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01/10/2009

ERREURS INSTRUCTIVES & DELIVRANCE D'AMOUR

Si vis-à-vis de l'éducation  (favoriser l'éveil des potentialités intérieures), l'enseignement (inculquer péremptoirement des notions extérieures) est une erreur, l' ERREUR, d'une façon plus ordinaire, est INSTRUCTIVE. L'acceptation de l'erreur (très peu en vigueur dans la façon de voir les choses la plus courante)  participe de l'unicité, conjoignant en nous d'une façon organique intelligente et éclairante, les deux notions apparemment contradictoires d' éducation et d'enseignement.

L'erreur est inattention, engagement illusoire dans ce qui n' EST PAS. C'est le "matériau" même de la Connaissance. Tant qu'on se prend pour « quelqu'un », le penseur, l'acteur, le contributeur, on se trompe ; et la projection en miroir nous renvoie l'image de cette usurpation. Nul n'est à l'abri de l'erreur (« L'erreur est humaine »). La prise en note de tous ces faux-pas amène naturellement à l'élimination de tout ce qui n' EST PAS. L'expérience de l'erreur est ainsi EDUCATIVE. Il y a dans le Yi-King une très belle formule à la fin de chaque sentence qui laisserait supposer une situation répréhensible : « Il n'y a pas de blâme ». Réprimer, punir, humilier, culpabiliser, sont des réactions stupides qui n'expriment que le rejet, la peur de ce qui se trouve immédiatement jugé insupportable, intolérable. Tout ce que nous faisons, c'est qu'au lieu de voir ce qui est, nous justifions par réflexe un état fictif, une croyance. Il faut savoir se remettre en cause. Le présent se renouvelle en permanence, changeant la donne, ne retenant pas tout ce qui se fige en états. L'intelligence de la vie existe !.

Je n'oublie pas que l'inauguration de ce blog s'est soldée par une erreur. J'avais présenté ce blog comme un blog "pas ordinaire" (j'ai travaillé  dans la pub, ayant été formé à créer des slogans, et cet  automatisme résiduel  m'a sans doute joué un tour !), et il y a eu tout de suite une réaction, une remarque de la part d'une interlocutrice répondant sous le pseudo de "Chat Perché" (pas un hasard ! - un chat perché est en position d'altitude, de surveillance du champ environnant). Réaction qui a donné lieu à une réflexion, une expertise. Il se peut que dans l'esprit de cette dame, le sens de son pseudo n'ait pas eu en vue le symbolisme spirituel que je lui accordai,  mais ça sonnait juste !. Et je me suis trouvé comme Oedipe devant le Sphinx. Il s'agissait de présenter mon blog d'une  manière plus convenable,  plus appropriée.  Alors est apparu soudain l'adjectif : "révélateur". Le  « TumtumBlog » naissant proposait de devenir le reflet d'une REVELATION, ouverte à toutes les instances  de l' "ordinaire", en fait : de la condition humaine que nous partageons. Proposition accordée. Oh ! ne vous méprenez pas : révélation portée par l'intuition féconde d'une expérience vivante,  révolutionnaire  en essence, d'une prise de conscience,  faisant communiquer amour et connaissance,  révélation/révolution  intérieure révélant : L'UN SOUS LE MULTIPLE. Révélation  d'une réalité organique ignorée mais tangible, concrète,  seulement masquée par l'ignorance. Dimension incréée volatilisant les dimensions, les mesures de la pensée, dimension vivante  néanmoins :  ici, maintenant,  et qui plus est : attestée  depuis l'aube des temps par des témoignages.

