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04/06/2007

LA BEAT-GENERATION EN FRANCE.3

TumTum est allé rejoindre ces Beats au Quartier Latin à l'époque où il ressentait, comme pas mal de jeunes du monde entier "une énorme saturation". "J'avais travaillé quelques années dans une agence de pub, lisant Srî Aurobindo, Sivananda Sarasvati, Krishnamurti, Gurdjief, après m'être intéressé au surréalisme. D'un jour à l'autre, J'AI TOUT LARGUE, et suis allé m'installer dans plusieurs petits hôtels minables du Quartier Latin, écrivant des poèmes, chantant des protest-songs avec ma guitare, dessinant librement. Là il y avait à même la rue une effervescence prodigieuse d' "esprits", toutes "classes" confondues; chaque jour les rencontres étaient créatives, solidaires dans ce ras-le-bol généralisé. On était engagé dans un collectif poétique spontané qui devenait de jour en jour plus épidémique; on ressentait cette congestion qui reliait tous ces gens dans une conscience nouvelle, résolument "hors-système", et cela en amont de tout concept politique ou religieux; c'était formidable !. Il se passait réellement quelque chose de révolutionnaire. Si la proposition d'un éditeur de publier mes poêmes avec les superbes dessins de Harry échoua au dernier moment, c'est parce que celui-ci était ouvert aux "Beats" mais malgré tout demeurait "entre deux chaises", ancré dans ces valeurs culturelles que nous avions rejetées. Puis Mai 68 arriva, avec ses "grandes-gueules" et ses manifestations violentes. Cet événement marqua comme une dégénérescence du potentiel d'échanges humains, de créativité, qui s'était créé. Politisé, cela se traduisit à nos yeux comme la porte ouverte à la confusion, le sabordage de l'éthique qui avait mis indirectement le feu aux poudres. Les médias oublièrent vite les beatniks, les "penseurs", les poêtes, pour se focaliser sur les manifs et leurs leaders, les ouvriers et les c.r.s.. C'est surtout Dan qui fit preuve au fil des ans qui suivirent, d'une rare tenacité et d'une profusion créative. De 1965 à aujourd'hui, il aura collaboré a plus d'une centaine de revues, réalisé des courts-métrages et peint des toiles (oeuvres brûlées au retour d'un voyage en Inde), publié une trentaine de brochures, une quarantaine de livres, participé à des anthologies et ouvrages collectifs, à une quinzaine d'émissions de radio notamment sur France-Culture, à des lectures publiques, créé et animé plusieurs revues dont "Le Cri", "Vivre Libre","Révolution Intérieure", voyagé en Inde, au Népal, en Polynésie, au Mexique, en Australie, en Chine, en Afrique, toujours en "routard", traduit du chinois le "Yi-King", le "Hsin Sing Ming" de Seng Tsan, le "Tao Te King" de Lao Tseu, Tchouang-Tseu, Li Po, Han-Shan... joué en groupe avec le "Blues Family", le "Slim Fit Jacket", les "Hipsters", les "Blues Fellows" et Mickey Baker, rencontré à Houston et Chicago: Lightin'Hopkins et Willie Dixon, sans parler d'un nombre considérable de musiciens, de visionnaires comme Jean Carteret, d'écrivains, de poètes contemporains, correspondu avec Anaïs Nin, Ernst Jünger, et vingt ans durant avec Pélieu avant de le rencontrer à Caen en 1994, et invité la chanteuse de Blues du Mississippi: Jessie Mae Hemphill, jusque dans les montagnes d'Ariège où il partit se réfugier en 1972. Pour Dan comme pour nous tous, les événements bien connus qui s'ensuivirent, au Quartier Latin en mai 68, firent figure de DETOURNEMENT POLITIQUE d'une REVOLUTION infiniment plus profonde : une révolution INTERIEURE dans les consciences, qui existait déjà, qui avait pris vie dans l'effervescence de rue des années Beatnik précédentes." J'aimais bien l'ambiance de fête de 68, mais je n'avais pas envie de manifester avec les masses populaires. J'étais plus souvent au Théâtre de l'Odéon qu'à la Sorbonne" s'amuse à répondre Dan, à ce souvenir, fustigeant "les maoïstes qui défilaient pendant que Mao massacrait !".

