si ça peut les faire rire, et bien tant mieux ! J'aurais au moins servi à quelque chose.

Certains médicaments (pris en continu depuis près de 20 ans, et dont je suis en train de me débarrasser) ont lourdement affecté mes capacités intellectuelles. Ce constat, chaque fois que je le fais, devrait me désoler, mais j'ai dépassé ce stade. A quoi bon en pleurer alors qu'on peut en rire ?!

Et je ris de ça comme de tout le reste, même des choses les plus graves, une fois le choc passé. C'est sans doute une manière d'exorciser ce qui fait mal, de supporter les difficultés, les malheurs, les horreurs qui nous entourent. Cela permet de ne pas sombrer dans le désespoir, dans la folie, dans la mort. L'humour est la meilleure arme, celle qui sauve et non qui détruit, comme les autres.

Et puis, pourquoi prendre la vie au sérieux ? Tout est dérisoire, la Vie elle-même n'a aucun sens. Pourquoi vivre puisqu'il faut mourir ? A quoi servent la Vie, l'univers, même ? Et en admettant qu'il y ait un Dieu, ou des Dieux (je suis athée), à quoi serviraient-ils ? Quel est le but, le sens, de tout cela ? Je n'en vois aucun, aussi tout me paraît tellement ridicule et sans fondement !

Mais puisque nous sommes là, autant profiter de ce petit temps de vie pour essayer d'être heureux, sans se le gâcher en s'inventant de fausses raisons d'être tristes, ou en se faisant la guerre. D'ailleurs, le jour où les Hommes auront compris que les guerres, les disputes, sont inutiles, que nous ne faisons que passer dans un espace-temps tellement dérisoire qu'il vaut mieux le mettre à profit pour s'aimer et se tendre la main, le bonheur sera peut-être à leur portée. Ce jour-là arrivera certainement, mais quand ? Et à condition qu'il ne soit pas trop tard, et que notre Terre puisse résister suffisamment longtemps à tout ce que nous lui infligeons...

Voilà, je pense avoir expliqué mes raisons de rire de ma "bêtise" quand je n'ai pas compris ce qu'on m'a dit, ou le plaisir que je prends, souvent, à tourner en dérision des paroles sérieuses.

Je te souhaite une excellente journée.

Bises et à bientôt !

Ginou

Écrit par : Ginou | 14/07/2008

Bonjour Ginou,

C'est une bien belle réponse que tu apportes là : l'humour. L'humour fait partie de l'amour. Ainsi, toi aussi, tu es dans la même situation que l'un de mes amis avec lequel s'échange une correspondance-papier assidue (facultés intellectuelles affectées par des médicaments). Mais tu sais, la conscience que nous sommes n'est pas l'intellect, cette faculté d'abstraction, de représentation, de raisonnement analytique ou synthétique, cette "jonglerie" !... Elle est infiniment plus proche de la SENSIBILITE, rencontrée dans la vie de tous les jours. C'est une erreur largement répandue que de confondre la conscience et l'intellect.
La proposition: "facultés intellectuelles affectées" peut être vue comme un alibi, un sauf-conduit qui dirait : "Je suis malade, foutez-moi la paix !", prototype de buisson derrière lequel se cache le mental. Hélas, c'est faux !. Hélas encore, la société fonctionne, "faute de mieux", avec cette mascarade, hypocrisie généralisée; tu acceptes de te laisser décrire dans cet état. Qui en toi prend pour argent comptant que tes "facultés intellectuelles sont affectées" ?... Nous nous rendons nous-mêmes prisonniers de ce genre de descriptions. Lorsqu'on s'en aperçoit, on se rebelle; il s'agit en effet d'une pratique scandaleuse, qui nous vole notre plénitude de vie. Ce n'est pas une rébellion violente, animée de ressentiment, car la falsification déjouée a permis d'entrevoir notre vraie nature; cette falsification est comme un gaz très dense, que l'on ne voit pas mais dont on sent l'odeur, et tout d'un coup : l'étincelle de lucidité présente en nous qui permet de distinguer le vrai du faux se réveille et tout explose. "Je ne me sens pas défini dans ces schémas; c'est une propagande, un virus; c'est l'ignorance inflationnée, imbue d'elle-même. Je ne suis pas réellement conditionné". C'est une prise de conscience. "Neti ! Neti !" ("Je ne suis pas cela !") disent les yogis de l'Inde.
Je ne partage pas le point de vue: "Tout est dérisoire, la vie elle-même n'a aucun sens". Même si nous ne sommes que de passage dans ces conditions existentielles. Ça ne se contrarie pas, bien au contraire, c'est le "terrain" sacré de l'Eveil. Sinon, à quoi bon tout cela, l'univers ?... Qu'est-ce qui te prouve que tu es "née" ? ... des papiers, des témoignages de seconde main; en gros: un concept généralisé, une "façon de voir" l'existence, adoptée, entrée dans les moeurs, qui se répète depuis des générations; un concept appliqué à la personne humaine qui provient de la pensée hypothétique et ségrégationniste d' "être quelqu'un". Mais très concrètement, au niveau de l'EXPERIENCE VIVANTE de tout instant, qu'est-ce que cela veut dire, qu'est-ce que cela amène ?... Et qu'est-ce qui meurt ?...
Il n'y a que le faux qui meurt, toutes ces enveloppes et leur contenu momentané. Nous sommes le connaisseur de ces histoires à "dormir debout", que nous avons créées, et qui nous ont empoisonné l'existence.
Se déclarer "athée" ou "croyant" est une croyance (et une belle !), rassurante pour certains, comme une étiquette que l'on se collerait sur le dos. "Je me définis, ainsi je fais partie de la bande !..." . Il y a une grande part d'infantilisme là-dedans ...Et cela ne résout rien !. C'est tout simplement une réduction de l'espace que l'on s'inflige, qui interdit d'aller voir de plus près de quoi il retourne, ce goût de l'exploration "sauvage", au vif de l'instant, qui n'adhère à aucune idée. Il n'y a que la présence qui voit, qui écoute.
Dieu est un concept, prétexte à tellement d'atrocités, de barbarie... Mais la Vie n'en est pas un, elle est bien réelle.
Tu trouveras la réponse à tes questions dans le silence; c'est une REPONSE VIVANTE, que certains n'entrevoient qu'au moment de mourir. Alors il est bien tard.. Toute pensée
qui tente de s'immiscer, de mettre Cela en explications, se trompe. C'est une impossibilité !. C'est une trahison envers soi-même, un mensonge.
Cette réponse survient d'elle-même, sans qu'il y ait attente, mais il y a un pressentiment, et "l' entrevu" ne peut s'oublier. Cela te touche intérieurement et lorsque tu es prêt (e), Cela te prend.
"Les Hommes" comme tu dis, ne comprendront jamais l'inutilité de la guerre si chacun d'entre eux, n'effectue pas cette démarche intime de s'ouvrir à l'ouverture qu'ils sont (déjà, sans qu'ils en aient conscience), foncièrement, et qui révèle parfaitement le "sens de la vie". C'est ce qui s'appelle : la Création. Ce n'est plus la petite ou la "grande" création d'untel ou encore le "Big-Bang" mais c'est la Création, à proportion humaine. C'est en marche. La transformation de la conscience est en train de se réaliser. Ça ne se voit pas ?... Comment veux-tu partager cette intuition si tu n'écoutes pas ta propre intuition, si tu ne t'autorise pas à regarder les choses simplement, silencieusement, hors de la jacasserie de ce que tu peux te dire, en les accueillant, sans en avoir peur, sans défense ni intention quelle qu'elle soit ?...
Cela opère dans le temps bien que cela soit hors du temps et de l'espace. C'est tout-à-fait impensable mais pourtant il en est bien ainsi. On dit que "l'espoir fait vivre"- Faux ! : il fait dormir, au mieux il fait mourir. C'est maintenant !.
Si tes raisons de rire de la bêtise tournent un peu en rond, c'est que tu n'écoutes pas. Si tu écoutais vraiment, intensément, et cela ne demande aucun effort particulier, simplement d'être là, d'être cette écoute silencieuse, qui n'interprète pas, tu saurais ce que je veux dire. Même si "la bêtise" en arrive à se constater au passage, chez les autres ou en soi-même, il y a en toi un espace qui permet cette constatation, espace qui voit et qui ne juge pas, c'est en cela qu'il VOIT. En qualifiant un vécu de "bêtise", tu te sépares de cet espace. Es-tu consciente de cette dimension harmonique de ton être ?... dimension dans laquelle rien ne se perd, sinon des apparitions momentanées, des identifications erronées, des tics et des tocs, des choses qui méritent bien d'être abandonnées, et rien ne se gagne sinon ce qui "se sait" en soi, la beauté, la lumière, ce que nous sommes originellement, et qui nous emplit de joie, sans motif, sans limite.L'expérience d'être N'EST PAS ce que le mental peut élaborer sur nous-même.

Voilà tout ce que tes confidences ont inspiré.

Amicalement,
Phil

Écrit par : Phil | 15/07/2008

Bonjour Phil,

Merci pour ta longue réponse. L'intellect n'est pas la conscience, c'est vrai. Ce que j'appellerais la "sensibilité", pour que ce soit plus simple pour moi, n'aide pas beaucoup, malheureusement, à comprendre ce qu'on lit (en te lisant hier, tout me paraissait flou, aujourd'hui non), à comprendre ce qu'on nous dit, ni à s'exprimer en trouvant les mots justes. Les difficultés de concentration, les pertes de mémoires entraînent de nombreux problèmes dans la vie de tous les jours, et demandent de gros efforts permanents pour y remédier. Efforts qu'on n'est pas toujours en capacité de faire, dès que la fatigue s'en mêle...

Mais il ne faut pas croire que j'accepte de me laisser décrire comme une personne aux capacités intellectuelles diminuées. Personne d'autre que moi ne me l'a jamais dit, et quand j'en parle on me certifie le contraire (c'est gentil). C'est moi qui fait ce constat (de plus en plus souvent, au point que ça fini par m'inquiéter) en comparaison de ce que j'étais capable de faire il y a environ 25 ans. Maintenant oui, c'est peut-être un alibi, un "buisson" derrière lequel je me dissimule, non pas pour qu'on me foute la paix, mais plutôt pour amuser les autres à mes dépens, comme quand je me moque de mon physique ou des maladresses dont je suis coutumière. C'est une façon de prendre les devants, de ne pas attendre que les autres qui se moquent de moi (j'en ai tellement entendu durant de nombreuses années, que cette façon d'agir est devenue un peu comme un bouclier, une manière de dire : "vous pouvez rire autant que vous voudrez, ça ne me touche plus puisque je suis la première à en rire". Du moins c'est comme ça que je l'analyse à l'instant même. A vrai dire, je n'y avais jamais songé).

Aussi, je suis très touchée quand tu dis : "il s'agit en effet d'une pratique scandaleuse, qui nous vole notre plénitude de vie", mais aussi tout le reste de ton paragraphe. En lisant ces phrases, je ressens très fortement tout ce qu'a été ma vie, ou plutôt ce qu'elle n'a pas été à cause de ce poids si lourd que la société, l'entourage, ont fait peser sur mes épaules. Et je dois t'avouer qu'un peu de tristesse remonte à la surface. Que de temps perdu ! "Neti, neti", oui ! Et depuis peu (un an, pas plus), grâce à des personnes rencontrées sur le net puis dans la vie réelle. Je dois dire que Gérard a été le premier à me prouver que je suis autre chose que la façon dont on m'avait toujours décrite, en me montrant que j'aie des capacités que je ne soupçonnais pas. Mais il n'a pas été le seul, d'autres sont venus par la suite, et toi aujourd'hui. Je vous dois d'immenses mercis, et sans doute n'aurais-je pas assez de temps de vie pour vous remercier autant que vous le méritez. Grâce à vous tous, la rebellion dont tu parles est marche. Il serait temps, à 49 ans !

J'avoue avoir beaucoup de mal à saisir ta façon de concevoir l'existence. Qu'entends-tu par "le terrain sacré de l'Eveil" et " la pensée hypothétique et ségrégationniste d' "être quelqu'un" ? Tu dis que ce sont des concepts appliqués à la personne humaine, mais l'existence telle qu'on la conçoit "classiquement" : naissance-vie-mort est "valable" pour tout être vivant. Ensuite, que l'on croie en un "ailleurs" après la mort, en pensant que seule l'enveloppe corporelle disparaît, ou que l'on pense qu'il n'y a plus rien, c'est autre chose, chacun apporte sa propre réponse, mais nous existons bel et bien, non ? Non, là je pense qu'il me manque beaucoup d'éléments pour arriver à te suivre. Mais ma porte est ouverte, et j'aimerais comprendre. Je ne partagerais peut-être pas ton point de vue, ou peut-être me permettras-tu de voir les choses différemment.

Tout ce que tu dis sur Dieu, les religions, est tellement proche de ce que je pense ! Et quand je disais être athée, je voulais simplifier : je n'ai aucun dieu (et aucun maître non plus, d'ailleurs). Je ne me reconnais dans aucune religion, je ne crois en aucun Etre Suprême. Je préfèrerais, de loin, ta "religion sauvage", même si "diviniser" me dérange, et bien que j'aie un immense respect pour la Nature et toute forme de Vie (cela peut paraître idiot, mais je n'arrive pas à tuer le moindre insecte, sauf exception en cas de danger, et c'est toujours avec peine que je m'y résouds, même si je reconnais que, parfois, "l'instinct" remonte à la surface avant que j'aie le temps de réagir).

Une autre question : qu'appelles-tu "Cela" ?

Et cette "réponse vivante", l'aurais-je un jour, avant d'arriver au bout ? Voilà une question que je me pose. La réponse est dans le silence dis-tu ? Bien... encore faut-il trouver le silence et être capable de s'ouvrir assez pour reconnaître ce que l'on a entrevu. Ai-je cette capacité ?...

Tu dis : "Comment veux-tu partager cette intuition si tu n'écoutes pas ta propre intuition, si tu ne t'autorise pas à regarder les choses simplement, silencieusement, hors de la jacasserie de ce que tu peux te dire, en les accueillant, sans en avoir peur, sans défense ni intention quelle qu'elle soit ?...", pour cette phrase, MERCI ! Mais merci aussi pour celles qui précèdent, quand tu parles du "sens de la vie", de ce que les Hommes devraient faire pour vivre en paix (et vivre en paix avec eux-mêmes d'abord, avant de pouvoir vivre en paix avec les autres). Et un autre merci pour ceci : "On dit que "l'espoir fait vivre"- Faux ! : il fait dormir, au mieux il fait mourir. C'est maintenant !." Bon sang ! mais c'est tellement vrai, tellement évident ! comment ne pas l'avoir compris plus tôt ?!!

Tu me poses cette question : "Es-tu consciente de cette dimension harmonique de ton être ?... dimension dans laquelle rien ne se perd, sinon des apparitions momentanées, des identifications erronées, des tics et des tocs, des choses qui méritent bien d'être abandonnées, et rien ne se gagne sinon ce qui "se sait" en soi, la beauté, la lumière, ce que nous sommes originellement, et qui nous emplit de joie, sans motif, sans limite." ... Oui Phil, je commence enfin à entrevoir tout ça. Mais ces tics et ces tocs sont encore bien difficiles à abandonner. Quelquefois il suffit de peu pour avancer d'un grand pas, et parfois le surplace dure longtemps. Tu as raison, je n'écoute pas, ou pas suffisamment. Je devrais -nous devrions tous- apprendre à le faire en laissant derrière nous tout ce superflu qui nous en empêche pour retrouver l'essence de la Vie. Et pour que nous en soyons tous capables, il faudrait changer la société tout entière, les mentalités, et commencer par apprendre ça aux enfants, dès leur plus jeune âge. L'Humanité ne s'en porterait que mieux.

Phil, je te remercie du fond du coeur pour tout ce que tu m'as écrit. Tu m'aides, toi aussi, à ouvrir des portes encore verrouillées, ou me montres des évidences qui me crevaient les yeux mais que je ne voyais pas. Merci !

Bises amicales.

Ginou

Écrit par : Ginou | 16/07/2008

Bonjour Ginou,

Merci pour ton commentaire, et s'il y a des visiteurs qui nous lisent, ils profiteront de ce qui émerge de notre dialogue et qui répond bien à l'opportunité qui s'envisageait et se pressentait à l'ouverture du TumTumBlog.
Sans nous confondre en remerciements respectifs, je te dois reconnaissance de ce que tu apportes en vie à notre dialogue dans lequel commencent à surgir de petits éclairs, où s'affine l'approche de cette indispensable "connaissance de soi" qui ramène l'attention à son point de départ : cela qui perçoit, cela qui "se sait", en nous-même - (j'y reviendrais plus loin car j'ai noté que tu m'interrogeais à ce sujet).
Tu as relevé ce mot : sensibilité, qui nous invite à partager une plus grande clarté dans la confidence du ressenti tout en explorant la résonance en nous-même de ce qui s'énonce par écrit. La sensibilité, oui, c'est la bonne dimension !. C'est elle qui peut nous amener à comprendre que la poésie n'est pas du tout une plaisanterie bien qu'elle ne "serve à rien", mais qu'elle est la matrice de la vivante réalité et que celle-ci est aussi la matrice de la poésie. La poésie est l'aurore, le berceau de la conscience, la nature essentielle de notre vécu, c'est du vivant, ce n'est pas une blague ! . A nous de l'honorer comme il se doit. Si mon esprit ne retient que ces "réalités objectives", qui passent de main en main comme des billets de banque, tripotées par ce que tu appelles : la conception "classique" de l'existence, où le "valable pour tout être vivant", ne s'agit-il pas là d'une dictature ? d'une chute dans les généralités, prostitution de la valeur auquel cède mon esprit !.... Les réalités sensibles sont évidentes, impossible de les nier, mais elles alimentent aussi ce "réalisme" forcené qui infeste les esprits engourdis. Le Yi-King nous apprend que ces réalités sensibles sont éphémères et mutables. Même sans en avoir jamais entendu parler, notre sensibilité est capable de nous amener à constater qu'elles se transforment, que les situations ne se reproduisent jamais à l'identique. C'est l'inattention qui se permet des comparaisons, des relations déductives, et tire des conclusions. L'intelligence de la poésie, c'est justement de ne pas s'emparer, de ne pas enfermer, mais de les laisser passer, favorisant ainsi la transformation, la circulations, la célébration du courant d'amour.

