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13/07/2008

C'EST QUOI, LE "TCHAT' " ("chat" in english) ?

C'EST QUOI, LE "TCHAT' " ?... Une extension de papotage mental, de jacasserie, ou un espace ouvert de dialogue ? Ce dialogue dont la vertu est d'être révélateur. La non-relation qui se révèle en unicité à travers ce dialogue. Ainsi, dans l'un, deux est relié, pointant vers l'un sous-jacent, qui le met en scène. Deux en un seul, et la multiplicité: trois, quatre, dix-mille, dix-millions, vingt milliards, cent mille milliards de milliards, etc... Tout est relié. La conscience particulière est une fiction. Le dialogue amène à cette compréhension qui n'est pas malaxée, construite en échafaudage, en monument, qui n'est pas un objet. Apprendre est sans limite. De sorte que cette habitude maladive de préhension, de saisie, de comptabilité, et de situations retenues en objets, propre au "savoir", aux formes figées, paralysantes, ne peut que se dissoudre. C'est dans le silence de notre être que survient cette compréhension sans conclusion, sans ce trompeur: "j'ai compris !" , bourde monumentale qui ne peut que ramener à la confusion. Dissolution, disions-nous, au bénéfice de l'attention à ce qui se renouvelle à chaque instant. Co-naissance, intimement reliée, accueil de ce qui est, tel que cela se présente, s'éveillant avec (co), ensemble, maintenant. Eveil de notre vraie nature, qui nous instruit en permanence à condition d'être écoute et d'être honnête envers soi-même. La reconnaissance du faux débouche sur la clairière de notre être, l'acceptation totale, sans ombre. Etant donné qu'une partie de nous a longtemps été piégée dans le dysfonctionnement, il peut y avoir des résidus qui résistent, et ressurgissent, tentant d'empêcher cette clarté survenue en nous-même, contre laquelle ils ne peuvent rien, en rusant, en essayant de nous ramener en arrière, dans le connu, ou de nous projeter en avant, dans le futur, dans les schémas de cette distorsion génératrice de peur et de souffrance. Il faut les voir, les accueillir, sans faillir. L'intelligence de la vie en nous, ce "voir avec le coeur", nous aide lorsque nous avons laissé place nette en nous pour qu'elle puisse venir nous habiter. Elle n'est pas quelque chose de différent de ce que nous sommes, fondamentalement. Elle ne nous quitte jamais; c'est nous qui la quittons, cédant à cette hallucination hypnotique aux conséquences meurtrières, qui divise les choses, les êtres, qui importe cette division en nous-même, ces perspectives dans lesquelles il y aurait domination de l'un sur l'autre, cette notion d'autre contenant l'idée de séparé, qui n'a rien à voir avec les différences, la richesse, le bien-fondé, la pertinence des différences. Heureusement que les différences existent ! L'uniforme, l'uniformité, c'est le cauchemar créé par le totalitarisme manipulateur, qui ne cesse de le hanter. Autre ne signifie pas non plus: extérieur. C'est en nous. Intérieur ne veut pas dire subjectif. Penser n'est pas sentir, voir avec le coeur. Voir n'est pas penser; les deux sont impossibles en même temps. Il y a des choix qui s'imposent, où il n'y a pas le choix, où la tête est invitée à descendre dans le coeur, à abandonner tout son fatras. Accueil de tout ce qui se présente n'est pas indifférence, "laxisme", refus, rejet de la part d'un "je" qui s'isole dans le jugement: "inacceptable !"ou dans une opinion qui le met en valeur. Face à tout cela, solitude (reliée, reliante) n'est pas isolement (séparé, séparant). TumTum laisse ses visiteurs réfléchir à tout ça.

Commentaires

Bonjour Phil,

Je viens de lire ce texte, et tout à l'heure "Le Petit Moi". Ces deux textes se rejoignent. Ils sont à lire et relire car ce sont de belles leçons de vie. Le jour où nous aurons tous réussi à jeter aux ordures les carcans dans lesquels nous sommes enfermés, pour enfin nous rejoindre, alors le bonheur et la paix couleront de source. Mais bon sang ! comme c'est difficile de se débarrasser de ces carcans !

Bises et bon week-end.

Ginou

Écrit par : Ginou | 18/07/2008

Bonjour Ginou,
Et si les carcans canalisant ce coeur mettaient des barrières à ce coeur parce que ce coeur est mauvais ?
Alors si nous jettons aux ordures tous ces carcans et que le coeur est mauvais, méchant, agressif, manipulateur, guerrier, grossier, vil, abject, égoïste, malhonnête, lubrique, et j'en passe et Desmeyeurs comme dirait quelqu'un que tu connais ..., ce ne serait peut-être pas la paix et le bonheur ...!
Va savoir ...!
C'est pourquoi, à mon humble avis, il faut accepter et faire marcher les deux en même temps, la tête et le coeur, le coeur et la tête et se servir de ses neurones pour vivre le présent au mieux.
Le principal n'est-il pas d'avancer sur le chemin avec pour tout bagage son vécu mais en continuant la route jour après jour avec le bon et le mauvais. Ces deux dernières choses existants et n'étant pas prêtes de disparaître de l'humanité. La vie sur Terre ne sera jamais un Paradis, même si on se débarasse de toutes ces choses encombrantes qui ne servent à rien ! Traditions, pensées négatives, etc ...!
J'ai fait une constatation durant mes 6 décennies de vie, la vie est un perpétuel choix ! On fait le bon, on fait le mauvais ... c'est selon. Mais il est une chose que j'ai apprise, il ne faut jamais regretter ce qui est passé. De toutes façons, c'est le passé et on ne peut l'effacer. Par contre, on peut améliorer le présent et l'avenir et ce n'est déjà pas si mal.
Alors, si le tchat permet de se faire plaisir, ne serait-ce que le temps d'écrire un commentaire et aussi de faire plaisir à quelqu'un ... pourquoi s'en priver ? C'est un bout de route que l'on fait ensemble, non ?
Je le ressens comme tel.
A bientôt,
Bizzzzzzzz !
Ygraiken

Écrit par : ygraiken | 21/07/2008

Bonjour Ygraiken,

Tu t'adressais à Ginou dans ton commentaire, mais d'une certaine manière aussi à l'auteur de la note sur le "Tchat'", aussi j'espère que tu ne verras pas d'inconvénient à ce qu'il apporte un petit grain de sel aux mots que tu as laissés.
Les seules barrières que j'aperçois en rapport avec ce coeur, c'est l'émotivité (qui n'est pas l'émotion), la sensiblerie (qui n'est pas la sensibilité), mais un "coeur mauvais", ça ...? de quoi veux-tu parler?
de haine, de ressentiment ?... Cela ne vient déjà plus du coeur. La tête s'en est mêlée, à coup sûr, et tout particulièrement l'imagerie mentale. Sinon dans ce que tu écris: le coeur et la tête "en même temps", certainement ! Aucune objection.
"La vie sur Terre ne sera jamais un Paradis" ?...Qu'est-ce qui te fait dire
ça ? Qu'en sais-tu ? Qui émet pareille affirmation ?...
J'ai répondu ailleurs à Ginou que ce qui ne "sert à rien", la poésie par exemple, est ce qui permet de s'élever et d'y voir plus clair, alors que la perception utilitaire ne vaut rien - elle ne fait qu'entretenir une mascarade - et qu' aujourd'hui, ce qui "ne sert à rien" est considéré officiellement comme une incongruité, non-gérable, inexploitable, par ce totalitarisme qui voudrait tout gérer, tout contrôler, avoir la main sur tout, et dont les effets se font sentir un peu partout sur la planète. C'est un état d'esprit créé par l'ignorance.
Bien sûr, il ne faut jamais regretter le passé; le passé est mort, il n'existe plus dans le moment présent, à moins qu'on le conserve en mémoire; à ce moment-là on ne vit pas véritablement le moment présent, toute l'étendue, la richesse, la ressource vivante et intelligente du présent.
On traîne en arrière, captif des pensées. En voulant à tout prix chercher à "améliorer" ce présent, ça veut dire que finalement: on ne l'accepte pas, ou mal, on le refuse tel qu'il est, on le fuit. Tant qu'on voit les choses de cette manière, on passe à côté. Au lieu de vivre vraiment, totalement, en l'acceptant comme il se présente, en l'accueillant - et là, on peut être surpris, sacrément étonné! - on pense...à "mieux", à "plus", à "ailleurs", "autrement"...
Ton commentaire est tout-à-fait le bienvenu sur le TumTumBlog et je te remercie d'avoir fait partager ton ressenti à ses visiteurs.
TumTum

Écrit par : TumTum | 23/07/2008

Bonjour Tumtum,

Merci d'avoir dit ce que tu pensais au niveau de mon commentaire ci-dessus.

Si j'ai marqué que la Terre ne sera jamais un Paradis c'est parce qu'il faut bien admettre que parmi les hommes il y aura toujours le mal, à commencer par le veau d'or qui est toujours debout, même si sa gloire est dérisoire (comme dit Faust). Ce qui est sûr c'est qu'il sera toujours possible d'améliorer la vie sur Terre mais de là à ce que ce soit le Paradis ... il y a encore de la marge, non ?

Qu'ai-je voulu dire par coeur mauvais ? Toutes ces vilaines choses que les hommes font aux autres parce que justement ils n'ont pas de coeur ! Je ne te les cite pas ... il y en a de trop, tu les connais aussi bien que moi. Si leur coeur était bon, crois-tu qu'ils laisseraient ne serait-ce qu'un seul être humain dormir dehors dans le froid et la misère. Sans parler du reste ... les jugements, les à priori, les jalousies, les égoïsmes, les indifférences, les haines, les mensonges, etc ...

Bien contente que tu sois d'accord avec moi en ce qui concerne le passé.
Oui, le passé est bien mort et on ne peut le revivre.
Ce qui est important à mes yeux est le présent. C'est sûr. Par contre, quelquefois je me dis que si mon mari n'était pas là, je me demande comment serait le présent, car lui, il bâtit l'avenir, moi non. Ce qui fait que grâce à lui le présent est formidable. Et pourtant, c'est un homme qui vit le présent à 100%. Alors le présent et l'avenir seraient-ils liés ? Je pense que oui.

Pour finir, il y a un livre qui m'a fait beaucoup réflèchir, il est de Michel Quoist et s'intitule "Réussir". Voici des courts extraits :

"Dans notre monde moderne il est un danger beaucoup plus grand que la menace des bombes atomiques, c'est "l'éclatement" intérieur de l'homme, son "atomisation" psychologique et spirituelle. Si l'homme possède de plus en plus l'univers matériel, il semble que harcelé par les multiples sollicitations extérieures, il se possède de moins en moins. Il lui faut refaire sa propre synthèse s'il veut vivre et agir."

"La psychologie contemporaine reconnait que la racine profonde des perversions morales est presque toujours une frustration d'amour. Les sociologues, réfléchissant sur l'avenir du Monde et les maux qui le menacent, s'interrogent : les hommes sauront-ils aimer leurs frères ? Il semble bien en effet que le problème essentiel tient en ces termes : dans le Monde, le poids de l'amour qui donne la vie serait-il plus fort que le poids d'égoïsme qui engendre la mort ? Pour sauver l'Humanité, il faut des hommes qui passent leur vie à aimer !"

Bonne journée Tumtum et au plaisir de te lire.

