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15/09/2008

L'ENNUI n'est pas

L'ENNUI N'EST PAS quand bien même il se permettrait d'exister. Il y a toujours quelque chose à voir qui est là, en présence, et que l'idée d'ennui suffit à occulter. Qu'est-ce qu'une idée ? C'est une image, un conglomérat de pensée(s) qui vient s'imposer en "réalité", se surajoutant à ce qui se donne à voir, "réalité" de situation dans le cas de l'ennui, mais plus généralement : objet. L'idée est un produit, une fabrication de la pensée. Voir n'est pas penser. Le mot "idea" en grec, qui signifie : aspect, est apparenté à "eidos" qui signifie pourtant: vision. Nous retrouvons donc là deux sens du mot "idée". 1°/ apparence - d'un objet - création de la pensée objectivante, concept, notion ou idée que j'ai de la chose, qui n'est pas la chose ; dans ce sens, idée peut s'écrire : idée, avec un i en minuscule. 2°/ Idée en tant que matrice de tout aspect, l'Absolu, l'Idée première, originelle (ou "Non-idée"), qui n'est plus une chose en général ni une cause sensible posée comme effet, mais la conscience de soi qui par essence n'est pas même telle mais pure Conscience, au-delà de toute dualité, et que l'on trouve chez Plotin décrite dans sa thèse de "l'Un", le Principe inengendré, chez Shankara: "l"Un-sans-second" et chez Lao Tseu et Tchouang Tseu," le Tao". L'Un, "au-delà de toute détermination" nous explique Plotin, a "surabondé", a engendré une chose indéterminée : "la matière intelligible" ou "la vie" qui "s'écoule de source", une "source absolue qui ne perd rien de ce qu'elle donne". L'Un est dénué de tout dessein, de tout agir, de toute volonté et de tout sentiment tel que cette idée de la bienveillance d'un Dieu pour sa création, mais permet à la multiplicité de se constituer en plénitude. La vie de l'Âme a moins d'unité que le vie de l'Intelligence de la vie, laquelle est encore sans commune mesure avec la Vie intime de l'Un. L'Âme ne parvient jamais tout-à-fait à réaliser l'unicité de la multiplicité qui est en elle mais reçoit l'énergie vitale de son générateur par l'intermédiaire de l'Intelligence. Pour en revenir au "voir", sous-entendu dans le mot "idée", les "Idées" platoniciennes devant leur nom à "ce qui est vu", il inclut aussi bien l'aperception intuitive et unifiante, que l'impression, et surtout le regard. Ce qui se voit dépend du regard qui n'est pas un centre. La vision est capable de stopper immédiatement toute action, toute intention. Il existe un rapport vivant entre ce qui voit et ce qui est vu. Les objets du regard voient ce qui les voit ou ce qui inconsidérément porte le regard sur eux. Il est impossible de voir lorsque l'on plonge un regard avide, préhensif, impatient, sur quelque chose. La meilleure façon de voir est d'abandonner l'acte de regarder, de se fondre dans cette attention diffuse. Voir c'est d'abord sentir, sans rien projeter, sans point de vue. Ce qui est vu est en soi mais n'est pas soi. Ce qui voit ne peut s'y perdre parce qu'il est absent. Le voir, le sentir, c'est d'abord une perception, sans percipient. Le point de vue va se servir de la perception à des fins projectives, fa mettant en branle la mémoire, surimposant des formes fictives à l'émergence sensible. La notion d'ennui est complètement fictive. Elle dénote une approche du vécu compulsive, inattentive, conditionnée par des exigences, des représentations sélectionnées par choix, des tendances à la répétition d'un connu enfermant dans des habitudes, et dont les causes et effets sont : la peur de l'inconnu, de l'absence de soi, peur de l'isolation, de la stagnation, de la décomposition, peur de mourir, peur de la mort. Tout ça sest lié et ne peut se manifester que dans la relation sujet-objet. Le sujet que s'est donné l'esprit en représentation identitaire ou en "centre", dépend d'habitudes qui elles-mêmes dépendent, se nourrissent, pour "battre leur plein" et exister, de circonstances "extérieures" particulières, sélectionnées, provoquées, aussi bien dans l'espace que dans le temps ; ce qui exclut de notre sensibilité de vécu toute un pan vivant devenu indésirable, qui va apparaître "sans valeur", dépourvu de sens, et même en adversité par rapport à cette fraction que l'on tient pour "du bon temps", cette image de moi