Abordons ce que j'ai souligné dans ton paragraphe 2 : "Personne d'autre que moi ne me l'a jamais dit" - "C'est moi qui fait le constat" - "ça finit par m'inquiéter, en comparaison de ce que j'étais capable de faire il y a environ 25 ans" - "amuser les autres à mes dépens" - "je me moque de mon physique" - "c'est une façon de prendre les devants" - cette façon d'agir est devenue un peu comme un bouclier".... Mais qui est donc ce "moi" de pacotille, cet imposteur, qui se raconte des histoires, qui s'inquiète en se référant au passé, qui s'embourbe dans des stratégies finalement nuisibles, douloureuses ("à mes dépens"), qui s'en prend à son physique, qui cherche à tout prix à "prendre les devants", et qui par dessus le marché arbore un bouclier !!!... Ce n'est sûrement pas TOI, ça je peux te l'assurer
même sans te connaître ! ...Qui d'autre alors ? ...un mental laissé sans surveillance, livré à l'errance, au désordre. Tout ce que tu me décris là en reflète exactement les syndromes qui sont, bien évidemment, de : te faire souffrir, d'entretenir et d'aviver cette souffrance, de fuir le moment présent ( qui lui fait peur car effectivement : il peut le détruire - instantanément ! ) en se référant à un passé mort, qu'il fait "revivre", résister aussi - ah ! il ne veut pas lâcher sa proie ! - afin de maintenir cette "vilaine image de toi" dont il se repaît secrètement... Il faut sortir de cette malédiction qui situe l'expérience vivante dans le malheur, dans la misère. Nous sommes infiniment PLUS que tout ce que nous pouvons percevoir, projeter en pensées aliénantes. Il suffit de s'en apercevoir, de l'éprouver, de le constater. En tant qu'être humain, nous sommes EN PREMIER : un esprit, et en second : le "moi" de notre esprit. Et ce mental escroc, qui s'affiche en imposture, en "réalité" indépendante de notre esprit, réintégrera de lui-même la place qui est sienne, de laquelle il ne serait sans doute jamais sorti si l'attention-mère n'avait cédé à cette défaillance. C'est ici et maintenant que tout survient, créant de toutes pièces l'image d'un faux "moi", qui en est la caricature, mais dont je peux aussi me délivrer, tout aussi instantanément, si je veux bien, un instant, FAIRE ATTENTION. C'est MOI qui suis responsable de cette révolution intérieure qui me permet d'y voir clair ou au contraire de m'empoisonner l'existence, de gâcher ma vie en m'aveuglant. Ici et maintenant, j'ai accès à MOI, et pour toujours ! (mais ATTENTION à la pensée d'accession, d'accéder à quoi que ce soit qui pourrait se "figurer"; c'est un piège !). Il nous appartient en propre de faire le geste, de nous engager sur cette voie, en nous aimant nous-même, avec tendresse, bienveillance, dévotion (sans narcissisme), c'est renverser sciemment le rapport LUMIERE/IMAGE ; alors, tout ce qui pouvait se percevoir en mode ordinaire n'a plus cours. Révolution intérieure !.
En quoi consiste ce rapport LUMIERE/IMAGE - qui est vivant et extrêmement puissant ?... L'image a le pouvoir de cacher, d'occulter la lumière, l'immatérielle lumière de la conscience consciente d'elle-même. C'est la lumière qui produit les images, qui leur permet d'apparaître, et non l'inverse. La lumière habite l'image, anime l'image, mais N'EST PAS l'image, qui n'en est qu'une expression, que nous pouvons apprécier selon la qualité d'accueil que nous offrons. Au mieux : la lumière se REVELE par l'image. La vie toute entière devient alors cela : une REVELATION de la lumière. Révolution-Révélation. La lumière et l'image sont toujours en jeu ; ni l'une ni l'autre ne s' absente. Du côté de la lumière : aucune frustration n'est permise, tout est donné en abondance, aucun bonheur n'est brimé ; il n'y a que la Joie, hé oui : le Paradis. Sans servitude. L'Enfer c'est de s'imaginer que l'esprit, l'intelligence humaine doivent forcément servir à quelque chose. Tout repose sur notre façon de voir. Si l'amour ne l'habite pas, le mental abandonné à lui-même va sûrement sortir de sa saine fonction, tel un garnement laissé pour compte, qui aura tendance à se dissiper, à réagir en se moquant de tout, de l'éducation reçue (qui n'est certainement pas la bonne), et incarner le désordre. Le mental va dia-boliser la situation ( "dia" veut dire diviser, désintégrer, en y flattant, en y encourageant même, cette fausse image : "moi" - désordonnée, souffrante, se croyant isolée). Comme tu le suggères (dernier paragraphe) l'amour de la vie qui trouve son origine dans la vie elle-même doit s'actualiser en instruction "aux enfants dès leur plus jeune âge", ou à ceux qui le sont restés, par négligence, en s'infligeant cette condamnation
"adulte" qui précisément néglige cette part sacrée d'enfance en nous-même.
Je vais être plus bref ; je me suis étendu dans mon développement, mais ton commentaire le méritait amplement. Il y a une perspicacité certaine dans "je suis la PREMIERE à en rire". C'est là en effet, à partir de cette PREMIERE que tout se déclenche.
§3 : "Neti! Neti !" ne s'adresse pas seulement aux remords mais à tout le moteur mental qui a occupé le centre (transformant l'expérience vivante en hallucination) : le mental qui juge, regrette, se crispe dans les pensées du passé ou d'un avenir. Il faut le voir ; le dysfonctionnement est là. Rassure-toi, tu n'es pas la seule "affectée". Dire qu'on en est "affecté" est presque un lieu commun, mais s'en apercevoir réellement, une bonne fois pour toutes, est déjà beaucoup plus rare. C'est pourtant ce qui permet de se retrouver et d'être sur ses gardes lorsque l'imposture tente à nouveau de pointer son museau à l'orée du bois où se voient venir les pensées. / Le "terrain sacré de l'Eveil" = Ici, maintenant, co-naissance: éveil spontané de la dimension spirituelle de notre être, insondable, hors de ce monde, Identité ultime, irréductible à la pensée, à toute mienne identité. Sacré parce qu'il y a bien violation, profanation de la Beauté, de l'abondance qui nous est donnée, prêtée plutôt, à partager en harmonie. L'ignorance est la seule coupable - culpabilité qui trouve ici place, souvent douloureusement, en venant faire prendre conscience de l'inconscience de nos actes. L'amour est un sacrement : le coeur s'ouvre à la réalité !. / La "pensée hypothétique et ségrégationniste d'être quelqu'un" ?... Oups! c'est vrai, là, je n'ai pas fait simple et je m'en excuse humblement. C'était un peu comme brûler les étapes !. Le "quelqu'un", c'est bien souvent ce qui vient brouiller le paysage, attirant l'attention sur "lui" ou "elle". Cela part d'une hypothèse, d'une formulation, d'une mise-en-scène sociale inculquée, largement partagée, mais dans cette dénégation du partage : "chacun pour soi".
Ça produit des "vedettes", des "gagnants", d'énormes "coffres-forts ambulants" qui pavanent, entourés de gardes du corps, et des laissés-pour-compte, des petits enfants, des familles, des populations entières, qui n'ont même pas de quoi se nourrir, se vêtir, se loger, et vivre décemment. Est-il besoin du "quelqu'un", du "je suis en train de regarder un arbre" pour regarder cet arbre ? ... Non. C'est superflu, on peut s'en dispenser. C'est pourtant ce que fait le touriste (pour reprendre cet exemple) : il se photographie en train de photographier "sa" photo, à l'aide d'un décor sélectionné, un artifice. Il ne voit que ce qu'il veut voir, pour quoi il a payé. En de nombreuses circonstances, le "quelqu'un" vient s'immiscer, déformant toute chose, alors qu'il n'y en a nul besoin. C'est une manie, une voie de garage qui provient bien du légitime désir d'être, mais qui se traduit en lâcheté, en dissociation, en "ségrégation". On ne peut pas dire que la société humaine soit actuellement quelque chose d'abouti. Elle se cherche mais cette recherche est aussi entravée par les habitudes qu'elle transporte. Un touriste qui vient de se faire voler ses bagages, sa carte-visa, tous ses papiers, son téléphone ou ordinateur portable, soudainement ne voit plus le monde qui l'entoure de la même manière.
Lorsqu'il n'y a pas de "quelqu'un" en action, la compréhension d'une situation est rendue plus fluide, non-entravée par une intention, une opinion, qui ne la respecte pas. Lorsque le "quelqu'un" s'absente tout à fait en nous-même, il reste néanmoins encore en nous une présence, en contact direct avec les choses. N'as-tu pas remarqué cela : l'apparition d'un "quelqu'un" dans le décor, amène de la lourdeur ?... Sans ce "quelqu'un" ( et cela n'empêche nullement la société, la présence de plusieurs personnes), il se ressent un espace vierge dans lequel ça communique avec une fraîcheur, une respiration, une détente qui profite à l'ensemble ; un espace de liberté se crée automatiquement. Entre amis, cette idée d'être "quelqu'un" est intruse, sinon elle fausserait l'excellence de la relation d'amitié, d'échange, de partage, cette spontanéité confiante, confidente, qui l'anime. Imagine qu'un "quelqu'un" intervienne et se mette à penser sans se l'avouer : "je suis là - ON DOIT tenir compte de cet événement - exigence impérative de "ma part" - on me doit du respect - je suis quelqu'un, moi, pas n'importe qui", et impose ainsi cette forme de présence aux autres, sa façon de vivre et de penser, son programme établi, profitant de la moindre occasion pour tout ramener à sa personne, son histoire à lui, n'écoutant que d'une oreille distraite déjà emplie de sarcasmes naissants, ne s'intéressant jamais à la vie qui l'entoure, en essayant seulement d'en tirer profit d'une manière ou d'une autre. Ça devient vite éprouvant !. Et il trouvera peut-être des complices se conduisant de la même manière et tenant cette ignominie pour "normalité" ou tout aussi généralement : fatalité de la "condition humaine" (qu'ils créent - inconsciemment - maintenant !).
Se considérer comme "quelqu'un" c'est s'éloigner de soi .
Par contre, il y a cette noblesse, cette dignité, ce devoir même, de la présence d'être, sans se prendre pour qui ou quoi que ce soit. Etre là, simplement, entièrement, sans masque, sans séparation avec ce qui est. Nous partageons aussi bien la vie de l'arbre, que celle de l'étoile lointaine, de l'insecte traversant la pièce, de l'assassin dont il est question à la télévision, mais nous ignorons et ne disposons d'aucun moyen de savoir comment cette vie est vécue intérieurement. Nous pouvons pressentir en nous le UN sous le multiple. C'est notre vraie nature qui nous inspire ce pressentiment. Lorsque nous laissons opérer la contemplation à partir de "cela qui voit", ce regard s'avère libérateur. Ce qu'il nous apprend n'est pas formulable en mots, en pensées. Ah, oui : "Cela" (qu'appelles-tu "Cela"?) : notre vraie nature, non-représentable, inconnaissable, non-née, hors du jeu-je. Notre vraie nature est. Elle ne peut jamais être trouvée, nommée, objectivée. Notre totalité est faite de sa propre perception. Aussi est-il clair que notre totalité ne pourra jamais être perçue ; elle ne peut jamais être un objet. "Il faut que ce soit bien clair pour l'esprit que ce que vous cherchez est le chercheur lui-même" ont répété plusieurs sages de l'Inde qui ont effectué ce voyage qui va du soi au Soi.
"Reconnaître ce que l'on a entrevu. Ai-je cette capacité ?" - sûrement !. La sensibilité humaine aspire à s'élever, en prenant conscience. L'altitude permet d'y voir plus clair, d'être vigilance. Faire l'ascension de notre intériorité, de cette part immatérielle nommée esprit, jusqu'à atteindre notre essence et remettre en ordre cette confusion, cette tricherie qu'elle engendre, ici, maintenant, c'est la plus haute (suprême) aspiration. "Etre Suprême"? ...en nous, mais vivant, certainement pas embaumé, liquidé, chosifié dans ces toiles d'araignée qui se tissent à chaque instant dans l'illusoire de la pensée dévoyée que j'enfante et qui me berne. Sans mouvement, le propre de l'ouverture-conscience que nous sommes peut s'y soustraire. "Neti ! Neti !" viendrait ici en pléonasme.
Enfin : "des évidences qui me crevaient les yeux" : mais oui, c'est bien ainsi que notre vraie nature se révèle à nous-même, et sans arrêt !...

Amicalement,
Phil

Écrit par : Phil | 18/07/2008

Bonjour Phil,

Merci pour ta longue réponse, et désolée si la mienne a tardé (la pleine lune ne me réussit pas : après plusieurs nuits quasiment blanches, difficile d’avoir les yeux en face des trous. Et tout ce que tu m’as écrit méritait plusieurs lectures tant, une fois de plus, il y a beaucoup de choses).

Déjà je tiens à te dire que je suis heureuse de pouvoir apporter de la vie à ton blog, et de lui donner, à travers mes écrits, le sens que tu souhaitais lui voir prendre en le créant. Je pense aussi que nos échanges peuvent permettre à d’autres d’emprunter le chemin de la connaissance de soi. Beaucoup de personnes peuvent se reconnaître dans ce que j’écris.

Quand tu dis « la poésie n’est pas du tout une plaisanterie bien qu’elle ne serve à rien », n’est-ce pas, justement ce qui « ne sert à rien » qui est le plus utile ? Il me semble que ce qui peut réellement nous enrichir n’a rien de matériel, donc considéré comme « utile ». Il en va de la poésie comme de l’art plus globalement.

« La poésie est la matrice de la vivante réalité et celle-ci est la matrice de la poésie » : encore une évidence que tu as su formuler mieux que je ne l’aurais fait. Et au mot « poésie » je rajouterais celui de « musique », car elles sont tellement proches qu’elles me paraissent presque semblables. La poésie est la musique des mots, elle leur donne un rythme, joue de leurs sons. La musique est la poésie des sons, qu’elle met en forme pour leur donner plus d’harmonie encore. Que ce soit en musique ou en poésie, rien n’est artificiel, tout part de la réalité pour la magnifier. Aussi, non en effet, la poésie n’est pas une blague, elle est vivante et fait partie intégrante de nous, de tout.

J’ai souris en lisant cette phrase : « la conception « classique » de l’existence, ou le « valable pour tout être vivant », ne s’agit-il pas là d’une dictature ? d’une chute dans les généralités». En écrivant ce que tu as relevé dans mon dernier commentaire, je l’ai aussi ressenti comme dictatorial et versant dans des généralités qui me dérangent. Je me doutais que tu allais le voir également comme ça. Mais je n’ai pas su m’exprimer autrement, ce qui est sans doute révélateur d’une manière de fonctionner bien ancrée, découlant, non seulement de l’éducation, mais aussi du poids de la société dont on ne se défait pas aussi facilement tant qu’on n’a pas fait un réel effort pour mettre tout ça à la poubelle.

Je vais tâcher de répondre à toute cette partie, et ce sera vite fait : « Abordons ce que j’ai souligné dans ton paragraphe 2… afin de maintenir cette « vilaine image de toi » dont il se repaît secrètement… ». Que dire ?... Tu as raison sur toute la ligne, et je ne m’en étais jamais rendue compte. « Un mental laissé sans surveillance, livré à l’errance, au désordre. », c’est le moins que l’on puisse dire !

Quand j’ai lu ceci : « Ce n’est sûrement pas TOI, ça je peux te l’assurer même sans te connaître ! », je dois t’avouer que j’en ai eu les larmes aux yeux, parce qu’en effet tu ne me connais pas, mais tu sais tout de même que je ne suis pas ça, et tu me permets, en me le disant, d’en prendre conscience et d’avoir enfin envie de réagir. Et les larmes ont coulées (elles coulent encore) à la lecture de « Il faut sortir de cette malédiction qui situe l’expérience vivante dans le malheur, dans la misère… …Il suffit de s’en apercevoir, de l’éprouver, de le constater. ». Et bien oui, il faut comprendre que le malheur n’est pas une fatalité, n’est pas la Vie. La Vie est tout le contraire : bonheur et amour dont nous sommes capables. Mais comme pour tout le reste, il faut arriver à se défaire de ces carcans dans lesquels nous sommes enfermés.

Pourrais-tu m’expliquer la différence entre « esprit » et « mental », mais aussi ce qu’est le « moi » de notre esprit ? Merci. Ce n’est pas très clair pour moi.

La révolution intérieure est donc, tout simplement, bazarder tous ces « sacs » que nous portons, que l’on nous rajoute sur les épaules jour après jour, depuis notre naissance, ce que j’appelle les poids que la société et l’éducation font peser sur nous, pour retrouver notre vraie nature, l’essence de ce que nous sommes, cette personne (nous) que nous n’aurions jamais dû oublier ? Cela devrait paraître facile à faire, mais il faut du temps je pense, et une attention de chaque instant. Il en découle certainement cet amour de nous-même, comme tu le dis « avec tendresse, bienveillance, dévotion (sans narcissisme) ». Là encore, j’ai souris et été très émue en même temps, en lisant ces mots-là, le jour où tu as posté ton commentaire : ce jour-là je me détestais plus encore que les autres jours. Tu es arrivé à me réconcilier avec « mon image » ! Quel exploit !