Ygraiken

Écrit par : ygraiken | 23/07/2008

Bonjour Ygraiken,

"A la bonne heure !..." comme on disait autrefois ; Ginou et Gérard ne sont pas seuls à donner signe de vie sur ce blog. J'ai lu ton commentaire avec attention. Cinq questions y sont posées :
1 - "il y a encore une marge, non ?" en rapport avec le Paradis
2 - tu as donné une réponse à la seconde.
3 - "le présent et l'avenir seraient-ils liés ?"
et les deux questions de Michel Quoist (dont le titre de son livre ne me dit rien qui vaille : "réussir" ?... Tout ce qui disjoncte dans notre façon de voir les choses étant basé sur ce type de projection. Gagner, réussir, vaincre, s'en sortir...Il y a un investissement colossal là-dedans !... intentionnel, projectif. La perception projective se distingue en effet de la perception directe. Elle se réfère à un "savoir", acquis, qui diffère de ce qui est perçu, en amenant aussitôt une réaction, une interprétation qui coupe court - par une image qui peut être aussi celle d'un verbe, d'une motivation réactive retenue dans la mémoire (un schéma préconçu) - à la dimension de conscience offerte en présence. Dans l'idée de "réussir" ou se trouve la vivante relation d'amour ?
4 - "Les sociologues s'interrogent : les hommes sauront-ils aimer leurs frères ?"
5 - "dans le Monde, le poids de l'amour qui donne la vie serait-il plus fort que le poids d'égoïsme qui engendre la mort ?"
J'aime bien la fin : "il faut des hommes qui passent leur vie à aimer" mais moins "pour sauver l'Humanité" qui m'apparaît un tant soit peu ambitieux. Passer sa vie à aimer, entièrement d'accord ! mais assortir cet acte simple et toujours en appel, de la prétention de "sauver le monde" !... Cette ambition conduit aux résultats funestes que l'on sait. Tous les dictateurs avaient cette idée-là en tête et ceux d'entre eux qui n'en étaient pas ont tout de même été victimes de la dictature. L'amour a-t'il un "poids" ?... pèse-t'il ? ... Dans l'amour, existe-t'il une dépendance de l'autre ? Non ! c'est entièrement de soi-même que l'on dépend, de la qualité intrinsèque, de la rigueur. Tant que celles-ci ne sont pas rendues à la vérité pure, tant que l'on s'égare mentalement, que l'on n'a pas rejoint cette humilité, cette INNOCENCE du coeur, il n'y a aucune réponse. A propos de ta question n°3 : l'amour, c'est seulement MAINTENANT, dans l'instant présent, là où tu es, avec tout ce qui se perçoit, se manifeste. Nulle part ailleurs. A ce moment-là, peu nous importe son éventuel effet secondaire sur l'avenir.
4. "Les hommes sauront-ils aimer leurs frères ?". Vaste question qui à mon avis ne peut se résoudre qu' en soi-même, en chacun d'entre nous. Donc ça n'est pas l'affaire de la sociologie, aussi respectable soit-elle, ça se passe entièrement en nous, et la réponse à cette question s'actualise à tout instant, non pas sous forme de concept psychologique, religieux, athée ou autre, ou nantie de cette formulation généraliste: "les hommes", mais vraiment personnellement, dans notre intimité de présence, et à partir de la source de notre esprit dont émane ce courant : l'amour. C'est la source qui enclenche l'investigation en nous-même, La bonne orientation se fait connaître en elle-même à elle-même, lorsque toutes les directions ont été explorées, épuisées, et qu'il se réalise qu'elles ne mènent nulle part . La recherche cesse. Il se produit un lâcher-prise. L'énergie retrouve son foyer originel. La connaissance de soi, de la vraie nature ce que l'on est n'est plus de l'ordre de la pensée; elle est devenue organique ; ces concepts qui divisaient du fait de la croyance en une identité erronée : races, nationalités, cultures, appartenances, tout cela est définitivement anéanti . Il n'y a plus d' "autre"; il n'y a que l'UN, sans second. Tout ce qui pouvait poser problème dans cette image fragmentée en dualisme dans la dualité est résolu en unicité. Ce qui n'empêche nullement les conflits de continuer à se manifester. Mais la vision est sans séparation, sans contradiction ; elle est amour. Elle accueille toutes les différences qui sont vues comme un champ de fleurs (tiens, ça me rappelle quelque chose !). Notre existence est conditionnée dans
l'espace et le temps, que l'on pourrait dire linéaire, horizontale, ce que l'on nomme "chemin" en tant qu' "histoire personnelle", mais il y a aussi un autre "chemin" qui transcende ce conditionnement en verticalité, A TOUT INSTANT, et qui dépend uniquement de MOI-MEME en tant qu'esprit. Plus me m'élève et plus la vision devient claire, évidente; plus je m'oublie dans les images de mon esprit et plus je m'obscurcis, et plus je souffre aussi, et dispense cette souffrance autour de moi.
Terminons par ta question n°1: la marge. Elle rejoint ce que je viens de tenter de te dépeindre à l'aide du symbole de la croix. La marge est en nous. Nous la créons de toutes pièces. Tout ce qui se pointe en écriture dans la marge, comme sur un cahier d'écolier, nous renvoie à nous-même. Mais il y a de fortes chances aussi que cette écriture soit un FAUX, un prétexte, une image trompeuse, une fixation. Et la marge, c'est l'Immensité qui comprend l'espace et le temps; c'est ce qui ne peut jamais s'objectiver ; la Présence n'a pas de centre. C'est une ouverture béante, tellement béante qu'elle peut rendre béat !. Mais cette béatitude qui se produit dans les moments d'étonnement, d'émerveillement, n'est en aucune manière parcellaire. La lumière
rayonne, et tant qu'il existera sur Terre la moindre parcelle ignorante de sa source, souffrant dans les schémas qu'elle auto-génère, il y aura ex-istence en co-naissance (ou évéil à soi-même dans un ensemble qui s'accouche de lui-même).
Amicalement
TumTum

Écrit par : TumTum | 23/07/2008

Bonjour Tumtum et Ginou,

Je tiens à signaler tout d'abord à Tumtum que le titre du livre de Michel Quoist "Réussir" n'est pas dans le sens de réussite matérialiste ou personnelle mais plutôt réussir avec un point d'interrogation. Comment réussir à se construire en tant qu'homme debout, parmi et avec les autres.

Dans le chapitre premier, il dit ceci :
"Certes, notre civilisation est en danger, mais non pas tant à ses frontières géographiques qu'aux frontières mêmes du coeur humain. Le ver rongeur est à l'intérieur, il gagne, inexorable, appâté par les facilités du Monde moderne qui offrent au corps la jouissance de la chair, à l'esprit, l'orgueil de la puissance.
Nous en recueillons les fruits. Signe, parmi d'autres, d'une moralité déficiente, la délinquance juvénile, sous toutes ses formes, progresse dangereusement dans le monde ; au sein des pays les plus "développés", elle prend l'allure d'un véritable fléau. La progression des maladies mentales, des déséquilibrés de toutes sortes, nous offrent un tragique bulletin de santé de l'homme moderne : les "sauvages" ont besoin de médecins pour leur corps, mais les hommes "civilisés" ont besoin d'une armée de plus en plus grande de psychanalystes, de psychothérapeutes, de psychiatres, pour tenter de sauver leur esprit.

"Pourtant, le Monde moderne est exaltant et non seulement nous n'avons pas le droit de freiner sa fulgurante progression, mais nous avons le devoir d'y travailler au lieu de nous en évader. Toutefois, notre labeur serait vain si d'un même effort nous ne travaillions point à rendre à l'homme la conscience de son âme. Il faut refaire l'homme, pour que l'univers - par lui - soit refait dans l'ordre et dans l'amour.
Plus les facilités de vivre et de jouir sont grandes pour l'homme, plus il a besoin de lumière pour comprendre qu'elles ne sont que moyens d'atteindre une fin plus haute ; plus il a besoin de force intérieure pour ne pas s'y attacher, plus il a besoin d'amour pour ne pas les capitaliser à son profit, et au détriment de ses frères.
D'autre part, de même qu'au fur et à mesure que grandit une construction elle réclame de l'ingénieur des calculs plus précis, un génie plus sûr, de même le Monde, se développant, l'homme, pour l'édifier solide et bienfaisant, doit l'animer de plus d'esprit et d'amour.
Pour que réussissent l'Humanité et l'Univers, il ne suffit plus maintenant de redonner à l'homme son âme, il faut lui offrir ce "supplément d'âme" que Bergson, déjà, réclamait."

Tumtum, tu peux ne pas être en accord avec ce que dit cet auteur, mais personnellement je trouve qu'il a une approche disons "claire" du monde. Il ne faut pas oublier qu'il a écrit ce texte en 1961 ! (le livre a été édité en juillet 1978).
En 1961, je trouve qu'il avait déjà une vision du monde assez pertinente pour avoir été en contact permanent avec des jeunes et des adultes de tous milieux, de par son métier qui était prêtre ouvrier.

Tumtum, tu dis :
"La lumière rayonne, et tant qu'il existera sur Terre la moindre parcelle ignorante de sa source, souffrant dans les schémas qu'elle auto-génère, il y aura ex-istence en co-naissance (ou évéil à soi-même dans un ensemble qui s'accouche de lui-même)."

POUR TOI, QU'EST-CE QUE LA LUMIÈRE ?

Ta phrase m'a fait penser au premier châpitre de l'évangile selon Jean qui dit : "au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu. Elle était au commencement avec Dieu. Toutes choses ont été faites par elle, et rien de ce qui a été fait n'a été fait sans elle. En elle était la vie, et la vie était LA LUMIERE des hommes. La LUMIERE luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l'on point reçue.
Il y eut un homme envoyé de Dieu : son nom était Jean. Il vint pour servir de témoin, pour rendre témoignage à la LUMIERE, afin que tous crussent par lui. Il n'était pas la LUMIERE, mais il parut pour rendre témoignage à la LUMIERE. Cette LUMIERE était la véritable LUMIERE, qui, en venant dans le monde, éclaire tout homme. Elle était dans le monde, et le monde a été fait par elle, et le monde ne l'a point connue., etc ..."

Par contre, quand tu me dis :
"A propos de ta question n°3 : l'amour, c'est seulement MAINTENANT, dans l'instant présent, là où tu es, avec tout ce qui se perçoit, se manifeste. Nulle part ailleurs. A ce moment-là, peu nous importe son éventuel effet secondaire sur l'avenir."
Je pense la même chose, mais peux-tu me dire pourquoi nous sommes à un moment donné en présence de certaines personnes plutôt que d'autres ou en présence de certains faits plutôt que d'autres ? Et la vie en elle-même, n'est-elle pas un perpétuel choix par rapport à cet instant présent ?