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LA BEAT-GENERATION EN FRANCE.2

Claude Pélieu-Washburn, traducteur des Beats qui a rejoint Mary Beach (traductrice de Burroughs) aux States, sort son "Jukebox Mentholés" et s'intéresse par la suite aux collages. Arpentant les rues du Quartier Latin, le Square du Vert-Galant, les rues de Bucci, Dauphine, Saint-André-des-Arts et bien sûr la rue de la Huchette où se trouve le célèbre café beatnik "Popov" et "La Crémaillère", les Beat parisiens vont se retrouver au café "Le Seine", rue de Seine, en 1967. Il y a déjà un "grand frère" en Théo Lesoualc'h qui a publié: "La Vie Vite" chez Denoël, une sorte de "Sur la Route" hexagonal, et qui attiré lui aussi par l'Orient, le Japon, le Théâtre Nö, va y voyager durablement. Dan Giraud, Paul Roland, Jean-Michel Varenne, Gérard Santi, Harry Fagot, Claude Tournai, et quelques autres (dont l'auteur de cet article) vont former la bande des poètes Beat parisiens, échangeant leurs idées dans ce minuscule café : "Le Seine", y siègeant des heures, ou sillonant les Quais de la Seine, ou des attroupements de plus en plus nombreux de beatniks venus de toutes les villes d'Europe commencent à inquiéter les pouvoirs publics. Ils sont fervents lecteurs des Beats américains, et, carnets en poches, écrivent à tout moment bribes de poêmes, notes de futurs récits. Dan arbore "L'Unique et sa propriété" de Max Stirner, écrivant et autopubliant son pamphlet : " L'Etat et la religion"; viendront ensuite: "Primauté et liberté de l'individu", puis: "La négation fait l'homme"; Paul, vêtu de cuir noir, qui vient de passer plusieurs mois parmi les hordes de motards qui sillonent les Côtes anglaises, dormant sur les plages, a entamé le roman: "Ou est Steve Rock?", inspiré par cette mouvance héritée du "Wild One" de Brando et des Hell's Angels, tout en griffonant de courts "flash-poems" durant ses longues marches à travers la cité; il effraie les éditeurs en les prenant à partie. Jean-Michel Varenne voit publier ses "Poètes du Rock" chez Albin Michel, Claude multiplie les happenings sauvages au cours de ses déambulations, se postant devant les automobilistes au volant, mains bien à plat sur le capot, fixant les conducteurs dans les yeux selon la méthode du "tratâk" indien lorsqu'il traverse une rue; tous partiront pour la route des Indes. Harry, formé à la Pataphysique est un remarquable peintre mininiaturiste faisant songer à Bresdin, Bosch, hanté par la mythologie tibétaine; il est écoeuré des milieux artistiques français et de la mafia des galeries, et finira par fuir la "vieille Europe" pour s'exiler à Tepotzlan (Mexique), parmi indiens, pistoleros, et autres artistes de tous les pays du monde, émigrés comme lui dans ce cratère de volcan hanté parle souvenir d' Emiliano Zapata et de Malcolm Lowry. Gérard dit "Kaufman"compose des protest-songs et des blues. Nous allions voir ensemble les films "Underground" de Kenneth Anger, Ed Emshwiller... ce qui donnera à Dan l'idée de réaliser des films dans la mouvance de Godard,Bunuel, et de ceux-ci. Le Blues et le Protest-Folksong nous réunissaient souvent pour jammer au détour d'une rue ou chez l'un ou l'autre. Le 20 février 68, nous participons à l'assaut de la scène du Théâtre de l'Odéon (voir photo dans l'album), où Jean-Louis Barrault qui donnait un spectacle consacré à la Beat Generation (l'acteur Jean Desailly s'apprêtant à lire