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16/12/2008

HOMMAGE A THEO LESOUALC'H

Théo Lesoualc'h faisait partie des poètes essentiels de la Beat Generation en France, qui rappelons-le fut OCCULTEE. Je vous invite à venir en lire un résumé historique sous forme d'un article intitulé: LA BEAT-GENERATION EN FRANCE (1967) HISTOIRE OCCULTEE (catégorie: Histoire), en 7 chapitres, sur mon blog "TumTumBlog" (20minutes.fr), Son roman "La vie vite" fut en synchronicité avec le "Sur la route" de Jack Kerouac. Outre sa participation à la revue MAI HORS SAISON de mon ami Guy Benoit, il collabora aussi à REVOLUTION INTERIEURE reprise en mains par Daniel Giraud, et je me souviens qu'il m'avait envoyé un texte pour le numéro "zéro" dont je fus l'initiateur (tiré sur stencils). Le petit cahier "Premier geste d'avant l'aube" est un recueil de gemmes extirpées en "connaissance du matin", véritable diamant de poétique vivante. Dans son texte "Théatre de l'invasion. Le présent total" (publié par "Révolution intérieure") il écrit: "Le présent est pour moi la seule réalité. Contre cette civilisation utopique du béton et de l'électronique. Contre l'homme-colonisateur né avec l'impérialisme romain, il y a deux mille ans. Contre une planification muette vouée à la lâcheté humaine et contre-Nature". Dans ce texte, il évoque plus loin "un trouble fondamental de l'Etre qui est celui des âges les plus reculés des mythes. Que la vanité primaire de notre civilisation aliénante et comprimée par son malaise, ne peut réduire, malgré toutes les répressions, car ce trouble émane des profondeurs les plus souterraines de l'humain. C'est le même trouble qu'expriment les bas-reliefs maya, les rituels chamaniques. Ce même trouble qu'Artaud décodait dans les envoûtements de la danse balinaise et qui ressurgit aujourd'hui dans toute une expression nouvelle qui échappe à la culture officielle, comme les poèmes de Ginsberg, les récits de Burroughs, la musique de Jimmi Hendrix, etc...". Le "grand frère" Théo n'est plus ; il EST, à jamais. Phil Dubois

11:44 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (3)