Bon, MERCI Tumtum pour avoir répondu à mes commentaires ! Tu ne les as pas mis dans la MARGE et cela fait bien plaisir de pouvoir discuter avec toi.
Peut-être à bientôt et peut-être aussi au plaisir de lire un commentaire de Ginou.
Ygraiken

Écrit par : ygraiken | 24/07/2008

Bonjour Yvou et Phil,

J'aurais envie de dire beaucoup de choses sur ce que vous avez écrit, notamment sur le dernier commentaire d'Yvette qui cite Michel Quoist, avec lequel je suis loin d'être en total accord. Et aussi, évidemment, sur celui de Phil sur "Désertitude".
Mais comme je le disais hier à Yvette, les nuits blanches, c'est plus d'mon âge ! il me faut du temps pour récupérer. Aussi, ces jours-ci, j'ai beaucoup de mal à mettre mes idées en ordre. Dès que j'aurais retrouvé la forme, je tâcherais de vous faire part de mes impressions, du moins en partie. Il sera difficile de réagir à tout.
Bises à vous deux et à Gérard s'il lit ceci.
A très bientôt !
Ginou

Écrit par : Ginou | 24/07/2008

Bonjour Ygraiken,

Merci d'avoir fait partager ces passages de Michel Quoist à tous les visiteurs du TumTumBlog. Lus avec attention de mon côté, sans rien à redire, tiquant quelques secondes sur la comparaison "sauvages" et "civilisés", mais c'est mis entre parenthèses; je vois ce qu'il veut dire. Cependant j'accorde une grande importance aux mots employés, même mis entre parenthèses, qui peuvent trahir (et véhiculer, propager) des concepts. Donc rien à redire. La fin de la phrase qui commence par "Toutefois" suscite mon entière approbation : "la conscience de son âme". Hé oui ! bien vu !. / J'ai lu un peu Bergson, il y a bien longtemps, suite à la "réclame" d'un prof de français dans la seconde moitié des années 50, en classe de 6ème peut-être, qui nous a fait un cours sur lui. Les idées énoncées m'interpellaient. Mais je n'ai ni l'envie ni le courage de m'y replonger aujourd'hui.
La conscience que nous venons de la lumière et y retournons, et qu'elle est ici-maintenant en acte de co-naissance à vivre m'habite intensément et organiquement.
"L'Évangile, voie de la connaissance" d'Emile Gillabert (Ed.Dervy) qui met l'accent sur l'Évangile de Thomas est un bon outil de lecture accompagnant ce discernement. L'Evangile emploie le terme de : "Royaume intérieur" ("Le Royaume, il est le dedans et il est le dehors de vous" - Thomas, log.3 - "Le Royaume est au-dedans de vous" - Luc 17.21 ) qui invalide l'idée d'un terme historique.
Je vous cite Gillabert :
"Le Père n'est pas à chercher dans un ailleurs et un futur; il est là, au-dedans de moi. Si j'ai ce don de la vision, c'est-à-dire si, dirigeant mon regard vers l'intérieur, sur ce qui en moi n'est pas né et ne meurt pas, je découvre ma Véritable Nature, l'Inengendré, le Soi, l'Absolu, le Père; je suis au terme de ma quête, et je connais l'Eveil".
La lumière est non-dualiste; c'est celle de notre Unité originelle.

Et maintenant, à propos du "choix" : Dans cette conscience de la conscience, TOUT ce qui se manifeste en présence en tant que perçu, est approprié, réclamant toute notre attention. Non pas en vue d'un choix, mais notre attention de présence. Le reste est "pris en charge".

Je vous cite maintenant deux passages de Jean-Marc Mantel ("Lumière sans voile"- il a un site web et même un forum ouvert ) qui me semblent répondre parfaitement à votre question :

"Au lieu de choisir, laissez vous choisir. Voyez que la nécessité impose sa priorité. L'idée de choix est une fiction racontée par le moi qui s'imagine avoir le contrôle. Acceptez complètement votre ressenti, incluant l'incapacité à savoir ce qui est juste et ce qui ne l'est pas. De cet abandon du vouloir naît une innocence. C'est à travers l'innocence que la clarté s'affirme."

et :
"Les choix et préférences sont conditionnés. Il n'existe pas de liberté sur ce plan. Même quand vous essayez de choisir "en toute conscience", voyez que ce choix est aussi conditionné. Lorsque votre esprit fusionne avec l'instant lui-même, la notion de choix n'existe pas. L'instant est tel qu'il est, d'instant en instant. L'idée d'être un moi n'a pas de réalité. La seule réalité se découvre dans l'être, qui n'est pas une personne temporaire, mais une présence permanente. Et encore convient-il d'abandonner le concept d'être, pour découvrir le vécu qu'il désigne."

Amicalement,
TumTum

Écrit par : TumTum | 25/07/2008

Bonjour Tumtum,

J'ai du mal à assimiler la dernière phrase de Jean-Marc Mantel.
Que le choix sont conditionné avec ce que l'on a déjà vécu ou ce que l'on nous a enseigné, d'accord, donc le choix serait inexistant puisque déjà conditionné. Mais, "l'idée d'être un moi n'a pas de réalité" ... je ne comprends pas très bien. Même si un instant reste un instant, c'est quand même moi qui le vis cet instant et moi je suis bien réelle (ou réel si je suis un homme).
Bon, cela doit être un peu trop compliqué pour ma petite cervelle qui n'a jamais étudiée ce genre de choses. A vrai dire, je ne me suis jamais penchée sur tout ce qui était psychologie.
De nature intuitive, naïve et naturelle, la psychologie reste une étude floue et compliquée alors qu'elle est peut-être simple et claire pour d'autres. Je ne cherche pas midi à 14 heures et c'est peut-être là où le bâts blesse !

Grand point d'interrogation au sujet de ta phrase suivante :
"La conscience que nous venons de la lumière et y retournons, et qu'elle est ici-maintenant en acte de co-naissance à vivre m'habite intensément et organiquement."

C'est cela pour toi la LUMIÈRE ?

La Lumière t'habiterait ?

Pardon, si je n'arrive pas à te suivre sur ce chemin là.
A priori, c'est une âme qui nous habite, c'est à dire nos facultés intellectuelles, morales, sentimentales, cette âme, siège de la pensée et des passions.
Le corps et l'âme font bien un tout, c'est à dire un être humain.
Où situes-tu cette lumière ?
Le mot "lumière" est-il égal au mot "âme" ?

J'ose dire en riant : "peux-tu m'éclairer ?"

Amicalement et à bientôt Tumtum

Écrit par : ygraiken | 25/07/2008

Fait une faute de frappe dans ma première phrase ...

Que le choix soit ... et non que le choix sont ...

A +

Écrit par : Ygraiken | 25/07/2008

Zut ! C'est la deuxième phrase ... !
Décidément !

Écrit par : ygraiken | 25/07/2008

Réponse de TumTum :

Bonjour Ygraiken,

L'idée d'être moi est une surimposition. C'est elle qui fausse tout, qui nous empêche de voir clairement.
Cette fiction se situe dans l'impression que le moi possède une valeur générale. Nous faisons de ce moi aux contours indécis, flottant sur un segment de temps plus ou moins long une généralité en tendant à la généraliser, à la concevoir comme le vécu d'une "entité". Que veux-tu dire par "un instant reste un instant"?. L'instant se renouvelle en permanence; il n'a aucun commencement ni fin. En cela il s'apparente à l'Inconnu. Il demeure en tant que permanence de l' ENTIEREMENT NOUVEAU. Ce "moi" censé le vivre ne se connait qu'au travers d'images surimposées ; il se proclame en imposture; peux-tu me dire en quoi consiste ce "moi"? ...un agrégat de pensées tenues pour "identité", qui se sépare de la conscience observante, pensée d'une histoire, pensée d'être né, pensée d'être ceci cela : rien que des images, en retard, en différé par rapport au vif de l'instant, où rien de semblable n'est demandé, seulement être attention, attention tellement attentive que le vieux schéma de l'observateur censé doté d'un libre-arbitre, d'intelligence, de facultés morales, sentimentales, et d'un soi-disant observé pouvant s'insérer dans des catégories, dans des moules préconçus n'a plus la moindre valeur. Il disparaît complètement. "Intérieurement, je suis dans ma relation avec le temps flou et lent à peu près à peu
comme l'éclair, nous dit Stephen Jourdain dans : "Moi, l'évidence perdue" (Ed. Accarias-L'Originel), et qu'ici, ma précision, ma concision, ma promptitude, se nomment: TOUT DE SUITE !".Dans le "midi", pour reprendre ton image, alors que cette entité "moi" se situe dans le 14 heures...
"ce grand coma qui au sortir de l'enfance va se substituer à l'intériorité humaine, simulacre d'existence, simulacre d'âme, si confortables, si rassurants" (S.J.).
Oui, c'est une révolution intérieure qui consiste à nous mettre ENFIN DEBOUT à l'intérieur de nous même et mettre en marche l' ACTE DE CONSCIENCE. Car il y a une véritable "rupture de niveau" entre le moi pensant et l'âme. Le moi pensant n'est qu'une mise en dérivation de notre essence spirituelle, une extension SANS REALITE. Sans nécessité propre de notre âme, une sorte d' "annexe ludique" de celle-ci.
Par un recul immobile en soi-même, sans distance, sans médiation, l'acte de conscience vient prendre la place qui était volée par le moi, l'auto-observation du moi, à cet instant aboli. Je me dégage de ma vivante identité dont le seul tort consistait à vouloir me réduire, me restreindre, à sa teneur. C'est l'aspiration la plus haute de la SENSIBILITE humaine, et probablement la seule: S' ELEVER.

"Trop compliqué pour ma petite cervelle" - "ce genre de choses"... ?!! ... qualifier ce que l'on ne connaît pas, que l'on redoute peut-être, que l'on ne veut pas voir est le propre du mental-moi sur la défensive de son insécurité. Si l'on veut se connaître, il faut commencer par remettre en question tout ce que l'on sait, maintenant, à tout moment; cela ne demande pas d'effort; l'attention pure n'est pas une discipline compliquée, au contraire elle délivre du fardeau. C'est comme si au lieu de s'agiter dans le film (ou sur scène) on se retrouvait spectateur au cinquième rang, sans implication : ce n'est qu'un rêve, une projection. Ce n'est ni intellectuel, ni psychologique, contrairement à ce que tu penses. C'est une question, comme je le disais à Ginou de SENSIBILITE, tranquille, qui ne repose sur rien. Durant cela je ne me prends pour rien en particulier.
Tu ne peux pas te qualifier de "naïve, naturelle, etc..." ni définir "ta nature". C'est Elle qui t'appelle à se faire connaître en Elle-même, en toi, à laisser de côté tous ces clichés, ce qui ne peut se faire qu'en étant accueil, acceptation, sans défense, ayant abandonné toute intention.

Oui, la Lumière nous habite tous, dans les profondeurs de notre être qui s'ignore, mais Elle seule se fait connaître en Elle-même, anéantissant d'un seul coup tous nos préjugés, concepts, vues sur un quelconque "nous-même". C'est en cela qu'elle éveille. Dans l'histoire de la présumée entité "moi",
nous dormions et malgré tout, sans le savoir nous étions éveillés.
Lumière = Conscience de la conscience, ouverte à tout ce qui se manifeste. Potentiellement nous sommes dans la lumière et celle-ci nous habite. La lumière permet de reconnaître l'obscurité. Elle est souvent confondue avec ses EXPRESSIONS. Tout ce qui est perçu est expression de la lumière, seule expérience intérieure. Maître Eckhart a ainsi pu écrire: "Dieu est quand je ne suis pas" mais aussi: " Je prie Dieu d'être LIBRE DE DIEU car mon être essentiel est au-delà de Dieu en tant que Dieu des créatures".

Dans la vision qui m'habite, l'âme n'est ni siège de la pensée ni siège des passions,
je reconnais là plutôt le mental livré à lui-même, dans les projections. L'âme est reliée à la Conscience. Comme la conscience, elle n'a pas son siège dans le cerveau. C'est la Conscience qui a créé le cerveau comme la Lumière a créé la cellule vivante non l'inverse. L'âme se trahit en permanence lorsqu'elle cède à cette emprise du film mental qui met en chute, en mortification si l'on peut dire, la lumière de l'instant qui véhicule un enthousiasme, qui est fondamentalement JOIE.

