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08/07/2008

JOHNNY OTIS

/// Johnny OTIS, Fan de Big Bands devenu Parrain et Pasteur du Rock'n'Roll Noir /// Johnny OTIS, artiste complet: musicien, animateur de radio (D.J.), politicien, prêcheur, journaliste, écrivain, peintre, sculpteur, cartooniste, fermier, fabricant de jus de pommes, récemment auteur d'un livre de recettes de "soul food"... est à lui seul une encyclopédie de la Musique Noire américaine. Fils d'émigrés grecs, élevé dès son enfance au sein du ghetto Noir, amouraché du swing des Big Bands, il se lie très vite d'amitié avec les musiciens de son entourage et s'intègre malgré sa couleur de peau à cette communauté dont il va défendre toute sa vie, avec acharnement, les valeurs créatrices et les droits civiques, s'inscrivant par-là-même en exemple d'exception dans l'univers ségrégationniste américain. "Je décidai que si la société nous imposait d'être noir ou blanc, je choisirais d'être noir". On le cite souvent à juste titre comme un pionnier du Rock'n'Roll. Après avoir débuté comme batteur, il participe activement et encourage au développement des valeurs de ce Patrimoine Culturel Noir, sur la Côte Ouest, puis dans le monde entier. Sa vie fait preuve d'un dynamisme extraodinaire, révolutionnaire, mis au service de la musique que nous aimons et des valeurs humaines qui l'accompagnent, évoquant les génies d'autrefois, qui multipliaient les facettes de leur art. UN FAN DE BIG BANDS Né à Vallejo (Californie) le 28 décembre 1921 dans une famille d'émigrés grecs: les VELIOTES, trouvant refuge dans le ghetto noir de Watts (Los Angeles), cohabitant avec les dockers noirs qui travaillent sur les chantiers navals, Johnny est témoin dès sa prime jeunesse de la mortalité infantile, des conditions de vie de la communauté noire, des émeutes, et de tout l'arrière-plan dans lequel est apparu le Jump-Blues à Los Angeles. Bien qu'il ait connu le Blues "old-timey" à West Oakland, ses goûts le portent vers la musique orchestrée et inventive de Count Basie, Duke Ellington, Jimmy Lunceford, passion qu'il partage avec Rudy Jordan, son copain d'enfance. Les deux fans invétérés se retrouvent au "Slim Jenkin's Art Deco Club", et Johnny apprend la batterie en autodidacte, adopté dès 1939 par Count Otis MATTHEW, pianiste de Boogie-Woogie, dans ses West Coast Houserockers. Ce n'est qu'un petit combo nanti de deux cuivres, mais c'est précisémment vers cette formule que se rabattent à l'époque, ne trouvant plus d'engagements, les grands orchestres qui font son admiration. Avec son ami le saxophoniste Preston LOVE, Johnny joue aussi dans les Big Bands de Lucky MILLINDER, Count BASIE. En mai 1941, il se marie avec Phyllis, une jeune femme noire qui restera son épouse toute sa vie, et joue fréquemment avec les "Territory Bands" de Geo MORRISON, Lloyd HUNTER, Harlan LEONARD ainsi que dans le "Hunter's Orchestra" réunissant Lloyd HUNTER, Preston LOVE et Johnny (années 42/43) avant de monter en 1945 son propre orchestre avec Bill DOGGETT au piano et le fabuleux chanteur Jimmy RUSHING dont il partage avec Preston l'admiration pour ses vocaux enregistrés au milieu des années 30. Le swing orchestral de ces premiers morceaux instrumentaux gravés par le Johnny OTIS Orchestra est fidèle à ses mentors, bien dans la veine de leurs productions, et le succès ne tardera pas, avec sa composition: "Harlem Nocturne" qui va lui permettre de faire l'acquisition (en partenariat avec les musiciens Bardu ALI et Johnny MILLER), du "Barrelhouse Club" de Watts. Ce nouveau hâvre du Rythm And Blues sera le théâtre de programmes resplendissants, promouvant quantité d'artistes noirs, Johnny organisant un tremplin permanent de jeunes talents qui se poursuivra avec sa fameuse "Johnny Otis Blues Caravan". Seront ainsi révélés au public : le crooner Mel WALKER, la teenage-sweety: Little ESTHER (Phillips), le groupe des ROBBINS, Jackie WILSON, Hank BALLARD (créateur du "Twist"), Little Willie JOHN ("Fever"), Ella Mae "Big Mama"THORNTON...sans oublier de fantastiques guitaristes électriques tels que Pete LEWIS, Jimmy NOLEN, et plus tard Guitar Slim GREEN. Lowell FULSON, Pee Wee CRAYTON, Gene PHILLIPS, Big Jim WYNN, Ivory Joe HUNTER, Eddie Cleanhead VINSON, Roy MILTON, et des tas d'autres vedettes de la Côte Ouest viendront jouer en invités. Précurseur du Rock And Roll, Otis le fut sans conteste, avant l'arrivée d'Alan Freed à New York en 1951, qui prendra ce style sous sa tutelle. Il est l'un des rares acteurs-témoins de ses prémices, de son avénement et de sa grande popularité. "Willie & The Hand Jive", sur un tempo similaire à celui par lequel se fera connaître Bo Diddley, lui rapporte un énorme succès, tant chez les jeunes chicanos que chez les noirs et les yankees. Mais là, vont commencer les hostilités environnantes, et la ferveur de son engagement. "A l'exception de quelques disques de Blues où les paroles sont un peu saugrenues, la grande majorité des réalisations autour des années 50 parle simplement de l'amour et du bon temps. La raison pour laquelle la société établie se trouva si mal à l'aise au sujet des disques de Rhythm And Blues fut que le son était radicalement nouveau. Le fait que les musiciens et chanteurs étaient noirs n'arrangeait rien!. Les moralistes cravatés ont vus cette musique nouvelle comme aliénante et subversive. Même les prédicateurs noirs l'appelaient: "musique du Diable". Ils prêchaient contre le sexe mais tout le monde savait très bien qu'ils auraient été les premiers à sauter par-dessus l'Empire State Buildind pour avoir dans leur lit l'une de ces "soeurs" aux formes rebondies qui se tenaient assises dans la chaire".

