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12/06/2009

RENDRE LES « CHOSES » A LA VIE, RESSUSCITER

Je prétends que le cumul d’expériences dont la personne peut se vanter, par lequel elle s’autorise à juger, cataloguer, voire condamner, est une alénation. Aliénation de la personne, orpheline d’elle-même, qui s’est rendue prisonnière d’une image fragmentaire. Je prétends que nous ne sommes pas cette caricature de nous-même qui réduit l’existence humaine à une compétition. Cette forme de saisie du monde entraîne à la spéculation, réduisant l’être et le monde aux mesures d’une obsédante et indigne « consommation d’objets ».
Nous n’avons aucune chance de sortir de cet aveuglement destructeur si nous attendons, si nous exigeons des autres, de notre entourage, du monde, qu’ils se plient à une façon de voir que nous avons adoptée comme nôtre, à laquelle nous nous sommes pour ainsi dire identifié.
Dans un climat de compétitivité, on perçoit les autres comme des « adversaires ». On pourrait en rester dans cette idée de concourir, de mesurer ses propres capacités, au sein d’une concurrence (dont on a vite fait d’oublier hélas, le sens « concourant »), mais on compare, on jauge « l’adversité », l’ad-versus , la modalité du champ d’expérience jusqu’à trancher : en faire une alliée ou une ennemie. Et dans les deux cas on se trompe. C’est ainsi que l’on entre dans une logistique de conflit, de guerre, de violence, avec soi-même, avec les autres.
Cette saisie du monde qui divise et exclut, fait l’impasse sur l’esprit, le souffle vivant qui anime les modalités du champ. Si nous sommes totalement attentif, à l’écoute du champ et de ses résonances en nous, nous sommes amenés à abandonner tout instrument de mesure, toute intention de mesurer. Nous nous apercevons que nous sommes déjà informés, que l’esprit voit directement et parfaitement en sa propre substance, que la musique du silence est perception pure, et que la Vie en Présence n’est pas mesurable par la pensée.
Ce que nous vivons peut toujours se creuser en profondeur et en même temps s’éclaircir, s’élever en altitude et en beauté, en dignité, et nous dissuader à jamais de cette habitude de se définir compulsivement, de cette hallucination qui fait régner le désordre. Ainsi, restituer tout objet au règne de la Vie, dés-objectiver, est un acte d’amour, de reconnaissance.
Je ne suis pas digne de tout ce qui m’est donné, de ces sens, de cette corporéité, de cette existence, si je tourne le dos à cette réalité vivante dans laquelle n’existe aucune séparation entre l’existence de l’être et l’être de la réalité.
Le Désir initial d’une extériorité toute entière pénétrée d’intériorité et d’une intériorité comblée, âme de l’extériorité, ne cesse d’être exaucé dans la Vie, mais pour s’apercevoir de cela il faut être écoute. Il faut se fondre en elle. S’abandonner ; abandonner toute situation, toute mémorisation, toute intention, tout procès. Alors s’opère naturellement une transfiguration du monde, à partir du regard de l’Etre qui l’informe.

 
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