Terminons en citant quelques paroles de Ramana MAHARSHI qui fut l'un des plus grands éveilleurs du XXème siècle:
"Négligeant les modes de l'esprit, cherchez la lumière qui les illumine. Apprenez d'abord qui vous êtes. Votre affaire est de découvrir la vraie nature de votre psychisme : vous saurez alors qu' IL N'Y A PAS DE PSYCHISME". et encore : "Le monde ne dit pas qu'il existe : cela, C'EST VOTRE OPINION. Le psychisme n'est qu'une projection qui apparaît dans l'état de veille. L'univers n'est que le Soi qui se projette; l'homme est toujours le Soi et il ne le sait pas !...". Et enfin :
"La permanence provisoire du moi, c'est l' ETAT FACTICE. Le moi et son expérience n'est qu'un spectacle d'ombres. Votre devoir est D' ETRE et non pas d'être ceci-cela."

Bonne journée Ygraiken !
TumTum

Écrit par : TumTum | 26/07/2008

Tumtum bonjour !

Bon, je lis, je lis ... et j'ai beaucoup de mal à comprendre ... vu que comme je te l'ai dit précédemment, j'ai une petite cervelle ! Eh oui, que tu le veuilles ou non, ce n'est pas que je me sente en "insécurité" avec mon cerveau mais je sais très bien que j'ai du mal à retenir les choses, à comprendre les choses telles quelles sont ... peut être aussi parce que je ne prends pas assez de temps pour écouter, pour voir, pour lire.

Toujours est-il que dans ta réponse, je trouve qu'il y a des contradictions.
Au début, tu dis :
"L'idée d'être moi est une surimposition. C'est elle qui fausse tout, qui nous empêche de voir clairement."
Et à la fin tu cites Ramana MAHARSHI :
"Négligeant les modes de l'esprit, cherchez la lumière qui les illumine. Apprenez d'abord qui vous êtes."

Donc, faut-il croire qu'un "moi" existe d'où la phrase "apprenez d'abord qui vous êtes" ou bien le "moi" serait-il quelque chose qui fausserait tout puisqu'il nous empêcherait de voir clairement ?

J'ai appris à me connaître et je sais que ce n'est pas tous les jours facile de s'accepter avec nos défauts et nos qualités. Il en va de même pour mes contemporains ou contemporaines. Chacun a plus ou moins un parcours à réaliser. Certaines personnes ont un parcours beaucoup plus difficile que d'autres. En cela mon "moi" n'est rien par rapport aux autres. Ce sont les autres qui sont importants.
Tout ce que je sais, c'est que si je ne m'accepte pas telle que je suis - un être vivant dans l'univers et qui a le droit de vivre, d'être heureuse - je ne peux pas dire aux autres qu'ils ont aussi le droit de vivre heureux sur la Terre.
A chacun son rôle, à chacun sa place et nous aurons toujours à tenir ce rôle important de vis à vis sur lequel l'autre pourra compter avec lequel l'autre pourra avancer et vice versa.

Je n'ai toujours pas bien situé ce qu'était pour toi la LUMIÈRE ?
Peut-être ai-je lu trop vite ta réponse et de ce fait je l'ai mal assimilée, ce qui ne m'étonnerait pas.

En tous cas, pour "moi" ce fut une très grande joie d'avoir pu discuter avec toi de cette lumière. Peut-être qu'à force de réflexions de ce genre le monde avancera dans l'amour et le respect des autres ...

Bonne journée Tumtum,
Amicalement,
Ygraiken.

Écrit par : Ygraiken | 28/07/2008

Bonjour Ygraiken,

Bien sûr, des contradictions peuvent toujours surgir dans le langage (approximatif),
mais pour celle que tu me signales, je penses pouvoir te répondre sans trop de difficultés. Bien sûr, MOI existe, sinon nous ne serions pas là en train de dialoguer, mais ce "moi" auquel je fais référence, c'est le moi fragmentaire, tellement restreint, dans la petite vie qu'il imagine; c'est le moi projeté, imagé ou imaginé, par la pensée. Le véritable MOI est antérieur à tout cela, comme je l'ai déjà dit à Ginou, et BIEN PLUS que cela. Et Celui-ci, n'est pas celui que l'on croit connaître, que l'ont définit plus ou moins, il est à trouver en soi. Le MOI que nous sommes, avant d'être ce "moi" pensé comprend, bien sûr, "les autres". Il ne connait même pas cette distinction. Il n'est pas séparé; il est UN, sans second.
Le "moi" qui fausse tout et qui empêche de voir clairement" c'est celui qui s'auto-proclame, alors que la véritable nature de soi se laisse connaître dans la présence silencieuse.
S'accepter tel que l'on est, c'est bien; c'est la base, mais ça ne suffit pas; on ne peut pas en rester là parce que ce "tel que l'on est", c'est quoi, au juste ?... Ce sont toujours des images du passé qui n'ont aucun rapport vivant avec ce que l'on est maintenant. Ce "moi" terrestre est toujours remis en question.
Je reprends tout-de-même ta déclaration : "je ne peux pas dire aux autres qu'ils ont aussi le droit de vivre heureux sur Terre". Et pourquoi donc ? tu peux faire cette remarque (ou lui exprimer d'une autre manière présente) à quelqu'un qui souffre, qui ne se sort pas de sa confusion, de son désespoir, ton frère ou ta soeur en êtreté humaine, à qui personne n'a jamais dit cela, et qui est peut-être sur le point de se suicider. Mais bien sûr que tu es autorisée à dire cela; c'est même ton devoir.
Ne te tracasse pas trop avec la LUMIERE. Je sais bien que ce mot-là, sur Terre, est passé par toutes les couleurs, comme le mot amour, d'ailleurs. Si tu le trouves "trop" ("too much" en anglais), retiens simplement "clarté" ou le poétique: "clairière". Et ne me dis pas que de telles éclaircies sont totalement absentes du vécu de chacun de nous. Des aperçus.

Bien amicalement,
Tumtum

Écrit par : Tumtum | 28/07/2008

Bonjour Tumtum,
Je crois que je me suis mal exprimée en ce qui concerne le fait de dire aux autres qu'ils ont aussi le droit de vivre heureux sur la Terre.
Bien sûr que je leur dis mais pour pouvoir leur dire il fallait que je m'accepte telle que je suis sinon je ne pouvais pas.

Je te re-formule ma phrase :
"Tout ce que je sais, c'est que SI JE NE M'ACCEPTE PAS TELLE QUE JE SUIS, (c'est à dire : un être vivant dans l'univers et qui a le droit de vivre, d'être heureuse) ; donc, si je ne m'accepte pas telle que je suis, je ne peux pas dire aux autres qu'ils ont aussi le droit de vivre heureux sur la Terre.
C'est logique, non ?
En fait si tu n'es pas bien dans ta peau, comment veux-tu aller dire à une autre personne qu'elle a le droit d'avoir une vie heureuse. En principe, quand une personne souffre, qu'elle est malheureuse, qu'elle ne sait pas qui elle est, elle ne va pas vers les autres en disant que tout va bien dans le meilleur des mondes, que la vie est belle et qu'ils ont droit eux aussi au bonheur.


Tes phrases suivantes ont fait que je me pose des questions :

"S'accepter tel que l'on est, c'est bien; c'est la base, mais ça ne suffit pas; on ne peut pas en rester là parce que ce "tel que l'on est", c'est quoi, au juste ?... Ce sont toujours des images du passé qui n'ont aucun rapport vivant avec ce que l'on est maintenant. Ce "moi" terrestre est toujours remis en question."

Alors, c'est bien de s'accepter mais on ne peut pas en rester là ?
Tu dis qu'il y a un "moi" terrestre, y aurait-il un autre "moi" non terrestre ?
Quel est-il ?
Est-ce l'esprit ? L'âme ? Tout les "moi" regroupés ?

Pour toi lumière est synonyme de clarté ou de clairière ?
Je ne vois toujours pas de quoi tu parles.
Des éclaircies dans le vécu de chacun seraient-elles par exemple des moments de bonheur vécus après un temps de souffrance ?

Merci Tumtum pour ce partage et peut-être à bientôt.
Amicalement,
Ygraiken

Écrit par : ygraiken | 29/07/2008

Bonjour Ygraiken,

"Ce que l'on est", MAINTENANT, ne se définit pas en "moi". Impossible de voir et de penser en même temps. A l'instant où l'on voit, il n'y a personne, aucune pensée simultanée : "je" vois. Cet instant de vision échappe à l'espace-temps. C'est après que l'on peut dire : "cela a été vu" ou encore :"j'ai vu". Mais à ce moment-là, il se voit encore autre chose. Et qui donc "voit" ?... qui prête vie à la projection ?... Peut-on voir cela qui voit?... On ne peut le voir mais on peut l'être. On ne peut le penser non plus. La conscience d'arrière-plan qui n'est pas la pensée est ce qui la voit.

L'esprit ou l'âme sont immatériels. Nous ne sommes (notre vraie nature) ni dans l'espace ni dans le temps.
De notre êtreté-nulle part-intemporelle, ignorée, mais néanmoins à la source des perceptions, nous voilà soudain catapultés, "jeté bas", sur terre, dans le corps cosmique de l'espace/temps qui nous montre à la fois tout ce que l'espèce humaine a créé mais aussi une intemporelle beauté des choses qui nous émerveillent, et là, le thème de la lumière qui n'est pas seulement une métaphore est familier aux artistes. Einstein suggérait également de son côté que la matière n'est autre que"de la lumière condensée". Le monde matériel ne serait-il qu'une IDEE ?... Dans cette dimension artistique, ce qui compte ce n'est pas le "faire', l'agir, c'est le sentir, le voir. Les vrais artistes l'ont bien compris. L'oeuvre est déjà présente même quand elle n'est pas concrétisée, de même que le langage naît du silence et y retourne. Il s'agit de laisser s'éveiller la sensibilité, la réceptivité, de réintégrer l'ouverture qui donne en tout premier lieu, en toute première instance sur le monde, la lumière qui sous-tend les sensations. Ces moments de bonheur rencontrés dans le vécu ne sont pas forcément tributaires d'un "temps de souffrance" ; ça c'est la pensée qui se raconte une histoire, brodant sur la théorie de la causalité (cause à effet).
Sinon : OUI ! tous ces moments de bonheur sont des aperçus, des "échantillons", qui devraient nous inciter à tendre vers eux plutôt que de les consommer en leur octroyant des limites. C'est nous-même que nous limitons!. On se condamne soi-même en conditionnant le bonheur. Ce mot d'ailleurs est assez peu fiable, n'est-ce pas ? - il a tellement été employé à tort et à travers; il est même devenu sujet de moquerie - mais il désigne un ressenti comblé, de paix et de plénitude. Il faut distinguer le bonheur du plaisir qui lui, effectivement, est lié à la souffrance comme les deux faces d'une pièce de monnaie (j'aime/ je n'aime pas - agréable/ désagréable); l'un ne va pas sans l'autre; ils s'entraînent mutuellement. Mais le "bonheur", disons plutôt la Joie, c'est bien au-delà; c'est potentiellement illimité, et permanent, car cela ne dépend de rien, d'aucun objet; c'est le courant sous-jacent de la vie, qui nous émerveille. Il suffit de regarder le corps, le décor dans lequel il se meut, d'accueillir en soi le corps et le décor. Est-on alors dans l'activité à laquelle se livre le corps ou celle-ci est-elle en nous ? Es-tu là en tant que "moi" agissant ou en tant que présence libre d'agissement ?... La joie est la simple présence. Tout le reste, ce ne sont que des états transitoires qui dépendent des circonstances.
Le fait d'aspirer à cette permanence de la joie, vient de la connaissance qui est déjà en toi. Comment pourrais-tu ne pas connaître ce que tu es ?.
Personne n'est présent pour expérimenter la joie sinon la Joie elle-même. Le moi n'est qu'une fabrication mentale qui se surimpose à l'action pour tenter de se l'approprier.
As-tu déjà rencontré des moments d'émerveillement, non-conditionnés, absolument "gratuits", amenant en toi ce sentiment de recevoir des "cadeaux de la vie" ?...