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09/06/2007

Comment l'aigle a fondu sur le projectionniste

COMMENT L'AIGLE A FONDU SUR LE PROJECTIONNISTE DU CINEMA "LE MENTAL" * Ce sujet est illustré dans l'album du TumTum Blog. (Titre d'un vieux film underground réalisé par TumTum en collaboration avec le vieux Bang Tseu). L'aigle, c'est le Guru-en-soi (voir la note "Fichu new age" sur ce blog, ou le terme Guru-en-soi est explicité). Dans ce film, le projectionniste du "Mental" a soudain l'impression d'être "un ver de terre", en train de déguster son cadavre (les films qu'ils projette) mais TumTum supervise la totalité du "kaléidoscope". Il se manifeste dans le film sous l'apparence d'un aigle qui, sortant de l'écran, vient s'emparer du projectionniste transformé en ver de terre. "Et maintenant, qui es-tu ? Louis XIV peut-être ?" lui dit-il avant de le croquer. Le cinéma n'est autre qu'une fabrique de personnalité. Les spectateurs qui en sont dépourvus et qui ignorent que l'on peut très bien vivre sans être un personnage de film, viennent y grapiller des idées. TumTum l'a toujours confirmé : "Ce que l'on appelle: personnalité n'est rien d'autre qu'une fiction, alimentée par la mode, la publicité, le show-business, c'est une cinématographie cérébrale qui n'a d'existence que superficiellement, sur la toile d'un écran. Vous n'avez jamais été doté d'une personnalité quelconque, jamais de la vie ! - même les têtes d'affiche de l'actualité sont exactement dans le même chaudron. La personnalité n'est qu'une tête d'affiche, du bluff à 100% ! . Dans la profondeur de chacun, tout ça n'a aucune réalité, aucune importance; cela se voit comme le nez au milieu de la figure. Lorsque vous êtes attiré par un certain charisme venant d'autrui, ce n'est en fait qu'une image de vous-même, à différents degrés d'ailleurs, car cela peut être aussi bien une caricature grossière, parfaitement cabotine, que l'expression d'une qualité que vous aviez jusque là dédaignée, une dimension négligée du vécu. C'est donc très important comme boussole. Mais lorsque vous êtes persuadé que cela se manifeste à l'extérieur, que cela se rapporte à une personne en particulier, vous vous trompez; c'est là l'illusion! .Tant que vous vous tenez dans le cirque de la personne, intérieur / extérieur, vous faites des comparaisons ; vous êtes en orbite. "Tournez manèges !" - Comment dans ces condition-là avoir le moindre aperçu de ce qui pourrait vous permettre d'élargir votre vision ?... TumTum regarde attentivement tout ce qui trottine à la surface du globe et les personnalités l'intéressent plus que tout, parce que ce sont des "cornichonneries" de l'expression, comme il dit - il fait peut-être par là vaguement allusion à la "coloquintescence" dont parlait U.G., qui sait ?... mais ce n'est pas non plus son truc de cultiver les références. "La culture spirituelle c'est le jardin transformé en publicité pour Vilmorin ou Truffaut !". TumTum connait le genre de propos que tiennent les graminées teigneuses et les herbes coupantes. Vous en voulez un échantillon ?. "Quelle journée de m... !", "Rien ne va !", "On se fiche de moi ou quoi ?","Si tu avais un tant soit peu de respect pour moi, pour mon état, tu agirais autrement; tu ferais ceci et cela ", " Ce qui s'est passé n'aurait