L'examen attentif du champ du perçu, se manifestant « au dehors » et « au-dedans » de nous-même (images, gestes, résonnance...) - en réalité, dans la Conscience, cette séparation n'existe pas -  permet d'être informé très exactement sur l'authenticité, la qualité de ce qui se donne en expression. Qui voit tout cela ? C'est la Conscience elle-même, qui invite et nous incite constamment à affiner l'attention, à éclairer, et finalement à éclore, à se révéler en nous-même. On ne peut en prendre à son aise, négocier avec soi-même, s'autoriser la moindre incartade par rapport à cette injonction. C'est une question de vigilance de tout instant. C'est le jeu mis en scène par la Conscience. On n'y échappe pas ; la tricherie si minime soit-elle, par omission ou désinvolture, provoque automatiquement la sanction. Mais ce qui est merveilleux avec  la Conscience, c'est qu'elle accepte l'erreur et redonne toujours une chance. C'est une façon de parler car en réalité elle est libre de toute mémoire, de toute comptabilité ; inconditionnée, elle se tient derrière cette mascarade faite d'ignorance. Les expressions, les images, ne sont pas la lumière qui leur donne vie. La remise en cause de la nature de ce qui voit, de ce qui perçoit éveille le sens d'une Présence-conscience  antérieure à toute forme d'existence, d'expérience transitoire,  à l'arrière-plan de tout changement. Une fois que ceci a bien été  intégré, toutes ces tracasseries  qui « collaient au fond de la casserole » n'apparaissent plus que comme anecdotiques et disparaissent. Ce que nous sommes fondamentalement, se sait ETRE,  à l'origine de toute chose, sans forme, invisible, hors de la pensée, en deça du spectacle de la création.  Rien n'est une chose ; il n'y a que la Vie qui est l'Esprit et Cela étant, je suis « créateur-créé ».

Maintenant,  il se fait cette constatation, que malgré « l'ère de la communication »,  il y a peu de dispositions réellement ouvertes à la communication,  à la mise en jeu,  à la confrontation, à la mise en fusion dans une perspective  de Connaissance susceptible de mettre fin aux illusions qui font prendre pour réel ce qui ne l'est pas. Il n'est pas question de mettre en forme l'expérience spirituelle, d'organiser quoi que ce soit ; il n'y a pas besoin d'idées justes ; il n'y en a pas. L'obsession de la manipulation est devenue  obnubilation. On voit sévir la crainte des "polémiques", la frigidité de nos représentations  bunkerisées, qui ont perdu toute disponibilité à approcher  l'Ouverture,  et à se prêter à l'aspect LUDIQUE de l'esprit, de l'esprit d'enfance, capable de s'émerveiller. Quand on s'émerveille,  il peut arriver qu'on tienne des propos "illuminés" ; on peut se sentir infiniment heureux de vivre,  joyeux, transporté par un enthousiasme,  par cette gratuité,  la poésie pure, la beauté,  la dignité de toute vie ; c'est une délivrance  d'amour. On n'est pas enfermé dans des compartiments solides, dans ces catalogues d'images réductrices, paralysantes. On n'a pas besoin de ces fabrications, de cette bondieuserie du stress, de ces constipations conceptuelles,  de ces camps de travaux forcés.

On peut se rencontrer dans cette lumière originelle de laquelle il nous reste une saveur chaque matin en nous réveillant,  et plus souvent si nous l'épousons. On peut célébrer  ce Miracle. On peut déjouer  la mystification qui le nie, rendre grâce, oui, nous libérer de la structure mortifère, ou plutôt de cet imposture qui l'habite. Vous savez : prendre conscience, ça peut amener très loin : au plus proche, à la concrétude sacrée, à l'Impensable, à la Présence, partout, en tout.

Phil . 1er octobre 2009

Commentaires

Je suis désolée que ton intervention ait provoqué le rejet...Ce ne sont pas tant tes propos que l'envahissement de mon blog qui m'a perturbée...
Nous cherchons tous la même Lumière, qui se révèle différemment...Dans cette quête, le langage poétique me parle plus que celui du "penseur", trop intellectuel pour moi...Je préfère l"illumination"de l'Art, plus instinctive et proche de l'émerveillement de l'enfance...

