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15/09/2008

REPONSES A GINOU

Les visiteurs trouveront dans les abondants commentaires situés sous l'une de mes notes précédentes intitulée : "DESERTITUDE" , les préambules de cette réponse que j'ai décidé de publier en note, afin de faciliter la poursuite de notre dialogue. / Tumtum ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Bonjour Ginou, Il est merveilleux d'apprendre que la simple vision de la rosace du "T'ai Ki", d'où émanent le Yin et le Yang, les 4 trigrammes (ou la quaternité dialectique & métaphysique) et les figures de la géomancie, ait pu amener l'éclaircie en toi, par rapport à mes propos. C'est un mandala. Mon expérience personnelle de la Géomancie m'a conduit à méditer sur la symbolique des idéogrammes hérités d'une humanité lointaine qui les a tracés en vue de s'orienter selon des modalités concrètes d'arrangements poético-métaphysiques observés dans la nature. Les signes tracés, quels qu'ils soient, ramènent à la spontanéité du geste qu'elle met en oeuvre, les dénudant de leur carapace emblématique jusqu'à entrer en contact avec leur essence vibratoire, capable de susciter en nous le retournement de la vision vers la source de l'esprit. A travers les mouvements-mêmes que perçoit la sensibilité graphique, vient se surprendre d'une façon toujours neuve, l'harmonie géométrique d'une ordonnance intérieure, éclairée par l'esprit. comme annonciatrice d'un langage pictural allant du Soi à soi, et de soi au Soi. La paix intérieure : "une réalité à long terme" ?!... Si tu le vois ainsi, comme beaucoup d'entre nous, alors il en sera probablement ainsi. Pas demain la veille !. N'est-ce pas attendre que quelque chose d'extérieur se produise, en oubliant l'énergie qui nous anime ?... Cela évoque en moi ces mots de Jésus :"Ce n'est pas en le guettant qu'on le verra arriver !" (Jésus parlait sans cesse de l'ici-maintenant) en réponse à qui lui demandait quand viendrait "le jour du Royaume". Il ajoute : "on ne dira pas : voilà, il est ici !' ou "voilà, c'est le moment !" mais le Royaume s'étend sur la Terre et les hommes NE LE VOIENT PAS" (Evangile de Thomas - logion 113). Ces dernières précisions dissuadent de l'objectivation mentale tapageuse dans l'espace ou dans le temps, ce qui Lui donnerait un caractère éphémère, comme tout objet projeté. Les maîtres T'chan répondaient la même chose à propos du Tao. Jésus proposait comme eux de "faire de deux l'un"; c'est la conscience unitive. Ne crois pas que je sois jésuite ou taoïste; je reconnais simplement que des hommes de tous temps ont véhiculé la connaissance de soi. On ne peut que s'inviter mutuellement à vivre cette évidence que tu me dis avoir entrevue en contemplant la rosace du "T'ai Ki". Cela s'applique partout, en toutes circonstances. La conscience-présence est hors des contradictions et réactions, à partir de ce qui les contient, les englobe, les voit apparaître et se manifester en phénomènes duels et les résout en unicité. Toute identification qui par mégarde s'auto-affirme dans l'un ou l'autre camp de ces images partielles, partiales, chute dans le royaume de l'obscurité qui est celui de l'illusion mentale. La spiritualité n'est pas une connaissance dont les autres sont dépourvus, mais ils sont constamment égarés dans les rêves, absents de l'instant présent dans lequel le mental qui n'a aucun rôle à jouer, s'empare des situations qu'il veut dominer. Nous parlions de manipulations, de calculs, toutes ces choses ne peuvent se créer dans la projection onirique de l'ego. Ces choses continuent de fasciner le monde entier, ainsi manipulé, parce que l'ego a pris des proportions collectives. Au train où les choses, il se pourrait qu'une bonne partie de la planète soit anéantie avant l'arrivée de la nouvelle génération qui se trouvera obligée de retourner à la nature pour retrouver cette clarté qui procède de l'essence et qui n'est pas n'est pas à établir ; c'est faire fausse route !. Elle n'a rien à voir avec le temps. Même si je la crois recouverte de poussière, elle est toujours là, en permanence. Seulement nous sommes noyés dans les émissions mentales !. L'histoire de l'homme montre qu'il ne sait pas ce qu'il fait ; il s'est complètement perdu de vue. Si tu pouvais percevoir ce que l' être humain intégré dans sa vraie nature perçoit et ressent du monde, tu serais terrifiée, et tu t'apercevrais qu'humainement, cette présence est tout le contraire du "bloc de pierre" que tu imagines à partir d'un raisonnement volontariste, et que là où la grande majorité se noie ou se paralyse dans la terreur et la souffrance, la nature spirituelle se recueille dans le coeur, et rien ne la sépare plus de la Réalité Suprême dont elle est l'instrument. Bien sûr, si on fait le rapprochement malencontreux avec les kamikazes terroristes qui s'offrent en martyrs, conditionnés par un concept ressemblant à ce discours d'instrumentation de la Réalité Suprême, on divague, car ceux-ci sont conditionnés par une propagande intégriste qui n'a rien à voir avec la non-dualité, mais qui repose sur un dualisme et le résultat de leur abnégation est criminel puisqu'ils tuent en se suicidant. Leur "instrumentation" est dévoyée par la religion et l'idéologie. De toutes manières, nous vivons une guerre mondiale; cela affecte les plus simples niveaux de la relation humaine : le couple, la famille... Il s'agit bien d'un drame collectif. Pourquoi les hommes continuent-ils de s'enfermer dans des concepts intégristes concernant la virilité ? Parce qu'ils ont peur de la femme, de Sophia. Pourquoi commet-on la bêtise de s'identifier à ces réductions de l'homme et de la femme fabriquées par la publicité, au lieu de prendre conscience du miracle vivant de la dualité amoureuse ? Inévitablement, ça tourne au drame, aux sentiments d'orgueil blessé, à la haine, à une fantasmagorie du vivant qui ne laisse plus de place qu'à la confusion et à la violence. L'homme qui rêve, en désordre total, croit encore qu'en mesurant, qu'en pensant, il réussira à ramener l'ordre. La mondialisation amènera de terribles restrictions dans le social, consécutives à cette tricherie, ce jeu sordide. C'est seulement lorsqu'il vivra l'essence de la vie que l'homme reconnaîtra son humanité et que tout commencera à changer en lui : son cerveau, ses cellules, etc... Celui qui vit la paix la porte partout avec lui. Il est surprenant de voir comment aujourd'hui certains disent que des gens comme ça sont "invivables" et que ceux qui sont dans le désordre rencontreront des problèmes avec ceux qui sont en paix. C'est l'inverse !. C'est comme si celui qui est en paix devait revenir au désordre pour régler le problème ! Celui qui vit en paix n'est pas un terroriste, il n'est ni violent ni hostile. Il ne peut même pas être hostile à l'hostilité, ni condamner à mort un criminel car c'est pour lui un autre crime. Lorsque le psychisme finit et qu'il y a cette ouverture, ce qui suit, c'est la vie sans tourmente. Le sens de la vie est toujours présent. On est avec la nature, on perçoit bien ses rythmes, ses saisons, etc.; c'est toujours nouveau, et nous sommes avec l'essence de tout cela . Dans la spiritualité, on ne mémorise pas, on ne répète jamais, on fait corps et esprit avec l'instant vivant, et c'est plein, c'est comblé, ça rayonne, c'est incommensurable et surabondant !. Il n'existe aucune frontière entre ce que chacun vit et ressent. C'est du vécu, du concret !. Si nous réalisons cela, les mots deviennent secondaires et ne sont plus sources de disputes. Si les états le voulaient vraiment, ils se mettraient d'accord pour changer de fond en comble le système éducatif, et en quelques générations, l'humanité pourrait changer, mais personne ne le fera ; c'est de l'utopie. La transformation ne peut commencer que par l'individu. Lorsque nous commençons à bien nous connaître, un calme se fait. L'intérieur s'est ajusté et porte de moins en moins d'importance à l'extérieur ; c'est la paix. Les anciens jugements et attentes sont démasqués et cessent d'imposer leurs pressions intérieures. C'est un lâcher-prise intérieur. Le vocabulaire médiatique ignore absolument tout de la poésie que je vis, indépendamment des conditionnements qu'il m'inflige et des coups durs que je rencontre dans la vie de tous les jours qu'il ne sait qu'amplifier, que distordre dans ses concepts et jugements catégoriques. Il n'a aucune idée de la Beauté que je suis amené à rencontrer dans des situations qui lui échappent, dont il ne voit et ne comptabilise que les apparences les plus superficielles, en cédant à ce "mental de merde". Qui est encore capable de connaître l'émerveillement en vivant la gratuité, l'anodin, l'hors-scène ?... Mais méfions-nous de tout ce qui tourne autour des idées d'excrétion ; il existe aussi un terrorisme qui s'en est emparé. Une méthode d'intimidation fascisante consiste à imposer à l'auditoire un point de vue moral en le transposant aux réflexes organiques déjectifs. Sous l'influence de jugements dogmatiques, les impulsions se trouvent manipulées par une pensée réflexive unilatérale, qui va se complaire dans la salissure, l'excrétion... le champ du sensible se réduisant à ce que Ranjit Maharaj nommait : "usine à merde" (ce qui fit l'objet d'une terrible confusion de certains de ses disciplent qui en vinrent à mépriser le corps). On retrouve des traces de ce terrorisme dans les expressions (relatives au latin "cacare") dans: "faire chier", "envoyer chier", "chieur"; pour De Gaule, Mai 68 fut une "chienlit"; quand "ça chie", le désordre et la violence ont cours. "Vous me chiez dans les pompes" dira untel, excédé par l'impression qu'on en prend à son aise avec ses largesses ou encore que l'on abuse du climat de confiance qu'il cherche à imposer. Il y a aussi le proverbe biblique: "comme le chien revient à son vomis, le sot retourne à ses erreurs" (Proverbes, XXVI, II) et l'adjectif "dégueulasse" qui vient de dégueuler, de vomir . J'ai entendu récemment cette réflexion à l'entour: "Franchement, un tel a un comportement qui me donne envie de gerber !". Le seul critère que l'humanité reconnaît c'est "tous dans la merde", et plus ça pèse, plus ça fait mal, plus on a l'impression que c'est réel !... La vraie matière du monde, c'est la poésie, le chant, c'est ce qui est crée par l'intériorité profonde. Se poser beaucoup plus de questions sur l'existence de ce que tu ne voies ni n'entends, c'est signe de désir d'éveil, de prise de conscience, mais je te répète, avec certitude, que la réponse viendra en toi lorsque tu t'apercevras que Toi, l'incommensurable, vois et entends tout ce qui t'est providentiel si je puis dire. "Est-il gratifiant de passer la majeure partie de son existence à faire des gestes répétitifs (pour les personnes travaillant à la chaîne par exemple) ? Ne crois-tu pas que, dans ce cas-là, on aimerait plutôt faire des choses intéressantes, celles qui nous plaisent réellement, et dont ce travail débilitant ne nous laisse pas le loisir ? " - Bien sûr que non ! C'est une forme d'oppression, d'aliénation, subie. Privation de la nos richesses créatives. Il faut mettre fin à ces rapports inhumains d'une manière ou d'une autre. Ça n'est pas facile, mais il y a toujours des failles, des moments où l'oppression qui n'est pas tranquille est renvoyée à elle-même. L'ego se sert des gens et des situations qu'il exploite pour obtenir des satisfactions, mais il a mis le pied dans un cercle vicieux; quand il y parvient, la satisfaction ne dure pas longtemps. il est souvent contrecarré dans ses objectifs. L'espace entre "ce que je veux" et "ce qui est" devient une source d'angoisse et de contrariété. L'émotion sous-jacente qui gouverne l'activité de l'ego est la peur. L'ego passe son temps à tricher face à cette angoisse, en s'offrant des compensations. Je me souviens d'un PDG qui interprétait systématiquement la présence silencieuse comme une sorte de stratégie maligne et subversive amenant "la poisse". Il était prisonnier de cela, se consumait là-dedans. Il est devenu maniaque du contrôle, propageant un malaise; je ne pense pas que mon incursion dans ce climat épouvantable que j'ai décrit dans "Voyage à la fabrique" fut inutile; elle avait sa raison d'être, comme je pense aussi que l'on naît à l'époque précise où notre présence avec les outils de conscience dont nos cerveaux sont pourvus, à son rôle à jouer, en toutes circonstances rencontrées. L'ego ne peut pas dominer la conscience d'autrui. S'il sent que quelqu'un d'autre "en sait plus" ou "peut faire plus, et mieux", il se sent menacé. Alors il essaie de se rétablir en diminuant, en rabaissant l'autre. La société de la rentabilité économique est prise au piège dans ce malaise de l'ego , ce simulacre dans lequel elle tire profit en usant, à l'abri des regards, de procédés orduriers de magouille, de mensonges, qui sont formulés en surface sous des formes polies, plus ou moins acceptables,"démocratiques"... L'esclavage n'a pas disparu ; il est toujours là, mais un protocole fascinant bien que pourri jusqu'à la moelle et agonisant, continue de faire office d'autorité et d'être accepté comme tel par une majorité endormie dans l'ego, recroquevillée sur des valeurs particulières et donc aliénantes, sacralisées dans le bas, selon les schémas mafieux et infantilistes de l'émancipation, qui font injure à la véritable nature et à la dignité humaine. Nous vivons donc dans un monde où règne la corruption, la malhonnêteté, où toutes les latitudes et longitudes de l'évolution humaine sont condamnées par des pouvoirs de l'ego surdimensionné. Mais ça tremble, ça s'ébranle, ça se fissure de partout. On ne peut pas vivre éternellement dans le faux, dans l'égarement . Quant on vit dans le maintenant, le temps n'a aucune existence. Nous ne sommes rien d'autre qu'ouverture, totale absence, et pourtant, dans cette ouverture, il y a la Présence. La compréhension est de se savoir être cette compréhension affranchie du temps psychologique, lorsque la pensée est arrivée à son terme après avoir épuisé toutes les tentatives d' issue de cet univers de concepts et de croyances dont elle est prisonnière . Le monde n'est rien d'autre que les cinq sens de notre corps, extension dans le temps et dans l'espace de notre plénitude.