idéalisée, que l'on se plaît à encadrer sur le buffet d'une salle à manger ou sur un poste de télévision. On a créé soi-même cette angoisse qui gémit : "je perds mon temps ! je m'emmerde !". On devient captif de cette obsession. Qu'est-on alors ? un pantin, une marionnette dont on tire plus ou moins adroitement les ficelles, un pantin soumis à la drogue du " bon temps", du spectacle à tempérament. Un pantin qui dort dans sa boîte, inanimé, hagard, lorsque la parade n'est plus d'actualité. Le ridicule de cette mise-en-scène, de cette identification restrictive, devrait sauter aux yeux !. Pour s'apercevoir clairement de cette dépendance à l'ennui et y mettre fin, il faut devenir ami avec tout ce que l'on a rejeté, ces moments "vides" considérés comme des manques, des mortifications, des instants subis, qui ont bien plus à nous apprendre sur nous-même que ceux que nous meublons. Il faut accepter de les écouter, de laisser s'exprimer totalement le champ de l'inimitié, pour nous apercevoir qu'il est constitué en fait, d'un phénomène apparent que nous alimentons, et que nous subissons, jusque dans la régression à des stades antérieurs d'évolution, hantés par des instincts prédateurs. L'ennui c'est le résultat de l'abrutissement. C'est le tourment qui résulte d'une incessante occupation cérébrale, créant de faux-besoins, objectivant un "bien-être" qui n'est pas la paix, qui n'est que compensation, addiction, car à la base de notre idée de "civilisation", nous avons installé et exploité une frustration qui ne peut déboucher que sur des satisfactions qui sont de l'ordre du défoulement. A cette compression ne peut répondre que la dépression. A cet acharnement ne peut répondre qu'une détente crispée, taraudée par la hantise de survie. L'adhérence aux images comprime le vivant, engendrant une torture intime et sournoise, une désintégration de notre être. Notre société nous leurre parce qu'elle exploite et profite de notre distraction. Distraction ne veut pas dire simplement : amusement, détente, mais : oubli, inattention, délégation, compromission, défaillance, malveillance... Nous pourrions très bien vivre en nous passant de toutes ces structures fabriquées pour le divertissement. Nous possédons en nous-même cette joie du jeu et cette richesse d'imagination créatrice. C'est gratuit. Aucune entrée payante. Aucune addiction au système de la marchandise pourvoyeur de trompe-l'ennui. Lorsque vous voyez les choses de la rigidité ténébreuse avec le regard de la rigueur lucide, vous disposez de l'ouverture du jeu qui est celle de la vie; vous n'êtes plus dupe du fascinuum de la rigidité. Il en va de même pour la plupart des activités que les gens autour de vous peuvent considérer comme contraignantes. Vous les vivez vous-même comme un jeu et vous vous apercevez que tout ce qu'ils ont pu dire n'était qu'un bruit colporté, qui donnait un poids exagéré, comme une "obésité" à ces activités. Il en est de même aussi pour un événement passé que vous gardez en mémoire et qui plombe votre façon de voir. L'esprit du jeu qui vous anime et qui réinvente la situation crée quelque chose de nouveau, casse le préjugé. A bien y regarder, la situation elle-même, étant toujours nouvelle et comportant une part d'imprévisible, participe à cette réinvention ; elle l'inspire. L'ennui, c'est ce chantage du petit moi (une image intériorisée teigneuse, égocentrique, obsédante) qui nous devance, qui ne veut pas se faire oublier. Image qui prend le pas sur notre véritable identité de présence, en ne cessant de revendiquer. Cette machinerie fonctionne en soi-même et en reflets chez les autres. ( "Quoi ?! tu ne t'ennuies pas lorsque je ne suis pas là ?!!!..." ). Le sentiment de dépossession se transforme en arrogance. L'amour n'est pas de se rendre captif de l'autre ni de se l'accaparer ; c'est au contraire l'accepter entièrement tel qu'il est, ne pas enfreindre cette liberté. Lorsque vous agissez par intérêt, vous ne pouvez connaître l'amour, ce courant d'énergie, de joie irradiante, transfigurante. Nous ne devrions jamais communiquer l'idée de l'ennui aux enfants ; nous devrions plutôt les prévenir que l'ennui : c'est une maladie, un sale truc poisseux dont sont affectés les handicapés de la sensibilité, les immatures, les clients à "la