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26/09/2009

NOUVELLE DIMENSION

L'actualité nous invite à une nouvelle façon de voir, à vivre dans une autre dimension : celle de la nouveauté qui est le propre de la conscience en éveil.

La perspective qui s'annonce en épreuve existentielle est celle de la recrudescence du dilemme quantité/qualité qui confronte le besoin de ressources qui est d'ordre fonctionnel à une survie des conditions existantes, à la conscience de la dignité humaine.

Il va sans dire qu'il y a au sein de la communauté humaine, d'énormes différences parmi ces conditions d'existence et que tandis que certains passent leur temps à collectionner les voitures anciennes ou les pierres précieuses, d'autres meurent de faim, n'ayant même pas de quoi se nourrir, se vêtir, et aucun toit où s'abriter.

La majorité des gens qui travaille aujourd'hui, dans les affaires, les entreprises, est contrainte d'établir et de subir des conditions malsaines voire inhumaines, qui ont des répercussions à tous les niveaux de la vie en société.

La prise de conscience collective des années 60, qui s'est manifestée d'abord en esprit, individuellement, a été sabordée, occultée, et manipulée par un consensus de mentalités conservatrices fermées à la nouvelle dimension de l'être, métaphysique et poétique, qui s'annonçait. Ces deux mots "métaphysique" et "poétique", et ce à quoi ils font appel dans notre vécu intime, n'ont certainement été compris, à l'usage, que d'un petit nombre, la majorité s'étant avérée plus soucieuse de s'en tenir aux valeurs statiques et systématiques d'un certain pragmatisme, plutôt que d'envisager une perspective d'ouverture et de Connaissance qui, intégrée en expérience vivante, puisse trouver sa source dans la profondeur de notre être.

Le "retour en arrière", l'après-68, imposé par la résurgence des vieux schémas, n'a fait qu'accentuer le malaise dans un logistique de rétrécissement à leurs critères, en ne récupérant en simulacres que les débris, les caricatures, donnant à croire à des modes d'épanouissement et de libération tout en maintenant l'arrière-garde de la vieille mentalité dominante, à défaut d'un accueil des forces vives, initiales, de cette essence spirituelle révolutionnaire, dont l'intégration aurait pu amener une véritable transformation sociale, non plus à la dimension de l'individu, cette "constipation de l'être" comme disait Jean Carteret, mais celle de l'Etre, de la multiplicité reconnue en unicité. Bien sûr, cette dimension spirituelle du "Sans forme" ne se dimensionne pas dans les formes et ne saurait de quelque façon que ce soit se prêter à quelque "mise en forme". Aucun pouvoir personnel, étatique, politique, religieux, ne saurait se l'approprier dans cette espèce d'autisme prédateur qui tend à s'objectiver dans un immanentisme monstrueusement "solidifiant", dominé par le fascisme techno-totalitariste.

Face à ce dilemme qui n'a fait que s'intensifier et s'amplifier, il y a deux réponses possibles : celle du resserrement, du repliement défensif, réaction conservatrice qui trouve sa justification dans l'appréhension d'une situation perçue comme menaçante, privative du profit généré par les acquis et leur mode d'obtention, et qui s'enflamme en jugements arrogants, égocentrés, en accusations morales, incitant à adopter des mesures de plus en plus restrictives, tyranniques et avilissantes, et l'autre alternative qui est celle du lâcher prise, qui est une réponse d'ordre spirituel, conversion non pas idéologique ni "religieuse" comme on aurait tendance à le croire, mais qui procède plutôt d'une révélation intérieure qui guérit instantanément de cette calamité qui ne sait se figurer que dans le vil, la lâcheté, la réduction à "ça", cette image, cette "réalité ordurière", avec l'assentiment de tous, scandaleuses généralités qu'il nous faut bazarder sans attendre, car nous ne sommes pas "ça" ; la vie n'est pas "ça" ! Accès soudain à une maturité qui rend capable de s'extirper de la vieille gangue de tout ce qui pousse à se recroqueviller, à se resserrer et à s'enfoncer toujours plus bas en fermant les yeux et en ne voulant rien entendre. Maturité se donnant en ouverture, prise de conscience une bonne fois pour toutes du CUL-DE-SAC de l'opiniâtreté, de l'aberration à laquelle conduit cet attachement aliénant aux objets, à la saisie mentale, que ces objets soient représentations mentales ou biens matériels dits de consommation.