Commentaires

??? Vous mangez quoi le matin ?

Écrit par : Béatrice | 15/09/2008

Bonjour Béatrice,

Je mange quelques tranches de pain azyme ou similaire (Wasa léger) avec un peu de margarine végétale bio et quelques noix de confiture de mûres (maison) ou de prune d'ente (maison aussi,offerte par une amir), et je bois un citron bio pressé.
Mais quel rapport avec la note de mes réponses à Ginou ?... (autrement dit: ou voulez-vous en venir ?)
Tumtum

Écrit par : Tumtum | 15/09/2008

Bonsoir Phil, et bonsoir Béatrice,
Aurons-nous la chance de discuter à trois ?
Commencer par le petit déjeuner entre parfaitement dans la logique. Voyons ce que sera la suite, si suite il y a.
Phil, je viens d'imprimer ta réponse pour pouvoir la relire à tête reposée (à oeil reposé surtout). Et je vais imprimer aussi la note que tu as mise au-dessus.
Mais je n'en reviens pas que tu arrives à écrire autant ! Entre les deux posts qui figurent ici, et les commentaires que tu as déposés chez Gérard aujourd'hui, où trouves-tu le temps... et bien de prendre ton petit déjeuner par exemple, mais aussi de faire tout le reste ?!! Quelle chance d'avoir autant de facilités à écrire ! Si ça pouvait être mon cas...
Bises et à bientôt ! à toi, mais aussi à Béatrice que nous reverrons peut-être.
Ginou

Écrit par : Ginou | 15/09/2008

Bonjour Phil,

Concernant la géomancie, après avoir lu le post que tu as publié à ce sujet dans la rubrique « arts oraculaires », mais aussi ce que tu en dis dans ce post-ci, et d’après le petit coup d’œil que j’ai jeté sur ton livre, il me semble qu’elle se rapproche assez de l’étude graphologique. Elle diffère tout de même par le fait que dans la graphologie, on ne tient aucun compte de la nature, et il n’y a aucune note poétique ni métaphysique ; elle n’est basée que sur la psychologie. Si j’ai bien compris, la géomancie ne se concentre pas uniquement sur l’individu, elle interprète aussi les signes naturels, autant sur la Terre que dans le ciel. Dès que j’aurais le temps de m’y pencher sérieusement, je crois que cela va m’intéresser plus que je ne le pensais. Peut-être plus que l’astrologie qui m’intrigue depuis quelques années, alors que jusque là, je la prenais pour une fumisterie (matérialisme ! tout ce qui n’est pas explicable scientifiquement et de façon bien cartésienne, n’existe pas ! c’est, du moins, ce qu’on m’a inculqué, mais j’ai toujours eu du mal à adhérer à cette façon de voir).

Pour répondre au reste de ton post-réponses… quand je dis que la paix intérieure sera une réalité à long terme, je pense à l’ensemble de l’humanité. Quand, chacun de nous sera-t-il enfin en paix avec lui-même, et avec les autres ? Comme tu le dis, il est utopique de penser que les états pourraient changer le système éducatif. C’est vrai, et pourtant l’état a un poids très important sur l’individu, tout devrait passer d’abord par lui. Ce n’est pas pour cette raison qu’il faut reculer la transformation individuelle, je suis d’accord avec toi, mais elle reste minoritaire pour l’instant, et au vu de l’évolution du monde on peut être pessimiste pour qu’elle devienne la réalité d’une majorité. Oui, nous vivons une guerre mondiale, à tous les niveaux, j’en prends conscience tous les jours en regardant autour de moi, même si j’aimerais que les rapports humains soient harmonieux. Et c’est en t’écrivant ça que je comprends mieux pourquoi tu disais qu’il ne servait à rien de protester, de se battre pour améliorer les choses. Ce n’est pas encore bien clair dans mon esprit, mais, en gros : la violence engendre la violence. Je l’ai toujours pensé à l’échelon individuel, je comprends qu’il en est de même à plus grande échelle. Tu parles de « lâcher-prise intérieur » (que j’ai beaucoup de mal à mettre en pratique). Là encore, je commence à entrevoir ce que cela signifie, non seulement pour chacun d’entre nous, mais pour la collectivité. Comme tu le disais, c’est quand on ne s’occupe pas d’une chose, qu’elle trouve sa solution. S’en préoccuper, c’est lui donner une importance qu’elle n’a pas. Je commence à en prendre conscience.