masse", et lorsque j'énonce cela, je le fais sans mépris, ne me méprenant sur la nature humaine de mes frères et soeurs victimes de l'oppression des Titans. Lorsque nous laissons cette peur de nous ennuyer nous envahir, nous faisons le jeu des Titans exterminateurs, à l'affût, prêts à nous "férer" selon l'expression du représentant de commerce ; notre désemparement nous rend contagieux et nous inoculons cette peur chez les autres. Les distractions auxquelles nous cédons en transportant de cette peur en toile-de-fond, font office de bouillon de culture. De nombreuses structures de divertissement, apparemment inoffensives véhiculent cette sorcellerie. On pourrait aussi évoquer le rire "nerveux". Dans le système totalitaire de la marchandise, qui a récupéré le rire-défouloir pour faire passer l'ignominie de son pouvoir dévastateur, non seulement de la nature, mais de toute vie et de toute conscience, s'interroger sur le rire passe pour une subversion des moeurs. Le rire-simulacre, palliatif, célébre à rebours le sentiment d'une cohérence sociale, bien évidemment manipulé puisque désormais cette apparence est aux mains des techniciens du virtuel. Il existe aujourd'hui dans les entreprises, des "stages de rire thérapeutique" censés planifier et réguler le "moral des troupes". Véritable branle-bas de "lutte contre le stress"et les dysfonctionnements inévitables causés par les conditions intensives et inhumaines du rendement. Les médecins du rire-facteur d'ordre ne tariront d'arguments vantant les propriétés biologiques et psychothérapeutiques de ces séances de "transe contagieuse" auxquelles est convié le personnel de l'entreprise, employés et cadres confondus : détente de l'agressivité, décapage des humeurs nocives, renforcement de l'action des hormones endorphines, de l'adrénaline et de la dopamine, de l'oxyde nitrique neuromédiateur, "gymnastique zygomatique" présentée comme sanitaire, pour le "bien-être" individuel autant que pour la bonne marche du système économique. Les saccades de rires fortifiant le coeur, activant la circulation sanguine, massant l'abdomen, et évacuant les tensions internes apparaissent comme meilleure discipline que le stress qui passa longtemps pour une qualité en phase avec l'impératif de rendement, mais il s'agit là d'une exploitation du rire qui relève du harcèlement, du conditionnement des réflexes, du colmatage. On vous fait rire pour mieux vous abrutir comme on vous fait faire du yoga ou de la gymnastique pour mieux vous entretenir en tant que consommateur potentiel. On érase du même coup cette capacité d'attention en vous, réceptrice d'une énergie-conscience jugée indésirable, celle qui précisément est susceptible d'éveiller, non pas seulement spirituellement mais humainement. Je ne me suis jamais ennuyé, je ne m'ennuie pas, et ne m'ennuierai jamais. L'ennui n'est pas, je suis. Tumtum

REPONSES A GINOU

Les visiteurs trouveront dans les abondants commentaires situés sous l'une de mes notes précédentes intitulée : "DESERTITUDE" , les préambules de cette réponse que j'ai décidé de publier en note, afin de faciliter la poursuite de notre dialogue. / Tumtum ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Bonjour Ginou, Il est merveilleux d'apprendre que la simple vision de la rosace du "T'ai Ki", d'où émanent le Yin et le Yang, les 4 trigrammes (ou la quaternité dialectique & métaphysique) et les figures de la géomancie, ait pu amener l'éclaircie en toi, par rapport à mes propos. C'est un mandala. Mon expérience personnelle de la Géomancie m'a conduit à méditer sur la symbolique des idéogrammes hérités d'une humanité lointaine qui les a tracés en vue de s'orienter selon des modalités concrètes d'arrangements poético-métaphysiques observés dans la nature. Les signes tracés, quels qu'ils soient, ramènent à la spontanéité du geste qu'elle met en oeuvre, les dénudant de leur carapace emblématique jusqu'à entrer en contact avec leur essence vibratoire, capable de susciter en nous le retournement de la vision vers la source de l'esprit. A travers les mouvements-mêmes que perçoit la sensibilité graphique, vient se surprendre d'une façon toujours neuve, l'harmonie géométrique d'une ordonnance intérieure, éclairée par l'esprit. comme annonciatrice d'un langage pictural allant