les poêmes de Gregory Corso qui à ce moment-là séjournait en prison aux States!) effrayé, nous laisse finalement nous exprimer, avec la complicité du poète américain George Andrews, qui du reste, se retrouvera à la prison de Fresnes quelques jours plus tard, pour consommation de marijuana. Un "Faire Part" pondu par Lebel fut distribué, reprenant le constat de Ginsberg dans son poême:"Howl". En voici un extrait : "Beat Generation vaincue par la sale gestapo illetrée qui a assassiné Che Guevara avant de lui couper la main car dans ce moyen âge électronique, on coupe encore la main des 'criminels' c.a.d. des maquisards. Les contrôleurs de la culture ont cru pouvoir brandir les couilles des poètes de la génération de la mescaline et en faire de la littérature (...) cette fois-ci c'est au tour de la Beat Generation d'être jugée assez 'respectable' c.a.d. 'rentable' pour être admise dans la fosse septique des 'valeurs reconnues'. Les poètes de la B.G. ont payés suffisamment cher dans les prisons du Mac Carthysme et du Johnsonisme pour que les nécrophiles leur foutent la paix!. (...) Les forces vives de la poésie ne sont pas institutionalisables, elles vous échappent, vous n'en ferez que des produits de consommation. La poésie n'est ni loisir, ni divertissement, ni écran de fumée, elle est manière d'agir et de vivre, elle est L'EXPRESSION DE LA CONSCIENCE, elle est DEPASSEMENT DES LIMITES DE L'ETRE ET DE LA SOCIETE. Elle EST. Envers et contre vous. VENCEREMOS ! / Ce tract a été distribué pour dénoncer l'enterrement des Poètes de la Beat Generation par les pompes funèbres gaullistes". Ferlinghetti séjourne au Quartier Latin, puis Ginsberg (qui sera bien des années plus tard "décoré de l'ordre du mérite des Arts & Lettres par Toubon, Ministre de la Culture !...") qui vient prendre la température ambiante se fait éjecter du café "Le Mazet" (dont le patron était un "indic") sous prétexte qu'il ne "consomme pas assez rapidement". Nous avions l'habitude de recevoir ce genre de menaces sur fond raciste, de la part de nombreux serveurs de bistrots, où nous ne remîmes jamais les pieds. A ce titre, le patron du "Seine", une sorte de "rocker", et son épouse (qu'il engueulait en permanence!) se montraient coopérants, bien que les descentes de police pour vérifications d'identités étaient fréquentes. "Les Beats n'étaient ni des rebelles ni des révoltés, dira Claude Pélieu dans son texte dédié à son ami Dan Giraud, "Beat pur jus", c'était au départ une bande de copains qui ont compris qu'il valait mieux apprendre de leur confrérie que de l' Université où ils ne trouvaient pas la poésie sauvage et les grands textes mystiques qui allaient les électriser et les conduire à la Vision. Ils découvrirent Rimbaud, Lautréamont, Artaud, Le Livre des Morts Tibétain. Le matérialisme de l'après-guerre, le culte de Mammon et de Frigidaire , le nationalisme d'un pays qui se croit toujours élu de Dieu, la promesse d'une carrière encravatée dans les études de marché, tout cela leur était complètement étranger - voir "Visions de Duluoz" -. Ils ont tournés le dos aux dogmes et aux normes et ont pris la route - "Dean" ou "Cody" dans les livres de Kerouac. Il n'y a aucune dissociation entre leur mode de vie, leur être spirituel, et la forme de leurs textes. C'est là qu'est leur force, c'est de là qu'émane l'impression d'authenticité totale qui a séduit bientôt trois générations".