Une autre évidence : ce que tu expliques comme étant le rapport lumière-image. Et oui ! Encore une chose que j’avais devant les yeux sans l’avoir vue, sans l’avoir comprise. Comme je n’avais pas compris que « la vie tout entière devient alors cela : une révélation de la lumière. Révolution-Révélation. », « Du côté de la lumière : aucune frustration n’est permise, tout est donné en abondance, aucun bonheur n’est brimé ; il n’y a que la Joie, hé oui : le Paradis. Sans servitude. »... Plus je te lis, plus je ressens ces « révélations », et je me sens souvent baigner dans une paix intérieure, une douceur de vivre, en repensant à tes mots, qu’il me semble impossible de ne pas avoir ressenties plus tôt tant il paraît simple d’y accéder. Ce paradis est à portée de main, alors pourquoi ne pas le saisir ? Parce que « tout repose sur notre façon de voir » ? Sans doute faut-il apprendre à voir d’abord avec le cœur, à écouter, à penser avec le cœur et non avec les yeux, les oreilles, le cerveau. C’est bien cela qu’il faut changer alors, et comme je l’écrivais plus haut, c’est une attention (un travail) de chaque instant.

Même quand on a déjà commencé à le faire, il ne faut pas baisser la garde pour ne pas faire marche arrière. Et c’est si vite fait de retrouver les mauvaises habitudes ! Nous devons donc prendre conscience de nos propres faiblesses pour les transformer en forces qui permettent d’avancer sur ce « terrain sacré de l’Eveil » (merci pour ton explication), et prendre conscience de notre ignorance (c’est peut-être la plus grande conscience que j’aie… je sais que je ne sais rien, ou si peu, que j’aie une infinité de choses à apprendre, dans tous les domaines. Mais le principal, le premier -je m’en rends compte tous les jours- c’est sur ce que je suis ; tout sera plus facile après, du moins je l’espère).

Merci aussi d’avoir « parlé bête » (je plaisante), en m’expliquant ce que tu entendais par « pensée hypothétique et ségrégationniste d’être quelqu’un ». Evidemment, j’adhère à 100%, et depuis longtemps sur ce que tu dis au sujet des « vedettes », « gagnants » et autres personnalités artificielles fabriquées de toutes pièces. Je suis toujours révoltée par ces différences de niveaux de vie, ce nombrilisme. Au nom de quoi, de qui, certains auraient des droits qu’on refuse aux autres ?!! Avoir de l’argent, être reconnu dans la rue, rend-il une personne meilleure ? Est-ce que cela lui donne le droit de tout avoir (de trop avoir) quand d’autres meurent de faim ? Et quel bénéfice peut-elle en retirer ? Est-elle plus heureuse pour autant ? Non, mille fois non ! Elle passe à côté de l’essentiel et laisse les autres sur le bord de la route !

C’est vrai aussi que lorsque tous ces artifices sont tombés (l’argent, le pouvoir, la notoriété, le superflu…), lorsqu’il ne reste plus que la « nudité », « la vraie personnalité », les choses se remettent à leurs places d’elles-mêmes. Ces personnes cherchant à s’imposer, comme tu les décrit (et j’en connais !) sont très vite insupportables et ne donnent pas cette impression de grandeur qu’ont les gens modestes, discrets tels que les sages que nous connaissons tous. Je pense à Gandhi notamment, parce qu’il me vient à l’esprit à l’instant même, mais il y en a d’autres dont on n’a jamais parlé. Et là je vais te citer. Cette phrase, inscrite sur ton profil myspace, m’a marquée : « Les seuls vrais héros sont ceux que l'on ne voit jamais, ou après coup. Ils ont le coeur simple et oeuvrent avec amour, dans la solitude ». C’est ce vers cela que nous devrions tendre, et rien d’autre. Etre déjà le héro de soi-même, ce serait beaucoup.

« Nous pouvons pressentir en nous le UN sous le multiple. », je rajouterais : et inversement, c'est-à-dire le multiple sous le un. De plus en plus je ressens cette communion avec le TOUT, cette certitude que nous ne sommes qu’une infime partie de l’univers et que notre vie est intimement reliée à tout ce qui nous entoure. Faire souffrir un arbre, un oiseau, c’est se faire du mal à soi. Et, plus évident encore, détruire la Terre, c’est se détruire soi-même ! Je souhaite que les consciences s’éveillent assez vite, au moins pour ça, pour cette marche arrière indispensable à la survie de l’humanité. Mais il m’arrive de me demander si l’humain, a encore sa place sur Terre. Ne se porterait-elle pas mieux sans lui ? C’est un tout autre débat.

Merci de m’avoir éclairée sur la signification de « Cela ». C’était bien ce que je pensais avoir compris.

J’aime cette définition que tu donnes de l’Etre Suprême. Elle correspond mieux à ce que je ressens, que tout ce que les religions disent : pas de dieu qui soit supérieur à toute chose, aucune supériorité entre les êtres, mais une égalité dans « la suprématie ».

Bises ! et encore merci.

Ginou

Écrit par : Ginou | 21/07/2008

Bonjour Ginou,

Merci pour ton commentaire. Ah ! tu dors mal; il est important de bien dormir. C'est du sommeil profond, sans rêve, que provient l'énergie vitale.
Oui, sûrement, ce qui apparemment "ne sert à rien", l'art, à condition de bien comprendre qu'il ne s'agit pas d'un "hobby", nous interpelle et nous élève, alors que toute perception utilitaire ne vaut rien. Quant celle-ci devient propagande, c'est une trahison de nos facultés intérieures au nom d'un consensus. Une lâcheté. / Lorsque j'évoque la poésie, ce n'est pas seulement la poésie d'un poète ou d'une poétesse; il s'agit de la poésie qui se signifie dans le monde en réponse vivante, à travers le contemplé, cet affleurement en nous-même dont il importe de prendre conscience, en nous éveillant à notre vraie nature. Le poème c'est ce qui s'élève. Il est aujourd'hui "interloqué" comme le dit le poète Paul Chamberland, car "ce qu'il fait entendre est tenu pour une incongruité, un déchet, non-gérable, inexploitable, n'étant pas plus considéré qu'une cuvette de toilettes, et cela très officiellement, dans les ministères, de la Culture ou de l'Education, de la Santé". / La formulation "matrice de la vivante réalité simultanément matrice de la poésie" n'est pas de moi, mais de Stephen Jourdain, tout comme la phrase mise en place sur mon myspace en réponse à la question : "Héros ?". Citation dont je suis incapable de me rappeler de qui. Peut-être Jean-Marc Mantel. Elle m'apparaissait ici en opportunité d'adéquation, de justesse. Je ne suis pas le seul à emprunter des formules aux autres, formules qui éclairent un message s'illustrant dans le présent. Aventure relevant de la flibuste ? je l'admets volontiers. Si tu lis les livres que j'ai cité dans ma liste, tu vas t'apercevoir rapidement que bien des expressions que je reprends y figurent, et je n'écarte pas l'éventualité que tu en conclue que j'ai "pompé" pas mal d'entre elles ailleurs. Partant d'une reconnaissance intérieure qui outrepasse les contradictions juridiques et morales d'un "moi agissant", d'un "moi" pensé, s'agit-il véritablement d' appropriation, de ce travers répréhensible ? et dans ce cas, présentement, d'une tentative "très mal-barrée" de justification ?... rien n'est moins certain. "Oubliez les mots, et laissez agir le parfum qu'ils suscitent en vous-même" disait Jean Klein. Peut-être aurais-je mieux fait de garder le silence plutôt que de reprendre des formulations qui se révèlent en vérités indéniables, dans ma vie de tous les jours, mais dont je ne suis pas "l'auteur", textuellement parlant ?...
Par ailleurs, une pensée qui se figure un "moi" drapé en "sage", ou en "salaud"pourquoi pas ?, est un délit, une tromperie. Voilà ce dont est capable le "moi" de notre esprit. Il est clair que notre esprit n'a absolument pas besoin "d'être pensé" pour être, ni représenté pour s'affirmer. Vidé de tout contenu, de toute pensée, de toute mémoire, notre esprit ne se trouve pas du tout privé du sentiment d'être.
Et voilà qu'en présence de ces éveilleurs que j'ai rencontré, ou qui se sont manifestés en moi, impersonnellement, je me suis surpris ME parlant à moi-même. Aperception. Incompréhensible pour qui n'a pas vécu une expérience similaire. Il ne s'agit même pas d'une "expérience" à proprement parler : plus d'expérimentateur, plus d'expérimenté ! Juste un aperçu fulgurant de la réalité suprême
du non-séparé, de ce qui ne peut s'apercevoir qu'en Cela même, comme une preuve, surgie en moi-même de ce qui "se sait" en moi, anéantissant l'idée d'un "moi-même", inaugurant une réalité jusque là inconnue, inédite, de la Présence. La preuve triomphante de l'amour. Abandon et accueil, sans l'interférence des mots, dans l'intensité de ce qu'ils désignent, et Cela m'a saisi et demeure en moi. /
Le mental est pourvu de capacités pratiques pour effectuer des tâches ordinaires, nécessités réclamées par les situations. Il n'a pas à déborder de ce rôle fonctionnel en se permettant de l'outrepasser en pensant ; il vaque à ce qu'il y a lieu de faire : le ménage, la vaisselle, un peu de rangement, se renseigner sur les horaires d'ouverture du magasin ou ceux du train à prendre, tailler les rosiers, etc... c'est tout simple et ça s'arrête là. Dans cette simplicité, il y a de la joie, de l'entrain et une certaine satisfaction des choses bien faites, avec patience, attention, amour. Personne ne "fait"; cela se fait tout seul.
Livré à lui-même, le mental se met à enfler, s'invente des attitudes, crée des "réalités" fallacieuses et devient réellement despotique, dévastateur même, s'angoissant pour un rien et s'empêtrant dans des calculs fiévreux, allant chercher ses arguments dans le passé, les choses mortes, ou anticipant le futur à l'aide d'une imagination débordante, devient tyrannique, obsédé par le besoin d'arriver quelque part, de réaliser des choses concrètes. C'est un terrible gâchis d'énergie. En réalité : il contrefait, fabrique du toc, s'évade dans l'image, et nous vole notre vie ; tout nous échappe, notamment la conscience et la beauté du moment présent. Le mental peut s'avérer extrêmement rusé. Investi d'une négativité insidieuse exterminatrice, il fabrique ce qu'Eckart Tolle dénomme un "corps-de-souffrance", destructeur et auto-destructeur, qui ruine la santé, le corps.
Une tension, une pression, observables en soi-même, au niveau de la sensation corporelle, signale cette anomalie en train de chercher à s'installer. Dans la silencieuse Présence, le mental se consume et tout se remet en place.
Quant au "moi" de mon esprit qui est le "fantôme" du mental inflationné si l'on peut dire, il n'est qu'une pensée, émergeant de notre esprit, qui apparaît, disparaît, réapparaît, et ainsi de suite... comme une obsession. Ce que cette pensée redoute c'est précisément le face à face avec notre esprit (qui peut être appelé : la conscience, ou le regard ).
Donc, pour "bazarder tous ces sacs" comme tu dis, il ne faut surtout pas relier cette action avec le temps ("bien ancré par le fil des ans, etc...) , en faire une croisade, ou même essayer de se réconcilier avec quelque chose qui s'intitulerait : "mon image". C'est hors de toute image que tu ES, naturellement. Et c'est toujours maintenant. La complexité, l'effort, la difficulté, tout ça n'a pas la moindre valeur puisque cela se passe toujours maintenant, sur le vif. La complication vient avec la pensée que c'est compliqué. La difficulté, la résistance, sont suscités par la sensation d'effort elle-même, sa mise-en-jeu. Cela donne du volume à la phénomènalité. Cela phénoménalise !. Si tu accordes la moindre valeur d'identité à "mon image", à la lutte pour "s'en sortir" c'est fichu !. Tu entraînes par là-même un processus de contradiction qui va venir s'opposer à cette image, cette espèce de guignol ou de bondieuserie. / OUI, on apprend tous les jours. / Et si le monde avait pris Gandhi pour phare, dans ces années 60, on n'en serait pas là !. / L'éveil : une "marche-arrière" ?... Qui peut donc voir la proposition :"s'éveiller à notre vraie nature" comme une rétrogradation ? de quoi ? par rapport à quoi ?... A moins que tu ne veuilles dire par là : retrait, deux pas en arrière, dans la profondeur de notre intériorité où peut s'exercer cette vigilance tranquille, sans contraction, sans but, sans attente de résultat, sans problème. Il ne s'agit pas d'une entreprise, d'une doctrine ou d'une philosophie qui viserait à une "amélioration". C'est trop demander. Tous les schémas de cette sorte ont été essayés et l'on a vu ce que cela donnait. Il n'y a pas à s'en mêler, à continuer de faire l'apologie de l'effort, de la volonté individuelle, c'est du temps perdu.
Ce sont de faux-semblants. Un mental discipliné, contrôlé ne parviendra jamais à se transmuer. Il ne peut que s'abandonner à sa source.
Quant à l'idée d'une "marche-arrière" du monde, je n'y crois pas. Qui se met à généraliser, encore une fois ?... J'ai déjà entendu ça en discutant avec un voisin. Je me suis demandé ce que cela voulait dire, concrètement. Est-il possible de vivre en se disant que l'on fait "marche-arrière" ?... Sur le coup, ça me fait rire aux éclats !.

Amicalement,
Philippe

Écrit par : Phil | 22/07/2008

Bonjour Phil,

Mon Dieu, que de retard dans mes réponses ! J'espère que tu voudras bien m'en excuser. Le manque de sommeil persistant n'aide pas beaucoup à la réflexion, et me donne envie, la plupart du temps, de faire fonctionner mon cerveau au ralenti, ce que je ne peux pas faire quand je te lis... (j'en ris, mais c'est presque vrai. Que veux-tu ! la rouille sur un objet qui n'a pas servi depuis très longtemps, est difficile à enlever).

Je viens de voir que tu as écrit d'autres articles (que je n'ai pas encore lus), et qu'Yvou et toi êtes en plein échange (là encore, je n'ai pas lu tous vos commentaires). J'ai donc beaucoup de retard à rattraper !! Mais je vais déjà commencer par répondre à ton dernier commentaire ici.

Pour la poésie dont tu parlais plus haut, même si je n'avais évoqué que celle des poètes, j'avais compris qu'il s'agissait de ce que la vie nous offre à chaque instant. Les poètes n'en sont que le truchement.

En ce qui concerne la reprise de phrases de certains auteurs, que ce soit dans les écrits, ou dans le discours parlé, cela me paraît tout à fait "logique", et il n’y a rien de répréhensible là-dedans ! Quand des mots nous correspondent, non seulement nous avons tendance à les utiliser, mais nous finissons par les faire nôtres. Donc aucune justification à donner pour cette phrase qui figure sur ton profil myspace, à la question : "Héros ?" (pas plus que pour d’autres que tu reprendrais). Si j'avais eu à répondre à cette question, je pense que j'aurais pu la reprendre également. Comme il m'arrive souvent de m'exprimer avec les mots des autres quand j'en suis imprégnée. Et je profite de l'occasion qui m'est donnée ici (ce petit bout de phrase n'est pas de moi...) pour présenter mes plus plates excuses à leurs auteurs, et leur demander de m'envoyer, non pas leurs avocats, mais leurs factures. Je me propose de racheter leurs mots à un bon prix (ai-je bien fait d'écrire ceci ?...). Bon, redevenons sérieux !

Quand tu dis que tu t’es surpris te parlant à toi-même, «inaugurant une réalité jusque là inconnue, inédite, de la Présence. La preuve triomphante de l’amour. », j’ai du mal à comprendre. N’est-ce pas le cas de tout le monde ? Moi aussi je me parle, mais il est possible que je ne me dise pas les mêmes choses… Je ne ressens aucune « Présence », à part la mienne. En écrivant cela, j’ai conscience d’écrire une énorme bêtise ! J’espère que tu pourras m’éclairer sur ce que tu voulais dire.

Je suis d’accord avec ce que tu dis du mental : « Livré à lui-même, le mental se met à enfler, … C’est un terrible gâchis d’énergie. » Par contre, quand tu parles de la beauté du moment présent, ce n’est pas toujours le cas, et ce qui détruit la santé dans ces moments-là, n’a rien à voir avec ce que le mental pourrait faire. Il existe des périodes bien plus destructrices qu’on ne peut pas éviter. Dans ces cas-là, l’imagination, la projection dans un avenir hypothétique, dans une existence irréelle sont très utiles, parfois à la survie même, et pas uniquement en « attendant que ça passe ».

J’aimerais te remercier pour ce passage : « … pour «bazarder tous ces sacs » comme tu dis, il ne faut surtout pas relier cette action avec le temps… Tu entraînes par-là même un processus de contradiction qui va venir s’opposer à cette image, cette espèce de guignol ou de bondieuserie. » Je sais, je dis souvent merci, mais quand on me fait des cadeaux, comme c’est le cas ici, je ne peux pas ne pas montrer ma gratitude. Tout ce que tu as écrit là, tu l’as déjà dis plus d’une fois, et pourtant j’ai l’impression de le redécouvrir. Comme quoi, ce n’est pas encore « installé » en moi ; j’ai grand besoin de me lâcher, ou plutôt de lâcher prise pour me laisser aller plus naturellement à vivre, tout simplement.

Quand je parlais de « marche arrière », je ne voulais pas dire que s’éveiller à notre vraie nature en serait une, bien au contraire, ce serait une évolution positive. Mais là où je vois le « danger », c’est dans la facilité qu’il y a à se laisser encore envahir par toutes les mauvaises habitudes prises depuis longtemps. Tu parlais de ce que le mental peut faire, et bien c’est ça. Tu citais l’apologie de l’effort, la volonté individuelle. On nous serine cela à longueur de temps, on peut être tenté de rechercher cette lutte intérieure, à nouveau, pour faire face aux difficultés. Et les mots « lutte intérieure » s’appliquent bien, là, car ces notions ne sont pas naturelles, je pense.