Si nous refusons d'accepter sciemment cette remise en question de la façon de voir les choses, à même l'expérience de chaque instant, par nécessité bien comprise d'une éthique favorisant l'éveil, l'élévation, dans cette dimension verticale de notre être qui veille à la qualité interne, autant de nos actes que de ce que nous abritons le plus secrètement, nous nous condamnons.

Le mouvement de la vie est transformation incessante. L'Esprit qui l'anime, n'est pas une croyance, mais une expérience qui demande à être vécue, reconnue en soi, dans son essence pure, désencombrée des concepts, des processus mentaux. Se raidir dans ses a priori n'a jamais fait que maintenir provisoirement une résistance, une fixation réactive contre-nature, isolant dans une épaisseur, une tension maladive, au mépris de la richesse qualitative inexplorée de l'éventail du sensible. Nous nous rendons incapables de voir que cette attitude même engendre la peur, la souffrance, et nous empêche de faire connaissance avec ce qui n'est ni plus ni moins que la réalité vivante, dans sa vérité de présence sur Terre et dans son essentialité même, antérieure à toutes les manigances et errements de la psyché. La dimension de l'harmonie, de la beauté, de la distinction du vrai et du faux, n'est pas une utopie, un idéalisme quelconque ; elle peut se faire connaître CONCRETEMENT à notre expérience sensible de la vie de tous les jours, si nous consentons à laisser de côté la tracasserie mentale causée par les enregistrements, la mémoire, les idées projectives, spéculatives, en prenant soin d'ouvrir notre cœur à chaque instant et nous laisser voir à partir de notre nudité intérieure. Cela ne dépend absolument pas du "pouvoir d'achat".

Cette dimension est transfigurante ; nous pourrions lui prêter la qualité "artistique" ; elle donne au monde, à la nature, une intensité esthétique inouïe, mettant en évidence une beauté et une majesté subite en certaines visions que vous n'avez plus besoin de chercher ailleurs, dans les musées ou les sanctuaires ; ce qu'elle offre à vos sens est gratuit, suscitant une vive émotion, et cela d'une façon inattendue, imprévisible, dans le cours de votre vie de tous les jours, sans besoin d'aller nulle part.

Ceux d'entre nous qui méconnaissent cette offrande de la vie la cherchent ailleurs, là où ils ne la trouveront jamais qu'imparfaitement, à l'aune et à la mesure de l'état de distraction dans lequel ils s'enferment.

De nouveaux sens qui font partie de ces facultés inexplorées du cerveau, appréhendent l'ordre de réalité qui leur est adéquat, l'intellect s'avisant de l'imposture des sens de la sensibilité antérieure, qui limitait aux sens physiques, le Contemplé se révélant n'être autre que le Contemplant.

Dans la première réponse au dilemme, cette proposition embarrassante qui met un terme à l'opportunisme de l'ingérence marchande, à l'exploitation, conduit logiquement à la condamnation, à la disqualification décrétée par un appareillage qui veut "continuer le bizness", ce qui se traduira en internement psychiatrique ou par élimination.

Lorsque se fait le constat d'échec de tous les systèmes et de leur perduration frauduleuse, on se trouve ramené d'une façon naturelle à une certaine vacuité qui prend ses distances avec tout ce qui s'avère oppressant, conditionnant, asphyxiant, et finalement mensonger. On ne "marche plus dans la combine".

Cette révolution commence en nous-même, en investiguant l'intrusion des concepts, des automatismes mentaux – hé oui : la "combine", c'est aussi investi dans la façon de voir, c'est l'image s'il y a, que je me fais de moi-même, c'est tout ce qui se superpose, tout ce qui vient entraver, salir, la Première instance de mon être – l'investigation nous dénude de tous ces affublements et mauvaises habitudes héritées de seconde main qui ne sont que des suggestions hypnotiques mécanistes utilisées par une loi du marché qui réduit l'esprit au calcul, érige l'affairisme en vertu, impose une compétitivité scélérate. Dictature de fossoyeurs, n'hésitant pas à recourir à des moyens terroristes massifs. Il faut bien en arriver à s'apercevoir, tôt ou tard, que toute cette énergie mentale déployée sans amour, qui manipule à son gré, organise, tire parti, ne réussit à produire que des traumatismes.

Le conditionnement mental sans cesse alimenté par la pub, les médias, les marchands de soupe tous azimuts, les propagandes, devient transparent, sauf pour les endormis.

