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08/07/2008

JOHNNY OTIS / 2

PREACHIN' THE BLACK ART Johnny OTIS est entouré de musiciens qui pour la plupart sont incapables de lire une partition: les cuivres Don JOHNSON, Lorenzo HOLDEN, la pianiste Devonia "Lady Dee" WILLIAMS, Pete "Guitar" LEWIS; ce-dernier comme le remarque Preston LOVE, s'avèrera le plus créatif. Il faut saluer les talents d'arrangeur de Johnny qui parvient malgré tout à offrir à ses auditeurs un Rythm And Blues étoffé, élaboré avec minutie, et laissant s'exprimer chacun des solistes. Gravé le 13 août 1952 le "Hound Dog" d'Ella Mae THORNTON signé Leiber, Stoller & Otis devient l'un des plus grands hits de l'année suivante. Johnny révolté par les paroles de Leiber & Stoller s'était empressé de remanier le morceau en pestant: "Avec des lyrics aussi mal fagotés, insultants,, les gens vont s'imaginer que les Noirs ne sont que des bons-à-rien!... ". Il regrettera plus tard d'avoir été obligé de vendre sa part de droits sur ce morceau repris par Elvis et joué encore de nos jours, pour envoyer ses enfants dans le collège fréquenté par les blancs. Devenu producteur pour les labels texans Duke et Peacock, Johnny va créer aussi sa propre maison de disques. Obtenant quantité de hits à répétition avec ses enregistrements pour Exelsior, Savoy, Californian, Regent, Mercury, Dig, capitol, Edo, King, Atlantic, Columbia... et un succès grandissant avec ses tournées de Dance Shows, il devient un personnage omniprésent sur la Côte Ouest dès le début des années 50, et se lie d'amitié avec les plus illustres représentants de l'expression Noire: Illinois JACQUET, Lester YOUNG, Ben WEBSTER, Lionel HAMPTON, Charles BROWN, Count BASIE, Big Joe TURNER, Joe LIGGINS, T.Bone WALKER (qu'il accueillit dès ses premiers incursions sur la Côte Ouest, au Club "Alabam"de Watts), Louis JORDAN ...ainsi que les intellectuels tels Malcolm X dont il préfère les idées plus radicales que celles de Martin Luther KING, l'écrivain Langston HUGHES,etc...Mais Johnny est aussi un présentateur d'émissions radiophoniques et se souviendra toujours de ce manager texan du nom de Fetch, qui sans le connaître lui lanca: "Allez-vous cesser de passer pas cette putain de musique de nègres!". Il rencontra de nombreux obstacles de ce genre sur sa route, l'amenant à séjourner en prison pour avoir pris la défense d'un gamin noir malmené par les cops, à payer la police et les pompiers corrompus par les ligues morales intégristes qui se plaignaient de l'afflux de chicanos et autres mélanges raciaux d'adolescents à ses Dance Shows où les blancs affluaient de plus en plus. "On se retrouvait exactement comme au bon vieux temps de la Prohibition!" remarque-t'il,"et ils prétendaient que la musique excitait la bestialité!...". Son immense respect et ses égards pour les artistes Noirs, méprisés par la majorité blanche vont l'inciter à pousser le bouchon plus avant, et lutter intensémant pour les Droits Civiques."J'ai toujours détesté cette idée de s'asseoir dans un restaurant ségrégué et de voir ces types blancs qui vous versent du café sur la tête et vous lancent de la cendre de cigarette à la figure" (...) " Une société blanche dominante obligera toujours un artiste de couleur à se caricaturer, à prostituer son style afin d'atteindre la plus vaste audience et les médias, et ce, malgré l'abolition des lois raciales". JE DETESTE CE MOT: JAZZ Pour Johnny OTIS: "Ce sont les NOIRS qui ont créé l'UNIQUE GENRE POPULAIRE NOUVEAU DEPUIS BEETHOVEN" (...)" L'art afro-américain est une création d'Afro-américains Noirs. Le talent des Blancs, aussi formidable soit-il, n'y fait rien. C'est une autre culture!. Aujourd'hui ces jeunes musiciens ne sont plus racistes; ils veulent entrer dans les groupes noirs, mais ils sont tellement policés, sortant de bonnes écoles, ils ont fort bien appris, sont au courant de tout; ils ont tout, sauf ce petit élément, ce je-ne-sais-quoi, et c'est là toute la différence!. Il y a longtemps, dans les années 20, quand les Noirs ont inventé cette musique, la société blanche a tout naturellement voulu lui coller une étiquette infâmante, et déniché le mot: jazz. Duke (Ellington) n'aimait pas ce mot, ni Basie. Je n'ai jamais été à leur niveau, mais là, je les rejoins: je DETESTE aussi: jazz. Je regrette aussi sa condition actuelle; tout ce que j'aime en jazz a aujourd'hui disparu!. Nos jeunes ont été manipulés, c'est cruel à dire; c'est cette pseudo-intégration et cet écran de télévision qui ont créés une culture homogène, édulcorée, et qui n'a plus cette richesse et cette beauté noire du blues et du jazz des origines. Nous sommes cependant fort reconnaissants aux Européens de nous avoir envoyés Beatles et Rolling Stones; grâce à eux, il n'a pas été possible de nous mettre les menottes!...".

19:29 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0)

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