Je terminerais par ce que j’ai appelé « la marche arrière indispensable à la survie de l’humanité », ce qui te fait rire. Tu poses la question : « est-il possible de vivre en se disant que l’on fait « marche arrière » ? Je dirais oui, dans la mesure où l’on a conscience qu’actuellement nous « marchons à l’envers», à « contresens » de la nature et de ce qui serait bon pour elle, et pour nous par la même occasion. Nous la détruisons –nous NOUS détruisons- au lieu d’en prendre soin. C’est en cela qu’il est primordial de nous remettre dans le sens de la marche. Sans reprendre les schémas de vies de nos lointains ancêtres (nous ne le pourrions pas à l’heure actuelle, et ce n’est pas à souhaiter), tenter de retrouver leurs valeurs en vivant plus proches et plus en harmonie avec la nature, dans le profond respect de ce qu’elle est et de ce qu’elle nous apporte. Pour cela, limiter au maximum les pollutions, utiliser des énergies naturelles (ce n’est pas ce qui manque !) au lieu de jouer les apprentis sorciers avec nucléaire, comme nous les jouons avec les OGM, le clonage... Nous pourrions vivre, si nous le souhaitions, en quasi autarcie pour bien des choses (nourriture, habillement…), ce qui éviterait les surproductions (inutilement grandes consommatrices d’énergies) dont nous n’avons nul besoin, en modifiant nos sociétés. Pourquoi ne pas les baser sur le fédéralisme à petite échelle, où chacun apporterait aux autres sa production, son savoir-faire, son savoir, dans un esprit solidaire avant tout, sans rechercher aucun profit (je ferais disparaître l’argent) ? C’est, de façon très schématique, ce dont je rêve pour l’avenir. Tout cela peut paraître utopique, mais ce sont les utopies qui ont fait avancer le monde non ?

Bises amicales !

Ginou

Écrit par : Ginou | 03/08/2008

Bonjour Ginou,

Oh ! je n'avais pas consulté mon courrier d'hier et je ne découvre que seulement maintenant ton long commentaire (sous la note "Désertitude"). Il me faut donner réponse à certaines questions que tu me poses et j'entrevois tout de suite que cela ne va pas être du gâteau!... notamment celle qui concerne l'aperception. J'ai bien l'impression que c'est inexplicable, incompréhensible si on ne la vit pas soi-même. Je ne peux que te donner quelques indices, avec tous les risques que cela comporte car c'est plus près du silence que de la parole, et plus près aussi de notre arrière-plan tranquille que de toute activité cérébrale, et insituable par-dessus le marché !... car aussi étrange que cela puisse paraître, personne ne fait cette expérience ; c'est la Conscience elle-même, et c'est une non-expérience.
Il s'agit là d'un renversement total et instantané de ce que l'on pouvait croire, sans même y "croire". Cela concerne la façon dont on peut voir les choses. Sans en avoir conscience, on fait jouer cette séparation : moi::/ l'autre, qui se "vérifie" mentalement lorsque l'on objective les différences physiques, idéologiques, ou autres, mettant une distance entre la compréhension que nous estimons nôtre et ce qui nous entoure : notre partenaire, un interlocuteur, une situation, une présence, toute sorte de manifestation conçue vaguement ou radicalement comme "extérieure". Et l'on entretient sans le savoir, un certain "modus" suffisamment habituel pour qu'on ne le remette pas en question, de la vision des choses. Mais il existe sur Terre un très petit nombre d'orateurs (bien qu'il en est qui ne parlent pas ou peu, et qui passent inaperçus) qui vivent intégralement et définitivement cette Présence qui est celle de notre Vraie Nature, non-manifestée, mais pas tout à fait inconnaissable. Il suffit d'avoir la chance d' approcher l'un d'entre eux et de les écouter parler pour s'apercevoir que ce qu'ils disent pointe et renvoie au coeur de nous-même à ce qui est vrai, de toute éternité. Le mental peut éprouver des difficultés à admettre, à accepter cela, mais si l'on est ouvert, on peut laisser le parfum de ce qui est dit agir, dans son propre vécu, comme un jeu; "ça passe ou ça casse "; c'est très instructif, car on est témoin direct, en mode vécu, de la véracité de ce qui est dit, ou de sa propre tricherie. Je ne dirais pas qu'en allant écouter ces "sages", la prise de conscience se déclenche immédiatement, et que la vérité vivante qu'ils désignent et qui est à l'origine de leur discours se réalise, mais qu'elle amène et encourage une interrogation profonde déjà présente en chacun de nous est certain. En ce qui me concerne, Jean Klein a été l'occasion d'une émergence en moi, de la réalité du soleil dans le coeur, détruisant toutes les approximations préalables, tous les raisonnements que je pouvais me faire auparavant. Une vision saisissante, qui s'empara de moi, faisant éclater d'un seul coup (ou éclore) tout le champ de mon intériorité. Il est impossible de décrire une "illumination"; on a vite fait de vous prendre pour un fou. Sous un autre angle, pour être amené à rencontrer de tels éveilleurs, ça n'arrive pas comme ça, à l'improviste, pour n'importe qui et dans n'importe quelles conditions ; il y a une aspiration à la connaissance de soi qui met sur votre chemin selon vos capacités d'écoute, les bonnes personnes à rencontrer. Il y a comme un affinement en qualité . Et au bout du chemin, c'est votre Vraie Nature qui vous attendait. Tous les personnages ont disparus.
Si cela arrivait "à tout le monde" comme tu écris à la fin de ton commentaire, la vie toute entière deviendrait paradisiaque car il n'y aurait plus de conflit, tout ce qui vit sur Terre serait respecté et vivrait en harmonie. Les deux hémisphères du cerveau seraient réconciliés, l'homme et la femme seraient réconciliés, tous les peuples du monde seraient réconciliés. Je sais bien que cette vision-ci est coupable d'idéalisme, ou comme tu dis : d'utopie. Car il n'y aurait plus personne, plus de pensée, plus aucun concept pour triompher, dominer, organiser. Tout se ferait tout seul, et d'une manière encore beaucoup plus efficace que celle envisagée par le fédéralisme, un "isme", un produit de la pensée. Tu dis toi-même entre parenthèses: "je ferais disparaître l'argent". Non, personne ne ferait disparaître quoi que ce soit. Ce qui doit disparaître disparaîtrait tout seul; cela irait de soi. Et sais-tu que cette harmonie existe déjà, par moments, en amitié ?... où rien de ce qui nous encombre ne vient s'interposer, où la solidarité fonctionne naturellement, sans dispositif conceptuel, hors de tout cadre. Cela fait partie de la beauté du moment présent. S'il y a quelque chose qui "détruit la santé" c'est bien la manière avec laquelle le mental le reçoit. Si tu ne vois pas avec suffisamment de recul, si tu n'aimes pas, tu donnes prise à quelque chose de destructeur, dans lequel tu t'impliques. Si au lieu de ça, tu es "au cinéma", le film n'a qu'un temps, il va s'arrêter et tu vois que ce n'était qu'un film. Je veux bien que tu m'explique un peu mieux ta position par rapport à "ce qui détruit la santé" et qui semblerait contredire la Beauté.

Bises,
Phil

Écrit par : Phil | 04/08/2008

Bonjour Phil,

Un grand merci pour ce que tu as tenté de m'expliquer au sujet de l'illumination, de la Présence. Je comprends qu'il n'y a rien à comprendre. On le vit (ou pas), et malheureusement tout le monde n'a pas cette chance. Mais tout le monde ne recherche pas non plus l'illumination. C'est dommage, mais nous réagissons tous différemment, selon notre vécu. Pourtant, ce serait beau, un monde de "sages"... on peut toujours en rêver et tendre vers ce but... Et, oui en effet, dans ce cas-là le fédéralisme n'aurait plus lieu d'être.

Tu dis que cette harmonie existe déjà en amitié, que "la solidarité fonctionne naturellement, sans dispositif conceptuel, hors de tout cadre". C'est vrai, mais ce ne sont plus que des moments assez rares car ils sont de moins en moins ancrés dans les esprits. Je fais souvent référence à ce qu'on m'a raconté de la vie de mes grands-parents, arrières grands-parents... dans leur petit village des Pyrénées, et qui existe encore dans des endroits isolés : il y avait une grande solidarité entre les habitants, les choses se faisaient toute seules, naturellement. Quand une personne avait des problèmes, quels qu'ils soient, tout le monde était là pour l'aider, on oubliait les disputes, les rancoeurs. Au moment des moissons, quand il fallait tuer le cochon, pour les gros travaux des champs, etc. chacun allait apporter son aide aux autres, sans se poser plus de question, en sachant très bien qu'on lui rendrait la pareille. C'était la même chose pour entretenir les chemins, les fontaines, les murs... dans le village. Mais de nos jours, tout est basé sur le profit, sur l'argent, et l'humain n'a plus sa place dans la société. C'est en cela, d'abord, qu'il faut revenir en arrière pour retrouver les vraies valeurs. Sinon on peut se faire beaucoup de souci pour l'avenir. Et une société basée sur le fédéralisme me paraît une excellente chose. Comme tu le dis, ce qui doit disparaître, disparaîtra tout seul, c'est vrai. Quand je disais que je supprimerais l'argent, je ne voulais pas dire JE le ferais ou quelqu'un doit le faire. C'était une façon d'exprimer ce qui me paraît important : sans argent, sans idée de profit, tout retrouve sa véritable place.

Alors tu veux que je t'explique ce qui, pour moi, détruit la santé ? C'est certain que, lorsqu'on peut se contenter d'être spectateur, ou lorsqu'on y arrive, c'est très bien. Mais il me paraît difficile de ne pas être acteur dans certaines situations, même si l'on essaie de prendre des distances avec les évènements. Je vais parler de ce que j'ai vécu pour que tu comprennes peut-être ce que je voulais dire. J'ai eu à gérer la maladie et la mort de mon mari, sur fond de harcèlement moral au travail, alors que mon fils était très jeune (il n'avait pas 8 ans à la mort de son père). Comment peut-on rester spectateur, quand on doit mener de front l'éducation d'un enfant, un travail avec l'ambiance que tu peux imaginer, une maison et des démarches administratives dont il faut bien s'occuper, en plus des allées et venues journalières (midi et soir) à l'hôpital pour faire manger son compagnon, lui faire sa toilette, etc... avec une angoisse permanente, celle de ne jamais savoir si on va le trouver encore vivant en arrivant, ou s'il l'est toujours, dans quel état ? Et je ne parle que des périodes d'hospitalisation. Quand il était à la maison, il fallait prévoir quelqu'un pour l'assister continuellement pendant mes heures de travail et autres absences, et qui puisse appeler les pompiers en cas de malaise (mon fils a dû les appeler, alors qu'il n'avait que 4 ans (!) parce que sa grand-mère paniquait en voyant mon mari par terre, inconscient. On ne peut pas dire qu'on parte de la maison l'esprit tranquille, quand cela se passe). Alors oui, tâcher de voir la situation d'aussi loin que possible, c'est faisable, profiter de la moindre occasion pour se rêver ailleurs, aussi (c'est bien ce qui m'a permis de tenir le coup des années), mais pas en permanence, et pas sans dégâts. En tout cas je n'ai pas su trouver la solution pour me sortir de là indemne. Mais je vois le côté positif de tout ça : je suis vivante ! et souriante (riante tout court, aussi) autant que je le peux, même en évoquant cette période (ce n'est pas toujours le cas. Aujourd'hui oui, demain peut-être pas).

Bises et à bientôt !

Ginou

Écrit par : Ginou | 05/08/2008

Bonjour Ginou,

J'ai lu ton commentaire, avec les témoignages qu'il comporte sur la vie de tes grands-parents et ton propre vécu.
Oui, dans un sens : il n'y a rien à comprendre, mais l'inverse est vrai aussi : il y a tout à comprendre; c'est là le paradoxe.
Nous sommes le connaisseur de tout ce qui nous arrive. Tout ce qui vit a cette chance de vivre. L' "illumination" lorsqu'elle devient objet d'une quête ou objet tout simplement, devient une contradiction, par ignorance, une fausse route.
Tu dis que que "nous réagissons tous différemment". "Différemment", ça ne pose pas de problème, mais "réagir", oh! que si !... Le mécanisme trompeur est bien là. Le mental psychologique s'imagine que la réaction est un mouvement "normal", faisant preuve de vie, de présence, et même d'intelligence !... Quelle erreur ! Ce qu'il perçoit n'est que le conditionnement. Lui-même est victime (et bourreau), dans la prison du schéma sujet-objet. La vigilance nous apprend que la réaction c'est le piège. C'est ce que l'adversité, l'ennemi, conçu en nous-même est délégué d'actualiser dans le manifesté . Tromperie majeure ! Créée par l'illusion de séparation, d'isolation.
Au sujet de "ces moments assez rares, de moins en moins ancrés dans les esprits", je répondrais que cela ne fonctionne pas dans le temps, avec nostalgie des choses passées. C'est une prise de conscience toujours disponible à chaque instant.
Il ne s'agit pas non plus de "se contenter" d'être spectateur, mais de prendre conscience que nous sommes. Nous ne sommes pas dans le film. Le meilleur exercice qui soit, c'est d'accorder notre attention à l'intuition qui précède toute pensée, de nous surprendre en train de penser, alors qu'antérieurement à cette dérivation, la conscience est déjà présente, et de meilleure qualité. Tes commentaires montrent que cela fonctionne chez toi, même si tu n'en es pas encore tout à fait sûre.
La nostalgie du passé et la peur de l'avenir, c'est tout simplement de l'oubli de soi-même, présent à l'instant, évanescence désintégrant la vitalité de notre esprit, la capacité d'attention immédiate et présente de notre esprit.
La psyché a du mal à comprendre car elle s'imagine indépendante, autonome. La seule possibilité d'arriver à cette compréhension réellement vivante et ici présente n'est autre que de mourir, de laisser se résorber cette psyché dans ce qui l'englobe. Ce que nous sommes n'en meurt pas ; au contraire, cela se débarrasse de cet étau qui "croyait que..." et surtout "qui se croyait" dans sa limitation étriquée, identifiée en états.
La psyché ne comprend pas que l'action tant qu'elle est dirigée par un acteur agissant est, pardonne-moi l'expression : une connerie. Pourquoi ? comment ça ?... Parce que ça laisse des traces, et c'est bien là ce que je reconnais lorsque tu m'expliques que cela "détruit la santé". C'est une violence que de se prendre pour quelque chose ou quelqu'un agissant, une violence infligée à soi-même.
L'action juste, appropriée, n'a jamais besoin de se coltiner la pensée. Elle fait partie intégrante de la vigilance, alerte, elle est spontanée, anonyme, infiniment plus rapide que la pensée, et ne laisse pas de traces.
"Se rêver ailleurs" ce n'est pas non plus bien malin. Ce n'est pas la solution. Tu t'en es aperçue, quand bien même cela t'a permis de "tenir le coup des années". La déprime consécutive au passé revient, périodiquement. C'est ce que je comprends. Je vais te dire: il faut que tu laisse ces "résidus"qui semblent encore interférer dans ta vie, te quitter définitivement. Plus on s'y est accroché, investi, et plus la charge est lourde et revient vous tracasser. Pourquoi ? parce qu'elle réclame ton attention, ton acceptation totale. Que ne subsiste plus aucun remord, ni fardeau d'aucune sorte. Que ce face à face aboutisse à une clarté, une évidence sur laquelle il n'y aura plus à revenir. Après ça, elle s'en ira et ne reviendra plus jamais.
L'action juste, appropriée, n'a jamais besoin de se coltiner la pensée. Elle fait partie intégrante de la vigilance, alerte,; elle est spontanée, anonyme, infiniment plus rapide que la pensée, et ne laisse pas de traces.

Bonne journée, Ginou !
Phil

Écrit par : Phil | 07/08/2008

Bonjour Phil,

Voilà, je te réponds enfin !

Dans le début de ton commentaire, tu dis que la réaction est un piège. J’entends bien, oui, et, dans l’ensemble je suis d’accord avec toi, car je pense que, par là, tu veux signifier que c’est aller contre notre nature, et qu’il est nocif pour nous de la forcer. Je le sais d’autant mieux qu’à force de m’obliger à faire des choses dont je ne me sentais pas capable, à certains moments de mon existence, j’ai fini par avoir de gros problèmes de santé. Mais il est quand même utile, parfois, de se faire violence (je me doute que tu vas réagir à cette expression) pour ne pas stagner. Comment agir sans réagir, quand l’action ne vient pas naturellement ?

En continuant dans la lecture de ton commentaire, quand tu dis qu’il faut prendre conscience que nous sommes spectateurs, que nous ne sommes pas dans le film, là encore je suis de ton avis. C’est effectivement ce qui permet de surmonter les plus grosses difficultés, comme les plus petites d’ailleurs, auxquelles on ne doit pas accorder plus d’importance qu’elles n’en ont. Mais il faut avoir atteint une certaine maturité pour en être capable. Je ne crois pas qu’entre 20 et 30 ans (à peu près l’âge que j’avais au moment où j’ai vécu ce dont je t’ai parlé) on soit déjà prêt à avoir suffisamment de recul. Malheureusement, c’est une chose qu’on ne nous apprend pas et qui, pourtant, devrait faire partie de l’éducation. Ça me parait vital sans quoi il résulte trop de maladies, graves souvent, qui seraient tout à fait évitables. Mais dans le contexte actuel, ce n’est que l’expérience (les mauvaises expériences surtout) qui nous permet de le comprendre. Même si, je te l’ai dit, à cet âge-là j’arrivais un peu à avoir le recul nécessaire, cela n’a pas été suffisant pour éviter d’en « prendre plein la figure » ; durant les 17 ou 18 années qui ont suivi j’ai payé le prix fort.

C’est amusant que tu parles d’intuition, parce que je fonctionne beaucoup avec ça. Et ce qui me fait plaisir (peut-être parce que ça m’arrange), c’est que tu dises qu’il faut y accorder notre attention, alors qu’on m’a toujours reproché de ne pas réfléchir assez. Enfin, quand je dis que je fonctionne beaucoup avec ça, ce n’est pas totalement vrai. Je me fie souvent à mon intuition quand il s’agit de me faire une idée des personnes que je rencontre ou que je côtoie, et elle me trompe assez rarement. Par contre, quand il faut agir, j’ai toujours eu tendance à réfléchir trop, ce qui fini par me freiner ou même m’arrêter. Chose que je fais beaucoup moins depuis quelques mois, et qui me réussi très bien apparemment (même si, par moments, je ferais bien de faire fonctionner un peu plus ma « jugeotte »…) puisque je me rends compte que ma vie a pris un cours tout à fait nouveau et franchement positif, comme je ne l’avais jamais connu. Ce qui est certain c’est que la chance n’y est pas étrangère, mais on peut aussi la provoquer ; tout dépend de la façon dont on aborde l’existence. En étant moins crispé, on arrête de passer à côté des signes qui nous permettent de la reconnaître, et on saisi plus facilement les bonnes opportunités. Je commence à en avoir conscience.