pas du arriver; si ça n'était pas arrivé je serais tellement plus heureux !", "Je ne supporte pas ce qui est en train de se passer ! C'est intolérable, cela me met hors de moi !", "Par ou je suis passé, nul ne peut l'imaginer, et je ne permets à quiconque de donner son avis là-dessus !", "Ta présence et tes actes me rendent malade ! C'est toi le responsable de tout mon malheur !", "Ce qui s'est passé me tourmente sans répit; il devrait en être autrement !", "On ne peut pas se sentir bien ici, c'est impossible !", "Il faut que quelque chose arrive, ça ne peut plus durer ainsi !", etc... etc... Les entortillements cucurbitacés que produisent la personne cherchent en permanence à s'entortiller en vous. "NETI ! NETI !" clame TumTum dès qu'il aperçoit ces vrittis cherchant à vriller le Réel. C'est qu'en tant que "tuteur intérieur", il est le Jardinnier par excellence. Il n'a pas son pareil pour trier les graines, reconnaître les maladies, vous apprendre à être ce que vous êtes. Il peut arriver que la personne que vous croyez être, le fantôme tissé par le discours des ronces, reprenne le dessus par le jeu de l'intellect, le poids de la mémoire, ou au travers d'impulsions réactives ou émotives. L'humus dans lequel vont se mettre à pousser les plus belles fleurs ne sera autre que le terrain de la vie ordinaire, dans ses petites choses anodines en apparences, lorsque l'attente se passe d'attendre, et rejoint le maintenant. A l'opposé de la résignation que verrait dans cette non-probité apparente un mental impatient, se déploie une ouverture immense, qui ne laisse plus de place à la demande. Non plus cette hébétude dans laquelle peut se voir en résumé l'agitation mentale qui propose "d'en sortir", mais la béatitude active, profuse, débordante, dans le courant de la Vie, sans rien pour retenir ou pour penser l'action, pour limiter dans le temps et dans l'espace, aucun obstacle, coïncidence du souhait le plus profond de notre âme et du monde-reflet en éclosion. Canal d'émerveillement et de gratitude. Tout est là, donné, présent, s'épanouissant dans l'univers. Cela ne fait l'objet d'aucun savoir, d'aucune compréhension, cela coule de source. Le regard est fondu dans Cela qui voit, l'ouïe dans Cela qui écoute, les gestes dans la participation à cette harmonie. Dans ce mouvement jubilant, gratuit, rien ni personne n'agit, rien ne se fait et tout va de soi, nul mérite, "circulez - il n'y a rien à voir !" C'est bien pourquoi TumTum a renoncé aujourd'hui à toute carrière cinématographique. C'est au-delà de la conscience, c'est fondu dans le jeu de la lumière sur l'écran. Cela voit l'approche de la conscience-carcasse qui s'amène, avec sa tête préhensive, insulaire, douloureuse, cherchant toujours à glaner quelque chose, à se superposer; c'est tellement ancré dans les moeurs !. Vous pouvez la voir comme une sorte de fièvre enfermant l'être dans un oeuf. Vous voyez cela de la conscience de la conscience. Rien n'empêchera ce qui doit se faire de se faire, ce qui doit arriver d'arriver. C'est un mouvement mélodique dont la joie même ne vous appartient pas. Une plénitude qui n'entre ni dans le particulier ni dans le général, ni dans le singulier ni dans l'universel, ni dans l'être ni dans le non-être, et se substitue entièrement aux hantises de la mémoire.