On est alors en passe de changer de dimension. On est ouvert à l'inconnu qui va se révéler capable de torpiller la torpeur, car l'Esprit, c'est la Vie, c'est le miracle de l'a-causal, de Cela qui s'engendre de lui-même, de l'Esprit Saint, et Jésus voit ce monde comme un cadavre, et les marchands du temple, les scribes et les pharisiens, comme les larves qui s'en nourrissent. Lorsqu'on est dans cette nudité d'être, "revenue de tout", on n'est plus dans cette saleté, dans cet état méprisable que le mental se complait à imaginer sans se rendre compte de ce qu'il fait. On devient naturellement réceptif et on explore, on vérifie les alternatives que l'on découvre ; on expose à l'épreuve de la vie une façon de voir qui éclôt en nous, radicalement différente de celle qui a cours. Ça passe ou ça casse. Si cette vision nouvelle s'avère amener du bonheur à profusion là où l'ancienne se serait traduite en misère, c'est pour le moins une victoire en soi. Cette nouvelle dimension n'ayant plus rien de commun avec les précédentes, il n'est plus question d'utiliser les vieux schémas didactiques, prophétiques, messianiques, charismatiques… pour en parler ; ce serait maladroit, indigne et ingrat. On est donc, d'une certaine manière, tenu au secret. Tant qu'on ne maîtrise pas totalement le langage propre à cette dimension, on ne peut en parler. Les circonstances oratoires dans lesquelles la vision s'entretient ne sont pas mesurables avec les outils inadaptés du vieux monde. Il se peut que ce vieux monde soit d'ores et déjà parfaitement cerné sous toutes les coutures de son ignorance quand bien même il croit que ce qu'il croit est légitime et qu'il se croie sûr et certain de bien savoir ce qu'il voit. Si l'on voit cela, on comprend aisément le plébiscite du Silence comme meilleur véhicule potentiel de l'intuition. Mais c'est de toutes façons une gageure que de prétendre vouloir amener par quelque moyen que ce soit, autrui à partager une dimension non objective, qui lui est étrangère, qui par sa nature non objective anéantit toute possibilité d'action transmissive et même toute possibilité d'en fournir les preuves, cette communion s'il y a, ne pouvant se manifester qu'à partir et au sein même de la Source qui l'engendre intérieurement en soi, en conjonction.

On ne peut en parler, bien qu'elle puisse se manifester en parole, d'une manière indépendante de la volonté, de la personne, mais on peut vivre dans cette dimension, car elle est plénitude et en tant que telle communique avec tout, silencieusement.

Goûter ce qui se présente maintenant, immédiatement, tout de suite, sans similitude ni ressemblance nous met en présence de la dimension de nouveauté dont il est question. Aucun mot ne peut la désigner, la circonscrire. C'est l'expérience de tout instant dégagée du fardeau des représentations mentales. L'esprit est complètement vide, tout nu. Rien ne diffère de ce qui est perçu directement. Si nous avons la patience et le courage de laisser s'exprimer ce qui est perçu, la dimension d'arrière-plan se révèle, nous révélant ce que nous n'aurions eu aucune chance de concevoir ni d'appréhender à bord des mécanismes mentaux.

Continuellement instructive et révélatrice, si nous lui laissons place, la dimension vivante, sans commencement ni fin, car elle était déjà là avant nous et se fait connaître en perduration, nous éclaire et ne cesse de nous émerveiller.

Un courant va de la Source au delta, aux expressions multiples qui se manifestent. Pour la plupart d'entre nous, cela n'est pas conscient. L'enfermement dans les conditionnements n'incite pas à voir et à vivre l'expérience d'une spiritualité réelle, hors de tout dogme et de toute religion, cette expérience vivante dégagée de la pensée.

D'ordinaire, la dimension de conscience dans laquelle ce que l'on perçoit s'inscrit, se définit en séparation restrictive, sélective, conditionnée par un ressenti relié à une mémoire interprétative, constituée de codes d'adoption figés, imagés, ce qui va entraîner une impression de répétition, de normalité, jusqu'à l'écoeurement.

Au contraire, cette qualité réceptive, accueil de l'inédit, va se faire connaître joyeusement explosive, relation d'amour et d'intelligence, participant activement à l'attente de ce qui nous entoure, aidant à être pleinement un être humain, aidant ce qui nous entoure à être ce qu'il est. Mais l'ignorance ignorante d'elle-même se manifestera peut-être en explosion subite de colère, réaction de rejet catégorique, en crise, si elle se sent visée dans l'identification erronée à laquelle elle s'accroche ferme, s'y réduisant contre vents et marées, soudain troublée par la contradiction qui se fait jour en elle-même. C'est dans ces moments – car la nouvelle dimension ne met pas à l'abri de surprises, agréables ou désagréables – que se reconnaît la prodigieuse efficience du courant d'amour, hôte de la vigilance, de la Présence qui englobe tout, toutes les situations, quelle qu'elles soient.