Tu dis : « se rêver ailleurs ce n’est pas bien malin, ce n’est pas la solution, quand bien même cela t’a permis de tenir le coup des années ». D’accord. Mais c’est tout de même une bonne façon de ne pas craquer sur le moment, et de continuer à faire face quand on n’a pas d’autres armes, puisqu’on ne peut pas se permettre de baisser les bras. C’est certain qu’après… et là, il ne s’agit même pas de simple déprime mais de dépressions, beaucoup plus grave. Quand on n’a pas connu la dépression nerveuse, je pense qu’il est difficile de comprendre ce que c’est, et il est aussi très difficile de l’expliquer. La plupart des gens pensent que c’est surtout un manque de volonté, et qu’il s’agit de faire un petit effort pour aller mieux. Malheureusement, ce n’est pas le cas. Aujourd’hui, je peux dire que j’en suis totalement sortie. Cela fait environ 15 jours que je ne prends plus aucun médicament (j’en avalais depuis à peu près 18 ans), et tout va bien ! On peut parfaitement vivre sans, tout en étant heureux de vivre !

C’est vrai que j’ai du mal à parler de mon passé en général, il est encore douloureux, et ça remue trop de souvenirs que je veux oublier. Mais ce n’est plus lui, pour l’instant, qui entraîne des périodes de déprime (en fait, la seule période difficile est celle des fêtes de fin d’année, le reste du temps, ce ne sont que des coups de blues sans gravité). Non, ce que je trouve démoralisant, c’est le présent surtout, le mien bien sûr et c’est cela en premier qui me donne le cafard parfois, mais aussi celui dans lequel nous vivons tous, qui n’est pas très réjouissant. Quand je pense à l’avenir, parce que je pense forcément à l’avenir, je suis encore plus inquiète.

Enfin, pour en revenir au passé, j’avais pensé (et on me le conseille encore) écrire ce que j’ai vécu, dans le détail, pour exorciser tout cela, mais je ne crois pas que ce soit une bonne chose, du moins pour l’instant. A quoi bon ! Je pense aussi, comme tu me le dis, qu’il faut laisser ces « résidus » me quitter définitivement. Même si je n’en ai pas toujours conscience, ils sont encore trop présents et il est grand temps de tourner la page une bonne fois pour toute. « Que ce face à face aboutisse à une clarté », encore une chose que tu as formulé mieux que je ne l’aurais fait. Il y a tant de beautés à voir, dans la vie, alors pourquoi continuer à garder les yeux fermés, pourquoi attendre qu’il soit trop tard pour les regarder ?

Bises ! À bientôt…

Ginou

Écrit par : Ginou | 10/08/2008

Bonjour Ginou,

La réaction n'est pas "contre nature"; c'est au contraire un automatisme impulsif bien ancré dans la nature (quelque chose "me" dérange : "je" réagis). Seulement, l' être humain (et dans une certaine mesure, probablement tout ce qui vit ) est pourvu de la capacité d'observer cet automatisme et de s'élever hors du conditionnement qu'il entraîne.Peux-tu me préciser le sens de ta question: "Comment agir sans réagir, quand l'action ne vient pas naturellement ?" qui comporte en elle-même une articulation que j'ai du mal à déchiffrer ?.
L'action se produit toujours naturellement SAUF quand elle est pensée, calculée, ou repose sur une motivation "pensée" qui étant enregistrée, mémorisée en centre actif, déclenche l'impulsion dite "instinctive".N'as-tu jamais essayé de laisser se dérouler une situation sans intervenir ? tu te serais alors aperçue
que la situation comporte en elle son propre dénouement, son propre enseignement aussi, et que très souvent, quelque chose se produit (indépendamment de la tension investie dans cette situation, non-acceptation qui la rend conflictuelle) , quelque chose qui vient chambouler la disposition, et ainsi laisse entrevoir une solution (que l'action précipitée n'aurait pu laisser émerger).
A propos de l'intuition, je n'évoquais pas celle qui permet de se faire une idée sur les personnes que l'on rencontre, mais celle qui se trouve juste derrière, et qui voit que "se faire une idée", même si cela peut coïncider, si cela "nous donne raison", renforçant ainsi à la fois la personnalité (en soi et chez les autres) et l'évaluation, le jugement catégorique, c'est encore s'enfermer, tomber dans le piège.
La justesse de l'action est gouvernée par l'amour, et seulement l'amour; toute autre espèce d'action est erronée.Quand on en arrive à se répéter à soi-même des choses du genre: " Je sens que je vais craquer! JE VAIS CRAQUER !!!" ou "je suis au bout du rouleau", on crée, on attise, ce pressentiment; on se piège dans cette attitude d'ultimatum. Qui sent sa fin arriver ? ...Cet assemblage grotesque, infatué, qui a pris la place du regard que je suis, en travaillant constamment à notre insu à s'affirmer, jusqu'à la crispation et à l'hystérie. S'il n'y avait aucun témoin pour assister à la scène à ce moment là, et c'est bien ce qui prouve la supercherie, cela ne se vivrait pas dans une telle dramaturgie.
Cette maturité dont tu fais mention ("il faut avoir atteint..."), elle est là, présente en toi, maintenant, à mettre en oeuvre ; elle n'attend que toi. C'est MAINTENANT que tu vis, pas hier ni demain. Tu écris: "Ce que je trouve démoralisant, c'est LE PRESENT SURTOUT, le MIEN bien sûr". Sans t'en apercevoir, tu décris là le problème ET SA RESOLUTION. Le présent vécu intégralement ne comporte pas de moi, de mien. Ce cafard, ces pensées qui vont "forcément à l'avenir" dénotent que tu ne vis pas ce présent intégralement. Tu le froisse, tu le gâche, avec des pensées de cette sorte. Cette maturité en éveil devrait te permettre de surprendre ces pensées au moment où elles se pointent. Elles ne sont pas toi. Elles ne sont pas le présent. Elles l'enveniment; elles viennent s'installer en négation, en rejet du présent total et intégral, pour te "démoraliser" comme tu dis. Ce ne sont que des singeries qui viennent se superposer au présent, tel qu'il est : ouverture illimitée, qui n'a nullement besoin de ces caricatures, de ces commentaires en légende, de ces bavardages mentaux branchés sur le passé ou l'avenir, de ces réflexions calculatrices qui veulent à tout prix s'emparer de la place. Mensonges !. Toi, tu es derrière tout ça, et comme cet "autre", ce faux-moi, occupe la scène, il ne te laisse pas être ; il t'endort, t'hypnotise, te divertit ou te fait faire des cauchemars.
Dans le présent quel qu'il soit, il n'y a rien à rejeter. Il suffit d'être Accueil, d'abandonner toute notion de rejet, d'accueillir à bras ouverts ce qui se présente, le champ infini de l'Intelligence de la Vie.
Jean-Marc Mantel a remarquablement expliqué ce qu'est la "dé-pression", chute de pression qui "n'est pas le résultat des circonstances extérieures, mais bien ce reflet d'une ATTITUDE MENTALE", faite de projections, de créations de formes, de représentations de son vécu, confondues avec la réalité. Subterfuges inventés par le moi, lui servant à maintenir son existence et à fuir le moment présent. Car dans ce moment présent, le moi perd sa consistance pour se dissoudre dans la conscience silencieuse.
"Une pression ne peut chuter que si elle est élevée. Essayez de sauter par une fenêtre située au rez-de-chaussée et vous comprendrez que la différence de niveau induit le choc, alors que l'absence de différence n'entraîne pas de choc". Je continue de citer Jean-Marc en t'invitant même chaleureusement à te rendre sur son site ( jmmantel.net/ ): "Le moi ne supporte pas de ne pas avoir une pâture à se mettre sous la dent. Le passé et le futur sont sa nourriture. Ils le maintiennent et le font fleurir, comme une bonne terre le fait avec la fleur. Ils sont tous deux son enfant. Sans lui, que deviendraient-ils ?" (...) "le moi est donc LE PERSONNAGE CENTRAL à l'origine des attentes, des déceptions et des dé-pressions qui s'ensuivent"..
Qu'est ce moi ? ... "un PERSONNAGE volatil. Quand on veut l'attraper, il se défile. Il est aussi inconsistant qu'un nuage dans le ciel. Pour la bonne raison, qu'il n'est QU' UNE PENSEE.
Une pensée, cela ne semble pas grand chose, mais pourtant une pensée qui revient sans cesse est une obsession. Le moi est ainsi UNE OBSESSION. Toutes les pensées s'égrènent autour de lui. Il est comme un roi omnipotent, qui asservit ses sujets sans guère s'occuper de leur devenir."
Plus loin : "La dé-pression est soignée par la DISPARITION, non pas celle du corps, comme le croient les amateurs d'émotions fortes, mais celle de la pensée moi". Avant d'être le moi, le monde, nous sommes LE REGARD qui donne vie au spectacle, qui n'est pas "une personne" puisqu'il est capable d'observer ce spectacle. Le regard est libre de tout ce qui est personnel.
Mettre fin à l'usurpation de ce PERSONNAGE CENTRAL qui nous vole notre vie, c'est réaliser que dans le regard, l'Unité, il n'y a pas de centre. Il y a seulement ouverture illimitée, accueil sans tri, présence vigilante et amour.

Amicalement,
Phil

Écrit par : Phil | 11/08/2008

Bonjour Phil,

En posant cette question « comment agir sans réagir quand l’action ne vient pas naturellement », je voulais parler de certaines situations où, lorsque la fatigue nous accable (par exemple), et que nous devons continuer à faire face au quotidien (travail, enfants, maison…) alors que nous aurions seulement envie de nous reposer, nous sommes obligés de nous forcer à aller de l’avant. Dans ces cas-là, la fatigue n’est pas calculée, elle est bien réelle. Ce qui doit être calculé, c’est l’action, indispensable pour que la vie de tous les jours se poursuive, et que notre entourage ne subisse pas les effets néfastes de notre fatigue. Je ne vois pas comment faire autrement ?

Tu me demandes si je n’ai jamais laissé se dérouler une situation sans intervenir. Oui, cela m’arrive de plus en plus fréquemment, et je pense, en particulier, aux situations de conflits. Comme je l’ai déjà expliqué chez Gérard il y a quelques temps, il me semble que c’est la meilleure attitude à avoir, dans ces cas-là, justement parce qu’elle permet de désamorcer les tensions. Disons plutôt qu’elles se désamorcent d’elles-mêmes, un peu comme si elles implosaient, comme si -et c’est ce que tu dis- elles comportaient en elles-mêmes leur propre dénouement. Leur propre enseignement aussi, c’est vrai. Celui que j’en retire principalement, c’est qu’il valait mieux ne rien faire ni dire, même si cela peut demander un effort pour rester maître de soi.

Au sujet de l’intuition, j’avais compris ce que tu voulais dire, mais tu m’apportes un meilleur éclairage sur ce dont je parlais. Effectivement, maintenant, quand j’y réfléchis, « se faire une idée » des personnes que l’on rencontre, c’est une manière de les réduire à seulement quelques traits de caractères, et s’empêcher soi-même d’y voir clair.

Tu abordes le problème du présent. Oui, depuis quelques temps je conçois très bien qu’il est primordial de le vivre pleinement, sans le laisser occulter par des pensées du passé ou de l’avenir. A condition que cet avenir soit le nôtre, notre avenir personnel, là je suis entièrement d’accord. D’ailleurs mon propre avenir m’importe peu, il sera ce qu’il sera. Par contre, il m’est impossible de ne pas penser à l’avenir de l’humanité, à tout ce que nous devons changer aujourd’hui pour qu’elle se perpétue harmonieusement. Il m’est impossible de ne pas rêver d’un autre monde et de vouloir que mon rêve se réalise. Comme il m’est très difficile de ne pas rêver, tout simplement, pour ne plus voir ce qui se passe autour de moi, que je n’ai pas le pouvoir de changer (les guerres, les misères…). Parfois il est vital de fermer les yeux sur tout cela en imaginant un monde heureux pour tous. Et je crois que les plus grands rêveurs sont ceux qui ont permis à l’humanité d’avancer le plus. Quand c’est dans le bon sens, pourquoi s’en priver ?!

Aussi, quand tu dis que dans le présent quel qu’il soit, il n’y a rien à rejeter, je n’en suis pas certaine. Je ne vois pas comment on pourrait TOUT accueillir à bras ouverts. Il y a trop d’injustices. Et là j’ai le sentiment que nous ne parlons pas des mêmes choses. Pour ce qui est de ma propre personne, je suis entièrement de ton avis : accepter ce qui vient, le prendre tel que cela vient, d’accord. Mais je ne peux pas en faire autant quand il s’agit du malheur des autres, ou de la Terre que nous allons laisser aux générations futures.

Je te remercie de m’avoir donné le nom du site de Jean-Marc Mantel. Je n’y suis pas encore allée (une tendinite m’oblige à limiter mes heures devant le PC, ces jours-ci), mais dès que j’en aurais la possibilité, je n’y manquerais pas. Je comprends sa façon de décrire la dépression, mais j’en reviens encore à ça : fuir le moment présent, même si on le paie cher par la suite, peut s’avérer très utile. Dans les périodes particulièrement pénibles, on n’est pas toujours armés pour y faire face autrement. Ce qui est certain, c’est qu’aujourd’hui j’ai une maturité (acquise aussi grâce aux problèmes vécus), qui me permettrait de vivre très différemment les mêmes difficultés, et qui m’aidera à passer encore d’autres caps difficiles.

J’ai encore du mal à concevoir ce qu’est le moi. J’ai bien lu et relu ce qu’en dit Jean-Marc Mantel, mais ceci me paraît toujours aussi abstrait. Enfin, je sais qu’il suffit de laisser mûrir tout cela pour que l’éclairage arrive, comme c’est souvent le cas.

Ta dernière phrase me plait beaucoup : « Il y a seulement ouverture illimitée, accueil sans tri, présence vigilante et amour. » Et oui ! Ce devraient être les bases des relations humaines. Mais comme nous en sommes loin ! Quand on est capable d’appliquer cela au quotidien, n’a-t-on pas le devoir « d’apporter la bonne parole » (l’expression n’est peut-être pas très juste) autour de soi, et par-là même tenter de modifier l’avenir, plus encore que le présent, en permettant aux consciences de s’éveiller ? Les idées, les changements d’attitudes, d’habitudes, progressent lentement. C’est en cela que je dis que le futur a plus de chances de changer, que la période dans laquelle nous vivons.

Bises et à bientôt !

Ginou

Écrit par : Ginou | 14/08/2008

Bonjour Ginou,

Je ne peux m'empêcher de te faire partager cette réponse limpide, trouvée avant-hier sur le forum de Jean-Marc Mantel. Comme c'est bien dit ! ...de l'eau de source !...

"Vous êtes amour. Ce que vous êtes profondément, et avez toujours été, cherche à s'exprimer à travers le corps, le mental et la personnalité. Lorsque vous êtes petit enfant, le mental n'est pas encore développé. Ce que vous êtes peut alors s'exprimer facilement, faisant l'admiration des uns et des autres qui y pressentent l'écho de ce qu'ils sont. Puis le mental vient s'interposer, tentant de prendre le contrôle par l'intermédiaire de la personne. Une gangue vient alors mettre sous cloche la nature de ce que vous êtes, en en limitant son expression, récupérée à des fins personnelles. La maturation, et le discernement qui l'accompagne, amène un abandon de la saisie. Ce que vous êtes peut alors s'exprimer sans contrainte, sans la peur de l'attachement et de ses conséquences. Dans votre nature, vous êtes toujours libre des expressions, étant sans expression. L'émanation à travers le corps et le mental se conditionne d'autant plus qu'est structuré le canal d'expression. L'activité de service est une de ces expressions conditionnées. Elle n'est pas l'amour, mais l'exprime dans le manifesté. Identifié à l'acte et à l'idée de l'acteur, le mirage de la maya se pérennise. Sans cette identification, votre nature d'amour pur se révèle à elle-même, sans reflet et sans expression : auto-perception, aperception".