du Soi à soi, et de soi au Soi. La paix intérieure : "une réalité à long terme" ?!... Si tu le vois ainsi, comme beaucoup d'entre nous, alors il en sera probablement ainsi. Pas demain la veille !. N'est-ce pas attendre que quelque chose d'extérieur se produise, en oubliant l'énergie qui nous anime ?... Cela évoque en moi ces mots de Jésus :"Ce n'est pas en le guettant qu'on le verra arriver !" (Jésus parlait sans cesse de l'ici-maintenant) en réponse à qui lui demandait quand viendrait "le jour du Royaume". Il ajoute : "on ne dira pas : voilà, il est ici !' ou "voilà, c'est le moment !" mais le Royaume s'étend sur la Terre et les hommes NE LE VOIENT PAS" (Evangile de Thomas - logion 113). Ces dernières précisions dissuadent de l'objectivation mentale tapageuse dans l'espace ou dans le temps, ce qui Lui donnerait un caractère éphémère, comme tout objet projeté. Les maîtres T'chan répondaient la même chose à propos du Tao. Jésus proposait comme eux de "faire de deux l'un"; c'est la conscience unitive. Ne crois pas que je sois jésuite ou taoïste; je reconnais simplement que des hommes de tous temps ont véhiculé la connaissance de soi. On ne peut que s'inviter mutuellement à vivre cette évidence que tu me dis avoir entrevue en contemplant la rosace du "T'ai Ki". Cela s'applique partout, en toutes circonstances. La conscience-présence est hors des contradictions et réactions, à partir de ce qui les contient, les englobe, les voit apparaître et se manifester en phénomènes duels et les résout en unicité. Toute identification qui par mégarde s'auto-affirme dans l'un ou l'autre camp de ces images partielles, partiales, chute dans le royaume de l'obscurité qui est celui de l'illusion mentale. La spiritualité n'est pas une connaissance dont les autres sont dépourvus, mais ils sont constamment égarés dans les rêves, absents de l'instant présent dans lequel le mental qui n'a aucun rôle à jouer, s'empare des situations qu'il veut dominer. Nous parlions de manipulations, de calculs, toutes ces choses ne peuvent se créer dans la projection onirique de l'ego. Ces choses continuent de fasciner le monde entier, ainsi manipulé, parce que l'ego a pris des proportions collectives. Au train où les choses, il se pourrait qu'une bonne partie de la planète soit anéantie avant l'arrivée de la nouvelle génération qui se trouvera obligée de retourner à la nature pour retrouver cette clarté qui procède de l'essence et qui n'est pas n'est pas à établir ; c'est faire fausse route !. Elle n'a rien à voir avec le temps. Même si je la crois recouverte de poussière, elle est toujours là, en permanence. Seulement nous sommes noyés dans les émissions mentales !. L'histoire de l'homme montre qu'il ne sait pas ce qu'il fait ; il s'est complètement perdu de vue. Si tu pouvais percevoir ce que l' être humain intégré dans sa vraie nature perçoit et ressent du monde, tu serais terrifiée, et tu t'apercevrais qu'humainement, cette présence est tout le contraire du "bloc de pierre" que tu imagines à partir d'un raisonnement volontariste, et que là où la grande majorité se noie ou se paralyse dans la terreur et la souffrance, la nature spirituelle se recueille dans le coeur, et rien ne la sépare plus de la Réalité Suprême dont elle est l'instrument. Bien sûr, si on fait le rapprochement malencontreux avec les kamikazes terroristes qui s'offrent en martyrs, conditionnés par un concept ressemblant à ce discours d'instrumentation de la Réalité Suprême, on divague, car ceux-ci sont conditionnés par une propagande intégriste qui n'a rien à voir avec la non-dualité, mais qui repose sur un dualisme et le résultat de leur abnégation est criminel puisqu'ils tuent en se suicidant. Leur "instrumentation" est dévoyée par la religion et l'idéologie. De toutes manières, nous vivons une guerre mondiale; cela affecte les plus simples niveaux de la relation humaine : le couple, la famille... Il s'agit bien d'un drame collectif. Pourquoi les hommes continuent-ils de s'enfermer dans des concepts intégristes concernant la virilité ? Parce qu'ils ont peur de la femme, de Sophia. Pourquoi commet-on la bêtise de s'identifier à ces réductions de l'homme et de la femme fabriquées par la publicité, au lieu de prendre conscience du miracle vivant de la dualité