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LA BEAT-GENERATION EN FRANCE (1967)

HISTOIRE OCCULTEE : LA BEAT GENERATION EN FRANCE (1967) Les poètes "Beat", loin d'être "béats", écrivaient leurs poêmes sur la route, "au vif de l'instant", accompagnant parfois leurs lectures de musiques jazz-bebop qu'ils aimaient. Le contenu de leurs sac-à-dos comportait toujours un carnet, voire une machine à écrire. Ecriture libérée de tout académisme, de toute auto-censure, à cent à l'heure!. Ils voyagent à l'aventure, comme le faisait Henry Miller, parfois en stop,quête de soi dans un monde moderne qui ne reflète que la barbarie et l'artefact. "Les premières perceptions que nous avions, les premières, c'était que nous étions séparés de la vision officielle de l'histoire et du réel; cela commenca autour de 1945, 46, 47. Nous réalisâmes qu'il y avait une différence énorme entre notre façon de parler ordinaire et celle qui avait cours ...tout ce que nous entendions à la radio, de la part d'un président, d'un conférencier ...et même les littéraires se mettaient à parler ce langage "officiel"!..." Un nouveau style de vie est à réinventer dans ce territoire que l'Amérique a volé aux Indiens. Ils sont solidaires des revendications afro-américaines. Le swing des syllabes "bopées" inspire la pulsion, le "beat" de leurs poêmes et récits. "Personne ne s'était exprimé aussi franchement en poésie. Nous avions atteint un point de non-retour. Aucun d'entre nous ne souhaitait retourner au silence gris, glacé, militariste, au vide intellectuel,au territoire sans poésie, à la spiritualité terne" dira Michael McClure. "Sur la Route" de Kerouac, le poême: "Howl" de Ginsberg ("J'ai vu les plus grands esprits de ma génération détruits par la folie, affamés hystériques nus...") et "Naked lunch" de Burroughs seront les manifestes de la Beat Generation. Ferlinghetti, poète, éditeur et libraire fonde la "City Light Books", lieu de réunion. Il sera assigné en justice en 57 pour avoir imprimé et affiché le "Howl" de Ginsberg qui déchaîne la censure puritaine et maccarthyste. Bob Kaufman renchérit en 59 avec son "Manifeste aborigène-communiste" qualifié par Alain Dister de "sarcastique, jazzistique et pataphysique". Michael McClure, Philip Whalen,Gary Snyder s'intéressent au Zen, aux sages du Tao. Snyder part au Japon, comme le fera Alan Watts, Ginsberg part pour l'Inde avec Orlovsky, rencontrant les sadhous, écrivant "Indian Journals". Burroughs et Brion Gysin inventent le "cut-up"(déplacement des mots dans un texte), dynamitage du langage. Ils se retrouvent à Tanger, ainsi qu'à Paris, avec Corso, Ginsberg... où les Beatniks vont aussi faire leur apparition. Exhumant le "Traité de Désobéissance Civile" de Thoreau, les beatniks se radicalisent après l'assassinat de Kennedy, alors que monte la violence ségrégationniste, la menace de la Guerre du Vietnam. Ginsberg chantant ses mantras, Joan Baez, Dylan, prennent la tête de vastes manifs. Diane Di Prima, poétesse et compagne de LeRoi Jones, s'engage dans la sub- version. Toutes les formes de libération se trouvent désormais envisagées dans "un assaut TOTAL contre la culture" (Ed Sanders). Les Beats s'insurgent contre les étiquettes qu'on leur prête. Ils se veulent simplement: esprits libres, tantôt poètes, tantôt peintres, écrivains, dessinateurs, photographes... Ce qui importe, c'est la spontanéité de l'instant, le premier jet. Certains détruisent leurs oeuvres dès qu'on commence autour d'eux, à parler d'un genre, à tenter de les définir... Kerouac, le "clodo céleste", qui écrivit une ode à "Bird" (Charlie Parker) meurt d'une hémorragie abdominale à l'âge de 47 ans, en 1969. Quand on demandait à Gregory Corso quels étaient ses poètes préférés, il répondait: " James Dean, Ricky Nelson, Monty Clift !" qui représentaient pour lui: un art de vivre. Ginsberg, quant à lui, entraîna ses compagnons à découvrir le génie de William Blake, poète, écrivain, peintre,musicien, visionnaire, imprimeur, en Angleterre à l'époque de la Révolution