Amicalement,
Tumtum

Écrit par : Tumtum | 29/07/2008

Bonsoir Tumtum,

Je te répondrais plus longuement demain, mais je voulais simplement répondre à ta dernière question :

"As-tu déjà rencontré des moments d'émerveillement, non-conditionnés, absolument "gratuits', amenant en moi ce sentiments de recevoir des "cadeaux de la vie" ?

Bien sûr que OUI ! Et mon premier moment, du plus loin que je m'en souvienne, j'avais 5 ou 6 ans !
C'était l'été. Avec mes parents nous vivions dans un immeuble au 4ème et dernier étage. La porte fenêtre de la salle à manger donnait sur un grand balcon et comme il faisait très chaud ma mère avait ouvert en grand la porte fenêtre.
Le soir descendait et comme il n'y avait pas d'école le lendemain j'avais le droit de me coucher plus tard que d'habitude.
On respirait l'air frais après cette chaude journée et mes parents n'avaient pas allumé les lampes électriques. Il régnait une sensation de bien être entre nous trois et à un moment donné un groupe de martinets (ou hirondelles) s'est mis à tournoyer à la hauteur de notre balcon et à piailler. Le cri de ces oiseaux je les ai reçu comme une étrange sensation de bonheur intense. Maintenant encore, quand j'entends les cris de ces oiseaux je suis aux anges !

J'aurais encore bien d'autres moments à te raconter, mais il est déjà tard et j'ai envie de lire un peu avant de dormir.
J'aimerai réflèchir encore un peu à ce que tu viens d'écrire pour pouvoir bien comprendre le sens réel de tes phrases.

Certainement à demain.
Amicalement,
Ygraiken

Écrit par : ygraiken | 29/07/2008

Bonsoir Tumtum,

Je retiens trois paragraphes de ton commentaire :

1 - De notre êtreté-nulle part-intemporelle, ignorée, mais néanmoins à la source des perceptions, nous voilà soudain catapultés, "jeté bas", sur terre, dans le corps cosmique de l'espace/temps qui nous montre à la fois tout ce que l'espèce humaine a créé mais aussi une intemporelle beauté des choses qui nous émerveillent, et là, le thème de la lumière qui n'est pas seulement une métaphore est familier aux artistes.

- Je ne comprends pas ce qu'est l'"êtreté-nulle part-intemporelle, ignorée" ?
Nous viendrions de nulle part ? Et après la naissance nous serions dans le corps cosmique de l'espace/temps ? C'est quoi le corps cosmique ? Un être quel qu'il soit, lorsqu'il nait sur la Terre est forcément blanc de tout raisonnement puisque trop jeune pour faire fonctionner son corps et son cerveau à bon ou mauvais escient.

2 - Mais le "bonheur", disons plutôt la Joie, c'est bien au-delà; c'est potentiellement illimité,

- Tout à fait d'accord à condition de la trouver cette Joie avec un grand J, ou tout du moins la recevoir en soi, ce qui n'est pas non plus donné à tout le monde. Je crains fort que quelqu'un avec un caractère pessimiste in eternam soit en mesure de recevoir cette Joie, même un court instant.

3 - La joie est la simple présence. Tout le reste, ce ne sont que des états transitoires qui dépendent des circonstances.
Le fait d'aspirer à cette permanence de la joie, vient de la connaissance qui est déjà en toi. Comment pourrais-tu ne pas connaître ce que tu es ?.

- La Joie est simple présence ? Présence que l'on ressent ? Dans ce contexte, peux-tu me donner un synonyme du mot "présence" pour toi. En dehors de cette "présence" il y aurait des états transitoires ?
En plus, il y aurait une permanence de la Joie qui viendrait de la connaissance qui est déjà en moi ? Mais si je ne sais pas qui je suis ?
Oui, parce que je peux te dire qu'il y a des milliers de personnes qui ne savent pas qui elles sont parce qu'elles ne savent pas d'où elles viennent. Cela a été mon cas pendant 58 ans ! Comment veux-tu seulement croire une minute qu'il existe une permanence de la Joie alors que tu ne sais même pas de qui tu es né. Si le moi n'est qu'une fabrication mentale, il faut bien qu'il existe pour trouver cette fameuse Joie qui vient de la connaissance qui est déjà en moi ?

Enfin, tout cela est un peu confus, tout du moins pour mon entendement.
Peut-être que le mieux serait de ne pas se poser trop de question et de rester avec son âme d'enfant en faisant confiance aux autres, en restant positif malgré le chemin de la vie qui n'est pas toujours droit.
Les hommes ont toujours tendance à expliquer tout, à vouloir tout savoir, à vouloir tout comprendre et asservis par leurs devoirs, leurs obligations, leurs travaux, ne savent plus être naturels, simples. Ils ne savent plus se suffire de ce qu'ils ont, ils leur en faut toujours plus, non seulement matériellement mais aussi spirituellement. Ils ne savent plus distinguer la vraie vie, celle qui nous est donnée sur cette bonne vieille Terre. Dans la Bible, je crois que c'est Paul qui dit à Thimothée "car nous n'avons rien apporté dans le Monde , et il est évident que nous n'en pouvons rien emporter ; si donc nous avons la nourriture et le vêtement, cela nous suffira". Quelle sagesse !

Peut-être que nos commentaires sont de vaines discussions malgré que nos "moi" ont l'air d'être sur la même longueur d'onde. Avec nos parcours différents nous sommes des êtres de l'Univers avec une envie profonde de vérité. Je le ressens et m'en réjouis. Tout cela grace au "tchat" ...!

A bientôt peut-être Tumtum.
Amicalement,
Ygraiken

Écrit par : Ygraiken | 30/07/2008

Bonjour Ygraiken,
Quelle joie délivrée en partage qu' apporte ce : "OUI !" en réponse à ma dernière question. Soulagement aussi, car si tu avais répondu non, un sacré boulot m'attendait pour essayer de te suggérer que ces moments existent bel et bien dans toute vie. Le cri des martinets ! (non séparé de l'ensemble vivant en ressenti paisible que tu me décris) - émotion pure, ravissement ramenant à ce qui EST, à ce qui appelle à la source de notre être; expression directe, en mode vécu, de la conscience d'arrière-plan. Les sons n'étaient pas au-dehors mais au-dedans. Quelle belle visitation ! - "aux anges", précises-tu. Les oiseaux sont souvent présents dans ces moments de confidence avec notre âme. Là ou je vis, présentement, j'ai rencontré un ami que j'appelle "Tsi-Tsi-Bé-Bé", qui s'est toujours manifesté dans des circonstances appropriées.
Tes nouvelles questions qu'elles le veuillent ou non, sont de l'ordre de la réflexion métaphysique, et en même temps tu y réponds d'une façon fort simple, et en laquelle va toute mon estime, en mentionnant: "rester avec son âme d'enfant". Voilà, quand j'évoquais la lumière en nous, qui pénètre grâce à de pareilles intuitions, c'est ça ! nous y sommes !.
Ce qui n'est pas "compris" après tout, n'est pas important. Ce qui intellectuellement peut se formuler en suppositions, en mise au conditionnel, à partir du moi pensant ne peut se réaliser en mode vécu que par aperception. D'où l'impasse de certaines propositions, de certains témoignages, surtout lorsqu'il sont perçus dans une résonance "généraliste".
Je réponds tout de même à quelques questions (car il y en a beaucoup d'un seul coup !):
- la présence c'est d'être uni à cela qui voit; ce n'est pas une sensation ou un ressenti; c'est être purement et simplement (synonyme: êtreté); être présence, ce n'est pas être présent, s'impliquer dans une activité de présence non plus, c'est beaucoup plus simple que cela. La pensée et le concept de la personne présente sont abandonnés. Il n'y a que "être présence", un verbe "embrassant". L'impersonnelle présence est le reflet de la nature de l'être, radieuse et lumineuse dans sa simplicité. Elle est. Un je ou un moi sont superflus. Oui, quand cela veut s'impliquer, s'ingérer, cela se ressent, la pensée est perçue en train de rappliquer; elle va tout gâcher si l'on n'y prend garde. C'est "l'âme d'enfance" comme tu dis, mais la naïveté en moins, et la maturité en plus, et cela ne s'adresse qu'à soi-même. Oui, la joie est dans la présence, sûrement !. Les états transitoires sont ce qu'ils sont, la présence est en-dehors, oui, intacte, toujours présente.
A ton : "comment veux-tu seulement croire une minute qu'il existe une permanence de la Joie alors que tu ne sais même pas de qui tu es né", j'objecterais : 1°/ qu'il n'est pas demandé de croire à quoi que ce soit. Toute croyance est à rejeter. La Joie ne peut se révéler qu'en Elle-même. C'est sûr, ça peut prendre du temps, passer par des tas de stades de remise en question, ou tout aussi bien "crever l'écran" d'une façon définitive et irrémédiable. 2°/ L'origine de ce que JE SUIS : "quelqu'un" ?... ou ?
quand ? comment ?... Là, vois-tu, je n'y crois pas !. Toi, tu disais "une minute"; je dis: "pas un millième de seconde" !. Le moi n'a rien à voir dans la recherche de "cette fameuse joie"; c'est lui qui fait ombrage, c'est lui l'obstacle numéro un. Ne t'en es-tu pas aperçue ?.
Un jour, il y avait aussi "mon entendement", et d'un seul coup je me suis aperçu qu'il ne valait rien, qu'il n'était qu'une espèce de château fort rempli de bric et de broc. Il était déjà infiltré par une intuition, une toute petite intuition, qui a suffi par provoquer l'effondrement. Maintenant, il s'agit pour moi de veiller à ce que des pousses de châteaux forts ne naissent pas de ma distraction. Tu ne pourras jamais empêcher, freiner, la conscience dans sa recherche d'elle-même, la conscience qui ne peut se trouver dans aucun objet de perception sinon dans le regard lui-même. Et là où la spiritualité s'exprime le mieux, je suis d'accord avec toi, c'est dans notre vécu de tous les jours.
Et spirituellement, ma chère Ygraiken, sache que Tumtum ne demande rien, ne se prend pour rien, accepte l'instant tel qu'il est, se garde bien de qualifier nos discussions, et te remercie de tes interventions qui animent joyeusement le Tumtum Blog.

Tumtum

Écrit par : Tumtum | 31/07/2008

Bonjour Tumtum,

Ce n'est pas que je ne veuille pas te répondre mais cette après-midi et demain je ne serais pratiquement pas à la maison. Donc, dans un premier temps j'ai lu ton commentaire ci-dessus qui mérite que je le relise plusieurs fois de façon à tout assimiler.
Je ne sais pas pourquoi mais bien souvent il me faut un temps de réflexion assez grand pour écrire ou dire quelque chose (ne dit-on pas qu'il faut tourner sa langue sept fois dans sa bouche avant de parler ...).

Dans un premier temps je reviens tout de même à ma phrase "Comment veux-tu seulement croire une minute qu'il existe une permanence de la Joie alors que tu ne sais même pas de qui tu es né. Si le moi n'est qu'une fabrication mentale, il faut bien qu'il existe pour trouver cette fameuse Joie qui vient de la connaissance qui est déjà en moi ?"

Tu me réponds à ce sujet :

"2°/ L'origine de ce que JE SUIS : "quelqu'un" ?... ou ? quand ? comment ?... Là, vois-tu, je n'y crois pas !."