08/10/2008

DIALOGUE

DIALOGUE ENTRE NARASIMHA SWAMI & RAMANA MAHARSHI (extrait) "RM- Comment ressentez-vous ce "je suis", là, tout de suite ? NS- Comme une personne assise ici parlant et écoutant RM- N'est-ce pas votre corps qui est assis, pourvu de la capacité de parler et d'écouter ? Seriez-vous ce corps ? NS- Ne le serais-je pas ? RM- Qu'est-ce que votre corps, sinon des mains, des jambes, des yeux, un nez, etc... Etes-vous des mains ? Ne pouvez-vous pas exister sans vos mains ? NS- Evidemment que si, je ne suis pas dans mes mains RM- Pour cette même raison vous n'êtes pas vos jambes, votre nez ou vos yeux. NS- C'est exact. RM- Si vous n'êtes pas ces parties, vous n'êtes pas non plus le corps dans sa totalité. NS- Comment cela ? RM- Ce qui vous appartient, que vous possédez, n'est pas à confondre avec ce que vous êtes. N'est-ce pas vrai ? NS- Si, apparemment. RM- Vous disiez "mon corps". Il faut donc en déduire que le corps est en votre possession ? NS- Oui, il semblerait, bien que je ne saisisse pas qui est ce "je" qui le possède. RM- Le propriétaire, c'est-à-dire vous, doit en conséquence être invisible. N'existerait-il pas d'entités invisibles ? NS- Si, il en existe, il y a les fantômes, les esprits. RM- Alors vous pourriez être un esprit ? NS- Comment un être vivant pourrait-il être un esprit ? RM- Quand pourrait-il l'être ? NS- Après sa mort. RM- Et durant sa vie, où son esprit se tient-il ? NS- Il doit être en liaison avec le corps vivant ou demeurer en lui. RM- Qu'est-ce qui distingue l'esprit et le corps, la matière vivante et la matière morte ? NS- Je suppose le fait que l'esprit est quelque chose de subtil, le corps quelque chose de plus grossier et que l'esprit agit sur le corps. RM- Donc, ni le corps, ni les sens, ni la respiration et autres fonctions vitales, ne constituent l'esprit, qui est vous-même, votre "je". NS- Non, ils ne sont pas le "je". RM- Lorsque vous pensez au "je" ou que vous en parlez, que ressentez-vous comme faisant partie de vous ou de votre esprit ? NS- Les gens disent que l'homme a un corps et un esprit. Si je ne suis pas un corps, je suis donc un esprit. RM- Qu'est-ce donc que cet esprit ? De quoi est-il constitué ? NS- Je ne saurais le dire. RM- Quand vous faites référence à votre esprit, quelle idée avez-vous dans la tête ? L'esprit n'est pas un tronc pourvu de membres, d'une tête et d'une voix, si ? NS- Non. RM- Vous avez un organe plus subtil que ce corps de matière qui vous sert à vous exprimer. Pourquoi parlez-vous en ce moment ? NS- Pour exprimer les pensées et les idées en mon esprit. RM- Les pensées et les idées sont donc le contenu de l'esprit et forment ensemble l'esprit. NS- Oui. RM- Les pensées et les idées sont-elles de la même espèce ou bien se suscitent-elles mutuellement ? NS- Je ne comprends pas. RM- Voyant une personne, quelles pensées vous suggère-t'elle ? NS- Je crois voir une forme pourvue de certaines qualités, comme la gaieté, la petitesse, etc... RM- Comment savez-vous que ces appréciations sont vraies ? NS- Pour les avoir déjà rencontrées dans le passé. RM- Par conséquent, il y a des sensations brutes que vous vous empressez de comparer avec des impressions analogues que vous avez eues dans le passé. Cette fonction n'est-ce pas la mémoire, la capacité de comparer et de juger des similitudes ou des différences, une capacité plus élaborée que la simple réception d'impressions ? NS- Oui. RM- C'est une deuxième fonction qui a pour nom intellect ou buddhi. Des deux, laquelle est supérieure à l'autre : la sensation ou la pensée, ou alors l'intellect ? NS- L'intellect guide, organise et maîtrise les pensées. Aussi c'est l'intellect (buddhi) qui est supérieur aux pensées. RM- L'intellect peut donc être considéré comme une sorte d'enveloppe intérieure, un noyau, du mental. Pouvez-vous penser à un autre noyau dont buddhi serait l'enveloppe extérieure ? NS- Mon esprit est incapable de pénétrer dans de telles régions mystérieuses. RM- Même maintenant que vous avez pénétré en cet esprit, que vous avez prononcé le mot "mon esprit" ? Dans ce terme vous avez inclus les pensées et l'intellect, n'est-ce pas ? NS- Oui RM- En disant "mon intellect", quel rapport voyez-vous entre vous et l'intellect ? N'est-ce pas celui existant entre un propriétaire et son bien ? NS- Peut-être que oui, mais la chose n'est pas claire à mon intellect. RM- Est-il pareil tout le temps, est-il le même pour vous et pour les autres ? NS- Non, il change, et il est différent de celui des autres, notamment en ces instants où je ne suis pas d'accord avec eux. RM- L'intellect