Amicalement,
Phil

Écrit par : Phil | 16/08/2008

Chère Ginou,

Lorsque nous nous sentons, comme tu dis: "accablé de fatigue", il n'y a pas d'autre solution que celle de se reposer. De cesser de prêter oreille à ce petit chef despotique qui donne des ordres à n'en plus finir, car dans ces moments-là : ce n'est plus l'amour qui assume l'action, c'est son fantôme.
Faire face ? comment le pouvons-nous sous cette emprise dictatoriale ?
Faire face d'abord à ce qui s'anime en nous.
C'est encore le moi-mental tyran qui impose ce rythme (contre-nature car la vie toute entière est modelée sur le rythme de la respiration: un mouvement/un repos). Sans en avoir aucune idée, il est dans ces moments-là une occasion de prise-de-conscience.
Je n 'ignore pas que le monde actuel, la société, fonctionne dans ce dysfonctionnement, et nous présente sans qu'il soit besoin d'aller chercher bien loin ce spectacle de mépris du biorythme naturel, de l'action calculée. Cette pseudo-réalité est désastreuse; elle fait des ravages partout et constamment. Le mental acteur, gestionnaire, qui croit que son action est "indispensable pour que la vie de tous les jours se poursuive" est un beau spécimen de manipulateur ignorant et prétentieux, bref: un usurpateur. Il ne sait pas de quoi il parle, ignore l'être réel et instaure la mal-vie, la souffrance, les concepts d'effort, d'espoir, avec ses exigences et ses prétentions aveugles. Il n'y a pas d'amour dans cette direction.
Apparemment, tu n'as pas encore pris conscience de toutes les richesses d'intelligence de la Vie que renferme le moment présent, vécu intégralement, autrement tu ne parlerais pas de "problème du présent", ce présent qui au contraire est ton libérateur. Il faut dépasser toute idée de condition qui ralentit le processus au profit du moi pensant, et s'abandonner à la tranquillité inconditionnée qui nous habite: notre Vraie Nature. Elle est toujours là; elle nous attend, nous appelle, à travers toute situation.
A partir de l'instant qui est le passage par lequel elle se laisse pressentir, les actions qui découlent d'Elle sont justes; le doute disparaît. Elle est le seul et unique regard, celui de la présence silencieuse non affectée par le déroulement du film. D'Elle émanent lumière (connaissance) et amour (énergie pure).
Tous les problèmes sont résolus.
Tu poses la condition que "cet avenir soit le nôtre", "notre avenir personnel", mais qui propose un tel marché, un tel négoce ?... L'anticipation, une illusion bourrée d'avidité. Tu écris ensuite: "mon propre avenir m'importe peu", le transférant sur "l'avenir de l'humanité" (déguisement bien connu des vues altruistes), chargeant l'intention d'un "changement nécessaire", d'une perpétuation harmonieuse, qui se traduit aussi par la volonté que "mon rêve se réalise". Quelle demande ! mais quelle demande !...
Je répète, et je suis sûr que nous parlons de la même chose, que dans le présent: il n'y a RIEN A JETER.
Le rejet, c'est ce qui censure, ce qui cache, ce qui divise, bref: le moteur-même de la guerre !.
"Il y a trop d'injustices" dis-tu. Et alors ? qui dit cela ? qui juge ? qui est en train de se faire contrôleur
Il ne peut y avoir de joie dans le refus et de même dans l'impasse, car c'en est une, qu'est la volonté de maîtriser le changement. Vain effort ! D'autres sont venus avant nous avec cet objectif et ont échoué.
La seule joie durable et vivifiante est dans l' Accueil, libération de toute attente et de tout devenir.
Si tu vas faire un tour sur le site de Jean-Marc et notamment sur son Forum, n'hésite pas à lui poser ces questions brûlantes.
Fuir le moment présent est une lâcheté, et je le répète aussi : le critère d' "utilité" que tu ramènes à nouveau, n'a aucune valeur. C'est différer le problème, reculer pour mieux sauter.
Les problèmes vécus ne doivent en aucun cas servir de décorations style "ancien combattant" à notre malaise. C'est le moi qui plastronne avec ses "acquis" auxquels il s'accroche, auxquels il accorde une importance démesurée, et il appelle ça : maturité !. C'est un fardeau qui mérite d'être abandonné sur-le-champ, qui viole la possibilité d'un regard neuf, en accord avec la conscience d'arrière-plan.
La maturité spirituelle ne repose sur aucune référence. Elle n'a pas besoin de béquilles, de consolations, elle se passe de vécus héroïques.
Si ma dernière phrase (comportant : "accueil sans tri") te parle , ne la mets pas au conditionnel, vis-là, dès maintenant. Annule l'éloignement ("nous en sommes loin"); vis totalement le présent, sans te préoccuper d'idées d'évolution, de changement, etc... sans mentaliser, sans généraliser.
Le monde est en toi, l'univers est en toi. Il n'attend que cette révolution intérieure de ton regard pour être vu différemment, avec accueil, acceptation. C'est le seul acte possible, sans acteur, car il ne t'appartient pas de changer quoi que ce soit à ce qui est. Tout l'injustice que tu constates provient de ce manquement à être, de ce défilement, de cette peur qui ne laisse pas être et agir à travers soi ce qui est à l'origine de l'êtreté et qui lui donne existence. Il faut aller plus loin que l'espérance, qui n'est qu'une diversion de la guerre qui est en nous, que nous entretenons dans le secret de nos pensées en déplorant l'état du monde. Il faut faire exister l'amour, reconnaissance intuitive immédiate de l'unité des êtres et des choses, substance même de la vie, essence même de notre être et qui n'est jamais qu'ici, tout de suite, dans notre propre coeur. Voilà la vraie nécessité.

Amicalement,
Phil

Écrit par : Phil | 17/08/2008

Bonjour ici Phil !

Me revoici, me revoilà. J’ai lu plusieurs fois ce que tu as écrit chez le Viperman, et je dois avouer que tout n’est pas très clair dans mon esprit pour l’instant. Mais je pense qu’au fur et à mesure, cela devrait s’éclairer, il faut laisser le temps à l’éponge de s’imprégner…

Au tout début de tes commentaires, tu évoques la silencieuse présence. Tu en parles souvent mais je ne suis pas certaine d’avoir compris ce que tu entends par-là. Serait-ce ce que tu appelles aussi la conscience, ce qui fait notre personnalité hors de toute pensée, ou ce que j’appelais aussi, il me semble, la sensibilité, l’intuition ?
Autre précision dont j’aurais besoin : j’ai du mal à comprendre ce que tu veux dire par « la perception est une fusion ».

Les questions que tu t’es posées l’autre matin sur la synchronicité, je dois dire qu’il m’est déjà arrivé de me les poser également. En fait non, ce ne sont pas des questions mais des certitudes. Il me paraît évident qu’étant tous reliés, nous vivons sensiblement les mêmes choses, chaque évènement personnel ayant une répercussion sur l’ensemble des personnes qui nous entourent et, par ce fait, faisant boule de neige ; comme chaque évènement mondial, à l’échelle de la planète, a des répercussions sur l’existence de chacun.

Tu dis qu’à la fin des années 60, vous pensiez qu’il faudrait plusieurs générations pour que la conscience de la conscience s’actualise dans le monde. Je ne sais pas si j’ai bien compris ce que tu as voulu dire, mais je vois cela un peu différemment. Le nombre de générations ne change rien, il passe toujours quelque chose des générations précédentes dans les générations suivantes. Aujourd’hui nous avons encore en nous beaucoup de ce qu’ont été nos ancêtres les plus lointains, et malgré l’évolution, nous n’avons pas changé tant que ça. Nous essayons d’étouffer certains instincts, mais ils sont toujours là, bien présents, et ce ne sont pas les plus pacifiques : la chasse, la guerre, la domination… Je parle d’instincts sans savoir s’ils le sont réellement ; la nécessité de manger, d’avoir un territoire pour la chasse expliquent-elles la violence dans tous les cas ? Je ne sais pas.
Mais oui, il est vrai que c’est la Vie maintenant qui compte, et que le reste n’a pas une grande importance.

L’autre jour je disais « la Terre est malade par nous » et non « la Terre est malade, pas nous », autrement dit elle est malade à cause de nous. Lorsque tu dis que le monde est en nous, je suis de ton avis puisque nous en faisons intimement partie, nous n’y sommes pas extérieurs, nous ne sommes pas des invités. Aussi, ces maladies que nous créons, nous les transmettons à l’univers (maintenant, nous commençons à déborder largement de notre planète, d’où le mot univers, et nous apportons nos maux plus loin) et il réagit contre nous, comme nous agissons contre nous-mêmes en le malmenant.

J’ai du mal à comprendre cette phrase : « Rencontrant le coeur du monde en soi, après cela, "il y a" ou "il n'y a pas" n'ont plus de sens, ce sont comme sur l'aquarelle (que j'ai mise sur le Tumtum-blog) deux propositions qui flottent à la surface de l'océan ». Pourrais-tu m’expliquer plus clairement ?

Qu’appelles-tu l’Ultime ? Quand tu dis « l’Ultime est hors d’atteinte », cela me rappelle ce que je dis toujours en parlant de la Perfection : on doit employer sa vie à s’en rapprocher le plus possible, tout en sachant qu’on ne l’atteindra jamais car elle n’existe pas. Il me semble que tu donnes au mot « Ultime », le même sens que je donne à « Perfection » -et que l’on pourrait rapprocher de ce que d’autres appellent « Dieu ».

Après avoir lu ce que Plotin et Shankara disent de l’Un, je me sens plus proche de Shankara, ses paroles sont plus évocatrices pour moi, plus en phase avec ce que je ressens. Mais ces descriptions de l’Un ressemblent fort au Dieu dont toutes les religions parlent ; plus encore celui de Plotin, c’est vrai, et c’est sans doute ce qui me gêne un peu.

J’ai beaucoup de mal avec ceci : l’ « importance au déroulement heureux ou malheureux de notre passage sur terre disparaît. ». Cela me rappelle trop ce que les religieux prônent et qui maintient les êtres humains dans la soumission totale à l’Eglise et à toute forme de pouvoir : plus on souffrira dans sa vie terrestre, plus on aura de chance de gagner le Paradis. On incite les gens à tout accepter, à trouver normal de ne pas avoir de quoi vivre décemment, à le rechercher même, ce qui permet à d’autres de les traiter en esclaves. C’est un peu caricatural, mais ce n’est pourtant pas si loin de la réalité. Et ça, j’ai du mal à l’accepter. Personne ne peut avoir la certitude de ce qu’il y a après la mort, la seule certitude que nous avons, c’est qu’aujourd’hui nous sommes en vie. Alors ce temps passé sur Terre, il me paraît important qu’il soit heureux.

Merci pour la citation de Lao Tseu, mais j’ai encore du mal à comprendre une chose : « Et ce mystère est la porte de toutes les merveilles ».

Que de choses à comprendre ! que de choses à apprendre ! il m’arrive souvent de me désoler de ne pas avoir assez de temps devant moi pour assimiler tout ce que j’aimerais connaître.

Bises !

Ginou

Écrit par : Ginou | 30/08/2008

Coucou Phil !

Je n’avais pas répondu à ton dernier commentaire du 17, alors qu’il a soulevé des réflexions et des questions.

Je sais que tu dis souvent que dans le présent il n’y a rien à jeter et, dans l’absolu, je suis d’accord avec cela : « Le rejet, c'est ce qui censure, ce qui cache, ce qui divise, bref: le moteur même de la guerre ! », mais concrètement, comment accepter que l’on nous oblige à faire plus d’heures de travail au détriment de notre vie de famille, de nos loisirs… de notre vie, tout simplement ? Comment accepter ne pas avoir de quoi manger, de quoi se loger, ne pas pouvoir profiter de la vie au minimum puisque l’on passe tout son temps à essayer de résoudre les difficultés vitales au quotidien ? C’est en cela qu’il y a trop d’injustices. Quand on voit les différences de niveaux de vie dans le monde entre pays riches et pays pauvres, ou entre les habitants d’un même pays, il est difficile de ne pas être révolté.

On ne peut pas dire que d’autres sont venus avant nous et ont échoué à changer la société. Il y a quand même eu des avancées grâces aux luttes. Pas autant qu’on pourrait le souhaiter, certes, mais des avancées tout de même, dont certaines importantes pour notre bien-être aujourd’hui (les congés payés, la réduction du temps de travail, l’accès aux soins et à l’éducation pour tous…). C’est vrai, les rapports humains sont toujours désastreux, il y a toujours des guerres, de l’intolérance, et je comprends que la vraie évolution ne se situe pas dans des changements matériels mais dans la révolution intérieure. Si cela devient une réalité un jour, tous les problèmes seront résolus, c’est ce que tu disais le 4 août, et je suis tout à fait de ton avis. Mais ceci me paraît assez éloigné de ce qu’il est possible de faire, à l’heure actuelle, quand certains évènements surgissent. Aussi, tant que l’harmonie parfaite ne règne pas dans le monde, je ne vois pas comment faire pour ne pas tenter de changer les choses, comment accepter que les gouvernements et les puissances de l’argent cherchent à revenir sur tous ce qui fait que la vie quotidienne est moins difficile ? CONCRETEMENT, quelles solutions vois-tu ? « La seule joie vigilante et durable est dans l’Accueil, libération de toute attente et de tout devenir » dis-tu, mais je ne pense pas que les personnes qui vivent dans une trop grande misère, qui crèvent de faim, soient prêtes à entendre ce message. Elles préfèreront de très loin qu’on leur donne la solution qui leur permettra de manger à leur faim tous les jours, ne crois-tu pas ? Tu dis aussi « il ne t’appartient pas de changer quoi que ce soit à ce qui est ». Si cela n’appartient pas à chacun de nous, à qui cela revient-il ?

Comme tu peux le constater, je continue à balancer constamment entre deux pôles : le refus de ce que l’on cherche à nous imposer, le besoin d’aider à améliorer la vie quotidienne et éviter que les générations qui arrivent derrière nous ne souffrent trop de nos comportements irresponsables aujourd’hui, et l’abandon, l’acceptation, qui me paraît être la meilleure façon de vivre mais tout de même un peu teintée d’égoïsme. J’attends que tu me démontres le contraire une fois de plus car, toujours concrètement, j’ai du mal à y voir cette solidarité entre les hommes qui me paraît essentielle.

Après avoir relu une partie de tes commentaires depuis le début de notre conversation, je commence malgré tout à y voir plus clair, même s’il y a encore beaucoup de chemin à parcourir.

Bises et à bientôt !

Ginou

Écrit par : Ginou | 01/09/2008

Bonjour Ginou,

Je réponds, si tu le veux bien à tes deux commentaires précédents (incluant Viperman)

Hui-Neng fut le 6ème Patriarche de la tradition Tch'an (Zen). Il décrit dans le "Sûtra de l'Estrade", l'Eveil à la réalité ultime, par la "non-pensée" ("wou-nien"). "Lorsqu'on voit l'absence de pensée, on embrasse toute chose". Cette formulation condensée résonne en moi comme une évidence. Et se sait aussi que vouloir supprimer les pensées n'est nullement la voie vers la vision intérieure.
La Présence intemporelle n'est pas le concept ou l'action psychique de la "non-pensée", mais la double absence de pensée et de non-pensée qui est le Fondement pur, la vision intérieure provenant directement de la véritable nature de soi, présence absolue. Si ce principe est compris, il en résulte une véritable délivrance qui est émerveillement ("la porte de toutes les merveilles"/Lao Tseu). "L'éveillé s'émerveille, l'émerveillé s'éveille" (Dan Giraud).
Tout cela apparaît flou pour toi, mais tu n'as aucune raison de te désoler en pensant que l'assimilation serait une affaire de temps. Il doit être rendu évident que n'est pas quelque chose qui serait à l'extérieur de nous-mêmes à trouver en accumulant des connaissances ou des mérites.
C'est la source qui inspire le désir de réaliser, de se réaliser. Il suffit seulement d'être dans cette vigilance tranquille, de cesser de coller à tout (mon identité humaine, ma situation, mes problèmes, ces choses que je crois posséder ou que j'ai laissé se définir en réalités, auxquelles je me suis par erreur identifié, selon les catégories fondamentales ambiantes de l'entendement, et dans lesquelles je me crois être impliqué), et ça, c'est humainement possible, pour chacun d'entre nous, à tout instant ; laisser voir ce qui voit en nous ; il arrive un moment où ce qui "se sait", qui gisait, endormi derrière tout ça, au fond de soi-même, s'éveille. La conscience pure de l'Âme souveraine, se démarquant de tout le pensable. Bien qu'elle soit spirituelle, c'est une expérience très concrète, qui survient abruptement sans qu'on s'y attende, actualisant en toi - faisant éclore - une potentialité de l'esprit humain jusqu'alors ignorée. Mais pas tant que ça puisqu'on peut en avoir un aperçu entre les pensées; mais d'ordinaire on n'y prête guère attention.
Ça ne peut s'expliquer ; ça nous dépasse. Les mots ne conviennent pas ; ils ne peuvent que "pointer vers "ce qui échappe à toute description, à toute représentation de l'esprit. La découverte de l'inexprimable n'est ni prouvable, ni transmissible; elle est toujours neuve pour qui la fait. Cette découverte vaut pour soi seul, non la sienne pour les autres ni celles des autres pour soi. Pour qui fait cette découverte, ce qui est découvert est une évidence. C'est rigoureusement tout ce qui peut en être dit. La Présence participe du miracle : la source du vécu est immatérielle, irréductible à tout phénomène spatial ou matériel. C'est un mystère vivant.
L'état de conscience habituel tue ce mystère par ignorance, s'installant à bord de la psyché qui n'est qu'une demeure transitoire, il prend ses rêves - (ce ne sont même pas "ses" rêves, mais les rêves mis en place par les dieux, la mystification !) - pour des réalités, trahissant ainsi le regard originel, se noyant dans une contrefaçon existentielle, une restriction limitée. L'état de conscience habituel est un théâtre d'ombres, une pantomime dans laquelle on se prend pour son ombre ; certains ne s'en aperçoivent qu'au moment de mourir. Certains en ont le pressentiment mais il ne font pas confiance à leur intuition profonde. Le discernement exige d'être parfaitement clair vis-à-vis de soi-même, de constater sans émettre de jugement, de demeurer à l'écoute, dans cette réceptivité silencieuse. S'il se constate des défenses, grâce à cette constatation, le besoin et l'idée qu'il y a quelque chose à défendre te quittent.
La présence silencieuse, tu ne pourras jamais la "comprendre" comme une idée à partir de ce que je t'écris. mais en explorant ce qui se cache derrière "être présent". Même lorsque tu te perds dans des pensées, quelque chose en toi constate ce fait, ce qui prouve que ce qui constate n'est pas la pensée. Unis toi à ce qui constate, à ce qui voit, tu es Présence. Etre présence n'est pas être présent. Etre présence ne se réfère à rien sinon à l'unique présence qui est, qui ne peut être pensée. Etre présent se réfère à une personnalité qui vient se substituer à l'unique présence, à la nature propre, sans pensée. Si des pensées surviennent (passé, futur, ou même présent), dans cette attention pure, tu les vois immédiatement ; elles sont comme des représentants de commerce chargés de mettre en dérivation ce "être présence". Tu vois instantanément que les prendre pour réelles t'éloigne d'être présence, qu'elles sont constructions mentales fugaces, compulsives. C'est le vent qui a amené les nuages devant le soleil et c'est le vent qui les enlève. Abandonne même le concept d'être présence afin de se laisser reposer l'esprit dans sa qualité originelle de silence et transparence. C'est à ce moment là que se produit cette fusion perceptive globale.