Pourquoi n'y crois-tu pas ?
Tout homme a besoin de savoir d'où il vient, de connaître au moins ses parents, si ce n'est pas ses grands-parents et ses autres ancêtres ...!
Celui qui part sur le chemin de la vie sans connaître ses aïeux, avance et bâtit sa vie comment ?
De 11 à 58 ans j'ai toujours douté que mon père ne soit pas mon père. C'est perturbant pour un enfant de penser que son père n'est peut-être pas son vrai père et dans la vie adulte on met un voile par-dessus en se disant qu'après tout ce n'est pas si important. Et bien vois-tu, tôt ou tard, cela vient de nouveau sur le tapis et là tu es bien obligé de traiter la chose autrement. Pour avancer sur le chemin de ta vie tu es bien obligé de connaître ce qu'il y a derrière, même si tu ne peux rien changer. Si la route que tu as parcouru n'existe pas ou si ce n'est qu'un brouillard, si ton passé est flou, comment veux-tu exister ?
Personnellement donc, je n'ai connu la vérité sur ma naissance qu'à l'âge de 58 ans et que tu le veuilles ou non, cela m'a "libéré" d'une confidence que ma mère m'avait faite et dont j'ai porté la faute toute ma vie alors que je n'y étais pour rien. D'où certainement mon goût très prononcé pour dire les choses vraies, telles qu'elles sont et mon dégoût profond et insurmontable pour le mensonge.

Bon, le temps passant très rapidement et ayant des impératifs, je te souhaite un bon week-end et te dis à lundi ... à bientôt.

Amicalement,
Ygraiken

Écrit par : Ygraiken | 02/08/2008

Désolée Tumtum, mon commentaire a été pris deux fois !
Ne voyant pas apparaître le premier, je l'ai créer une deuxième fois !
Peux-tu effacer le deuxième ?
Merci d'avance et à bientôt.
Ygraiken

Écrit par : Ygraiken | 04/08/2008

Bonjour Ygraiken,

Il apparaît en te lisant qu'une confusion s'est créée dans notre dialogue, du fait que cette question qui t'a longtemps et beaucoup préoccupée : "qui est mon père ?", résolue comme tu m'en a fait part à l'âge de 58 ans , était à comprendre sur le plan généalogique, au niveau de l'état civil, et que mes réponses n'étaient pas à interpréter sur ce terrain-là, que je respecte, mais dans une vision sensiblement plus élargie, qui évidemment n'est pas possible lorsqu'il existe un problème à résoudre semblable au tien. C'est donc un bel exemple de quiproquo !...
Bien entendu, j'ai eu aussi des parents, grands-parents, des aïeux, une famille...mais il faut voir que ce n'est pas là l'essentiel de l'être que nous sommes. Pour toi, cette question a pris une importance démesurée parce qu'il y a eu cette incertitude prégnante, obsédante, durant des décennies, mais plus globalement, au niveau créaturel, nous sommes tous enfants de la Terre, toutes races, espèces et familles confondues, et notre vraie famille existentielle c'est l'univers tout entier. Nous portons dans nos gènes des spécificités individuelles issues à la fois de l'hérédité du sang , mais également des circonstances de l'instant de notre venue au monde. Et malgré tout, cela ne suffit pas à définir ce que nous sommes en réalité.
Ce que je ne crois pas c'est que l'on puisse raisonnablement s'arrêter, prendre pour limitation et définition, ce déterminisme. Lorsque se trouve évoquée la connaissance de soi, il ne s'agit pas de la collecte d'informations empiriques mais d'une co-naissance, d'une nouvelle naissance en soi, vivante, présence et non représentation (munie d'attestations), présence libre de ces informations de seconde main, et sans rapport avec le passé.
Ceci dit, ce que tu m'explique se comprend sans difficulté; c'est la "libération" d'un poids moral. Et tu n'es pas la seule malheureusement à avoir souffert de ces non-dits ou de ces refus d'accepter et reconnaître certains actes commis, certains faits, sous les prétextes factices de sauver une moralité de surface, d'apparat. Il y a des familles déchirées - j'en connais - par l'entretien de tels mensonges établis en "version officielle", nés du non-aveu, de la peur de révéler les choses telles qu'elles se sont passées, par crainte du scandale que cela est susceptible d'occasionner.
Maintenant que tu peux y voir plus clair dans ta vie, tu peux aussi être en éveil à beaucoup d'autres choses, infiniment plus subtiles et plus proches de ta véritable nature qui n'est pas délimitée par une fiche d'état civil ou un arbre généalogique.

Amicalement,
Tumtum

Écrit par : Tumtum | 04/08/2008

Bonsoir ou bonjour Tumtum, selon que tu liras.

J'avais bien compris que c'était dans le sens "large" en ce qui concerne "l'êtreté" comme tu dis. Mais comment peut-on dire à une autre personne que la Joie existe si déjà notre être (celui qui existe déjà avec son vécu) ne sait pas qui il est, en fait, s'il est perturbé ! Comment, lorsque l'on a l'esprit perturbé pouvoir dire à l'autre qu'il est aussi un être de l'Univers et qu'il a le droit d'être heureux ?
A mon humble avis, ce n'est pas possible ! Il faut être bien en soi, dans sa tête, dans son corps pour pouvoir aller vers les autres et ne faire qu'une existence avec eux, non ?

Tu le dis toi-même :

"Maintenant que tu peux y voir plus clair dans ta vie, tu peux aussi être en éveil à beaucoup d'autres choses, infiniment plus subtiles et plus proches de ta véritable nature qui n'est pas délimitée par une fiche d'état civil ou un arbre généalogique."

MAINTENANT que je sais d'où je viens, je peux avancer et aller vers les autres plus sereinement ! Eh oui !
Crois-tu qu'avant j'aurais seulement osé écrire un seul petit commentaire ? Non, impossible.
Tu vois, ce n'est pas une fiche d'état civil ni un arbre généalogique qui m'importe, ce qui est primordial c'est de connaître la vérité ... la vérité me permet d'avancer et aussi de me retourner et voir tout le chemin parcouru. De l'accepter avec amour et d'en tourner la page. Le mieux là-dedans c'est que tout est venu naturellement sans tambour, ni trompette ! Comme si justice m'était rendue !
Alors que j'en avais déjà un bon paquet, je crois qu'aujourd'hui je porte beaucoup plus d'amour en moi qu'auparavant et cela se voit, s'entend et s'exprime certainement beaucoup plus librement ! D'ailleurs quelques personnes m'en ont fait la remarque.
Depuis ma naissance, je pense que j'ai une chance inouie pour beaucoup de choses et aussi que rien de ce qui se passe sur Terre n'est fortuit.

Maintenant, être en éveil, je crois l'être. Maintenant, j'ai encore beaucoup à apprendre non seulement des autres mais aussi de la nature qui chaque jour m'émerveille de plus en plus.
Les jours me semblent défiler à vitesse grand V et suis continuellement dans un vécu du présent positif tout en gardant à l'esprit que j'ai là encore de la chance de faire des rencontres de personnes qui sont toutes exceptionnelles. J'essaie de les apprécier, les respecter, les écouter, en un mot les aimer car si nous sommes là, mises en présence l'une et l'autre ce n'est peut-être pas pour rien ! Ou plus précisément c'est peut-être justement pour quelque chose !

Bon, là encore, tu ne seras peut-être pas d'accord avec moi ...
Et bien je crois qu'au moins on aura fait quelques échanges de phrases en "tchatchant" et ce n'est déjà pas si mal ! En tous cas, personnellement j'apprécie.

A bientôt peut-être ...
Amicalement,
Ygraiken

Écrit par : YGRAIKEN | 05/08/2008

Bonjour Ygraiken,

Je viens de prendre connaissance de ton nouveau commentaire. C'est un témoignage que j'accepte
entièrement; que pourrait-on y trouver à redire ?... Dans l'ensemble, je compatis pleinement à ta joie, aux intuitions qui transparaissent dans ta description et qui font preuve de santé, de vivacité, de perspicacité.
Le sujet de réflexion que tu ramènes une nouvelle fois sur le tapis au début de ton commentaire a tout l'air d'être un simple malentendu. Il ne vient pas à l'idée de quelqu'un qui se sent perturbé d'exprimer sous quelque forme que ce soit la joie de vivre sinon sous une forme compensatoire, extrêmement artificielle, qui ne viendra pas à bout de la perturbation, qui comme tu l'a déjà dit si justement, se représentera à nouveau, chroniquement. Maintenant "aider l'autre" ?... C'est là un concept qui m'avait un temps "travaillé", face à une personne perpétuellement crispée, énervée, durement éprouvée par de multiples déboires de santé et chocs subis dans son existence, "perturbée" comme tu dis. Et j'avais demandé conseil à Jean-Marc Mantel. Ce qu'il m'avait répondu, je me suis aperçu après coup que je le savais déjà, intimement, et qu'en fin de compte, je butais par ostentation, en voulant inconsciemment faire valoir quelque chose (des fois, il faut se méfier du "positif"en face du "négatif"). "Vous ne pouvez rien faire pour l'autre, car l'autre n'a d'existence en dehors de votre propre esprit" répondit Jean-Marc. "Il n'y a pas d'autre conseil à donner que celui de mourir à vous-même". Hé oui, en laissant s'établir en semblant de réalité objective cette phénoménalité rencontrée, j'oubliais que d'une certaine manière, je la cautionnais, je l'amplifiais, je lui donnais de la dimension spatio-temporelle!... "Fondez-vous dans la silencieuse présence, et laissez actions et décisions se dérouler à partir de là. Votre sensibilité saura alors trouver les paroles appropriées". Ce que ce conseil sous-entendait fut reçu immédiatement comme un éclair, un rappel de soi.
Tu parles de la chance. Allons-y pour terminer d'une petite anecdote récente. Descendant à vélo au marché du village voisin, jeudi dernier, au moment de garer mon véhicule et de le fixer à l'aide d'un anti-vol à un poteau, je m'aperçois que mon trousseau de clés avait percé la poche de mon short. Il y avait une telle foule en cette saison, avec la venue des touristes, des embouteillages partout que je doutais fort de pouvoir les récupérer, après avoir parcouru deux fois de suite tout le trajet, inspectant talus et caniveaux, en plein soleil de midi. Le lendemain, je m'apprêtais à faire refaire les deux clés principales en téléphonant à un fabricant du coin. Par un ultime scrupule, j'appelle aupréalablement la Mairie. C'était le bon coup de fil : mes clés avaient été retrouvées et m'attendaient derrière le comptoir d'un petit bar dans une ruelle menant au marché. En rentrant, car j'avais entendu plusieurs fois proféré ce mot "chance" à propos de ce qui venait de m'arriver, toujours à vélo, je me sentais encore plus joyeux que d'habitude et j'entendis en moi cette phrase : " TOUT EST DE LA CHANCE !" (avec cet aparté: "l' ignorerais-tu encore ?"...).

Bonne Journée Ygraiken !.
Tumtum

Écrit par : Tumtum | 05/08/2008

Hello Tumtum,

Ton histoire de clés m'a rappelé des histoires identiques.

Il n'y a pas si longtemps, le 14 juillet exactement, j'ai constaté en fin d'après-midi avoir perdu une petite pierre verte qui pendait à une chaîne autour de mon cou.

Cette pierre, j'y tenais énormément car elle m'avait été offerte par mon fils aîné à l'occasion de la fête des mères.

Aussi, je me mis à chercher et demandais aux personnes qui étaient avec moi si elles ne l'avaient pas trouvée. Pas de pierre nulle part. Je me dis que peut-être je ne l'avais pas perdue là où je me trouvais, (c'est à dire à un kilomètre environ des bords de la Seine).