est-il de même degré ou qualité pour tous, quel que soit leur âge, ou leur instruction, ou leur santé ? NS- Non. Pour un bébé il est très réduit. Les personnes plus âgées ou instruites en ont davantage. Les malades aussi ont parfois un intellect plus réduit. Pour les personnes très intelligentes il est très développé, alors que chez les fous, les alcooliques et les sots il est pour ainsi dire inexistant. RM- Chez les fous, ou est-il ? HS- Il est masqué ou détruit. RM- Ne peuvent-ils pas le réintégrer un jour ? NS- Certains, oui. RM- Comme l'on reprend possession d'un bien volé. Donc, il est votre bien, qui peut être amélioré, sujet à changements, pouvant être détruit, et pouvant de nouveau vous être rendu, à vous qui en êtes le possesseur ? NS- Oui. RM- Bien, l'intellect ou buddhi est votre propriété, seulement, ce n'est pas vous ? NS- C'est exact. RM- Alors qu'êtes-vous ? NS- Je suis incapable de le découvrir. RM- Vous voulez dire que votre intellect ne vous montre pas qui vous êtes. NS- C'est cela. RM- N'avez-vous pas d'autres facultés hormis l'intellection ? Pourquoi ne pas voir ? NS- Où dois-je regarder, que dois-je voir ? RM- Regardez en vous, regardez-vous. NS- Mais comment pourrais-je voir ce qui est invisible ? RM- C'est à vos yeux de chair que cela est invisible. NS- Mais ce sont les seuls yeux que je possède, non ? RM- Il y a votre "je". Regardez avec lui et demandez-vous "Qui suis-je ?". NS- Mais comment pourrais-je voir mon "je" ? RM- En parlant de ce "je", n'êtes-vous pas conscient de quelque chose ? NS- Si. RM- Cette conscience n'est pas une conscience s'exerçant sur des objets, donc c'est autre chose, obligatoirement ? NS- Comment cela ? RM- En réfléchissant à un objet, vous êtes absorbé par cet objet et transformé - vous devenez cet objet§. A ce moment-là vous ne réfléchissez plus au "je" mais à l'objet. N'est-ce pas vrai ? NS- Si. RM- Maintenant si vous écartez l'objet, que reste-t-il ? NS- Rien. RM- Mais au moment où vous perceviez l'objet, il y avait d'un côté l'objet perçu et de l'autre vous-même, l'entité percevant. NS- C'est exact. RM- Si vous écartez l'objet, que doit-il rester ? NS- Logiquement, mathématiquement, le sujet. Mais en fait ce n'est pas le cas. Sitôt que j'arrête de réfléchir aux objets, le mécanisme de la pensée disparaît. Le "je" ne reste pas tout seul. RM- Vous avez partiellement raison. Le notion intellectuelle et relative du "je"-sujet n'a pas d'existence en dehors de son pendant, l'objet. Le sujet et l'objet naissent ensemble et disparaissent ensemble. Le je en tant que première, deuxième ou troisième personne apparaît dans la conscience puis disparaît. Mais n'y a-t-il pas de conscience différente de cette conscience intellectuelle ? NS- Je n'en vois pas. RM- Votre intellect est-il présent dans le sommeil profond ? Dormant profondément, percevez-vous des choses ou objets, comparez-vous, mettez-vous en contraste, vous rappelez-vous des choses ou objets et les jugez-vous ? NS- Non, il n'y a pas d'objets auxquels je puisse penser ni de jeu intellectuel. RM- Et pourtant, vous l'aviez admis, vous étiez heureux ? NS- Oui. RM- Qu'est-ce que ce sentiment global, ce bonheur indépendant des objets ou pensées, ce sentiment ou conscience auquel l'intellect n'a pas part ? Vous avez déjà découvert qu'il est dans la nature du "je", du Soi, d'être heureux ; c'est en lui que vous trouvez le bonheur, une fois l'intellect transcendé. L'on peut en conséquence conclure que "je", "Soi" et "bonheur" sont une et même chose, ressentis en tant qu'unité, bien que l'intellect ne les perçoive pas comme tel. NS- Je suis maintenant convaincu qu'il doit en être ainsi, mais je n'en ai pas clairement la perception. Je ne ressens pas ce bonheur inconditionnel ou absolu au-delà de l'intellect. RM- La raison en est votre longue habitude de penser à vous par rapport à des objets, de vous identifier avec des objets, ce qui vous a empêché de vous voir de la façon venant d'être énoncée. Vous avez constamment fonctionné avec votre intellect et jamais avec votre intuition. Si vous renversez cette tendance et allez vers la vision profonde, intérieure, écartant toutes les images extérieures et vous retirant dans le sentir intuitif, dans la pièce obscure de votre esprit, vous saisirez votre vraie image. C'est cela le réel, la réalisation, le "réalisateur" ou le Soi - Celui que les mots sont incapables de décrire, qui est hors d'atteinte du mental, et que l'on évoque par des mots qui le décrivent, c'est à dire sat-chit-ananda, existence ou réalité, conscience ou illumination, et béatitude".