Il n'existe jamais de séparation que celle que crée la pensée qui ignore que le réfléchissement que produit uniquement en nous, comme un investissement à nos propres fins limitées, avides, aveugles, anticipant sur la dualité qui permet à la Conscience de révéler clairement en ce qui nous concerne, par la grâce de l'intuition, la justesse quant au regard qui nous habite et que nous habitons, quant à sa pureté ou à sa ternissure dans la Lumière qui l'engendre.

Quelle que soit notre expérience du moment, la Conscience est là, bien avant le corps, précédant la fonction cérébrale ; elle n'est ni pensée ni sensation ; elle s'exprime par une fréquence vibratoire subtile qui précède toute perception, toute conception, tout agissement.

Nous sommes invités par la Vie à cette reconnaissance infiniment joyeuse : reconnaître l'Evidence, l'indiscutable, quant à ce qui s'éprouve à chaque instant. Notre nature originelle habite bel et bien cette dimension sans dimension, sans délimitation, inépuisable, éclairant toute chose, qui est celle de la Connaissance, éclosion de la lumière, rayonnant partout, du microcosme au macrocosme, en nous-même.

Est-ce cela dont témoigne la Katha Upanishad évoquant "Le Soi, enchâssé dans le cœur de chaque créature, plus infime que l'infiniment petit, plus lumineux que l'infiniment plus grand" ?

Se savoir être Cela n'est pas devenir fou, perdre la tête, sinon dans le bon sens (se passer complètement et définitivement de l'inflation mentale qui, elle, est vraiment hallucinée !).

Le fruit du yoga, du zen, de la gnose, ne dépend pas d'une quête, d'un chemin, d'une discipline, d'une manipulation formelle, superficielle, directionnelle. C'est l'arrière-plan permanent, sans finalité, qui rend libre de toute projection intempestive de "réalité" illusoire, fabriquée par une pensée ; pensée qui naît et meurt, simple apparition momentanée, de même que toute forme perçue apparaît et disparaît en nous, n'étant pas Cela qui l'observe et ne pouvant jamais être perçue s'il n'y avait pas ce connaisseur aux tréfonds de nous-même.

Cette dimension joyeuse du toujours neuf s'éprouve en pur qualitatif, en vivacité alerte, en pure Joie et en gratitude. Inconditionnée, elle ne connaît ni gain ni perte, ne retenant rien, se renouvelant à chaque instant. Il n'y a pas notion de mouvement ; la Présence contient en elle mouvement et repos. Elle accueille la discontinuité apparente à partir de notre tranquillité originelle, qui se révèle en continu, comme une valeur impérissable de l'esprit d'enfance. Une valeur intouchable, impénétrable, imperméable aux aléas de l'existence, véhicule permettant le discernement d'un régime de vie et le passage dans l'inconnu.

Une fois que l'on sait cette dimension vivante, on ne peut que lui faire confiance, car elle en sait infiniment plus que le cerveau, que l'imagination, et à plus forte raison : que la raison. Nous accordons la place qui revient de droit à la Première instance, autorité d'amour et d'intelligence qui nous informe, antérieure et infiniment plus vaste que tout ce que nous pouvons être enclin à imaginer. C'est ainsi que la Conscience s'accueille Elle-même dans l'accueil que nous nous accordons à nous-même, en nous-même, sans nous imaginer être le mental pensant et agissant.

Tumtum, Août 2009

13:07 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (2)

Commentaires

Cette "nouvelle dimension" que tu évoques me rappelle l'état d'Eveil qu'enseigne le bouddhisme...Il est communion avec le Tout, conscience de soi dans l'univers...Mais pour moi, cette expérience est une intuition présente en chacun de nous qui se révèle en dehors de la parole...faisant plutôt Silence en nous-même pour retrouver l'harmonie...

Bien à toi
Ondine

Écrit par : ondine | 26/09/2009

Bonjour Ondine,

Sûrement !.
Le Silence est la Source, la pure Conscience, radiante dans sa simplicité.
Il précède, Il n'est pas ses expressions. Il est sans besoin.
Il instruit, guérit, unifie...Il est notre plus proche.

Merci Ondine pour ton commentaire avisé !.
Phil

Écrit par : Phil | 27/09/2009

Les commentaires sont fermés.

 
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