Je me disais intérieurement que c'était peut-être depuis assez longtemps que je l'avais perdue et comme j'avais voyagé pas mal durant la journée ... je ne savais pas où !

Je fis donc une croix sur cet objet en priant (toujours intérieurement) Saint Roch de faire en sorte que je retrouve ce fameux bijou !

Une heure ou deux se passent et des personnes qui étaient avec moi peu de temps auparavant sur les bords de la Seine sont venues nous rejoindre.
(C'était pour voir les voiliers de l'Armada remonter la Seine).

Il y en a une qui dit :
"Moi j'ai trouvé quelque chose qui brille !"
Tout le monde lui répond :
"Fais voir !"
Il ouvre sa main et que vois-je ?? Ma pierre !

Encore une chance ! Et une belle ... non ?
Deux fois que je perds cette pierre et deux fois que je la retrouve !

Bonne fin de journée Tumtum.

Amicalement,
Ygraiken

Écrit par : YGRAIKEN | 07/08/2008

Bonjour Tumtum,

Je voulais te dire à propos de tes phrases suivantes :

"Vous ne pouvez rien faire pour l'autre, car l'autre n'a d'existence en
dehors de votre propre esprit" répondit Jean-Marc. "Il n'y a pas d'autre conseil à donner que celui de mourir à vous-même". Hé oui, en laissant s'établir en semblant de réalité objective cette phénoménalité rencontrée, j'oubliais que d'une certaine manière, je la cautionnais, je l'amplifiais, je lui donnais de la dimension spatio-temporelle!... "Fondez-vous dans la silencieuse présence, et laissez actions et décisions se dérouler à partir de là. Votre sensibilité saura alors trouver les paroles appropriées". Ce que ce conseil sous-entendait fut reçu immédiatement comme un éclair, un rappel de soi."

- Je suis tout à fait d'accord avec toi sur le fait que l'on ne peut rien pour l'autre mis à part peut-être de lui soumettre des idées si l'on en a envie, (je dis bien soumettre et non obliger l'autre à ...) mais tout en sachant bien et en gardant bien à l'esprit que c'est l'autre qui décide sa vie, qui vit son présent et fait des choix. Ces choix sont ce qu'ils sont et on ne peut pas agir à la place de l'autre.
Effectivement la présence silencieuse peut être une aide précieuse dans des moments difficiles vécus par certaines personnes.
Je crois beaucoup à l'accompagnement.
Accompagner une personne c'est marcher à côté d'elle et ce n'est pas obligatoirement la mitrailler de mots.
Accompagner c'est l'écouter, le soutenir, le reconnaître en tant qu'humain.
Accompagner c'est vivre des choses ensemble.
Accompagner c'est ne pas juger.
Accompagner c'est aller dans la même direction.
Accompagner ce n'est pas non plus s'effacer complètement, on est à côté de l'autre, on existe aussi.

Tant qu'à "Trouvez les paroles appropriés", cela n'est pas toujours simple. La sensibilité des uns n'est pas toujours au même diapason que celle des autres ... et les paroles quelquefois ne sont pas toujours dites après mûres réflexions, souvent parties trop vite parce que justement le silence n'a pas été respecté et l'action et les décisions se sont déroulées trop vite. Ne dit-on pas qu'il faut tourner sa langue sept fois dans sa bouche avant de parler.

Le grand-père de mon mari disait cette chose par rapport à la parole :
"Personnellement, je crois avoir suivi à la lettre les conseils de l'ecclésiaste (il fait référence au chapître V, verset 1 de l'Ecclésiaste dans la bible), je n'en tire aucun mérite attendu , vu que je suis peu prolixe par nature. Je ne me fais pas d'ailleurs tellement le propagateur de tels conseils, la parole est la plus précieuse des facultés que possède l'être humain pour se faire valoir, le fin des fins est de savoir observer un juste milieu, ni trop ni trop peu. Depuis Esope et même avant lui nous savons que la langue est ce qu'il y a de meilleur et ce qu'il y a de pire, c'est surtout au langage que l'on apprécie la valeur morale de l'individu. Pour ma part j'aime à entendre un conférencier au style châtié parlant modérément mais pour dire quelque chose."

Peut-être à bientôt Tumtum.
Amicalement,
Ygraiken

Écrit par : Ygraiken | 10/08/2008

Bonjour Ygraiken,

Ton commentaire est plein de justesse et de bon sens. L'un de mes meilleurs amis vient justement de publier une traduction du Kohélet (dit: "L'Ecclésiaste") intitulée: "TOUT EST VAIN" (Ed.Révolution Intérieure- en vente chez l'Auteur), dans laquelle j'ai retrouvé ce verset 1 du ch.5. Il précise dans son introduction: "Tout est vide" dédiée à Yang Tchou que "l'on ne trouve pas dans l'Ecclésiaste le dieu d'Israël, l'Eternel, Yahvé, ni "le" Seigneur, Adonaï (les "maîtres" au pluriel) mais uniquement les Elohim (les dieux au pluriel) terme intraduisible que l'on peut rendre par divinités ou déités, des essences divines, même si le terme "divin" pouvait résoudre le choix entre singulier et pluriel". Et plus loin: "Comme si la Vie était à la fois l'élan vital dans son absolu et l'existence dans des processus relatifs...mais il s'agit alors d'une approche non-duelle de la spiritualité sans aucun rapport avec le dieu personnel et les croyances dualistes des gens du Livre".
En ce qui me concerne, la chose est claire et entendue: il n'y a pas d'"autre". Tout ce qui peut se percevoir est approprié, digne d'accueil, et renvoie au regard que je suis, qui m'habite et que j'habite, précédant toute espèce de valorisation d'entité personnelle. En cela, la condition humaine est accompagnée, accueillie. La silencieuse présence est reconnue sans l'ombre d'un doute, comme la seule autorité, celle qui coule de la source, de Cela qui voit. Paroles et pensées s'exercent dans cette secondarité ou gémellité de notre existence.
Suite aux derniers mots de ton commentaire, je t'invite chaleureusement, de même que je l'ai fait pour Ginou, à aller faire un tour sur les sites de Jean-Marc Mantel et de Thierry Vissac, ou pourquoi pas à aller les écouter parler. Ça fait du bien de savoir que l'on n'est pas seul sur cette longueur d'ondes!.
jmmantel.net/
www.istenqs.org/

Amicalement,
Tumtum

Écrit par : Tumtum | 11/08/2008

Bonjour Tumtum,

Ta réponse comme toujours soulève toujours en moi quelques questions.

Tout d'abord, je te marque ci-dessous le chapitre en rapport avec les dires du grand-père de mon mari :
"Ne te presse pas d'ouvrir la bouche et que ton coeur ne se hâte pas d'exprimer une parole devant Dieu, car Dieu est au Ciel et toi sur la Terre, que tes paroles soient donc peu nombreuses."
Ecclésiaste Chap V verset 1

Voilà, tu sais donc ce qu'il disait à propos de ce texte puisque je te l'ai marqué dans le commentaire précédent celui-ci.

Pour en revenir aux interrogations que je me pose à la lecture de ton dernier commentaire :

- Pourquoi mets-tu un C majuscule à Cela ? Est-ce que Cela représenterait un nom ? une personne ? une entité ? un tout ?

- Il n'y a pas "d'autre" ??? D'autre quoi ??? "Autre" serait-il synonyme de division ? En fait, il n'y aurait qu'une seule personne divisée en plusieurs ?
Je n'arrive pas à déterminer quel sens tu as voulu donner à ce mot ?

Enfin, pour plus amples connaissances je vais de ce pas aller vers les sites que tu m'as si gentiment indiqués. Peut-être y trouverais-je des réponses aux questions posées ci-dessus.

Merci pour ces échanges.
Amicalement,
Ygraiken

Écrit par : ygraiken | 12/08/2008

Bonjour Ygraiken,

Dans sa traduction du "Kohélet", mon ami Daniel a pris soin d'éviter le mot "Dieu".
Ch.V -verset 1 : "Ne te presse pas d'ouvrir la bouche, que ton coeur ne se hâte pas de parler aux dieux, car ils sont au ciel et toi sur terre. Donc, parle peu...".Il cite 14 traductions différentes (en langue française) à la fin de son ouvrage, sans compter celles (j'en ai compté 8) qui sont mentionnées en notes en bas de pages. Le nom de Dieu a été "saupoudré à trente-neuf reprises" (Georges Las Vergnas : "L'Ecclésiaste", Editions La Ruche Ouvrière, 1965, p.5) et toute sa partie finale a été ajoutée pour lui permettre de figurer parmi les "livres saints".

Majuscule à "Cela" ? parce que Cela coiffe et englobe le tout. Ni nom, ni personne, ni entité, ni le tout.
Cela = l' Etre impersonnel qui vit en nous en deçà et au-delà des personnes ou personnages, divins ou non. Le poète, l'explorateur de l'intériorité, le "jnani" ... peuvent être saisis (aperception) par cette indicible Lumière, cette immanence contenue en nous que nous pouvons faire mourir ou naître.
Cela = le Regard, la Présence toujours intacte, Cela qui voit, antérieur à toute pensée, à toute activité mentale. Cela qui éclaire en nous, en marge de toutes les conventions, de tout ce qui peut se construire. Ce maintenant qui habite tout le champ en permanence ; notre Vraie Nature, qui ne peut être ni perçue, ni représentée, ni objectivée, ni pensée. Cela que nous sommes, en réalité.
Je suis Cela et je suis aussi ce type. Je suis deux en Cela.
Le monde manifesté est modelé selon le principe de la dualité: deux hémisphères cérébraux, deux yeux, deux oreilles, deux narines, deux bras, deux jambes, la Terre et le Ciel, le Soleil et la Lune, le blanc et le noir, le Yin et le Yang...
La séparation n'existe pas. Quand il y a séparation entre le minuscule (l'inaperçu, l' "insignifiant"...) et le majuscule (l' "hyper-signifiant", l'enflure, l'imposture...), dans un cas comme dans l'autre il y a manque d'attention ; on cherche toujours chez les autres ce que l'on méconnaît en soi-même ; ne s'y reconnaissant pas, on projette une image, en bien ou en mal. Les deux nous aveuglent car il se perçoivent en contraste, en contradiction, bien qu'il soient issu de l'Un. Les concepts "Dieu" ou "Le Diable" font partie de cette projection. Toute attitude mentale crée automatiquement son reflet, sa représentation, sa distance de confusion avec la réalité. Toute affirmation comporte en elle-même sa négation. Je ne peux ainsi prétendre qu'il n'existe aucune image de moi car cette affirmation engendrerait une simultanéité qui se servant de cette affirmation se dissimulerait du champ, s'exclurait du regard.
Dans la connaissance de soi, en étant Cela et ce bonhomme (ou cette bonne femme), Moi et moi, il y a Unicité, bien que notre âme ne donne que sur elle-même, que l'Absolu soit hors de portée de l'intellect, et que le bonhomme, passant transitoire, n'ait que son coeur et sa tête, et ses prétendus qualités et défauts.
Comment se fait-il que je sois Cela et ce type ?...Je n'en sais rien ; il en est ainsi. La division, je la crée si ce type se donne de l'importance au point de se croire ou de définir en "moi"- entité séparée, et ainsi d'avoir peur de mourir, peur de manquer, peur de se perdre, de se dissoudre, peur du néant, s'étant emparé de quoi que ce soit et réagissant sous la terreur de le perdre en freinant ou en accélérant le mouvement, mentalement, comme si c'était un moyen de l'éviter. La division, je la supprime en étant ce que je suis fondamentalement : unicité.
De l'unicité de moi découle la multiplicité de moi. Ainsi, il ne peut y avoir d' "autre" que dans le refus, le rejet, basé sur l'illusion de la séparation, de l'isolement, de la construction mentale surimposée à ce que je suis. Autre peut s'appliquer à tout ce que je rejette, tout ce que je sépare de ce que je suis, dans l'ignorance de l'unicité, en mentalisant au lieu d'être accueil. Dans mon ultime réalité, je suis Cela : Ouverture, Accueil, vigilance de tout instant. Au fond, c'est quelque chose de très simple à observer. Et il n'y a que ce type, maintenant, pour lui donner substance vivante; autrement ce serait, j'en conviens, une abstraction, une fumisterie, un manquement grave à honorer Cela que je suis, à honorer la Vie. Ce serait comme dit Stephen Jourdain : "jeter l'enfant avec l'eau du bain".