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04/10/2008

MAI HORS SAISON n°15

J'ai déjà mentionné dans mes notes intitulées "La Beat Generation en France (1967) histoire occultée" (7 notes que vous trouverez sur ce blog, publiées le 04.06.2007), l'excellente revue poétique : MAI HORS SAISON, créée par Guy Benoit en 1969. Je viens de recevoir le n°15 (septembre 2008) dont l'illustration de couverture est une photo prise par un poète MAJEUR de la Beat Generation française: Théo Lésoualc'h. Elle représente l'inscription "NON, NON" taguée sur un mur, qui traduit bien notre indignation face à la "fin de l'être humain", "l' immonde" (tel que l'appelle Paul Chamberland) dans lequel ne se manifestent que la dureté de coeur, l'indifférence techno-gestionnaire, l'obscurantisme délibéré proféré par la barbarie de la violence économique ordinaire. Le verso de couverture nous rappelle la liste de tous les poètes qui ont participé depuis1969 à aujourd'hui, à cette expression vivante de la "révolution/révélation" qui s'affichait en titre du n°11, initialisée par Daumal et Gilbert-Lecomte (Le Grand Jeu) et que nous rappelle en substance Serge Sautreau, à travers un texte sublime, d'une brûlante actualité, intitulé: "La forge", et dont je ne peux m'empêcher de vous livrer de larges extraits : "Tout le monde sait, depuis toujours, que le fric pourrit tout : il n'a jamais étalé sa puissance ni exercé ses ravages avec autant d'âpreté qu'en ce début de vingt-et-unième siècle. Même les esprits très peu portés à la critique du capital se prennent à contester ce règne de mépris et de terreur sociale qui ne rêve que commerce et profits aggravés" - "Arc-boutés sur des hostilités circonstancielles parfaitement fondées mais inaptes à l'approfondissement du phénomène religieux, les révolutionnaires historiques ignorent, ou ne veulent pas savoir, ce que pourrait être, ce qu'est peut-être bien L'ESPRIT. L'expérience intérieure les prend à contre-pied. Ils y voient un leurre ou un piège. Au pire un truc de curé. Au mieux une lubie de poète. Voilà comment on fait de sa propre énergie un succédané du trop célèbre opium du peuple! C'est pourtant là que se cache l'essentiel, là concrètement là que le peuple respire en chaque individu, là d'abord, dans cette révélation de la société du dedans, dans cette décision intime de refus et de refonte, que se trame l'émancipation. Celle-ci est de l'ordre de l'amour, et même de l'amour fou : du coeur mystique à l'état brut, voilà QUI GÊNE". - "Il ne faut pas laisser la métaphysique aux réacs !" cette exclamation du poète Guy Benoit (...) n'en a pas fini de ses perturbations. La révélation est l'extrême pointe de la raison. Elle surgit en RAISON ARDENTE. De nature spirituelle, elle ne doit rien à aucun dogme : elle les précède tous. C'est d'elle que les religions prétendent tirer leur validité. C'est à elle que, sans cesse, elles parviennent à tourner le dos".- "La révolution exige davantage d'audace qu'une main en visière sur une trouille de gros bras. Elle ne redoute ni l'angle ni l'oblique. L'invisible ne lui fait pas peur ; elle y séjourne à longueur de siècles. Rien de ce qui se joue dans les coursives de l'entendement ne lui est étranger. Les dieux et le dieu des dieux s'agitent dans son dos lorsqu'elle visite les peuples. Elle casse les coutumes de l'exploitation : elle ravit, libère et accomplit tous ces dieix et ces peuples. Elle tue le Bouddha comme il demande à l'être si l'on veut le rencontrer". -"Ils ont cessé de la troubler ou de la faire rire. Elle sait ou elle en est avec le nord. La situation de l'esprit n'a rien d'un théâtre d'ombres - c'est un gouffre et elle y vit. Lorsqu'elle remonte au grand jour, il lui revient de vaincre avec ceux du gouffre, avec leurs plaies, avec leurs espoirs, avec leurs mirages. Exigence terrible et simple : à propos du volume, de la clim' et du plan de vol planétaires...Alors la révolution se voit : elle agit. On ne la perçoit que lorsqu'elle agit, justement. Le reste du temps, sous l'aile de la pensée, peu la devinent". - "Ceux qui croient ne croire qu'à ce qu'ils voient ne sont pas près de la voir. Justice, ah justice !... Tant de cécité volontaire au sujet d'un fait qui crève les yeux, évidemment... L'impérialisme du solide a fait son oeuvre, mais toutes les paupières ne s'arment pas de plomb. La révolution est une transparence qui tend à devenir visible". - " Oui, l'Eden est en bas, dans le foyer, dans le brasier originel, dans notre sol profond, dans l'insondable instant. L'Eden? L'immanence d'ici toujours. L'utopie ? La transcendance de maintenant qui vient. Ainsi, du brasier au soufflet en passant par les flammes, une verticale, à la fois creusante et ascendante, relie l'Eden à l'utopie. Ceci n'est pas un décret, mais une vision. Il ne dépend que de l'intuition de chacune et de chacun d'y voir rôder le secret de la forge. Cette verticale travaille le peuple comme le tisonnier éclaircit le mâchefer". - (en note:) "la république n'est pas la propriété du capital. Par les temps qui courent, ce