Je ne sais pas grand-chose des paroles de Jésus, et je n’ai pas trouvé l’évangile de Thomas dans la Bible que j’ai… ? (Et que je ne suis jamais arrivée à lire, ayant commencé par l’Ancien Testament). Tu as cité Jésus plusieurs fois ; je tâcherais d’en lire plus parce que plus je lis ces paroles et j’en apprends sur lui, plus cela confirme ma certitude que, non seulement c’était « un grand monsieur », mais aussi que ses paroles ont été trop souvent détournées. « Le Royaume s’étend sur la Terre »… ce n’est pas du tout ce qu’en dit l’Eglise catholique, il me semble (et peut-être l’ensemble des chrétiens et autres religions ?). Pour les catholiques, le Royaume n’est-il pas dans les Cieux ? Ce n’est pas du tout la même chose.

« Si tu pouvais percevoir ce que l’être humain intégré dans sa vraie nature perçoit et ressent du monde, tu serais terrifiée », ça je le conçois sans trop de problème je crois. Si le ressenti est le même que celui que j’ai, où le mal est partout parce que une folie destructrice s’est emparée de l’ensemble de l’humanité, où quasiment rien ni personne n’échappe à cette folie, oui, il y a de quoi être terrifié. Il suffit d’écouter les infos : tous les jours je suis atterrée par ce que j’entends. Et c’est bien ce qui m’a donné envie de me battre contre ça, sans m’apercevoir qu’il n’y a rien à y faire, que le processus est enclenché depuis longtemps et qu’on ne peut pas revenir en arrière, que c’est s’agiter inutilement en entraînant plus de violence et de folie encore, que c’est entrer dans un cercle vicieux dont la paix recherchée ne peut pas sortir vainqueur. On s’épuise en vain, comme un insecte pris dans une toile d’araignée. C’est désespérant, et il m’arrive de regretter de vivre à cette période. Quelques décennies plus tôt, je pense que tout était moins flagrant. Dans quelques décennies… ??? Qu’en sera-t-il ?

Alors oui : « tu t'apercevrais qu'humainement, cette présence est tout le contraire du "bloc de pierre" que tu imagines à partir d'un raisonnement volontariste, et que là où la grande majorité se noie ou se paralyse dans la terreur et la souffrance, la nature spirituelle se recueille dans le coeur, et rien ne la sépare plus de la Réalité Suprême dont elle est l'instrument. », maintenant je le vois mieux, cela s’éclaire petit à petit.

Une petite remarque : tu parles des kamikazes ; ce sont les meilleurs exemples de manipulation qu’on puisse trouver. Arriver à persuader une personne de se donner la mort en en tuant d’autres… j’ai toujours eu du mal à concevoir qu’on puisse être manipulé à ce point. Et pourtant, pour avoir vécu dans un milieu où la propagande est omniprésente, où je me suis laissée happer moi-même par sa force de persuasion, je devrais savoir que c’est tout à fait faisable, mais ce qu’on peut faire faire aux gens, par cette simple force de persuasion, continue à m’effrayer. Comment est-il possible qu’il existe des esprits aussi malfaisants, qui n’ont qu’un seul but : détruire, détruire tout et tout le monde ?...

Il y a encore une chose que j’ai toujours eu du mal à comprendre. Pour quelle raison l’homme a-t-il peur de la femme ? Peur de quoi ? Qu’elle puisse se passer de lui ? Même si les féministes des années 70 le disaient, il est évident que c’est impossible (c’est vrai ça ! qui s’endormirait sur le canapé en gardant la télécommande à la main ?) Les féministes du MLF, même si elles ont apporté certaines petites avancées, ont tout de même fait du mal aux hommes qui ont encore plus de craintes, et qui réagissent de façon plus radicale pour certains d’entre eux. Cette peur de la femme, n’est-ce pas aussi parce que seule la femme peut donner la vie (l’homme la détruit en se lançant dans les guerres…), renvoyant à l’homme l’image d’un pouvoir qu’il ne pourra jamais obtenir, la certitude qu’il est mortel, et l’angoisse que cela engendre (alors que la femme, pense-t-il, perpétue sa vie à travers les enfants qu’elle met au monde) ? Nous sommes pourtant si peu différents, hommes et femmes. Exceptées les différences physiques, et certaines divergences de vue dues principalement à l’éducation, qu’y a-t-il d’autre ? Nous sommes tous des humains qui ressentons la même peur, la même joie, les mêmes émotions face aux mêmes situations. Actuellement, au lieu de marcher côté à côte et main dans la main, nous nous tournons le dos.

Tu dis « celui qui vit la paix l’apporte partout avec lui ». C’est vrai, mais il existe trop peu de « porteurs de paix », on ne les laisse parler que rarement, ou on ne les écoute pas. On entend plutôt des discours prônant la violence, l’intolérance, l’agressivité. Ceux qui parlent de paix doivent être muselés, quand on ne pense pas qu’ils doivent disparaître. Ils font peur parce que trop différents, parce qu’ils renvoient aux autres l’image de la violence qu’ils véhiculent. Et puis, le jour où l’humanité vivra en paix, où une grande majorité d’entre nous vivra la paix intérieure, on ne pourra plus nous manipuler, les guerres mourront d’elles-mêmes, donc la paix fait peur à la guerre. A l’heure actuelle, la guerre domine. Espérons qu’un jour la situation sera renversée…

Concernant cette phrase : « C’est comme si celui qui est en paix devait revenir au désordre pour régler le problème ! », j’ai failli dire que cela me semblait assez logique, dans un sens, pour espérer être entendu, mais en écrivant ça, j’ai réalisé que non ! On ne peut pas faire la guerre pour prêcher la paix ! Comme tu le dis, « celui qui vit en paix n’est pas un terroriste, il n’est ni violent ni hostile », et ce n’est qu’en n’entrant pas dans la violence qu’il peut la faire disparaître. Je n’aborderais pas le problème de la peine de mort, c’est tellement évident ! On ne guéri pas le crime par le crime. C’est même plus monstrueux encore, quand c’est la société qui tue en toute conscience.

Tu évoques le sens de la vie, tu dis « on est avec la nature, on perçoit bien ses rythmes, ses saisons, etc. ». Tu dis aussi que tu penses que nous naissons au bon moment, celui où nous avons un rôle à jouer (j’ai toujours mis ça sur le compte du hasard ; il est pratique, le hasard, il permet de ne pas se poser trop de questions). Le sens de la vie, c’est justement ce que je recherche, je ne lui en trouve aucun. À quoi cela sert-il de vivre ? Dans quel but sommes-nous là, autant les êtres vivants, que la Terre, l’univers ? À quoi ou à qui servons-nous… ? Vaste question, non ? Y a-t-il seulement une réponse ?...

Tout ce que tu as écrit sur ce que tu vis au quotidien, cette poésie, cette beauté, cet émerveillement, c’est… merveilleux. Comment ne pas envier les personnes qui peuvent vivre tout cela, malgré la morosité et l’agressivité cultivées et distillées partout ? Je n’aime pas trop le verbe « envier », l’envie est un vilain défaut, mais dans ce cas, c’est désirer atteindre cet état de joie qui semble être permanent.

Je n’ai pas compris dans quel sens tu réponds : « Bien sûr que non ! C'est une forme d'oppression, d'aliénation, subie. Privation de la nos richesses créatives. Il faut mettre fin à ces rapports inhumains d'une manière ou d'une autre. » à ma question « Est-il gratifiant de passer la majeure partie de son existence à faire des gestes répétitifs (pour les personnes travaillant à la chaîne par exemple) ? Ne crois-tu pas que, dans ce cas-là, on aimerait plutôt faire des choses intéressantes, celles qui nous plaisent réellement, et dont ce travail débilitant ne nous laisse pas le loisir ? » Est-ce une réponse à « Est-il gratifiant de passer la majeure partie de son existence à faire des gestes répétitifs (pour les personnes travaillant à la chaîne par exemple) ? » ou à « Ne crois-tu pas que, dans ce cas-là, on aimerait plutôt faire des choses intéressantes, celles qui nous plaisent réellement, et dont ce travail débilitant ne nous laisse pas le loisir ? ». Ça n’a pas du tout le même sens, et ce qui suit non plus, si tu réponds à l’une ou l’autre questions. Là j’avoue être un peu perdue, mais je le comprends comme une réponse à ma première question…

Quand tu me parles de ce PDG qui interprétait la présence silencieuse comme une stratégie maligne et subversive, cela me rappelle les réactions qu’avaient les responsables avec lesquels je travaillais. Mon attitude était sans doute très différente de la tienne, au moins dans le fond, mais dans la forme elle devait lui ressembler un peu. Je ne répondais jamais aux attaques, préférant m’enfermer dans ma carapace, car j’ai compris tout de suite que plus je réagissais, plus je déchaînais l’agressivité envers moi. Cette attitude de silence et d’apparente indifférence était vécue par eux comme une provocation, et leur faisait dire (le pensaient-ils ?) que j’étais responsable de tout ce qui n’allait pas dans le travail. Je ne dirais pas qu’ils étaient tous devenus des maniaques du contrôle, mais presque. Et l’ambiance s’était grandement dégradée par la suspicion qui régnait à tous les niveaux, et qui avait même gagné la quasi totalité des employés. Comme tu le disais pour les personnes qui vivent en paix avec elles-mêmes et que l’on considère comme invivables, problématiques, le calme et le silence sont ressentis comme une grande violence par des personnes qui sont elles-mêmes violentes envers les autres. C’est assez étrange, mais comme je le disais aussi plus haut, c’est sans doute parce que l’image que ça leur renvoie d’eux-mêmes les agresse, et ils n’acceptent pas qu’on puisse ne pas être comme eux. Toujours cette satanée peur de la différence ! Mais aussi, comme tu le dis également, ce désir de supériorité en toutes circonstances et, un peu à la manière de quelqu’un qui se noie, le besoin, pour se maintenir au plus haut, de rabaisser ceux de qui semble venir le danger.

