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29/05/2016

DE L'INTÉRÊT ET DES INTÉRÊTS

QU'EST-CE QUE L'INTÉRÊT ?

De quoi parle-t-on ?... S'agit-il de l'intérêt particulier, d'un intérêt général, d'un intérêt singulier, d'un intérêt collectif ?...
S'intéresser, c'est d'abord éprouver un sentiment de curiosité envers quelque chose. Le désintérêt est-il synonyme d'indifférence ? il y a de fortes chances !.
Et cependant, paradoxalement, la vertu désintéressée s'exerce depuis l!indifférencié.

L'étymologie du mot "intérêt" est latine: interest (ce qui est jugé important dans l'esprit de quelqu'un, qui capte son attention). Inter-esse, il y a de l'"entre", il y a de l'"autre" et de la "stase" (se tenir) entre. Conscience de se tenir entre un sujet : moi, et un objet. Qui suis-je en telle situation d' "inter" ? Que fais-je entre ce deux ?... Je suis et il y a de l'autre, pas seulement une personne, mais l'altérité des choses qui m'environnent. Je vis, j'existe, je demeure, je me trouve, je suis témoin de, mon regard est sollicité par... Qu'est-ce que je vois ? dans cet "inter", entre, dans quelle mesure y-a-t-il une distance ?...

Interest signifie en latin : "Il importe". Qui est cet "il" ? ... qui propulse l'attention à se porter "entre" ?... L'autre ?... pas forcément puisqu'il y a mouvement de moi, transport animé de curiosité. Que cherché-je donc à im-porter (à porter en moi)? Serai-je en manque de quelque chose ?... Il s'agit d'une valeur, qualitative ou quantitative. Mais la valeur première ne se trouve-t-elle pas déjà en moi ?... L'estime de soi, l'amour de soi. Il ne s'agit nullement de me glorifier mais d'élucider en toute humilité le miracle de l'apparaître, car c'en est un !. A ce moment-là, cet autre, quel qu'il soit, n'est-il pas, si mon discernement fonctionne correctement, le reflet d'un même, d'une valeur que j'ignorais probablement ou que j'avais oubliée, et qui se révèle comme en miroir ?... Miroir de la multiplicité qui m'habite mais demeure malgré tout : moi-même. C'est un enrichissement, sans fin, car il n'apparaît de finitude de moi que superficiellement, d'une façon éphémère et qui ne saurait me définir une fois pour toutes.

Ce qui m'importe, je que j'im-porte, c'est donc du moi. Cet "inter" c'est non seulement de l'entre, mais de l'intériorité. Cette situation de se tenir entre n'est autre qu'un intermède, qu'un rapport de réciprocité entre moi et moi, rapport d'un in-fini en essor, qui me fait "passant" dans un monde contenu en moi dans lequel essentiellement, tout communique tout en conservant sa propre originalité. Mon rôle dans cet "inter" se résume, en fin de compte, à res-tituer la valeur, à la rendre tangible.

Voilà l'intérêt premier, le seul qui m'intéresse. Tout le reste, ce sont des histoires d'usuriers, d'avidité caractérielle, de fascination, des imaginations autant dévoyées que stériles, des choses qui tournent en boucle et qui finissent par s'épuiser.

 

DES INTÉRÊTS

Les intérêts très largement médiatisés, ceux qui s'adonnent à une véritable submersion de notre environnement sensoriel, par les moyens de la presse, de la télé, de la radio, dans toute information d'actualité, sont de la nature de la propagande, exercice de l'appareil des pouvoirs dotés de puissance de diffusion à grande échelle.
Ils reflètent le "bourrage de crâne", la manipulation des masses, l'endoctrinement, l'imposition de valeurs, d'idées, de croyances, par des moyens portant atteinte à l'expérience subjective, à la conscience individuelle.

Il va sans dire que ces procédés relèvent de l'imposture, d'une imposture démiurgique, issue d'une création seconde, qui se croit autonome, voire exclue de la création originelle qui anime le monde, dont elle n'a su voir ni le bien-fondé ni les ressources providentielles. Convaincue d'une absurdité de l'existence, elle se fait donc rebelle, fabricatrice de l'Histoire et du même coup falsificatrice, prétendant avec orgueil s'être "faite elle-même" (perversion conceptuelle de la métanoïa) et présenter ostensiblement ce modèle caricatural au public sous le nom glorieux de l'Homme. C'est une manipulation de l'esprit, une usurpation notoire. La créature n'est plus agente de l'intention du créateur. Ne se "sentant plus" (inféodée à ce matérialisme qui va jusqu'à revendiquer son inculture et la dépendance de sa jouissance aux produits du Marché), elle prend l'initiative d'une fabrication d'images à laquelle elle va confier le règne unique d'une exclusive réalité, d'un dogme.