dernier, tout en affectant des protestations de républicainisme sincère, en est plutôt le fossoyeur. Non : depuis 1972, il est clair que république signifie, au moins idéalement et comme voeu pieux et inexaucé, AMIE DU PEUPLE plutôt que POMPE A FRIC. C'est donc dans son principe, dans son essence d'AMIE DU PEUPLE que j'aime à la considérer". - "Mise en face du pôle REVELATION, la bourgeoisie ne tient pas la route. a y regarder de près, cette même bourgeoisie n'a pris le pouvoir qu'en sabrant une révolution dont l'impulsion venait d'ailleurs: des lettrés, de l'aristocratie émancipée et du bas clergé, relayés puis dépassés par le peuple dès que celui-ci eut perçu le sens de ce qui se jouait: dès qu'il s'en donna la révélation. A l'affût de tout profit nouveau, la bourgeoisie entra en scène pour contrôler le mouvement, pour en stopper la course au point qui lui convenait : de la révolution, elle ferait son affaire. Mais de la révélation de la dignité du peuple comme de toute révélation, la bourgeoisie n'en a cure : la révélation est "sans intérêt"; elle n'ajoute aucune plus-value à la production ni à la circulation des marchandises, elle surgit comme une incongruité dans le champ, étroitement circonscrit à la qualification matérielle, d'une économie où aucune autre place que le calcul n'est réservé à l'activité de l'esprit. Rien n'est plus étranger à la bourgeoisie que la possibilité d'une transcendance, et elle ne s'accommode des dogmes religieux que dans la mesure où ils oublient de condamner ses trafics, ses commerces et autres escroqueries - que dans la mesure, aussi, où ils se donnent comme éteignoirs des désirs du peuple et non comme sources illuminatives, comme incitations à l'expérience spirituelle immédiate, qui est libération. Mais Monsieur Jobard, actionnaire et champion boursier, l'Eden, Halladj ou Lao-Tseu, c'est de l'hébreu sans dividendes : aucun intérêt, oui, et dangereux pour exploiter et spéculer à l'aise !... A l'opposé de l'habituelle et trop commode vulgate, il se pourrait que la bourgeoisie, en tant que classe, n'ait jamais été révolutionnaire, mais seulement opportuniste. Experte en marchés noirs sous n'importe quelle Occupation, elle n'a jamais failli à ses détestables habiletés".- "Il y a eu, il y a encore des peuples, hélas... et qui ne s'efforcent pas nécessairement d'aligner leurs destins sur les contorsions des maîtres. Le tremplin spirituel leur est plus familier que les hystéries de Wall Street. A ceux-là, on ne fera jamais gober que la république doive se plier à la dictature des conseils d'administration, ni la démocratie aux impératifs de rentabilité financière. A ceux-là, on ne fera jamais respecter des hommes qui ne savent rien faire de leurs mains, ni de leur pensée autre chose qu'un rente. A ceux-là, le naturel de la révélation apparaît : hors chiffre, plein coeur." On trouvera également dans ce numéro 15, de précieuses révélations de la part de poètes (Guy Benoit et Jean-Pierre Begot) qui furent mobilisés en "appelés" à la guerre d'Algérie. ("Extraits d'Algérie/1959-1962" ). A cela, on pourrait rappeler ces mots de Paul Chamberland ("En nouvelle barbarie" essai, Ed.Typo, Montréal, Quebec): "Le poète aussi fait le mort en chantant. Et cela, les habiles, les agités, les bruyants, le traduisent ainsi : en voici un, parmi nous, qui est dépassé par les événements, qui n'a pas pigé, qui s'est fourvoyé et qui raconte des histoires à dormir debout. Mais que faire d'autre que de supporter sans s'émouvoir ce complet non-entendu, puisqu'il vaut mieux éviter le malentendu." et ailleurs dans ce même ouvrage, qui est capital, historique, et bien plus actuel que tout ce qui se publie chez nous depuis une décennie : "La sphère du spirituel est désormais si difficile à reconnaître qu'elle paraît purement illusoire. Car l'exigence spirituelle entre en conflit ouvert avec la réalité contemporaine, qui est produite et reproduite selon les dispositifs et les critères de la technoscience. En ses présupposés, la technoscience est foncièrement extérieure au sujet puisqu'elle compte pour rien ce qui n'est pas reproductible et communicable en tant que données ou informations assimilables à des opérations de calcul ou de procédures d'expérimentation. Son projet ultime est celui d'un environnement entièrement "processé" et façonné selon les paramètres qu'elle établit. Ce qui implique inévitablement la visée d'une programmation exhaustive des comportements : un anthrope synthétique, prédictible; une momie, LE CADAVRE IMMORTALISE DU VIVANT, "EN FORME ET EN SANTE". Paul Chamberland qui participa à plusieurs reprises à "Mai Hors Saison", malgré ses décorations et promotions culturelles au Quebec, eut le courage d'énoncer bien haut et fort, ces dernières années, ces mots : "ON CHIE SUR L'ESPRIT !... ET TRES OFFICIELLEMENT - DANS LES MINISTERES, DE LA CULTURE, DE L'EDUCATION, DE LA SANTE: LA, LES HUMAINS SONT TENUS POUR DE SIMPLES P A R A M E T R E S D E L A F R E N E S I E P R O D U C T I V I S T E ".

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