En poursuivant ton commentaire, je dirais que je suis entièrement d’accord avec tout ceci, qu’une fois de plus tu as formulé mieux que je ne l’aurais fait : « L'esclavage n'a pas disparu ; il est toujours là, mais un protocole fascinant bien que pourri jusqu'à la moelle et agonisant, continue de faire office d'autorité et d'être accepté comme tel par une majorité endormie dans l'ego, recroquevillée sur des valeurs particulières et donc aliénantes, sacralisées dans le bas, selon les schémas mafieux et infantilistes de l'émancipation, qui font injure à la véritable nature et à la dignité humaine. Nous vivons donc dans un monde où règne la corruption, la malhonnêteté, où toutes les latitudes et longitudes de l'évolution humaine sont condamnées par des pouvoirs de l'ego surdimensionné. Mais ça tremble, ça s'ébranle, ça se fissure de partout. On ne peut pas vivre éternellement dans le faux, dans l’égarement. » Ma réflexion n’était pas aussi poussée que la tienne à ce sujet et, sans avoir réellement conscience que l’ego est le responsable de ce qui ne « tourne pas rond », je le savais. En tout cas, c’est encore une évidence pour moi. Je n’avais pas la solution, tu l’apportes : vivre « dans le maintenant ».

Ce que tu dis là : « Nous ne sommes rien d'autre qu'ouverture, totale absence, et pourtant, dans cette ouverture, il y a la Présence. », cela m’aurait paru contradictoire il y a peu. Aujourd’hui je sais ce que tu veux dire ; par moment il m’arrive d’entrevoir cette présence, dans le vide qui se fait intérieurement. Mais ce n’est qu’une vision fugitive, vite effacée par un brouhaha de pensées désordonnées. Le mental s’accroche, il refuse de lâcher prise et, contrairement à ce que l’on croit généralement, il freine l’action. Je me rends bien compte que c’est au moment où on ne pense pas, qu’on agit le plus, et avec la plus grande efficacité. Encore faut-il faire comprendre au mental qu’il doit rester à sa place, sans en prendre plus qu’il ne le mérite, et qu’il n’est rien d’autre qu’un squatter indésirable. Mais c’est faisable quand on le veut, et tout paraît tellement plus simple, plus léger !...

Bises et à bientôt !

Ginou

Écrit par : Ginou | 20/09/2008

Bonjour Ginou,
Je te remercie vivement pour ton abondante réponse qui fait honneur à la dynamique de propos échangés sur le Tumtum-Blog. Le dialogue permet d'affiner en chacun de nous, d'une manière un peu expérimentale et apparemment profitable, l'approche de cette co-naissance de soi, qui devra bien se révéler collectivement un jour ou l'autre, même si nous ne sommes plus là pour y assister. Mais ce qui importe c'est que cela s'actualise en nous-même, car en demeurant attachés aux concepts, subjugués par la projection mentale, il y aura toujours un "là" qui viendra nous narguer en-dehors de notre ici.
Dans ton commentaire, je remarque trois thèmes principaux : la Géomancie, Jésus, et la Femme.
Oui, la Géomancie telle que je l'ai rencontrée, déborde largement le cadre psychologique et à plus forte raison divinatoire, qui a pu lui être appliqué à travers l'histoire ou tout du moins ce qu'il en reste sous formes de témoignages. Je pense que l'expérience que j'en ai faite a certainement été connue en d'autres temps et en d'autres lieux, et je me plais à supposer que Tum Tum Al Hindi a partagé cette vision reliée à un champ qualitatif comportant en lui-même une valeur d'instruction spirituelle, ce qui pourrait être désigné comme : information créatrice. Mais lorsque nous abordons en pensée et tentant de les expliquer, ces phénomènes subtils de révélation se produisant dans notre intériorité profonde, on ne peut aller très loin parce que ce sont des choses qui appartiennent en propre à cette dimension
intérieure en chacun de nous, pointant vers l'Unique, et ne supportant pas la dispersion dans l'ambiguité propre à l'inadéquation du langage et de la pensée seconde. Si tu veux, l'intelligence que tu décèles dans les signes se réfère à un vécu connu de toi, pressenti ou constaté, qui en gros, appartient à une histoire, sans cesse en transformation. La curiosité initiale peut procéder d'un désir de
mieux voir, d'élucider, en observant l'articulation d'une situation passagère que nous rencontrons dans l'espace-temps, mais finalement le champ d'observation s'élargit dans la conscience observante, qui se révèle à soi-même comme le facteur principiel en présence, de sorte que les préoccupations colorées par une avidité de détermination perdent leur substance, leur tension fragmentaire, centripète à la personne se situant. Le Connaisseur s'éveille en nous, incommensurable, sans commune mesure avec l'expérimentateur de l'outil géomantique qui perd alors son caractère instrumental; il se comprend intérieurement que l'instrument réel de co-naissance et de création, partout, en premier lieu, est ici présent en soi, ici maintenant, et que l'ensemble de la manifestation est constituée de reflets dont nous sommes le miroir. Le corps n'est pas seulement le corps physique mais le corps universel.
L'univers spatio-temporel est apparu lors de la venue au monde de ce corps, en même temps. Mais ce que nous sommes en réalité n'appartient à aucun temps, ni à aucun espace. Le monde des apparences est mouvement, changement incessant ; la conscience observante qui le crée et l'englobe entièrement est sans mouvement, libre de l'espace/temps.
Après ça, il ne s'agit surtout pas de prendre la Géomancie pour une voie d'accès à cette vision; ce serait se leurrer gravement. Il s'est trouvé que pour moi, cela a contribué mystérieusement à déboucher sur cette ouverture. Je ne connais pas grand-chose à l' Astrologie mais je suis convaincu que la carte du ciel individuelle reflète avec infiniment de subtilité et de coïncidence vérifiable les dispositions personnelles contingentes à la venue au monde; c'est un conditionnement, qui exploré, permet d'être avisé de certaines particularités de notre corps/mental qui, acceptées, permettent de s'en détacher plutôt que de les subir tout au long de son existence. Car ce que je suis réellement n'est pas impliqué dans l'affaire, est antérieur et bien plus que ces caractéristiques existencielles qui ne doivent pas être percues comme des obstacles ou des handicaps (par rapport à quoi ?) mais plutôt
comme des boussoles, des fleurs, amenant à pressentir une harmonie sous-jacente et globale qui transcende toutes ces particularités de l'existence, quelles qu'elles soient, se fondant originellement et finalement dans l'Un que je suis, fondamentalement. C'est pourquoi on ne peut pas comparer, déplorer que tel ait connu une existence brêve, que tel autre subisse un conditionnement "pire" ou "meilleur"; tout cela n'a pas de sens; on ne peut rien y changer. Mais vu de l'intérieur, pas seulement de l'intérieur influençable et donc altéré par le monde extérieur, mais de l'intérieur de l'intérieur, là où cela vit en soi, et où cela se sait, tout peut s'accepter, se comprendre, et même se vivre en plénitude, sans que le monde extérieur en soit affecté et en ait même conscience. Paradoxalement, c'est le mental egotiste, qui si je lui décris cela va y projeter sa vision répréhensible de l'ego, alors qu'il n'a aucune expérience intérieure vécue de ce vide-plénitude éveillé attentif à ce dont il y a lieu de prendre soin.