amoureuse ? Inévitablement, ça tourne au drame, aux sentiments d'orgueil blessé, à la haine, à une fantasmagorie du vivant qui ne laisse plus de place qu'à la confusion et à la violence. L'homme qui rêve, en désordre total, croit encore qu'en mesurant, qu'en pensant, il réussira à ramener l'ordre. La mondialisation amènera de terribles restrictions dans le social, consécutives à cette tricherie, ce jeu sordide. C'est seulement lorsqu'il vivra l'essence de la vie que l'homme reconnaîtra son humanité et que tout commencera à changer en lui : son cerveau, ses cellules, etc... Celui qui vit la paix la porte partout avec lui. Il est surprenant de voir comment aujourd'hui certains disent que des gens comme ça sont "invivables" et que ceux qui sont dans le désordre rencontreront des problèmes avec ceux qui sont en paix. C'est l'inverse !. C'est comme si celui qui est en paix devait revenir au désordre pour régler le problème ! Celui qui vit en paix n'est pas un terroriste, il n'est ni violent ni hostile. Il ne peut même pas être hostile à l'hostilité, ni condamner à mort un criminel car c'est pour lui un autre crime. Lorsque le psychisme finit et qu'il y a cette ouverture, ce qui suit, c'est la vie sans tourmente. Le sens de la vie est toujours présent. On est avec la nature, on perçoit bien ses rythmes, ses saisons, etc.; c'est toujours nouveau, et nous sommes avec l'essence de tout cela . Dans la spiritualité, on ne mémorise pas, on ne répète jamais, on fait corps et esprit avec l'instant vivant, et c'est plein, c'est comblé, ça rayonne, c'est incommensurable et surabondant !. Il n'existe aucune frontière entre ce que chacun vit et ressent. C'est du vécu, du concret !. Si nous réalisons cela, les mots deviennent secondaires et ne sont plus sources de disputes. Si les états le voulaient vraiment, ils se mettraient d'accord pour changer de fond en comble le système éducatif, et en quelques générations, l'humanité pourrait changer, mais personne ne le fera ; c'est de l'utopie. La transformation ne peut commencer que par l'individu. Lorsque nous commençons à bien nous connaître, un calme se fait. L'intérieur s'est ajusté et porte de moins en moins d'importance à l'extérieur ; c'est la paix. Les anciens jugements et attentes sont démasqués et cessent d'imposer leurs pressions intérieures. C'est un lâcher-prise intérieur. Le vocabulaire médiatique ignore absolument tout de la poésie que je vis, indépendamment des conditionnements qu'il m'inflige et des coups durs que je rencontre dans la vie de tous les jours qu'il ne sait qu'amplifier, que distordre dans ses concepts et jugements catégoriques. Il n'a aucune idée de la Beauté que je suis amené à rencontrer dans des situations qui lui échappent, dont il ne voit et ne comptabilise que les apparences les plus superficielles, en cédant à ce "mental de merde". Qui est encore capable de connaître l'émerveillement en vivant la gratuité, l'anodin, l'hors-scène ?... Mais méfions-nous de tout ce qui tourne autour des idées d'excrétion ; il existe aussi un terrorisme qui s'en est emparé. Une méthode d'intimidation fascisante consiste à imposer à l'auditoire un point de vue moral en le transposant aux réflexes organiques déjectifs. Sous l'influence de jugements dogmatiques, les impulsions se trouvent manipulées par une pensée réflexive unilatérale, qui va se complaire dans la salissure, l'excrétion... le champ du sensible se réduisant à ce que Ranjit Maharaj nommait : "usine à merde" (ce qui fit l'objet d'une terrible confusion de certains de ses disciplent qui en vinrent à mépriser le corps). On retrouve des traces de ce terrorisme dans les expressions (relatives au latin "cacare") dans: "faire chier", "envoyer chier", "chieur"; pour De Gaule, Mai 68 fut une "chienlit"; quand "ça chie", le désordre et la violence ont cours. "Vous me chiez dans les pompes" dira untel, excédé par l'impression qu'on en prend à son aise avec ses largesses ou encore que l'on abuse du climat de confiance qu'il cherche à imposer. Il y a aussi le proverbe biblique: "comme le chien revient à son vomis, le sot retourne à ses erreurs" (Proverbes, XXVI, II) et l'adjectif "dégueulasse" qui vient de dégueuler, de vomir . J'ai entendu récemment cette réflexion à l'entour: "Franchement, un tel a un