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04/06/2007

LA BEAT-GENERATION EN FRANCE.7

C'est de la conscience profonde de l'authenticité que surgit la spontanéité. Un univers falsifié, balisé, étiqueté de significations objectives mortifères, dans lequel l'information technique, fut-elle clinique, se substitue à la nature essentielle, n'engendre que ce que les Hindous appellent : Tamas, l'engourdissement, la léthargie de l'hypnose dans une existence entièrement "télévisée", organisée en l'occurence par les derniers sursauts d'agonie de cette lubie, réfugiée dans l'abstraction, disparue derrière les machines gestionnaires de la technicité programmée qui lui ont permis de se dégager de ses pesantes responsabilités et dans lesquelles toutes les "erreurs indépendantes de notre volonté", protégées par des codes inaccessibles, officient à sa place. Ce ne sont pas ceux qui se reconnaissent sur Terre comme non-nés, sans appartenance, libres du corps/mental, qui placardent ce "on" qui se demande "ou il va"; ceux-là trouvent la réponse dans le silence et "têtent leur Mère" comme disait Lao-Tseu, à l'écart des campagnes d'opinions. Ce sont les "animateurs", les programmateurs, ces entités fantômatiques de la colonie pénitentiaire trompés par leurs Pères, abusés sur toute la ligne de leur existence par "l'organisation", par les impératifs hiérarchiques arbitraires, autoritaires, et qui se réfugient encore dans les solutions de substitution que leurs proposent les marchands de Livres Saints et les zoologues, ceux-là même qui séparent et enferment les "espèces" et provoquent des intégrismes, au nom de cette lubie qui a meurtri et couvert de chaînes notre Mère Terre. Abrutis par le défilé continuel des programmations, ils se projettent dans la pénitence dans laquelle ils se croient assignés à leur rôles de techniciens ; ils font semblant ; ils s'installent là-dedans. Ils n'arrêtent pas de se forcer dans cette lâcheté qui transforme leurs activités en contraintes, dans lesquelles on s'aperçoit très vite qu'il est d'usage de porter des masques et que les dialogues ne sont acceptés que dans le format réglementaire du mensonge. Dans ces geôles héritées du paternalisme féodal, la tranquillité intérieure fait peur car elle dénote ; elle apparaît comme subversive, sinon de mauvaise augure. La simple présence d'être, qui ne "s'identifie pas", est perçue comme le comble de l'audace et de l'impertinence, signe de dérision de la survie dans laquelle est entretenue la condition existencielle sous-entendue dans le contrat de participation. Cette "poisse" dont on croit être sur le point de triompher en la jugulant dans les cellules capitonnées de "l'emploi", est constamment sur le point de ressurgir d'une manière accrue en virulence. On a parié très loin sur cette complicité de contrainte, si loin qu'il est devenu impossible de contrôler toute la complexité psychologique à laquelle peut entraîner ce démon de la suspiscion, sans éprouver les symptômes d'une irrémédiable et insidieuse corrosion. La présence observante, libre de cette volonté préhensive, de l'investissement qu'on voudrait lui faire endosser, renvoie sans même en émettre l'intention la charge dominatrice à elle-même. L'humanité actuelle, avec cinquante ans de retard, se débat dans ce genre de cauchemars bien qu'elle s'évertue encore à en masquer soigneusement la continuelle oppression. On aimerait peut-être que le courant d'amour, de joie, (que l'on a caricaturé avec les clichés "hippy", mais qui est une réalité fondamentale, à la source de l'illusion matérialiste) circule partout, investisse la matière jusque dans tous ses tréfonds, que la lumière envahisse tout. C'est ce qui EST, et qui n'est pas. Le monde en nous se transforme sans cesse ; il n'est que transformations. L'humain a un rôle à jouer qui lui est dicté par la Conscience, dans le coeur, en permanence, par lequel l'homminieneté devient réellement humaine, actualisant la conscience pérenne; cela passe en soi lorsque l'on est attentif, vigilant. Il faut que l'être humain parvienne à cette proximité du Cela qui voit, qui se sait, antérieur à tout savoir, le Guru-en-soi, sans forme, qu'il se fonde dans sa nature originelle, qu'il porte en lui cette lumière qui projette le film qui fait apparaître l'entière manifestation, qu'il réalise que l'amour est le moteur de toute vie, et que tout le reste, notamment cette "ex-istence", ce cinéma, ces croyances