Ondine

Écrit par : ondine | 02/10/2009

Bonjour Phil,

L'erreur est instructive, bien sûr ! Ce n'est qu'en faisant des erreurs qu'on apprend, et la meilleure éducation qu'on puisse donner à un enfant c'est de le laisser "tout" faire (ou presque, il y a quand même des limites à ne pas dépasser, il faut bien lui montrer les dangers qu'il ne voit pas, mais c'est à lui de faire ses propres expériences). Enseigner est une erreur dont on devrait tirer les leçons si on acceptait de remettre en question la quasi intégralité des bases des rapports humains établies depuis des siècles : ce ne sont pas les religions ni les partis politiques, pas plus que les associations qui, par leurs bourrages de crânes, ont fait évoluer les sociétés vers plus d'humanité ! Bien plus ont fait changer notre façon de voir, les paroles des sages (si Monko me lisait, il chercherait Yoda), de tous temps et dans toutes les régions du globe !
Quant à ce que tu dis de la crainte des polémiques, c'est malheureusement vrai aussi, au point que les discussions les plus élémentaires n'existent pratiquement plus. Et pourquoi ? Tu dis que nous sommes à l'ère de la communication, et il me semble qu'on pourrait justement incriminer ce que l'on nous fait prendre pour telle, qui n'est en fait rien d'autre qu'un abrutissement de l'esprit –et je parle de la télévision principalement. Chacun est seul devant l'écran, passif, il reçoit une profusion d'images, de sons, d'informations, de dialogues, ou plutôt ce qu'on lui fait prendre pour des dialogues, au sein desquels il ne peut pas intervenir, donc ne pas avoir la réponse en face qui pourrait le faire réfléchir s'il avait pu s'exprimer, et l'ouvrir aux opinions de l'autre. Il fini par penser que la discussion n'est pas pour lui, qu'elle ne peut exister dans la vie réelle, il devient incapable de formuler une idée, et même d'en avoir une propre : il ingurgite celles qu'on lui impose, les fait siennes, et quand il se trouve face à un avis divergent, il n'a plus de répondant, il a peur, se croit attaqué et se ferme ou fuit.
Et il a perdu toute notion d'amusement, parce qu'il est vrai qu'il est passionnant d'échanger des points de vue différents, et même de se disputer quand on n'est pas d'accord ! Mais c'est précisément ce qui peut nous permettre de nous ouvrir et de partir à la découverte de tant de nouveautés ! L'esprit a besoin d'exercice pour ne pas sombrer dans la médiocrité et dans l'ennui, mais on ne lui en fait plus faire, ou si peu !... Et celui qui a su rester alerte et s'émerveiller de tout (ce qui est à la portée de tout le monde, à tout moment quand on le souhaite), sera vite taxé d'imbécile heureux, d'illuminé, ou je ne sais quoi d'autre ! Mais après tout ce n'est peut-être pas bien grave…
Dans ton texte, une des phrases qui m'a parue très importante c'est celle-ci : "On ne se vexe pas ; au lieu de se rigidifier dans un état d'esprit, de se momifier de quelque façon que ce soit, on prend tout comme un jeu". Ça explique tout ! Notamment qu'il n'y a aucune indifférence à quoi que ce soit !
J'aime énormément ton dernier paragraphe, et plus encore la dernière phrase. Merci pour ce texte, Phil.

A bientôt ! Je t'embrasse,

Ginou

PS : je découvre maintenant le commentaire d'Ondine à qui je dis bonjour. Très heureuse de te revoir !
Un simple petit mot : la pensée, même intellectuelle, peut très bien s'accorder à la poésie et à l'art... elle peut aussi être "prise sur le vif" et faire part de l'émerveillement ressenti devant la beauté...
Amitiés, Ondine !

Écrit par : Ginou | 02/10/2009

Merci Ginou pour ton commentaire.

oui, dans la Présence véritable, qui est écoute, ouverture, accueil, attention de chaque instant, il ne peut y avoir d'indifférence car il n'y a pas de mémorisation, c'est intemporel, et dans cette attention sans mémoire, sans ombre, ne coule que l'amour et la lumière.