comportement qui me donne envie de gerber !". Le seul critère que l'humanité reconnaît c'est "tous dans la merde", et plus ça pèse, plus ça fait mal, plus on a l'impression que c'est réel !... La vraie matière du monde, c'est la poésie, le chant, c'est ce qui est crée par l'intériorité profonde. Se poser beaucoup plus de questions sur l'existence de ce que tu ne voies ni n'entends, c'est signe de désir d'éveil, de prise de conscience, mais je te répète, avec certitude, que la réponse viendra en toi lorsque tu t'apercevras que Toi, l'incommensurable, vois et entends tout ce qui t'est providentiel si je puis dire. "Est-il gratifiant de passer la majeure partie de son existence à faire des gestes répétitifs (pour les personnes travaillant à la chaîne par exemple) ? Ne crois-tu pas que, dans ce cas-là, on aimerait plutôt faire des choses intéressantes, celles qui nous plaisent réellement, et dont ce travail débilitant ne nous laisse pas le loisir ? " - Bien sûr que non ! C'est une forme d'oppression, d'aliénation, subie. Privation de la nos richesses créatives. Il faut mettre fin à ces rapports inhumains d'une manière ou d'une autre. Ça n'est pas facile, mais il y a toujours des failles, des moments où l'oppression qui n'est pas tranquille est renvoyée à elle-même. L'ego se sert des gens et des situations qu'il exploite pour obtenir des satisfactions, mais il a mis le pied dans un cercle vicieux; quand il y parvient, la satisfaction ne dure pas longtemps. il est souvent contrecarré dans ses objectifs. L'espace entre "ce que je veux" et "ce qui est" devient une source d'angoisse et de contrariété. L'émotion sous-jacente qui gouverne l'activité de l'ego est la peur. L'ego passe son temps à tricher face à cette angoisse, en s'offrant des compensations. Je me souviens d'un PDG qui interprétait systématiquement la présence silencieuse comme une sorte de stratégie maligne et subversive amenant "la poisse". Il était prisonnier de cela, se consumait là-dedans. Il est devenu maniaque du contrôle, propageant un malaise; je ne pense pas que mon incursion dans ce climat épouvantable que j'ai décrit dans "Voyage à la fabrique" fut inutile; elle avait sa raison d'être, comme je pense aussi que l'on naît à l'époque précise où notre présence avec les outils de conscience dont nos cerveaux sont pourvus, à son rôle à jouer, en toutes circonstances rencontrées. L'ego ne peut pas dominer la conscience d'autrui. S'il sent que quelqu'un d'autre "en sait plus" ou "peut faire plus, et mieux", il se sent menacé. Alors il essaie de se rétablir en diminuant, en rabaissant l'autre. La société de la rentabilité économique est prise au piège dans ce malaise de l'ego , ce simulacre dans lequel elle tire profit en usant, à l'abri des regards, de procédés orduriers de magouille, de mensonges, qui sont formulés en surface sous des formes polies, plus ou moins acceptables,"démocratiques"... L'esclavage n'a pas disparu ; il est toujours là, mais un protocole fascinant bien que pourri jusqu'à la moelle et agonisant, continue de faire office d'autorité et d'être accepté comme tel par une majorité endormie dans l'ego, recroquevillée sur des valeurs particulières et donc aliénantes, sacralisées dans le bas, selon les schémas mafieux et infantilistes de l'émancipation, qui font injure à la véritable nature et à la dignité humaine. Nous vivons donc dans un monde où règne la corruption, la malhonnêteté, où toutes les latitudes et longitudes de l'évolution humaine sont condamnées par des pouvoirs de l'ego surdimensionné. Mais ça tremble, ça s'ébranle, ça se fissure de partout. On ne peut pas vivre éternellement dans le faux, dans l'égarement . Quant on vit dans le maintenant, le temps n'a aucune existence. Nous ne sommes rien d'autre qu'ouverture, totale absence, et pourtant, dans cette ouverture, il y a la Présence. La compréhension est de se savoir être cette compréhension affranchie du temps psychologique, lorsque la pensée est arrivée à son terme après avoir épuisé toutes les tentatives d' issue de cet univers de concepts et de croyances dont elle est prisonnière . Le monde n'est rien d'autre que les cinq sens de notre corps, extension dans le temps et dans l'espace de notre plénitude.

 
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