Jésus, c'est assez récent pour moi. Il m'a longtemps paru infiniment plus difficile à comprendre que Lao Tseu, pratiquement "ésotérique", et la religion catholique n'a rien arrangé !. Mes parents ayant été "croyants", j'ai dû subir le catéchisme, la messe du Dimanche, la communion, la confirmation... tout ça d'une façon très évanescente, mis à part les cours d'un abbé très original dans son genre qui avait pris cette initiative de remplacer ses séances d'enseignement doctrinaires par des exercices pratiques expérimentaux de la spiritualité qu'il était censé enseigner, qui tenaient un peu du yoga que je retrouvai
plus tard développé chez Patanjali, Srî Aurobindo et Sivananda Sarasvati. Mais "Le Christ", le calvaire, l' "histoire sainte" et tout ça, je ne pigeais toujours pas. Bouddah et les Sages taoïstes n'avaient pas laissé une histoire aussi compliquée et dramaturgique. Quant à la Bible, elle m'est toujours "sortie par les yeux", j'aurais vécu en islam, je crois bien que le Coran aurait eu à subir le même sort, et la Tora si j'étais né juif. Au fond, les "livres saints" qui produisent des "multinationales" sectaires et des missionnaires endoctrinés m'exaspèrent. C'est en lisant "l'Evangile, voie de la connaissance" (l'Evangile de Thomas) d'Emile Gillabert (Ed.Dervy, 1987) et le plus "grand public": "l'Evangile de Thomas" traduit et commenté par Jean-Yves Leloup, en poche ( dans la collection Spiritualités vivantes, chez Albin Michel, 1986) que j'ai compris que le message de Jésus rapporté par Thomas ne différait en rien de celui de Çankara, des Taoïstes, des Maîtres Zen, des Poètes C'han, des Rhénans comme Angélus Silésius, Maître Eckart, et de l'Advaïta Vedanta non-duel représenté par Ramana Maharshi, Nisargadatta Maharaj, Krishna Menon, Wei Wu Wei, Jean Klein, et d'autres comme Steve Jourdain. On trouve aussi ce message hors religions chez les Soufis comme Ruzbehan, Mevlana Rumi, Jami, Ibn Arabi... et on le devine chez les Présocratiques. Il s'agit donc d'un message d'Eveil patrimonial et héréditaire de l'humanité qui a traversé tous les pays, toutes les cultures, toutes les époques, sans compatissance avec les formes institutionnelles et les pouvoirs extérieurs. Il est évident que les Evangiles adoptés par le Vatican ont été censurés, adaptés, et choisis selon la conformité aux idéologies règnantes. A la lecture de Jésus selon Thomas, s'éclairent bien des abscondités enseignées dogmatiquement, interprètées par le christianisme. Jésus niait ouvertement l'Ancien Testament, Moïse, Dieu le Père "qui êtes au Cieux", et les prophètes tant vénérés par les juifs, de même Al Hallaj proclamant "Je suis Dieu" sera martyrisé et exécuté par les musulmans. Contrairement aux autres disciples, Thomas ne parle pas des miracles, et tout comme Jean, exclut les prophéties visant un salut à venir qui n'apparaissent chez les autres disciples que comme une interprétation consécutive à leurs influences passées (prophéties d'Hénoch, de Daniel...), mais annonce la libération dans le présent. L'éveil, ici et maintenant, sans référence au passé et sans nourrir de projet. L'idéologie messianique qui promet le salut collectif au bout de l'histoire a toujours été mensongère. L'aliénation consistant à se rendre étranger à sa vraie nature représente la rupture avec le Réel que manipulent les pouvoirs obscurantistes de l'ego con-sacré.
"A Dachau, un jour où l'on conduisait au four crématoire un jeune enfant, un homme posa - avec toute la violence et l'indignation d'un coeur brisé - cette question : "Mais où donc est Dieu ?". Son ami, prisonnier comme lui et sans doute voué au même destin, d'un mouvement du doigt lui montra l'enfant : "Il est Là !". Et c'est vrai qu'Il était là, crucifié, abandonné, innocent cramé par la bête et la bêtise humaine". (extrait des commentaires de J.Y.Leloup). "Dieu" étant partout, il s'agit donc d'ouvrir les yeux et de prendre soin de tout ce qui existe. il y a pourtant un lieu où "Il "n'est pas, c'est le coeur qui se ferme, qui refuse, qui ne cherche plus à comprendre, qui entretient l'ignorance et le doute.
Dans la non-dualité, la vie n'est pas opposée à la mort, elle transcende naissance et mort. Le masculin n'est pas opposé au féminin, car les deux sont en harmonie dans chaque être, lorsque sa composante complémentaire est éclose, la joie n'est pas opposée à la douleur, la santé à la maladie, la richesse à la pauvreté... Jésus comme Bouddah savaient que le malheur vient de l'irréalité de la personne et du monde qu'elle fabrique, de l'erreur d'identité, mais la tradition qu'il nous apportait a été condamnée par les hérésiologues.
Le mental en s'attachant à l'image, se comporte en usurpateur. Je ne peux accéder à la vision intérieure du Royaume si la mémoire et l 'imagination galopante travaillent. Se trouver soi-même est "voir" sa nature originelle par le regard intérieur. Si ce regard est en contact avec d'autres regards qui reflètent l'Absolu, ceux-ci agissent comme rappel du regard intérieur, autrement dit comme moyen de re-connaissance. Cela peut s'exprimer par : JE absolu - me vois dans tel regard et vice-versa, mais c'est toujours le même qui voit, qui se re-connaît. L'Absolu, qui est lumière, crée son image le temps de se reconnaître et de se "savourer". Le regard de l'homme désentravé du mental est Son miroir de prédilection, celui qui Lui renvoie l'image la plus transparente et la plus sublime. Mais l'image retourne aussitôt à sa source lumineuse. Le mental qui s'y attache se comporte en usurpateur.
L'Absolu n'est pas conscient par nature, il ne se connaît pas lui-même, mais il a la possibilité d'être conscient, de s'éveiller, grâce au corps, d'où l'éminente dignité reconnue au corps dans l'Evangile de Thomas, en tant qu'occasion que s'offre l'Absolu de devenir conscient lorsque le mental personnel a consenti à abdiquer. L'Esprit ne peut habiter le corps que si celui-ci est délié du mental. Il y a alors absence de pensée. Cet état sans pensée est le vide dont parlent les Orientaux. Le vide rejoint la vision car être dans l'état sans pensée ou voir en sa propre nature procède de la même démarche. Le vide qui est absence de pensée est en même temps Présence fondamentale. "Quand le disciple est désert, dit Jésus, il sera rempli de lumière". Le vide efface la distinction entre le dehors et le dedans, le deux est Un. La véritable nature est le Vide, non lié à la naissance, non-identifié à ce parcours existenciel de la personne, ne pouvant être perdu même si je suis aliéné par le mental, simple erreur d'identité réelle. La vraie nature n'a jamais été perdue. Il suffit de voir les conditionnements, le "cadavre" mental comme dit Jésus. Lorsque le mental consent à s'effacer, Cela connaît, Cela agit en moi, Cela se fait. Je ne suis pas ce qui se passe. Je ne suis pas ce qui a revêtu cette forme; je suis le Vide qui a permis la forme.
Les Rishis des anciens temps exprimaient cette réalité de la nature originelle comme "Paix radieuse et mystérieuse", c'est tout ce que l'on peut en dire.