Française, qui fut l'un des premiers en Europe à prendre connaissance de la "Baghavad-Gîta". Si Alan Watts fréquentait Susuki, maître zen aux USA, c'est Chogyam Trungpa, maître tibétain qui enseigna la méditation à Gary Snyder. Trungpa mourût prématurément, comme Kerouac, à cause de l'alcool. "Comme j'avais reçu une éducation totalement athée, j'ai mis un moment à comprendre que mes sentiments envers la nature étaient de l'ordre du religieux. J'ai découvert ensuite la spiritualité des Indiens d'Amérique, puis le Zen et les Taoïstes, et je me suis senti très attiré par leur langage dégagé de toute théologie, immédiatement perceptible. C'est de moi-même que je tire mon sentiment religieux. Il me vient de cette profonde intimité, de ce lien étroit que j'ai toujours ressenti vis-à-vis du monde naturel. Mon expérience est celle d'un mysticisme naturel et non intellectuel. Je me sens chez moi sur cette planète, et il m'a fallu apprendre à me sentir aussi à l'aise dans le monde des humains. Là était pour moi l'effort, alors que je me suis toujours senti bien dans la nature" dira Snyder. Et lorsque Gilles Farcet* lui demande le pourquoi de l'ivrognerie de Chogyam Trungpa, il répond : "Il est devenu un étudiant menant la vie des étudiants, s'est mis à boire, a bousillé sa voiture , rencontré sa femme, etc... puis, est venu le moment où il a repris conscience de son éducation bouddhiste traditionnelle et de son rôle en tant que lama. (...) Pour Alan Watts, c'est un peu la même chose. Il avait une vie sentimentale très compliquée, et il buvait vraiment trop. Mais ce que sa biographie ne restitue pas, c'est la grâce avec laquelle il passait à travers tout cela. Alan était toujours joyeux, il ne se plaignait jamais, faisait en toutes circonstances preuve d'une grande générosité. Il n'était ni dur ni agressif envers les autres. Il n'y avait en lui aucune mesquinerie. Il s'efforçait d'être un père responsable pour ses enfants, prenait soin de sa femme... Mais sa vie était très complexe. "Etre illuminé, c'est être un véritable être humain, avoir atteint sa pleine dimension humaine. Il ne s'agit pas d'une perfection abstraite, désincarnée". Alan était un être intérieurement très libre, mais qui devait faire face à un problème sexuel profond. Vous savez, ce qu'il nommait : "Beat Zen", cela n'a pas duré très longtemps. Aujourd'hui, l'Amérique est envahie par le "square Zen", rigoriste, formel... ce zen-là n'est pas drôle du tout !". Pour Gregory Corso, "c'est un bon exercice pour les poètes de suivre la démarche des Tibétains : si tu es conscient sur ton lit de mort, essaie de te rappeler le ventre de ta mère d'où tu es sorti". Gregory étudia les hiéroglyphes égyptiens, à l'Hotel "Stella", rue Monsieur-Le-Prince, où vécut Rimbaud. " M'sieur LaFrance!... je fumais du shit Arabe en ouvrant ce livre qui provenait de l'Université de Cambridge, et j'ai passé tout l'hiver, durant six mois". En France, la Beat Generation littéraire américaine, fut présentée régulièrement publiquement par Jean-Jacques Lebel, sorte de dandy-traducteur anglicisant, auteur d'une "Anthologie de la Beat Generation"(Denoël, 1966) que Corso ira jusqu' à traiter d' :"espèce de putain de Marquis de Sade". Après avoir édité Henry Miller, Maurice Girodias sort en 1959 la version originale du "Festin Nu" de Burroughs. Dans l'hôtel du 9, rue Gît -le-Coeur où Corso et Ginsberg avaient résidé avant de rejoindre le Maroc en 57, Burroughs se livre à ses premiers cut-ups, découpant les journaux, en compagnie de Brion Gysin. Kerouac viendra en France, et tout spécialement en Bretagne, à la recherche de ses ancêtres bretons. Le récit épique de ce voyage est relaté dans son:"Satori à Paris"(Gallimard, 1971). Errant saoul dans les rues nocturnes, craignant de se faire attaquer par des bandes de sauvages finistériens ("un tas de pédoques ou de poètes à cent sous"), il abandonnera son projet qui devait le conduire ensuite en Cornouailles, en Irlande et en Ecosse.

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