"Le monde est en nous" ne signifie nullement qu'il nous est "extérieur". A propos de la notion d' "invitation", la littérature Tch'an illustre à merveille la consultation du "consultant visiteur" et de l' "hôte consulté". Le double sens, réversible, du mot "hôte" en français : l'accueillant et l'accueilli, renvoie à l'accueil dans lequel se résorbe "l'invité-témoin", la conscience sujet-objet.

L' Ultime c'est ce qui reste, ce qui demeure quand les pensées et les perceptions cessent ; seule subsiste la pure conscience, notre vraie nature, un non-état qui est essentiellement paix, joie et amour, reconnaissance que ce néant est en fait : plénitude. C'est une chose permanente, indivisible, dans laquelle nous sommes constamment établis. Il s'agit seulement d'y être sciemment.
Nous sommes l'ultime connaisseur du corps, des sensations, des perceptions, des émotions, des pensées ; ayant pleinement compris cela, nous ne nous identifions plus avec le penseur, l'acteur, celui qui souffre ou qui se réjouit. L'ego perd toute substance. On ne peut pas et on ne doit pas vouloir atteindre l'ultime réalité, mais lorsque les objets se détachent de toi, elle t'envahit totalement, comme une grâce, et tu n'es plus que joie.

La Perfection peut être synonyme d'Absolu, avec toutefois cette réserve sur la racine du mot perfection, qui n'est pas heureuse parce qu'elle exprime un acte, un "faire", un "parfaire" qui est une falsification (vouloir améliorer ce qui est jugé imparfait) s'il n'est l'Acte de Conscience, geste intérieur qui rectifie cette erreur fondamentale de nous prendre pour l'agent. L'acte concret est toujours le résultat d'une chute.
Adorer Dieu sous son aspect de Père, c'est ignorer l'Essentialité divine, c'est demander à la Vérité la plus haute de s'intéresser à la vérité la plus basse, et en fin de compte, de se réduire à elle.
Les pensées attachées au collectif, au futur, au progrès, sont des démons, s'installant avec arrogance à la place de :
universel, présent, immobile.

J'aimerais terminer avec quelques mots sur la paix.
La paix c'est la reconnaissance de l'inanité. Il n'y a pas de chemin, de "parcours" comme on dit aujourd'hui, si souvent, ni personne qui puisse s'y aventurer. Il n'y a plus de référence , plus aucune anticipation, désir d'arriver à une finalité. Nous sommes au seuil de ce que nous sommes dans notre innocence : ouverture , accueil sans sélection ni choix. Ce sont des instants précieux, à cultiver.
Se familiariser avec cette écoute innocente, c'est un acte d'amour.
Tout cela est bien loin de concepts tels que "on incite les gens à tout accepter...". As-tu fait l'expérience d'accueillir l'agitation que tu éprouves dans ton corps ?... d'accueillir toute cette effervescence ? d'être cette acceptation, ce OUI, non pas mental, engagé dans une pensée ou une arrière-pensée, une détermination, une réticence, mais vraiment du fond de toi-même ?... C'est une élimination active, transformatrice, une évolution.
"On incite les gens...", on s'en fout ! C'est attirer le regard sur les épines là où fleurissent les roses.
La vision qui m'habite n'est pas loin de considérer que la guerre qui se déroule sur Terre a lieu dans les cieux, et que les protagonistes mortels qui y participent ne sont que les marionnettes d'un vaste drame de la conscience collective.

Bises,
Tumtum

Écrit par : Tumtum | 01/09/2008

Re-Bonjour Ginou,

Je vais tenter maintenant de répondre à ton second commentaire, celui où se trouve mis au milieu, bien en évidence, le mot : CONCRETEMENT.
Il rejoint la réflexion qui se fait conjointement, ces temps-ci, en moi-même, et qui m'a conduite à considérer le problème du bien et du mal, et aussi la gémellité : moi - Absolu, libre des conditionnements, et moi - personne humaine, baignant dedans.
Ton message m'incite à être clair et cerne de près cette question que je pourrais me poser : "comment se fait-il
que ce qui est perçu autour de moi en dualité, sinon en dualismes, en contrariétés révoltantes, en intentions de violence, soit perçu en moi en unicité ?...". A brûle-pourpoint, je ne vois pas de réponse. Pourtant je suis confronté sensiblement aux mêmes problèmes, dans la vie de tous les jours, et je me sens loin d'être indifférent, bien au contraire, mais la vision est équanime, c'est-à-dire qu'elle accueille tout cela dans l'instant, sans référence, dans la nouveauté, en se gardant de toute interprétation. Il se sait qu'une intelligence se met toujours en oeuvre lorsque la situation le nécessite et que la réflexion n'est pas nécessaire pour qu'une action appropriée à la situation se manifeste. A ce moment-là, se ressent aussi la pressurisation qui envahit l'entourage, qui se traduit en agitation, en bousculade. Il se sait que cette équanimité qui m'habite permet aux énergies d'être pleinement présentes et fonctionnelles lorsqu'il y a lieu de faire face aux situations que la vie nous propose. S'impose et s'illustre à l'évidence que l'idée d'un moi, attaché à des préférences, souhaitant ardemment que la situation soit différente de ce qu'elle est, que l'anxiété qui l'accompagne donnent prise au conflit, le maintiennent, et l'attisant aboutissent a des conséquences encore plus douloureuses que celles qui étaient redoutées. Préférer c'est beaucoup moins qu'aimer ; c'est mesurer, à ras de terre, c'est comme comparer, c'est en rapport avec le moi, tandis qu'aimer c'est en rapport avec l'être. Ces mesures du moi sont conditionnées. Il existe une chose telle que l'aliénation du conditionnement social, qui se fait par la fatigue qui empêche d'y voir clair.
Tous ces conditionnements n'invitent-ils pas à éveiller la conscience de ce qui n'est pas conditionné ?...
Est-ce que ces voix de mécontentement, de colère, de souffrance, qui s'élèvent à l'entour, observent, accueillent les tensions qui se manifestent en elles, de la même manière que cela se fait en moi ?... On les en dissuade par l'abrutissement, la vampirisation de l'énergie, on les encamisole dans les problèmes qu'ils posent, en les aveuglant
sur les problèmes qui se posent. Elles sont jugulées. Il ne fait pas de doute que le socialisme n'ait pas ici et là existé sous forme d'ébauches, de bribes vécues de solidarité, mais il est encore un "isme", un idéalisme, une idéologie, un patronnage, une publicité. Jaurès a eu ces mots visionnaires : "C'est à l'ère du socialisme que l'homme découvrira la nature divine de sa conscience". L' avoir est l'objet d'une tromperie, d'une démagogie qui abuse le collectif en cherchant à le maintenir dans l'immaturité. Le règne de la quantité c'est celui du pouvoir qui s'appuie sur l'armée, la police et non sur la puissance qui est une qualité de la conscience globale. Le représentant, le chef, paralyse, empêche la valeur absolue du collectif, constitué de l'unique, de se réaliser. L'être est une valeur ; il faut connaître l'être ; être conscient. Prendre conscience de ce qui est et pas seulement de ce qui existe. Dans l'existence, l'audace réactionnaire paralyse l'absolu ; elle agit à contre-courant de la révolution. La prise de conscience est une maturité, qui en elle-même n'est pas figée mais dynamique, invitant à un dépassement permanent, à l'expérience verticale. Lorsque des situations oppressives réclament une action, une révolution "extérieure", il n'y a à priori ni contradiction, ni exclusion de la chose, comme je viens de te l'expliquer, mais l'immensité propre à la conscience est-elle toujours bien compatible avec le fractionnement étroit, surexcité, d'esprits appesantis par la peur et l'attachement à ce que l'on pourrait convenir d'appeler des habitudes de confort ?... Est-il possible de trouver en nous, à l'état pur, "la nature divine de la conscience", qui détournée, fait l'objet d'une supercherie mystificatrice, d'un nivellement par le bas ?...
Oui, certainement, mais c'est une longue patience. Le rapport d'objet doit se transformer en un rapport d'être avec le monde, la conscience d'être doit habiter le collectif qui est l'âme de la société humaine qui en est le corps. Il faut réaliser cette communion non plus dans la communauté qui est un effet de l'être mais dans la solidarité qui est un effet de la conscience.

Le "bien-être", expression tellement rabâchée, manipulée sous forme d'images, objets de marchandise, de consommation, ne se reflète pour le moment dans l'existence que comme "bien-ego". C'est une privatisation, l'inverse d'une circulation. Ce sont les petites satisfactions compensatrices qui empêchent de prendre conscience en tant qu'être. C'est pourquoi je ne me suis pas montré tendre avec les touristes ou les abrutis du travail. Il y a une différence fondamentale entre la vie et l'existence. Il faut dépasser l'existence pour atteindre les valeurs de l'esprit et de la vie, et la plupart d'entre nous se contente d'exister, mais pas de vivre. La vie tient compte de l'être, pas de l'individu . On passe de l'individu à l'être à travers la personne.
L'embouchure c'est la co-naissance, la conscience du courant qui va de la source à l'embouchure qui est la naissance
au monde.
La vision me semble bien plus essentielle que la quête effrenée des "choses concrètes", dans laquelle les gens s'embourbent . Réfléchir, discuter de la situation, percevoir des relations insoupçonnées auparavant, voilà qui est déjà très éveillant, n'est-ce pas ?

Bises,
Tumtum

Écrit par : Tumtum | 02/09/2008

Bonjour Phil !

Je vais répondre à tes deux commentaires en une seule fois, ce sera plus simple. Pour commencer par le premier, j’ai relevé cette phrase : « lorsqu’on voit l’absence de pensée on embrasse toute chose ». Cela me paraît évident aussi. La pensée limite la vision à une chose, mais ne permet pas une vision globale. L’absence de pensée permet à celui qui en est capable (ce n’est pas toujours facile) d’être à l’écoute de tout ce qui l’entoure, en ayant l’esprit libre. C’est de cette façon-là que je le perçois. Tu dis que vouloir supprimer les pensées n’est pas la voie de la vision intérieure. Qu’entends-tu par-là ? Que cela ne permet pas de voir en soi alors que cela ouvre à une meilleure vision extérieure ?

J’ai relu plusieurs fois ta phrase : « La Présence intemporelle n’est pas le concept ou l’action psychique de la non-pensée, mais la double absence de pensée et de non-pensée… ». Je vais dire quelque chose de binaire : il y a, soit pensée, soit non-pensée, j’ai du mal à concevoir une « 3ème dimension ».

Tu dis « il suffit de cesser de coller à tout » et tu cites certaines choses : « mon identité, ma situation, mes problèmes, ces choses que je crois posséder… », cela me paraît assez facile de s’en détacher, mais cela suffit-il a être Présence ? Non, je ne le pense pas.

Je ne comprends pas ce que tu veux dire par « les rêves mis en place par les dieux, la mystification », dans cette phrase : « l’état de conscience habituel tue ce mystère par ignorance, s’installant à bord de la psyché qui n’est qu’une demeure transitoire, il prend ses rêves – (ce ne sont même pas « ses » rêves mais les rêves mis en place par les dieux, la mystification…) – pour des réalités ».

Dans tout ce premier commentaire, la phrase qui me marque le plus, je ne sais pas pour quelle raison, c’est « Unis-toi à ce qui constate, à ce qui voit, tu es Présence ». Cette union me paraît difficile à faire car je n’arrive pas à cerner ce qui voit. C’est trop abstrait pour l’instant, et en même temps ces mots-là reviennent souvent dans mon esprit et me poussent à faire le vide. Ou plutôt le vide se fait de lui-même dès que ces mots arrivent, et je ne comprends pas pourquoi.

Merci pour tes précisions sur ce qu’est l’Ultime. Je comprends mieux, notamment la différence avec la Perfection. Pour moi, vouloir atteindre la perfection c’est rechercher l’amélioration constante de ce que nous sommes, accorder nos actes et nos dires à nos aspirations, aimer et respecter l’autre tel qu’il est, sans le juger, aimer et respecter tout ce qui nous entoure, et constamment se remettre en question.

La fin de cette phrase : « Adorer Dieu sous son aspect de Père, c’est ignorer l’Essentialité divine, c’est demander à la Vérité la plus haute de s’intéresser à la vérité la plus basse, et en fin de compte, DE SE REDUIRE A ELLE. » C’est ce que j’ai toujours reproché aux religions. L’être humain est trop peu considéré, écrasé par ce Dieu qui ne lui laisse aucune liberté. Or, pour moi, l’être humain a autant de valeur que son Dieu, il est Dieu lui-même.

Tu me donnes des précisions sur la Paix, mais tu parles de la paix intérieure, c’est du moins ce que je comprends, et non de paix dans le monde, n’est-ce pas ? Je sais bien que les deux sont liées, mais pour l’instant peu de gens ressentent une paix intérieure, et il en résulte les guerres et la violence. La paix intérieure est donc la première chose à rechercher. Mais comment faire pour que nous la trouvions tous ? Cela ne fait partie d’aucune éducation, dans aucun pays je pense.

Ai-je déjà fait l’expérience d’accueillir l’agitation qui j’éprouve dans mon corps ? Oui, et tout récemment. C’est vrai, cela change la vision que l’on en avait auparavant. On y gagne en sérénité et le corps se calme en même temps que l’esprit. C’est une expérience très étonnante pour qui n’en a pas l’habitude.

Tu termines ton premier commentaire en disant que, d’après toi, la guerre qui se déroule sur Terre a lieu dans les cieux et que les protagonistes mortels qui y participent ne sont que les marionnettes d’un vaste drame dans la conscience collective. Pourrais-tu préciser ta pensée ? Pourquoi la conscience collective vivrait-elle un drame ? Pour moi –mais je fais certainement fausse route– la conscience collective est l’expression même de la paix et du bonheur absolus. Bon, je crois que ce qu’est la conscience collective n’est pas encore bien clair dans mon esprit.

Pour répondre à ton deuxième commentaire, si j’ai bien compris ta vision de ce qui choque la majorité d’entre nous (violence, famine, misère, etc…), tu acceptes tout cela sans faire aucune comparaison avec son contraire. Pour être plus claire, et en simplifiant au maximum, lorsque tu croises une personne, quelle soit misérable ou qu’elle affiche le luxe dans lequel elle vit, tu ne fais que constater sa richesse ou sa pauvreté. Ou peut-être ne la constate-tu même pas ? Tu ne vois en elle que la personne, ce qu’elle est réellement, en faisant abstraction de sa misère ou de sa grande richesse, sans pour autant être vraiment choqué par l’une ou l’autre ? Si j’ai bien compris aussi, quoi qu’il arrive tu es capable de garder ton calme. Est-ce un trait de ton caractère ou est-ce le résultat d’un apprentissage, ou une façon de réagir qui est venue à un moment de ta vie ? Si tu peux ne jamais perdre ton sang froid, quelle chance ! Je crois que nous sommes nombreux à en rêver.

Lorsque tu dis ceci : « L’idée d’un moi attaché à des préférences souhaitant ardemment que la situation soit différente de ce qu’elle est, que l’anxiété qui l’accompagne donne prise au conflit, le maintiennent et, l’attisant, aboutissent à des conséquences encore plus douloureuses que celles qui étaient redoutées », je suis en train d’en prendre conscience depuis que je discute avec toi. Enfin non, j’avais déjà commencé à le comprendre grâce à Gérard qui, plus d’une fois me l’avait fait remarquer, mais c’est vrai que cela s’accentue grâce à toi. Mon comportement change. Qu’est-ce qu’on peut y gagner en tranquillité ! Et que d’énergie inutile économisée qui peut être mise à profit pour agir comme la situation le nécessite !

Tu dis : « l’avoir est l’objet d’une tromperie, d’une démagogie qui abuse le collectif en cherchant à le maintenir dans l’immaturité. » D’accord. Que l’on ne tombe pas dans l’exagération, comme c’est le cas à l’heure actuelle où nous vivons dans une société de consommation à outrance, c’est normal, mais on a tout de même besoin d’un minimum pour vivre, et quand on ne l’a pas, c’est là que le bât blesse.

« L’être est une valeur », je suis tout à fait d’accord avec toi, et cette valeur est bien sous-estimée ! Seul l’argent en a actuellement. Nous nous dirigeons vers une société de plus en plus déshumanisée. Je sais que je l’ai déjà dit, mais je n’arrive toujours pas à comprendre pourquoi toutes les valeurs fondamentales sont renversées. Plus rien n’a de sens aujourd’hui. Alors que faire ? Comment faire prendre conscience que l’on marche à l’envers, et comment rétablir le bon ordre ? Je me pose très souvent ces questions sans trouver la moindre réponse. Toutes les solutions éventuelles m’apparaissent être des raccommodages inutiles, futiles. Tu parles de la conscience qui doit habiter le collectif, du rapport d’objet qui doit se transformer en rapport d’être avec le monde, de cette communion à réaliser dans la solidarité. Oui, la solution est sans doute là, mais une fois de plus, concrètement comment la mettre en place ? Par qui passer aujourd’hui pour y arriver puisqu’on sait bien qu’il ne faut pas compter sur l’Etat pour prévoir tout cela dans les programmes éducatifs. Et dans les familles, c’est souvent le renoncement à l’éducation des enfants, on se décharge sur l’école. J’avoue être pessimiste parfois en réalisant l’ampleur et la difficulté de la tâche. Je ne trouve pas les pistes pour un début de mise en place.

Concernant le bien-être, c’est vrai qu’on ne voit que le côté matériel, mais on ne peut pas le renier. Le bien-être matériel aide au bien-être spirituel, non ?

« Il faut dépasser l’existence pour atteindre les valeurs de l’esprit et de la vie », Oui ! Sans ça on passe à côté de sa vie. C’est bien pour ça que le travail ne doit pas être une finalité en soi. Il doit être choisi dans un domaine dans lequel on a des aptitudes, un don, ou pour vivre ses passions. Quand on fait un boulot que l’on n’aime pas, et qu’on y passe la majeure partie de son temps, on laisse sa vie derrière soi. Il y a tellement de regrets quand on arrive au bout !...