On ne peut pas parler, me semble t'il, de la femme ou de l'homme en les séparant l'un de l'autre puisqu'il y a une féminité intérieure en l'homme et une masculinité intérieure en la femme. Tu pourras lire à ce sujet ma note intitulée "Le Rouge et le Blanc" qui découle de ma méditation sur les figures géomantiques "Rubeus" et "Albus", intériorités des deux formes sexuées, note ici adaptée, débarassée du vocabulaire géomantique. On aurait pu tout aussi bien l'intituler "Le Noir et le Blanc" en considérant le diagramme bien connu du Yin/Yang .
Je pense que la rencontre, la reconnaissance mutuelle de ces deux intériorités est capable d'abolir tous les préjugés qui sévissent dans l'imagerie extérieure, et donc mentale, projective, de l'homme et de la femme, alimentée par les croyances, les stéréotypes, etc.... Cela passe par une expérience vivante dans laquelle sont confrontés les concepts antagonistes. Je dirais que cette expérience se vit en principe dans tous les couples, dans la conscience profonde de chacun, à condition qu' il ou elle veuille bien s'y tenir sans cèder à des réactions personnelles quelque peu programmées d'avance, - mais attention: qui peuvent remonter à des archétypes, à de véritables mythes incarnés qui n'ont rien d'humain - et qui font le jeu de cette incompatibilité, s'il ou elle se fond dans cette observation pure, dégagée de la tension propre à l'impulsion vitale de la nature sexuée, psychiquement et physiquement. Alors nous sommes ramenés à une vision d'enfance, de deux êtres humains conditionnés par des images puissantes, motrices de comportements. Cette conscience observante voit en même temps ce qui sépare et ce qui ne sépare pas. Le courant d'amour est le seul "solvant" et il est le seul guide, mais il se constate qu'il n'est pas entièrement conscientisé dans la matière, qu'il n'habite pas en unicité rayonnante la dualité présente sinon d'une manière archaïque constitutive de l'attraction/répulsion qui fait appel à des comportements instinctifs. La femme doit dépasser son fardeau féministe et l'homme doit dépasser son fardeau masculiniste. Jésus parle de la femme "se faisant mâle" comme se faisant "un esprit vivant", c'est un peu ce qui est en train de se produire par la force, le poids, de l'histoire, mais un peu seulement . Cela va à contre-courant de la Genèse biblique qui prônait la soumission, la domination du féminin par le masculin patriarcal et machiste ("Soyez féconds, multipliez, emplissez la terre, et soumettez-la"- Gn. I.28). Les Taoïstes avaient une vision exhaustive de la féminité."La porte du Principe féminin est à la racine du Ciel et de la Terre" dit Lao Tseu. La peur de la femme, chez l'homme s'explique par la méconnaissance et même le mépris, l'exclusion, de son intériorité féminine, spirituelle. La nature essentielle de l'Un est androgyne, elle comporte en elle-même l'abolition des catégories psychiques. La réalisation de l'Un n'est possible que lorsque en moi, les inverses complémentaires sont réunis . Lao Tseu écrit: "Sois ton Masculin, Vis ton Féminin, Tu seras le ravin du monde. Si tu es le ravin du monde, la Sagesse pérenne ne te quitte pas. Et tu retournes nouveau-né". Jésus parle comme lui ("le Sans-Nom est à l'origine du Ciel et de la Terre, le Nom est issu comme Mère des Dix-mille êtres", de la "Mère divine" ("ma mère m'a enfanté mais ma Mère véritable m'a donné la Vie"). Jean Carteret ce poète-métaphysicien visionnaire que j'ai rencontré (grâce à Dan Giraud), et dont les propos seraient paraît-il parfaitement assimilés d'ici 600 ans, disait que la masculinité intérieure de la femme est synonyme de Sophia et de la réalisation de l'Unique. La femme porte en elle ce qui peut sauver le monde et éclairer ce qu'il y a de plus obscur dans la nature humaine, mais l'humanité ne lui a pas encore donné l'occasion d'amener au jour cette révélation. Toute l'histoire de l'humanité est entachée de la malédiction prophétique qui provient de la confusion asservissante du géniteur phallocratique qui s'est attribué le rôle de dominateur. il ne s'agit pas d'aplanir ou d'abolir les différences - qui existent - mais de les humaniser. Jusqu'à maintenant nous n'en sommes pas là; les vieux schémas continuent de faire des ravages. Cette exploration, lorsqu'elle est reconnue indispensable, urgente, nous conduit aux tréfonds de nous-même, dans l'inconnu, où personne ne s'aventure jamais, car la personne doit ôter son masque, se dépouiller, et laisser s'éteindre patiemment la cohorte des images bruyantes qui agitent le corps/mental, des emprises aux racines parfois très profondes.
Tu me demandes une nouvelle fois "à quoi sert-il de vivre ?" ; tu ne vois donc pas ce travail de vigilance de tout instant que suscite en nous cette clarté, cette dignité, face au chaos, au ravage de la tromperie généralisée qui fait règner l'imposture ?... Si tu as goûté en toi ne serait-ce qu'un bref instant, la puissance rayonnante et apaisante de ce vide, de ta vraie nature, qui se trouve toujours maintenant, vas-y! laisse-la rayonner le plus souvent possible. Toutes les constructions qui faisaient obstacles, faux-semblants, et qui troublaient ton corps et ton esprit vont s'effondrer, disparaître. La réponse vivra en toi; le mental ne pourra rien contre elle, et le monde environnant, qui a 99% se fout de la vérité continuera son chemin comme avant, mais cette Présence deviendra de plus en plus vivante en toi, à travers toi, bien qu'elle soit invisible et immatérielle. Elle offrira tout ce que le mental cherchait en vain, en se torturant, en se mèlant de ce qui ne le regarde pas, en t'impliquant, et ce renversement vers la source produira en toi une joie sans objet, une certitude confiante, une énergie pure, toute efficiente. Comment puis-je affirmer cela ? Cela se sait en moi, de toute évidence.
"Un insecte pris dans une toile d'araignée" ? (je vois ça écrit sur ton message). L'araignée c'est le mental, et l'insecte c'est l'image remuante du faux-moi dont il s'abreuve. "Regretter de vivre dans cette période"?...Mais justement, tu y vis parce que tu y as ta place. Si tu voyais ça avec ton visage d'avant-naître tu verrais que tu t'y es mise à bon escient. On ne naît pas non plus par hasard, en n'importe quel temps. C'est toujours le faux-moi qui déplore, qui préférerait une autre époque, un ailleurs, celui qui ne supporte pas de regarder tranquillement le maintenant, qui craint le vide dans lequel il disparaît. En prenant conscience de notre vraie nature on quitte définitivement ce qui nous attachait au monde des "esprits malfaisants" qui comme tu l'écris ne savent que détruire, jusqu'à ce qu'ils rencontrent dans le chaos qui est le leur, une toute petite chose infime, ce peut être une voix, ou une chose encore moins tangible mais nette et fulgurante, qui leur renvoie soudain l'image de l'aveuglement dans lequel ils vivent, de l'oubli, du gâchis. On ne peut pas tricher indéfiniment. Ce qui se fait peur, c'est cette tricherie, cette ombre. La seule chose à laquelle l'ombre ne résiste pas c'est le Vide qui est Lumière.

Écrit par : Phil | 22/09/2008

En feuilletant ce matin le manuscrit de ma "Géomancie et le Guru-en-soi", je tombe sur ce passage, qui aurait convenu également en réponse à l'image de l'insecte pris dans la toile d'araignée :
"Non plus cette hébétude dans laquelle peut se voir en résumé l'agitation mentale qui propose "d'en sortir", mais la béatitude active, profuse, débordante, dans le courant de la vie, sans rien pour retenir ou pour penser l'action, pour limiter dans le temps et dans l'espace - aucun obstacle, coïncidence du souhait le plus profond de notre âme et du monde-reflet en éclosion - canal d'émerveillement vet de gratitude".
Et pour reprendre ton image, il faudrait montrer comment l'insecte qui se sent pris dans la toile d'araignée démonte la situation qui se suggère, et même qui se concrétise de façon plus que probante, voulant s'imposer en réalité funeste. Cet insecte, cette toile, et cette araignée, sont des éléments du principe de nourriture dans lequel s'entretiennent les formes passagères. La projection ressemble à un documentaire en ralenti, hypnotique, qui me renvoie l'image de ce que je ne suis pas. La prononciation d'un arrêt de mort équivaut à celle d'un arrêt de vie, dans ce ralenti qui tend vers l'image fixe. Mais ce n'est pas du tout la VIE ; c'est une appréhension onirique attardée dans une malencontreuse identification qui la paralyse, qui l'aveugle, comme si on mettait la vie dans une boîte, une cellule isolée de l'immensité rayonnante et réellement vivante à partir de laquelle les formes, quelles qu'elles soient, prennent vie. Les formes se transforment: la VIE ne s'arrête pas. Si nous imaginons être ce masque, cette entité fictive qui peut prendre l'apparence d'un insecte, d'une araignée, ou toute autre chose, au gré des circonstances qui peuvent aussi se figurer comme des toiles d'araignée, nous oublions ce qu'il y a derrière, ce qui projette le spectacle, ce qui ne change pas.
Puisque nous évoquions la Bible où sont "pieusement" éliminés Sophia et la vision de Jésus par Thomas au profit du chromo d'Adam & Eve, j'avais pensé te raconter l'histoire qu'il m'est arrivé il n'y a pas si longtemps avec la visite d'un jeune "témoin de Jéhovah", un matin. La voici (extrait de mes "Notes du Tuc", sorte de journal de bord :

"L’un de ces derniers matins, alors que je prenais ma douche, j’entends frapper au carreau de la porte d’entrée de la cuisine. C’était un jeune d’une trentaine d’années, endimanché, que j’ai immédiatement repéré (à la vue du livre qu’il tenait à la main) comme un représentant des témoins de Jéhovah. C’est la première fois que j’ai vu l’un des représentants de cette secte renoncer à son baratin et fermer son livre, et écouter avec autant d’attention les réponses qui me venaient aux lêvres ; Au bout de dix minutes de conversation, nous nous sommes quittés dans la meilleure humeur. Les paroles qui avaient jaillies de cet échange paraissaient l’avoir sensibilisé en profondeur. Poignée de main chaleureuse, et il m’a quitté le visage illuminé d’un large sourire qui n’avait rien de manièré. Il m’a même demandé si je donnais des entretiens, me pressant de le faire, en invoquant le désordre et la misère du monde. Je lui ai répondu que ces choses-là ne se commandaient pas, que si cela doit se faire, cela se fait tout seul, ou non, que ce n’est pas un terrain de propagande, d’incursion mentale".

Lao Tseu dit la même chose en toutes lettres dans son Tao Te King : "N'ose te comporter en maître, Attends plutôt comme un invité, N'avance pas d'un pouce, Préfère reculer d'un pied" (ch.69).

Écrit par : Phil | 24/09/2008

Bonjour Phil, et merci pour ce deuxième commentaire que je vais prendre le temps de relire. Cette anecdote avec le jeune témoin de Jéhovah est très belle, et j'aime énormément la phrase de Lao Tseu que tu cites à la fin. J'y reconnais ta façon d'agir envers moi : tu laisses venir sans rien imposer, sans "forcer la porte", ce que j'apprécie grandement.

En y réfléchissant, je me dis qu'il est dommage que ton manuscrit "Géomancie et le Guru-en-soi" ne soit publié nulle part. Il serait certainement impossible de le faire paraître ici en entier, et je ne sais pas si un éditeur serait intéressé (pourquoi pas ?), mais ne crois-tu pas que certains extraits pourraient retenir l'attention de personnes qui aimeraient en savoir plus sur la Géomancie ?

J'étais en pleine lecture de ta note "Le Rouge et le Blanc" (après avoir relu ta réponse du 22, et regardé à nouveau le diaporama "Le Musée des Cartes & Plans" dans lequel figurent des illustrations de cette note). Ta réflexion sur ce sujet est très intéressante, et particulièrement riche et fouillée (comme toujours). Je pense qu'elle mérite plusieurs lectures pour tout voir.

Puisque je t'écris ici (j'ai mis un mot chez Gérard également), je voulais te dire que je suis un peu inquiète de ne pas avoir encore reçu le courrier que tu m'as envoyé vendredi. Avec la grève de la Poste d'hier, je crains qu'il y ait eu un cafouillage et que cette lettre soit allée se promener là où elle n'a rien à faire (ça arrive souvent chez moi !). Mais je suis sans doute trop impatiente. J'espère la recevoir demain ou vendredi au plus tard.