de la tête cautionnent le cauchemar. Lâcher-prise dont la Beat Generation comprit la nécessité en territoires de supermarchés, de télévision, et d'égocentrisme légiféré. On aurait tort de ne retenir qu'une image "laxiste" et "négative" du non-agir. Lorsque nous vivons sans explication, il n'y a plus ni quête ni croyances qui tiennent. La bondieuserie sous tous ses déguisements, autant laïcs que religieux apparaît comme une épidémie. C'est une question d'attention. Ce n'est que l'idée d'un "moi" agissant qui engendre la distorsion, l'aliénation dans une normalité pulsionnelle du mental, prisonnière d'un processus contraire à la vie. L'homme ne peut jamais être "lui-même"; c'est une hallucination !. En réalité nous sommes un canal ; il n'y a aucune autonomie là-dedans, mis à part celle de cette PRISE DE CONSCIENCE. Celle-ci se distingue de l'ingénuité d'un refuge dans l'indifférence, croyance à la non-incidence de chacun de nos actes qui est ignorance, ou qui peut être hérésie du déterminisme absolu qui nie la responsabilité en la noyant sous le concept d'une instrumentalité passive. Mais là encore, le parcours est truffé de paradoxes, la véritable activité est toujours non-active. Le désir d'action doit se soumettre à l'intemporel, à l'impersonnel ; c'est là qu'il y a sollicitation. Autrement dit : la personne se mêle toujours de ce qui ne la regarde pas. Qui prétend agir en se laissant aller au raisonnement ordinaire ou aux exaltations et effusions du coeur demeure dans le processus d'objectivation. Le présent nous est donné et se suffit à lui-même. Il existe une forme d'action qui n'a absolument rien à voir avec le réactif , qui se produit directement, sans choix, sans mémoire, hors du temps. Le libre-arbitre, à ce propos, ne consiste bien évidemment pas en cette pseudo-liberté de s'offrir la jouissance de faire ce que l'on aime, qui est réactive, compensatrice, soulevée par une prétention. On ne dispose pas de soi-même comme on aurait tendance à le croire. La liberté se situe au niveau du choix d'accepter ou de refuser ce qui se présente, à l'improviste, donc susceptible de bouleverser à tout moment toute apparence dans laquelle l'esprit s'endort, de se soumettre à cette élimination de toutes ses constructions, identifications, noeuds d'énergies retenues, et là, l'intimité est parfois sollicitée par les forces telluriques enroulantes, exacerbées, qui s'efforcent par tous les moyens de vous retenir dans les limitations. Vos proches ne partagent pas cette épreuve; ils ne peuvent vous venir en aide. Ils peuvent témoigner de soutien, de présence et d'amour, s'ils sont ouverts et à l'écoute, mais ne peuvent affronter à votre place ces forces malignes, dont il faut user la tension, épuiser la virulence, ce qui ne pourra se faire que depuis votre être impersonnel. L'axe de Vie passe par les ténèbres où doit mûrir cette évidence. Ce vidage s'accompagne d'un vif pressentiment de réalité qui supplante toutes les idées que nous pouvions nous faire, qui est une dynamique d'accueil de notre Vraie Nature. Au cours de l'existence, l'épreuve enténébrante peut survenir à tout instant, ce qui donne un bien singulier éclairage de l'idée de SECURITE, (tellement mise en avant dans nos sociétés de confort) qui en réalité est d'inspiration sulfureuse. Alan Watts (1915 -1973) n'a-t'il pas vanté la "bienheureuse insécurité" (Ed.Stock, 1977) ?. La tranquillité dont nous parlons n'a aucun rapport avec quelque forme de "quiétisme" que ce soit, qui consisterait en une attitude objectivée (telle l'image "hippy"). Dans le champ du clair-obscur, le principe unificateur ne se manifeste que lorsque le mental est totalement abandonné, l'intuition qui conduit au pressentiment de la souveraineté du Non-manifesté passant par la non-compréhension du Vide. C'est cela l'aboutissement du "zen" !. Lorsque toutes les perceptions sont passées au second plan, s'entrevoit une brèche dans laquelle notre Etre Essentiel nous prend. Il nous prend en charge entièrement. Il ne reste alors que la Présence de l'Instant, toute efficiente. La nature du Vide est alors connue comme étant naturellement sereine, englobant le tout, résolvant tout problème, participant de la nature de la lumière. La création trouve son sens véritable, sa destination, en actualisant dans l'espace et le temps cette joie profonde qui émane d'une paix inconditionnelle. TumTum

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