Phil

Écrit par : Phil | 02/10/2009

Bonjour Ondine,

Il semblerait que l'Administration de ce blog n'autorise pas la communication de liens. Or les deux réponses consécutives que je t'ai adressées en comportaient. Je récidive, cette fois sans lien.
Ne nous désolons pas de "l'envahissement" auquel il est bien possible que nous contribuions tous, à un moment ou à un autre. Il suffit d'en prendre note.
Après réflexion, je me suis dit qu'un moment de maturation silencieuse aurait été probablement plus approprié à la suite de mon premier commentaire sur ton blog, déjà passablement étendu et "chargé", ceci afin de mieux "prendre la température" du climat ambiant.
L'Art ?...mais bien sûr, il est même prioritaire. Il faut "artialiser la nature" comme dit mon ami Raymond Oillet que je cite: "c'est la mission de l'art de nous aider à cette révolution. L'art propose une autre vision du monde, ouvertement subjective" (blog "jeudemeure" sur canalblog). Quant à l'émerveillement d'enfance de notre être,cela rejoint ce que dit Stephen Jourdain dans un petit clip video que j'affectionne, intitulé "Solo". Enfin,
je te donnais les liens d'une émission de l'O.R.T.F. (télé française, début années 70) à laquelle il m'est arrivé de me référer souvent, parce que j'y ai vu pour la première fois un être humain apparaître sur l'écran de télévision. Il s'agissait de Krishnamurti, et j'ai découvert cet après-midi que cette émission: "Les Conteurs" d'André Voisin, est visible sur le net, en 8 parties. C'est un témoignage admirable. Je regrette que la séquence où Krishnamurti, arrivant dans le studio de la rue Cognac-Jay, à l'époque, demande l'autorisation d'enlever sa veste, sous la chaleur des projecteurs. Ça faisait partie intégrante de son intervention. Ce qu'il dit m'avait littéralement bouleversé.
J'ai découvert cet après-midi sa conférence à l'O.N.U. que je n'avais jamais vue; j'ignorais même qu'il y ait été reçu.
Je te souhaite une bonne et belle soirée, Ondine.
Bien à toi,
Phil

Écrit par : Phil | 02/10/2009

P.S./ à Ondine
Dans mon commentairel fallait lire :
"Je regrette que la séquence où Krishnamurti, arrivant dans le studio de la rue Cognac-Jay, à l'époque, demande l'autorisation d'enlever sa veste, sous la chaleur des projecteurs, AIT ETE SUPPRIMEE".

Écrit par : Phil | 02/10/2009

Impossible de mettre des liens dans les commentaires, en effet, mais on peut trouver tous les liens des vidéos (et celui du blog de Raymond Oillet) à cette adresse :

tumtumblogbis.20minutes-blogs.fr

Les vidéos de Krishnamurti m'intéressent, je vais tâcher d'en voir une partie ce soir.

Bonne soirée !

Ginou

Écrit par : Ginou | 02/10/2009

Merci Phil, pour ta réponse, qui me touche, et pour ces vidéos de Krishnamurti que je regarderai avec intérêt...
Etre à l'écoute de l'autre, accueillir une pensée nouvelle est difficile tant que nos préjugés et nos peurs nous enferment...Mais là où je doute, c'est que même un grand penseur comme Krishnamurti est humain, et fruit d'une éducation...Il n'est donc pas à l'abri de l'erreur?...Alors où est la Vérité?...

Bonne soirée, ainsi qu'à Ginou
Ondine

Écrit par : ondine | 02/10/2009

Bonjour Ondine,

Le doute a sa place ; il est sain en soi. Il est l’expression d’une remise en cause. On peut aussi s’apercevoir que l’habitude de chercher une certitude, une explication, d’évaluer, en se servant de la mémoire, de manière à former un concept « sécurisant », n’est pas appropriée. Cette tension en soi-même, orientée vers la saisie, va dans le sens opposé (centrifuge) à l’émergence de la clarté, de ce que l’on cherche à « savoir », qui ne peut s’éclairer, éclore en nous que dans le relâchement de cette tension, le renoncement à toute saisie, tout simplement parce cela « se sait » déjà en nous, avant la pensée.
La vérité « se sait » en chacun de nous, mais n’est pas de nature mentale. C’est elle qui amène à reconnaître le faux, dans les projections mentales sur nous-mêmes et sur les autres, productions de notre esprit.
Voir cela éveille à une dimension de conscience qui n’est pas mentale, dans laquelle la réponse vient vous imprègner, vous combler !…

Phil

Écrit par : Phil | 03/10/2009

Les commentaires sont fermés.

 
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