Amicalement,
Tumtum

Écrit par : Tumtum | 13/08/2008

Bonjour Tumtum,
En ce qui concerne "l'autre", en fait, d'après tes dires, il faut s'accepter tel que l'on est. C'est à dire unique. Mais çà, je crois que tout le monde le ressent et sait que l'âme ne peut être séparée du moi tant que le corps est vivant. Mais qu'est-ce que l'âme ? La pensée ? Une partie de soi ? Un souffle qui ne pèse pas grand-chose ?

Je voulais te faire part d'un texte découvert dans une vieille église de Baltimore en 1692 (c'était hier !) d'un auteur inconnu. Ce texte dit ceci :

DESIRS
Allez tranquillement parmi le vacarme et la hâte, et souvenez-vous de la paix qui peut exister dans le silence. Sans aliénation, vivez autant que possible en bons termes avec toutes personnes. Dites doucement et clairement votre vérité ; et écoutez les autres, même le simple d'esprit et l'ignorant ; ils ont eux aussi leur histoire. Evitez les individus bruyants et agressifs, ils sont une vexation pour l'esprit. Ne vous comparez avec personne : vous risqueriez de devenir vain ou vaniteux. Il y a toujours plus grands et plus petits que vous. Jouissez de vos projets aussi bien que de vos accomplissements. Soyez toujours intéressés à votre carrière, si modeste soit-elle ; c'est une véritable possession dans les prospérités changeantes du temps. Soyez prudent dansz vos affaires ; car le monde est plein de fourberies. Mais ne soyez pas aveugle en ce qui concerne la vertu qui existe ; plusieurs individus recherchent les grands idéaux ; et partout la vie est remplie d'héroïsme. Soyez vous-même. Surtout n'affectez pas l'amitié. Non plus ne soyez cynique en amour, car il est en face de toute stérilité et de tout désenchantement aussi éternel que l'herbe. Prenez avec bonté le conseil des années, en renonçant avec grâce à votre jeunesse. Fortifiez une puissance d'esprit pour vous protéger en cas de malheur soudain. Mais ne vous chagrinez pas avec vos chimères. De nombreuses peurs naissent de la fatigue et de la solitude. Au-delà d'une discipline saine, soyez doux avec vous-même. Vous êtes un enfant de l'Univers, pas moins que les arbres et les étoiles ; vous avez le droit d'être ici. Et qu'il vous soit clair ou non, l'Univers se déroule sans doute comme il le devrait. Soyez en paix avec Dieu, quelle que soit votre conception de lui, et quels que soient vos travaux et vos rêves, gardez dans le désarroi bruyant de la vie, la paix dans votre âme. Avec toutes ses perfidies, ses besognes fastidieuses et ses rêves brisés, le monde est pourtant beau. Prenez attention. Tâchez d'être heureux.

Peut-être connais-tu ce texte ?
Si ce n'est pas le cas, j'aimerai savoir ce que tu ressens en le lisant ?

Pour ma part, j'ai toujours trouvé que ce texte était magnifique dans le sens qu'il apporte une illumination sur la vie, une paix, un bien-être, une façon d'être, de ressentir. Je suis sensible aux mots employés tels que "Univers, tranquillement, bonté, doucement, vérité, étoiles, monde, beau, heureux, vie, amour, amitié" et en contradiction : "besognes, brisés, perfidies, hâte, vacarme, aveugle, affectez, peurs, chagrinez, chimères, vexation, aliénation, bruyants".

A bientôt peut-être.
Amicalement Tumtum,
Ygraiken

Écrit par : Ygraiken | 13/08/2008

Bonjour Ygraiken,

L'âme, c'est la conscience. La conscience enfreignant sa loi cesse de veiller la bouffée de sens qu'elle enfante (yin dans le yang), la laissant se corrompre en un être affirmatif au milieu des ténèbres de la non-conscience (yang dans le yin).
Dans l'absence de pensée, les notions d'âme ou de dieu ne sont pas présentes, ce qui ne veut pas dire que la réalité désignée par ces concepts n'existe pas. Entre la forme et le sans-forme, il y a un passage semblable à un dégradé de nuances, qui va du noir profond au blanc immaculé.
Je ne connaissais pas le poème "Desiderata" qui m'est apparu pétri de bon sens. "Soyez vous-même" ("Be yourself") résume tout. Mais alors peut survenir la question: "Qui suis-je ?".
Comme tu m'indiquais qu'il était d'origine américaine et donc écrit en langue anglaise, j'ai cherché le texte dans sa langue d'origine et appris qu'il était attribué à un avocat poète du début du 20ème siècle: Max Ehrmann (© 1927) et qu'il a suscité une vaste polémique sur son origine et qu'il a toute une histoire (utilisé sans © puisque passant alors pour être du "domaine public", sur un poster, à San Francisco, à l'époque "hippy".
Le début du dernier vers: "Be careful" (Soyez attentif - ou - Soyez prudent) est une erreur de copie, l'original étant: "Be cheerful" (Soyez joyeux - ou - Soyez gai).
Je te remercie infiniment pour ce poème et te souhaite une belle et bonne soirée.

Tumtum

Écrit par : Tumtum | 13/08/2008

Merci Tumtum d'avoir fait des recherches en ce qui concerne ce texte.
C'est bien d'avoir pu retrouver le nom de l'auteur et par là même de lui rendre hommage.
J'ai été voir le site qui traite ce texte "Désiderata" et d'après ce que je comprends, c'est un prêtre qui a copié ce texte sur une lettre à en-tête de l'Eglise Saint-Paul où la date de 1692 était indiquée. En fait c'est l'Eglise qui est de 1692 et non le texte. Et comme aucun nom d'auteur était en bas du texte, il y a eu quiproquo par la suite lorsque cette lettre a été retrouvée.
Rendons à César ce qui est à César.
Alors ce Max Ehrmann, avocat allemand, avait des pensées bien profondes et je trouve que ce n'est que justesse de mettre son écrit en valeur aujourd'hui. D'après ce que j'ai lu, après sa mort, sa femme a fait paraître ses textes sous forme de poèmes et celui qui nous intéresse serait mis en page 165 d'un livre. Je ne sais plus le titre exact du livre, mais je pourrais le retrouver.
Quand même je trouve qu'il y a des gens qui ont de belles façons de voir la vie et de nous les transmettre. Ce qui n'est pas évident. Les paroles comme disait le grand-père de mon mari ne devant pas être dites pour ne rien dire. Ni trop, ni trop peu ... cela n'est pas du à tout le monde !
En ce qui concerne ce texte je me suis dite que l'auteur avait du faire une liste de mots avant de l'écrire, les bons mots et en contrepartie les mauvais ! Certainement ridicule mais pourquoi pas ?

Quand tu me dis que l'âme c'est la conscience ... je suis perplexe.

Tu dis :
"La conscience enfreignant sa loi cesse de veiller la bouffée de sens qu'elle enfante (yin dans le yang), la laissant se corrompre en un être affirmatif au milieu des ténèbres de la non-conscience (yang dans le yin)."

La conscience c'est bien percevoir l'esprit que l'on a de soi-même ?
Pourquoi enfreignerait-elle sa loi ? D'abord, quelle loi ?
"La bouffée de sens qu'elle enfante" ???? Serait-ce les pensées intérieures ?
Désolée, je n'arrive pas bien à suivre ...

Et la non-conscience ? Je ne vois pas très bien ce que cela peut être ?
Je sais que l'on peut ne pas être conscient de ce que l'on est. Est-ce cela que tu veux dire ?

Tu vois, je suis bien ignare concernant ces choses.
J'ai été voir la définition de Yin et Yang : deux principes fondamentaux qui, opposés et complémentaires, déterminent comme modalités alternantes le fonctionnement de l'ordre universel, selon la pensée taoïste chinoise (la passivité et le mouvement) et peut-être le négatif et le positif ...?

Bon, au moins nos discussions m'auront fait réflèchir à "Cela".

J'ai parcouru les sites que tu m'as indiqué. Je n'ai pas tout lu mais je reviendrais certainement un jour ou l'autre t'en parler, lorsque j'aurais pu assimiler un peu cette façon de s'exprimer.

Bonne fin de 15 août Tumtum et à bientôt.
Amicalement,
Ygraiken

Écrit par : ygraiken | 15/08/2008

Bonjour Ygraiken,

J'ai évoqué l'absence de la notion d' âme en tant que concept dans le vécu de la conscience, qui est bien là, avant le corps et l'âme, et n'est pas un concept, ni une sensation, mais une présence non-conditionnée. Immédiate et globale, elle ne semble discontinue que dans l'aspect d'objectivation de la connaissance, comme si elle dépendait de la pensée, et dans la mesure où le terrain de notre conversation se limite à cet aspect, je comprends fort bien ta perplexité.
La conscience s'exprime dans le monde à travers soi par une fréquence vibratoire subtile de paix qui précède toute perception, toute conception; c'est la conscience qui perçoit. On ne peut pas percevoir ce qui perçoit : on l'est. La perception non-duelle est silencieuse, sans reflet et sans expression, c'est une "auto-perception", une aperception. Plus nous tentons de définir des structures, et plus nous conditionnons l'expression ce qui par nature est libre de tout conditionnement, car cette structuration imagée est dotée du double pouvoir d'entraîner l'idée d'attachement, de saisie, l'identification, ou au contraire de provoquer le sursaut vis-à-vis du mental surpris en flagrant délit de contrôle.
Pour en venir à la "loi" : la conscience contient une morale, une éthique, qui n'est pas celle des hommes, même si cette-dernière est son prolongement, son expression. Lorsque la paix habite le corps et l'esprit, les actes s'abreuvent à la lumière de l'Un. La "loi" en question est donc tout simplement la reconnaissance du faux par le vrai que nous sommes. J'en conviens, l'emploi du mot "loi" n'est pas vraiment approprié parce que l'acceptation courante de ce terme s'applique au fonctionnement juridique et social, et que transposer la compréhension de la nature essentielle de l'être dans ce cadre n'est pas possible; cela ne concerne pas la société mais plutôt la manière dont nous l'appréhendons. Quant à "bouffée de sens" affublée de quatre points d'interrogation, c'est ce qui est enfanté dans le monde manifesté et qui fait sens, que la pensée ne voit pas, auquel la conscience originelle(que nous sommes) laisse le soin à chacun (dans cette fragmentation illusoire faussement identifiée ou dans son extinction) de réaliser. Nous retrouvons là les deux mouvements : de l'Un à la multiplicité (expansion et/ou dispersion, "chute" dans la non-conscience des formes se prenant pour telles) et de la multiplicité à l'Un : communion, unicité en soi-même et dans la vision du multiple).
La non-conscience : ignorance de ce que l'on est fondamentalement : l' Un, "se jouant" dans la multiplicité de Lui-même.

Je te souhaite une bonne journée !

Écrit par : Tumtum | 16/08/2008

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