Bises et à bientôt !

Ginou

Écrit par : Ginou | 24/09/2008

Bonjour Phil,

Ma semaine a été riche grâce à toi. Merci ! Je commence à arriver de mieux en mieux à faire le vide et à me concentrer, ce qui est tout nouveau pour moi. Comme je te l’ai dit, jusqu’à présent je n’y arrivais que quelques secondes d’affilée, autant pour me concentrer que pour faire le vide. L’écoute du CD d’Eckhart Tolle, alliée à ce que tu m’écris, y est pour beaucoup puisqu’il y a des exercices pratiques. C’est une expérience très enrichissante. C’est assez étrange de voir certaines choses apparaître dans ce vide qui se fait en soi, sans qu’elles aient été appelées. Et de voir très distinctement les pensées arriver puis s’effacer quand on les chasse. En fait ce n’est pas nouveau, mais je n’y avais jamais prêté attention. Une autre « vision » s’est produite l’autre soir, plus fugace que la première. Ce n’était qu’une image, un visage d’homme d’un certain âge, bienveillant, vision douce et apaisante. Il y a 20 ou 25 ans, j’ai eu une très mauvaise expérience avec un produit. Après l’avoir pris, j’ai ressenti ce vide total, mais je savais qu’il était artificiel, donc très angoissant. Toute la nuit j’ai pu très distinctement voir arriver des mots que je ne pouvais pas retenir, ils repartaient aussitôt. J’ai eu la sensation de mourir pendant de très longues heures, et celle de ne plus être moi-même sans savoir si j’allais me retrouver un jour. Fort heureusement, le surlendemain tout était rentré dans l’ordre. Mais je pense que la peur, l’angoisse que j’ai ressenties m’ont poursuivie longtemps, d’où ma réticence plus ou moins inconsciente à faire le vide, à lâcher prise, ma crainte de ne plus rien contrôler. Or, je me rends compte maintenant, de plus en plus, que c’est justement en ne s’accrochant pas, en se laissant aller qu’on gère le plus facilement l’existence, le quotidien, qu’on contrôle le mieux. Il n’y a plus aucune tension qui bloque les jugements et les actions, même dans les situations difficiles ou délicates.
Le CD de Steve Jourdain m’a permis de mieux comprendre ce qu’est l’Eveil à travers le témoignage qu’il apporte. C’est vrai qu’à l’entendre il n’a rien des sages qu’on se représente habituellement ! Et pourtant, quel sacré bonhomme ! C’est merveilleux l’amour qu’il a l’air de porter à tout le monde. L’autre fois tu me disais qu’il est bien de se rapprocher de ces personnes-là quand on a un réel désir de se connaître. Où peut-on savoir s’ils donnent des conférences, et les lieux et dates ? J’aimerais beaucoup assister à l’une d’entre elle, que ce soit celles de Steve ou d’autres. J’ai pu constater grâce à lui, qu’être Eveillé ne change pas grand-chose en apparence dans la vie quotidienne. Tu avais employé l’expression « attacher au fond de la casserole » que j’ai retrouvée dans cette émission, et ce qu’il en dit m’a permis de d’appréhender un peu plus ce que cela signifie. Tu me l’avais expliqué plusieurs fois, mais une de plus n’était pas de trop (et il risque d’en falloir d’autres). Oui, comme tu l’avais dit, c’est le détachement total, de tout, ce qui permet de ne se sentir réellement impliqué dans rien, et de passer par-dessus les obstacles sans tomber. Steve parle d’un jour où il a failli perdre la vie et où il en est ressorti en pleine forme. Son grand détachement l’a sans doute aidé, mais il faut reconnaître aussi que d’autres, qui ne sont pas éveillés, se tirent de situations critiques aussi bien que lui. Sans doute pas pour les mêmes raisons ?...
La lecture de la note « Le Rouge et le Blanc » m’a apporté de nombreux éclaircissements sur les rapports hommes/femmes et sur ce qu’ils devraient être. Cette note, il faudrait en faire un résumé et la faire apprendre aux enfants dès le plus jeune âge ! Si filles et garçons avaient conscience de leur dualité et l’acceptaient entièrement, c’en serait fini de la guerre des sexes, donc de bien d’autres ! Dans cette note, j’ai trouvé beaucoup poésie par moments. J’ai énormément aimé ces passages-là : (le témoin) « se dissout avec son objet comme l’arc-en-ciel avec le spectre des couleurs. Il est pareil au reflet du soleil sur une perle de rosée » (tout à fait à la fin du 5ème volet. Que c’est beau et bien dit !), et dans le 2ème volet : « la Déesse rouge abhorre qui l’approche d’aussi près, excepté les animaux et les enfants. Elle règne en impératrice dans ce royaume interdit aux hommes. Shiva est la seule présence qui puisse s’en approcher ; il ne surmontera l’effroi que s’il est véritablement fondu dans la Présence observante et impersonnelle, faite d’accueil et d’amour, et si la grâce le permet. L’abdication de la Déesse se produit de manière exceptionnelle, lorsque la liberté intérieure du principe féminin originel est rigoureusement respectée, consciente de ne subir le moindre dommage. Un rayon de lumière s’installe alors entre l’Inaccessible et la Contemplation ». Tout ce passage est réellement magnifique et traduit parfaitement ce qui se passe quand une femme « choisi son amant ». Je n’avais pas réalisé tout cela. Mais en tant que femme, se sentir déifiée, ou simplement penser qu’on puisse avoir un pouvoir aussi grand sur les hommes, alors qu’on n’en a pas conscience, pour beaucoup, met très mal à l’aise. Moi je le suis, en tout cas, je préfère ne pas y penser d’ailleurs, ni en avoir réellement conscience (c’est en lisant ce passage que j’ai pu comprendre ce que tu voulais dire quand tu écrivais que la femme porte en elle le pouvoir de sauver le monde). Il est assez désagréable d’avoir le sentiment de tenir les autres (les hommes dans ce cas) à distance, soit par la crainte qu’ils ont de nous, soit par un trop grand respect. On m’a dit plus d’une fois que je faisais peur aux hommes, et je n’ai jamais, ni compris pourquoi, ni trouvé cela agréable, flatteur ou sympathique ! D’autant plus que ce sont eux qui me font peur ! Mais je pense que cela vient de l’image que l’on donne de l’homme : la force physique (ce qui est généralement vrai, un homme a plus de force qu’une femme), la solidité mentale, la maîtrise de ses émotions (un garçon ne doit pas pleurer… quelle aberration !) qui le ferait passer pour insensible, et le fait qu’il serait supérieur à la femme, que celle-ci devrait lui obéir comme à un maître absolu. Mais voilà ! « Le Rouge et le Blanc » fiche en l’air toutes les idées reçues et les certitudes qu’on a depuis la plus tendre enfance. Cette note remet les choses à leur place. En la lisant, j’ai également compris que l’Eveil est à l’opposé de l’individualisme : c’est avoir la conscience pure du Tout Relié (c’est bien ça ?).
Par contre, dans le 3ème volet, tu évoques les moyens de prolonger l’existence, dans cette phrase : « il y a quelque chose de criminel dans l’expérimentation actuelle qui vise par tous les moyens à prolonger l’existence, à se passer de la femme, à créer « in vitro », à cloner les espèces, à transformer chimiquement les aliments, à refuser le corps, à manipuler l’esprit, à exclure l’âme ». Je suis d’accord avec la plupart de ces points, sauf deux. Pour la procréation assistée (je pense que tu veux parler de ça avec la création « in vitro ») certains couples n’ont pas le choix. Je crois qu’il faut se mettre à la place d’un couple qui ne peut pas avoir d’enfant pour comprendre ce qu’on ressent et ce qu’on serait capable de faire pour en avoir, surtout lorsque l’adoption n’est pas possible. Dans le cas de la fécondation in vitro on ne se passe pas de la femme puisqu’il faut prélever un ovule qu’on réimplante dans son ventre une fois la fécondation effectuée, afin qu’elle aille à son terme. Il s’agit juste d’aider la nature qui a eu « des ratés », en cas de stérilité féminine, ou plutôt (pour des raisons pas toujours expliquées), quand la fécondation naturelle est bloquée. Mais la fécondation in vitro n’est pas le seul moyen de palier à la stérilité d’un couple. Dans les cas de stérilité masculine notamment, on a recours à l’insémination artificielle avec donneur ou IAD (dans certains cas de stérilité féminine, on pratique aussi l’insémination artificielle avec le sperme du mari ; à ce moment-là le donneur n’est pas anonyme). C’est grâce à une IAD que j’ai pu avoir mon fils, mon mari étant stérile. Ce fils, c’est sans aucun doute ce qui m’est arrivé de plus beau dans ma vie, alors un petit coup de pouce à la nature n’est pas si mauvais quand on sait que sans lui mon existence aurait été bien vide. A travers l’IAD on pourrait penser qu’on se passe de l’homme, pourtant non, on aide celui qui ne peut pas, et tant qu’on ne se sert pas de ces techniques pour autre chose, ça me semble excellent.