Cette manipulation expose à la fascination d'une troisième personne, ou d'un concept majusculé, d'une idôle. "Il" y a, ou "Il" n'y a pas, "il" pleut, ""il fait beau" appartient au domaine du sentiment interne ou de la sensation tandis que la troisième personne est un leurre ; l'odieux grand personnage, l'ignoble "grande idée" représentée, donnée en spectacle que Jésus abhorait.

"Où il y a trois dieux, ce sont des dieux ; où il y a deux ou un, moi, je suis avec lui" (Evangile de Thomas - logion 30).

"Ils", les dieux, mystification. Il y a besoin de deux, de la dualité, de la gemellité, pour se connaître en unité. Les "ils": vapeurs humaines, embrouillantes, truqueuses. Ce sont des voleurs ; c'est de l'intelligence créatrice dérobée, exploitée en sous-main. D'où l'injonction de procéder en soi-même à cette impérative rectification, le "rectificando" de l'Alchimie, qui permet de trouver la "pierre cachée", et chez Jésus, de rétablir la présentation initiale du monde.

Restauration transfiguratrice. "Quand vous ferez (...) une image à la place d'une image" (logion 22), clé de la compréhension libératrice.

Je ne suis pas déterminé par l'espace-temps, livré à l'esclavage des événements et des contingences. Je suis responsable de cette découverte qui me révèle, moi, créateur de spatialité et de temporalité. Transmutation, transfiguration qui "sépare l'épais du subtil". Je me tiens au commencement.
Et cependant, je ne crée rien qui ne soit déjà en création initiale, mais je ne peux nier ce sentiment d'avoir affaire à du faux, du trafiqué, lorsque j'en rencontre, que ma condition à la fois humaine et divine laisse transparaître dans la matérialité même des images (ou la lumière se cache). La lumière est toujours cachée par l'opacité des conditions de sa propre manifestation.

Transfigurer le réel en réalité, l'essence du réel et l'existence de la réalité, passe par ce geste dans lequel la donation s'accorde à elle-même en totale légitimité. Si ce sentiment profond ne nous effleurait pas, la manifestation d'une lumière cachée demeurerait à jamais dans l'invisible, et ne pourrait même pas se concevoir.

La multiplicité décryptée, transfigurée, par cette métanoïa évoquée dans la dissertation précédente, se trouve transformée en arborescence d'unité, infinie. Les "figures" deviennent potentiellement "apparaissances", mot inventé par Raymond Oillet, "de l'Idée d'Un Seul appliqué à sa réflection : sans raison ni prix".

 

Les véritables enjeux de l'actualité :

- D'un côté, la menace obscurantiste grandissante, satanique, des forces obscurcissantes qui nient la conscience, ou la détournent en la réduisant à un mécanisme neurologique. Révolution "technologique", impérialisme du Marché, qui veulent imposer une image déshumanisée de l'être humain. et de l'autre :

- La révélation/révolution de la lumière, qui s'effectue intérieurement en soi.


Deux côtés qui s'affrontent d'une façon accélérée.

Le premier ou plutôt celui qui veut passer en priorité, de force, selon sa devise de "gagner", est doté de tous les pouvoirs de l'ingénierie capables de destruction de la matière. Trafiquant d'armes, de concepts, d'être humains considérés comme interchangeables, négociateur invétéré, il se croit libéré de toute morale.
Le second qui en réalité est la première personne, extraordinairement humble et sacrée, vit l'expérience métanoïaque décrite par Jésus avec une précision inouïe dans l'Evangile de Thomas, et qui n'a jusqu'alors été comprise que d'une minorité.
D'autres témoignages lui font écho dans d'autres traditions spirituelles.

Pour la dictature du Marché, le libertaire ou plutôt : celui qui ne peut mettre en doute la vérité de l'esprit pur, en ayant vérifié par lui-même la réalité vivante et efficiente, a tôt fait d'être considéré comme un schizophrène.
La statégie dictatoriale consiste à manipuler cette "schizophrénie" décelée chez lui, à l'aide de stéréotypes très grossièrement identifiés dans le contenu apparent, la "devanture" ou la "vitrine" des "datas" récoltés. C'est bien pourquoi l'intelligence artificielle est absurde, inhumaine et auto-destructrice. Mais il n'est possible de s'en apercevoir à l' évidence que par cette aperception surgissant au creux de l'interrogation décrite dans le premier chapitre ("Qu'est-ce que l'intérêt ?).

 
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