Quant à ta toute dernière phrase : « réfléchir, discuter de la situation, percevoir des relations insoupçonnées auparavant… » oui aussi, c’est très éveillant, et que de richesses on peut y trouver !

Bises à toi ! À bientôt…

Ginou

Écrit par : Ginou | 05/09/2008

Bonjour Ginou,
Réponses : 1/ " supprimer les pensées n’est pas la voie de la vision intérieure. Qu’entends-tu par-là ?"
- La vision intérieure voit les pensées survenir ; elle ne mord pas à l'hameçon. Il y a de l'espace entre elle et les pensées qui se proposent. On doit se contenter de les contempler sans s'y accrocher, ce qui fait que n'étant pas retenues, elles nous quittent. On s'aperçoit en se familiarisant avec cette vision des pensées que le vide est habité par une conscience de bien meilleure qualité, plus intègre, que les dérivations dans lesquelles nous auraient entraînées les pensées. Mais en faire une discipline est une fausse route.
2/ "J’ai relu plusieurs fois ta phrase : « La Présence intemporelle n’est pas le concept ou l’action psychique de la non-pensée, mais la double absence de pensée et de non-pensée… ». Je vais dire quelque chose de binaire : il y a, soit pensée, soit non-pensée, j’ai du mal à concevoir une « 3ème dimension ».
- La meilleure approche de la conscience non-duelle est celle de l'arrière-plan témoin, mais c'est encore une image qui en vient à se fondre dans l'ultime. L'inconditionné accepte totalement la dualité; il n'est pas impliqué dans l'une ou dans l'autre ; il est, hors du concept; il ne peut être conçu. Il coiffe les deux (pensée et non-pensée).
3/ Tu dis « il suffit de cesser de coller à tout » et tu cites certaines choses : « mon identité, ma situation, mes problèmes, ces choses que je crois posséder… », cela me paraît assez facile de s’en détacher, mais cela suffit-il a être Présence ?"
- Mais oui, bien sûr. Qui rétorque : "Non, je ne le pense pas "? le mental qui s'insurge à l'idée que l'on puisse se passer de lui. Il n'admet pas d'être inutile à la Présence; il voudrait commander, gérer, et il se met en travers. Tant que tu ne distingueras pas clairement le mécanisme appropriateur de situations du mental, il n'y aura pas ce recul qui permet de voir.
4/ Je ne comprends pas ce que tu veux dire par « les rêves mis en place par les dieux, la mystification », dans cette phrase : « l’état de conscience habituel tue ce mystère par ignorance, s’installant à bord de la psyché qui n’est qu’une demeure transitoire, il prend ses rêves – (ce ne sont même pas « ses » rêves mais les rêves mis en place par les dieux, la mystification…) – pour des réalités ».
- Tu donnes la réponse un peu plus loin en écrivant "écrasé par un Dieu qui ne lui laisse aucune liberté". La mystification des dieux ce sont toutes ces représentations qui constituent l'imposture de l'état de conscience habituel, tous ces concepts inculqués qui tuent le mystère vivant qui s'illustre à chaque instant. L'individu se laisse enfermer dans des moules d'existence stéréotypés; il est maintenu là-dedans par des propagande médiatisées. La mystification ancestrale des "pouvoirs" oppose toujours l'impérialisme démiurgique de la nationalité, de l'appartenance, de la moutonnerie livrée à la perspective truquée et messianique d'un devenir , alors que comme a dit Jésus, et il n'est pas seul, quantité de sages, de poètes, et d' Eveillés de tous temps : "Le Royaume EST EN VOUS !".
5/ "Unis-toi à ce qui constate, à ce qui voit, tu es Présence ». Cette union me paraît difficile à faire car je n’arrive pas à cerner ce qui voit.
- Il n'y a pas à cerner ; il y a à discerner ce qui se met en travers, à contrario, ce qui veut "cerner", et s'apercevoir que le "dahu" ne pourra jamais être "cerné" car la façon de procéder du chasseur ou de l'enquêteur s'engage dans le cercle vicieux, ou le cul-de-sac. On ne peut voir ce que l'on est. On ne peut voir que ce que l'on n'est pas. C'est très concret . Il est naturel que le vide se fasse de lui-même, et tu n'as nul besoin de "comprendre pourquoi." . Cela se comprend en ce que tu es. Tu sens que c'est la seule brêche par laquelle ta véritable nature se laisse connaître si l'on peut dire, bien qu'elle soit inconnaissable. Par le silence, le vide, au-delà des formes et des images, intemporelle, inconditionnée. Elle ne peut se laisser connaître concrètement qu'en toi-même. On peut dire que toutes les manières avec lesquelles on conçoit ce que l'on perçoit, avec la distorsion du mental infatué, sont fausses, sont abstraites, et paradoxalement ce sont celles qui ont acquis le plus de poids, le plus d'adhérence mentale. Ainsi une grande majorité d'habitants de la Terre vivent dans l'abstraction, une abstraction conditionnée qui passe , à force de répétitions, pour du concret.
06/"Tu me donnes des précisions sur la Paix, mais tu parles de la paix intérieure, c’est du moins ce que je comprends, et non de paix dans le monde, n’est-ce pas ? Je sais bien que les deux sont liées, mais pour l’instant peu de gens ressentent une paix intérieure, et il en résulte les guerres et la violence. La paix intérieure est donc la première chose à rechercher. Mais comment faire pour que nous la trouvions tous ?"
- La paix du monde commence par la paix intérieure en soi-même, elle est la révolution, le renversement qui ramène à l'unicité ; pour trouver la paix en nous, cela demande une révolution intérieure; je ne sais pas si tu as bien conscience de ce qu'implique une révolution intérieure ; c'est abandonner toutes les croyances, mourir à soi-même à chaque instant, accueillir ce qui se présente - avec le courant d'amour - cela cause une réorchestration totale de la vision des choses, qui a des effets (bénéfiques) sur l'organisme, sur l'environnement. C'est abandonner les projections mentales, vivre l'instant, être dans les mains de l'inconnu, constater la transformation qui s'effectue. C'est du concret. Simultanément, cela agit "de soi" , tout seul, par contagion. Il n'y a plus de mental pour se demander pourquoi ni comment ; cela va se soi. c'est une éclosion de tout instant.
07/ "Cela ne fait partie d’aucune éducation, dans aucun pays je pense"
- Si , c'est en marche depuis toujours mais cela ne ressemble à aucun schéma du connu. C'est la création; c'est le vivant à l'état le plus simple et le plus pur. Ça ne peut s'expliquer. Il faut bien se garder d'en faire une organisation.
"Comment faire pour que nous la trouvions tous (la paix) ?" - Etre en paix. Etre vigilant. Nous établir en cela.
Tu écris toi-même : "ça change la vision; on y gagne en sérénité" . Oui, c'est insoupçonnable quand on n'a pas fait l'expérience. Une fois qu'on y a "trempé", il s'agit de demeurer avec ; on découvre que c'est plein de surprises, de cadeaux... Même si on retombe dans des moments de fatigue, cet éclaircie ne s'oublie pas ; s'étant fait connaître en vécu, cette percée est un secours intérieur toujours disponible, ouverte à l'inépuisable. Non rencontrée auparavant, on se cognait contre des murs, intérieurement et extérieurement.
08/ " Pourquoi la conscience collective vivrait-elle un drame ?"
- Mais elle est en pleine dramaturgie ! C'est criant ! Elle est oppressée de toutes les manières. Ne dis pas qu'elle est "l’expression même de la paix et du bonheur absolus". En puissance, oui, sans doute, mais dans sa situation actuelle, non : elle est en crise. Cela se constate partout et tous les jours.
09/ "tu acceptes tout cela sans faire aucune comparaison avec son contraire"
- Il faut perdre cette habitude de comparer. Il faut AIMER. La comparaison tue l'amour.
10/ "lorsque tu croises une personne, quelle soit misérable ou qu’elle affiche le luxe dans lequel elle vit, tu ne fais que constater sa richesse ou sa pauvreté. Ou peut-être ne la constate-tu même pas ? "
- Non, même pas ça. Il n'y a personne pour qualifier, évaluer, mesurer. L'être au monde est essentiellement le même. La personne est une expression singulière ou particulière. Il n'y a pas à juger. Il n'y a personne pour précéder la Présence silencieuse. C'est Elle qui voit; la constatation se fait en Elle, automatiquement. et si quelque chose doit se faire, cela se fait. Il n'y a rien à ajouter. Qui peut être "choqué" ?... Il n'y a personne qui choque et personne à choquer. Il y a ce qui est, et qui ne se réduit pas à quelque chose d'arrêté comme une image choquante. Je ne suis pas insensible, bien sûr, cela peut m'affecter humainement, mais la part essentielle de mon être n'est pas affectée ; elle n'est pas touchée, bouleversée, paralysée, quoiqu'il arrive.
11/ "Est-ce un trait de ton caractère ou est-ce le résultat d’un apprentissage, ou une façon de réagir qui est venue à un moment de ta vie ?"
- Non, rien de tout ça. Ce sont des explications mentales, psychologiques. Je ne me situe pas là-dedans. C'est hors de la psychologie, de la psyché, qui naît et meurt dans cette clarté qui m'habite et qui l'a enfantée. Elle est présente en chaque être vivant. Elle ne demande qu'à s'éveiller. Se connaître, c'est ça : ici, maintenant, ma nature réelle n'est ni Mr.Durand ou Mme Unetelle, ce corps, cet âge, cette pensée ; ni homme ni femme, ni rien de conventionnel, ni ceci ni cela. Sur Terre, la nature fondamentale de l'être humain dans son fonctionnement naturel instantané n'a jamais été conditionnée par une histoire - et pourtant, au niveau de l'histoire, si, "effectivement" !...On ne peut pas faire de négationnisme. La condition humaine, prisonnière de cette contradiction doit s'éveiller. On a créé ce drame !... On ne pourra jamais faire prévaloir le Bien sur le Mal ou la vision parcellaire d'un pôle dominant sur l'autre. L'"unité" réalisée dans ces conditions, c'est le crime, c'est la folie du clonage, le symptôme du cancer, du sida, de la virtualité électronique du "même", le spectre de la "pensée unique". C'est l'illusion fatale de l'apprenti-sorcier.
Le monde tel que le mental le fait exister sous sa forme la plus matérielle n'existe pas; c'est un rêve, une création de la conscience. La où le drame entre en jeu c'est que nous nous ignorons nous-mêmes, et de ce fait, nous prenons pour réel ry vivant un monde qui ne l'est pas ; qui est un cadavre . Nous vivons un malentendu profond, imposé par la méconnaissance de soi. L'enseignement nous a inculqué des notions qu'il faut désapprendre, désosser, c'est une fantasmagorie !.
12/ "Plus rien n’a de sens aujourd’hui. Alors que faire ? Comment faire prendre conscience que l’on marche à l’envers, et comment rétablir le bon ordre ? Je me pose très souvent ces questions sans trouver la moindre réponse. Toutes les solutions éventuelles m’apparaissent être des raccommodages inutiles, futiles".
- Il ne s'agit pas de "faire prendre conscience" mais de prendre conscience, de "rétablir le bon ordre" comme tu dis, en soi-même; c'est tout !. La pensée qui fausse tout, qui distord, projette, manipule, et brouille tout, doit être vue. Il n'y a rien à raccommoder, à rafistoler; la perspective du raccommodage est mensongère, tu t'en aperçois ! Il faut cesser de vouloir faire, et tout réintègrera le "bon ordre".
13/ "Le bien-être matériel aide au bien-être spirituel, non ? "
- C'est l'argument du tentateur, de l'imposture qui s'empare des choses à son profit en faisant miroiter les apparences séductrices pour imposer sa loi (souffrance/plaisir). des êtres humains innocents ont été torturés sous l'inquisition au nom de cette croyance matérialiste déguisée en religion, qui procède d'une ingérence. Le "bien-être" spirituel ne dépend pas de la matière, même si le "bien-être matériel" lui vient en aide. Par contre, le "bien-être" matériel dépend
de l'esprit et ce-dernier est capable de se corrompre en s'isolant, en divisant pour règner, pour dominer, exploiter, avec les slogans du Bien comme du Mal.
14/ "Quand on fait un boulot que l’on n’aime pas, et qu’on y passe la majeure partie de son temps, on laisse sa vie derrière soi. Il y a tellement de regrets quand on arrive au bout !..."
- Quand on AIME, tout ce que l'on fait est habité, guidé, par ce courant d'amour. Il n'y a pas ce moi qui s'identifie dans le temps et dans l'espace, mesurant le gain ou la perte, le passé ou le futur, qui "aime" ou qui "n'aime pas". C'est une hallucination !. Ce n'est pas "sa vie" qui est derrière soi, c'est "sa mort". La vie c'est maintenant, uniquement maintenant. Il en a toujours été ainsi et il en sera toujours ainsi. Qui arrive "au bout" ?...au bout de quoi ?... Il faut sortir de cette rêverie, de cette prison, de cette pâle copie de la réalité vraie, vivante.
Tumtum

Écrit par : Tumtum | 09/09/2008

Bonjour Phil,

Comme je te l’ai dit chez Gérard l’autre jour, je n’ai pas énormément de choses à dire sur ton commentaire. Je l’ai lu plusieurs fois, et j’essaie surtout de m’imprégner de ce que tu as écrit parce que, comme souvent, je sais que tu n’as pas tort même si je n’arrive pas à être d’accord avec tout ; principalement en me basant sur ce qui se passe à l’heure actuelle, et le constat qu’on peut faire de l’état du monde aujourd’hui, il me paraît difficile d’être aussi serein que tu sembles l’être, en toutes circonstances. Notamment quand tu dis que la paix du monde commence par la paix intérieure en soi-même. C’est vrai, tu as entièrement raison, mais on n’en est pas là maintenant, et pourtant il serait urgent que le monde trouve la paix. C’est là qu’on peut se demander comment faire, et qu’il ne paraît pas y avoir de solution immédiate. La paix intérieure que chacun doit atteindre, ça ne pourra être une réalité qu’à long terme et au prix de nombreux efforts, de tous les côtés (personnels, éducatifs, et au niveau des états, pourquoi pas ? Tant qu’il existe encore des états… Un jour peut-être finiront-ils par disparaître ? Plus de frontières, ce serait beau, non ?)

L’autre jour j’ai lu le 5ème volet des posts « De la nature de la pensée » (j’ai commencé par la fin, je n’ai pas encore lu les autres…). Je me suis souvenu de ce que tu as écrit dans ton commentaire ci-dessus : « le mental… voudrait commander, gérer… » etc. et tout ce que tu en dis depuis le début de nos échanges. La comparaison que tu fais du mental avec des excréments, m’a bien amusée. En clair, c’est de la merde, et ça mérite le même traitement. C’est bien ça ? Tu vois, rien ne vaut les images fortes pour faire comprendre les choses !

Je suis tout à fait de ton avis quand tu dis que « l’individu se laisse enfermer dans des moules d’existence stéréotypés… », que « la mystification ancestrale des pouvoirs oppose toujours l’impérialisme démiurgique de la nationalité, de l’appartenance, de la moutonnerie… ». C’est vouloir séparer ce qui est inséparable, et imposer un calibrage à l’être humain alors que la différence fait partie de ses véritables et rares richesses. D’accord aussi quand tu dis que « l’être au monde est essentiellement le même… il n’y a pas à juger ». Il est certain qu’avoir ou pas de l’argent, faire telle ou telle chose dans sa vie, ne change rien à ce que chacun est. Et là, j’ai compris (du moins je le pense), pourquoi tu dis ne pas être révolté ni profondément affecté par ce que d’autres considèrent comme des injustices inacceptables, par tout ce qui peut les choquer. En fait, c’est surtout en visionnant le diaporama « le Musée des Cartes et Plans », et en lisant la légende de la troisième image : « L'essence du "T'ai Ki", le Sans forme, est la conscience unitive, d'ou proviennent les deux Principes (pair et impair, Yin et Yang, toute unité comprenant en elle une dualité) » que cela m’est apparu comme une évidence. Toute chose comporte les deux pôles, positif et négatif, le monde, la vie sont un tout, on ne peut donc pas dissocier le bien du mal. L’un ne peut exister que grâce à l’autre, et vouloir éradiquer le mal serait prendre le risque de faire disparaître le bien. Je ne sais pas si je m’exprime correctement, mais en lisant ce que tu dis ici « on ne pourra jamais faire prévaloir le Bien sur le Mal ou la vision parcellaire d’un pôle dominant sur l’autre. L’ « unité » réalisée dans ces conditions, c’est le crime, c’est la folie du clonage… c’est le spectre de la « pensée unique », tout me paraît plus clair encore.

Par contre, j’ai beaucoup plus de mal à concevoir ceci : « le monde tel que le mental le fait exister sous sa forme la plus matérielle n’existe pas ; c’est un rêve, une création de la conscience… nous prenons pour réel un monde qui ne l’est pas… nous vivons un malentendu profond ». Du moment que je voie tel objet, que j’entends tel son, ils existent, je les prends comme ils viennent sans me poser plus de question. Maintenant, je m’en pose beaucoup plus sur l’existence de ce que je ne voie et n’entends pas.

« Il faut cesser de vouloir faire, et tout réintègrera le « bon ordre » : c’est là que je ressens beaucoup trop d’individualisme. Cesser de vouloir faire, peut aussi se comprendre comme un désintérêt pour les autres et les affaires quotidiennes (ou pas). J’aimerais que tu m’expliques mieux ce que tu entends par-là, je pense avoir mal compris.

« Quand on AIME, tout ce que l’on fait est habité, guidé, par ce courant d’amour ». Je veux bien… Mais est-il gratifiant de passer la majeure partie de son existence à faire des gestes répétitifs (pour les personnes travaillant à la chaîne par exemple) ? Ne crois-tu pas que, dans ce cas-là, on aimerait plutôt faire des choses intéressantes, celles qui nous plaisent réellement, et dont ce travail débilitant ne nous laisse pas le loisir ?

Bises !

Ginou

Écrit par : Ginou | 13/09/2008

Je vous félicite pour votre critique. c'est un vrai boulot d'écriture. Poursuivez

Écrit par : serrurier paris 14 | 21/07/2014

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