Le deuxième point sur lequel je ne suis d’accord, c’est sur le prolongement de l’existence qui, ne me paraît pas être criminel dans tous les cas. En 1987 mon mari (encore lui) a subi une greffe cœur-poumons. Certes il est mort trois ans après, mais ce petit laps de temps lui a permis de vivre des choses qu’il n’avait jamais pu vivre, étant malade depuis la naissance, et surtout, cela a permis à notre fils de passer ces trois années avec un père qu’il n’aurait quasiment pas pu connaître si cette transplantation n’avait pas été pratiquée. D’autre part je pense qu’elle a donné un sens à la vie de mon mari. Lui qui n’avait toujours vécu que pour lui, en égoïste, a passé ces trois dernières années à aller voir les personnes qui attendaient la même greffe. Ayant été le premier greffé de ce type en France, en dehors de la région parisienne, et s’étant sorti de cette opération alors que tous les médecins le donnaient pour mort (3 jours ½ au bloc opératoire, personne ne pensait qu’il en sortirait vivant), il était important pour lui de prouver à ceux qui souffraient qu’il est tout à fait possible de survivre et de surmonter la souffrance, aussi douloureuse soit-elle, autant physiquement que moralement. Il voulait apporter un message d’espoir. Aussi, prolonger la vie peut avoir des côtés positifs quand cela a un sens. Ce qui n’en a pas, c’est l’acharnement thérapeutique sur des personnes âgées ou gravement malade quand on sait que l’issue sera fatale quoi qu’on fasse.
Que ce soit dans la greffe ou dans l’IAD, on ne peut pas voir que le côté de celui qui reçoit le don. Ce sont d’abord des actes d’amour extraordinaires, principalement venant des familles qui acceptent le prélèvement des organes d’un proche, quand on vient tout juste de leur annoncer sa mort. Quel plus bel acte d’amour quand on permet, par un simple « oui », de redonner vie à une ou plusieurs personnes dont on ne saura jamais rien ?
J’en viens maintenant à tes précédents commentaires. Tout d’abord, je te remercie pour les explications concernant la géomancie et la vision que tu en as qui, à mon sens, lui donne une « consistance » plus grande que si l’on s’en tient à la divination. Tu dis que c’est grâce à la géomancie que tu as pu prendre conscience de ta vraie nature. En quoi t’y a-t-elle aidé ?
Pour continuer dans ma lecture de tes réponses, comme je te l’ai dit, l’autre nuit j’ai trouvé un sens à ceci : « on ne peut pas déplorer que tel ait connu une existence brève », sans doute parce que je n’avais jamais accepté la mort de mon mari à 38 ans, alors qu’aujourd’hui j’aborde ce sujet en étant tout à fait détendue par rapport à cette disparition prématurée. Mais, bien qu’on ne puisse rien y changer, on ressent tout de même une grande injustice de voir partir des personnes très jeunes (et je pense plutôt aux enfants et adolescents atteints de mucoviscidose, que j’ai connus et qui ont disparu alors qu’ils attendaient la greffe qui aurait pu leur permettre de faire un petit bout de chemin supplémentaire, et surtout à leurs parents). Maintenant oui, je pense que lorsqu’on arrive à un réel détachement, on doit pouvoir le vivre en plénitude. Pour l’instant cela me paraît à peine envisageable, mais pourquoi pas ? Il doit être possible pour tout le monde de rebondir rapidement en prenant le recul nécessaire, ce qui ne doit pas empêcher d’être affecté.
Tu parles d’un abbé que tu as connu étant enfant, qui pratiquait des exercices expérimentaux tenant plus du yoga que du catéchisme. Ne penses-tu pas qu’il ait pu contribuer à te donner ce besoin d’aller fouiller plus profondément en toi, cette envie de connaissance de soi qui a pu, par la suite, aboutir à l’Eveil ? Quel âge avais-tu lorsque la Lumière s’est faite en toi ? J’ai été étonné de savoir que Steve Jourdain n’avait que 16 ans. Il me paraissait important d’avoir une certaine maturité pour accéder à cet état.
Cela m’amuse de lire que la Bible, les livres Saints, te sortent par les yeux. Je pourrais en dire autant du Petit Livre Rouge de Mao ou du Capital de Marx, ayant vécu dans ce milieu. Ce n’est pas mieux, questions « multinationales sectaires et missionnaires endoctrinés » ! Et pourtant, que ce soit la croyance en Dieu ou l’idéologie communiste, au départ « l’idée était bonne ». C’est ce que les hommes assoiffés de pouvoir en ont fait, qui est désolant. Il y a quelques jours je jetais un coup d’œil à un livre : « Lanza del Vasto – Vinôbâ ou le Nouveau Pèlerinage », et je suis tombée sur ces phrases : « ce qui est obtenu par l’épée ne peut être maintenu que par l’épée », qui m’a apporté un éclairage sur l’échec du communisme dans le monde, mais aussi plus généralement sur les révolutions, et une fois de plus sur ce que tu disais concernant les luttes sociales, surtout après avoir lu ceci : « les meneurs découvrent donc la nécessité d’armer les masses. Mais les masses sont naturellement incapables de manier les armes ; elles se retrouvent donc dépendantes de quelques uns qui sont experts en la matière… voilà comment le Régime du Grand Nombre devient le Régime de Quelques-Uns… ».
Toujours dans le même livre, les quatre caractères du Gouvernement Parfait, qui disent mieux que je ne savais le dire, la société idéale dont beaucoup rêvent :
- les Capables voueront leur activité au service du Peuple,
- les gens seront indépendants et s’entraideront librement,
- la Non-violence sera la base de leur continuelle coopération ou de leur éventuelle non-coopération et Résistance,
- tout travail honnête sera tenu en égale estime (morale et monétaire).
Pour en revenir à tes commentaires, il est assez étonnant de constater que Jésus, tout autant que Bouddha et tous les autres sages connus ou moins connus, véhiculent le même message, quelles que soient la civilisation ou l’époque dans laquelle ils vivent ou ont vécu. Il est donc évident qu’ils parlent tous de la même chose, et que celle-ci est universelle. Mais que de mal les religions ont pu faire en détournant ce message (je pense à celui de Jésus) et en précipitant l’humanité dans une vaste supercherie ! Quand tu dis que Jésus niait l’Ancien Testament, Dieu le Père, Moïse… et qu’on voit ce que l’Eglise a fait de ses paroles, de cet homme, quand on voit toutes les guerres, les massacres perpétrés de tous temps qui ont pour base un tel mensonge, il y a de quoi être effrayé, effaré. Comment autant d’atrocités peuvent-elles être perpétrées au nom d’une telle imposture ?! Ce serait risible si ce n’était pas si dramatique.
Quand tu dis : « il y a un lieu où Dieu n’est pas, c’est le cœur qui se ferme, qui refuse, qui ne cherche plus à comprendre, qui entretien l’ignorance et le doute »… et bien… Dieu ne doit pas fréquenter beaucoup ceux qui disent l’adorer, notamment les intégristes religieux. Je sais pourtant que le bien est en eux comme en chacun de nous, j’aimerais savoir par quel mécanisme il est occulté par le mal, par la folie meurtrière. Cela me déprime tous les jours de voir le monde s’enfoncer dans cette folie, sans grand espoir qu’elle en sorte rapidement.
Avant d’écouter l’émission de Steve Jourdain, j’avais beaucoup de mal à comprendre cette « irréalité de la personne et du monde qu’elle fabrique » dont tu parles souvent, son erreur d’identité aussi. Je commence à y voir plus clair, même si cela ne l’est pas encore tout à fait.
J’ai du mal à concevoir ceci : « l’Absolu n’est pas conscient par nature, il ne se connaît pas lui-même ». Par contre, je comprends beaucoup mieux ce que tu veux dire par « la véritable nature est le Vide ». Jusqu’à présent, cela me paraissait encore flou.
Tu me demandes si je ne vois pas « ce travail de vigilance de chaque instant que suscite en nous cette clarté, cette dignité face au chaos, au ravage de la tromperie généralisée qui fait régner l’imposture ». Oui, bien sûr je le vois. Ce n’est pas le sens de la vie que je ne comprends pas, mais à quoi rime l’existence de l’univers et de tout ce qu’il contient. Sans doute n’y a-t-il aucune réponse.
Pour finir, j’aimerais dire que je suis étonnée de constater à quel point mes réactions ont changé en très peu de temps. Cet après-midi une de mes sœurs est venue et je l’écoutais parler avec colère des problèmes qu’elle rencontre avec le lycée de sa fille. Il y a quelques jours je me souviens avoir été en colère aussi quand elle en parlait. Aujourd’hui je n’ai eu aucune difficulté à prendre de la hauteur par rapport à ça et j’ai pu trouver une explication à ses difficultés qui, finalement m’ont paru secondaires, sans grande importance, et ainsi la situation a été dédramatisée, tout en permettant à ma sœur de se calmer. J’ai beau être certainement très loin du « renversement vers la source » dont tu parles, et peut-être ne le connaîtrais-je jamais, mais l’essentiel est que mes réactions prennent une forme positive dont tout le monde bénéficie.
Bises et à bientôt !
Ginou

Écrit par : Ginou | 28/09/2008

Juste un oubli à réparer : je te remercie de m'avoir donné les titres des livres dans lesquels je pourrais lire les Evangiles de Thomas, ainsi que ceux de Jean Klein, Eckhart Tolle et Jean-Marc Mantel, que tu as cités chez Gérard, où tu ne pourras pas lire le commentaire que j'avais écrit puisque nous sommes passés en page suivante.

Écrit par : Ginou | 28/09/2008

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