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06/06/2007

Le ROUGE et le BLANC ou l'intériorité du COUPLE.3

LE ROUGE ET LE BLANC OU L'INTERIORITE DU COUPLE. 3 Ayant précédemment souligné que la femme-feu ou Déesse rouge est essentielle à la fille, cette abdication que nous venons d'évoquer ne peut être saisie intellectuellement ; la logique y verrait probablement l'énoncé d'une exclusion de la femme, interprétation à partir d'un entendement personnaliste ou reposant sur un dogmatisme considéré comme infranchissable alors que cette abdication témoigne d'un pur instant de grâce dans l'Etre intérieur éveillé en nous-même, une vision d'amour, en laquelle se ressent qu'en tout être subsite un noyau inaltérable, où les lois du Monde manifesté sont en cet instant suspendues. Cette vision non-duelle illumine les ressorts les plus profonds de la fonction des grands mystères. A ce stade ultime se résout entièrement la dichotomie qui sur le plan relatif divise encore en conflit idéologique la notion d'"être" attachée aux concepts de l'homme et de la femme. De part et d'autre en effet, au cours de ces dernières années, s'est manifestée cette affirmation inepte que "la femme est et l'homme devient" et inversement que "l'homme est et la femme devient". Cette joute idéologique stupide, cautionnée par des esprits par ailleurs ouverts et doués de raison, semble pourtant fort éloignée de l'éthique qu'impose l'approche de cette intériorité en gestation qui est en train de se vivre spirituellement et humainement. Il nous faut laisser de côté toute objectivation pour accueillir notre être total qui n'est ni l'homme ni la femme, qui échappe à ces définitions, ce qui n'empêche nullement de vivre joyeusement sa féminité ou sa masculinité, ou les deux. La majeure partie de l'humanité demeure sous l'emprise du schéma réactif qui procède de la confusion entre image-de-soi et être. Avant toute image, TumTum attire notre attention sur ce qui prime : être soi - être ce que l'on est, bien avant de se prendre pour homme ou femme, ou quoi que ce soit d'autre, être ouverture à l'inconnu . Dimension sans forme, transcendant toutes les dimensions du manifesté et se rappelant à nous à l'arrière-plan de l'anecdotique. L'état du monde environnant en dépend. Vis-à-vis de l'être que nous sommes, l'homme et la femme sont des images, des expressions dans la conscience ; leur existence se situe à l'intérieur de l'Etre global, indéterminable. La physique qui accentue l'objet perçu se place toujours dans une situation qui la rend incapable d'observation réelle. L'ego alimente sa survie à l'aide d'images. Lorsque nous regardons les situations en nous passant de son intervention, de toute image ou désir d'un "moi", l'observateur et l'observé ne sont plus là. Dans cette absence, il y a référence directe à la présence de notre Etre réel. Les bouleversements que nous renvoient la mondanité contemporaine sont l'expression d'une dénaturation. Les simulacres que propose le monde virtuel engendrent de nouvelles peurs et de nouvelles maladies affectant la perception sensorielle. Le postulat ontologique de l'intelligence artificielle est un égarement parce qu'il ignore le Relié. Il repose sur la vieille contradiction qui oppose la connaissance à la vie immédiate, et traduit le renoncement à interroger, à explorer l'Être, démarche par laquelle cette contradiction se résout en soi-même; ce postulat appartient encore au fantasme masculin réfugié dans une fabrication ex nihilo, à partir de la technique, censée répondre à une formulation suggérée par l'histoire de la métaphysique. On aperçoit déjà un échantillon des conséquences qu'entraîne l'utopie cybernétique, lorsque l'on "revient sur terre" après une incursion dans ces machines qui éliminent l'Autre (en fait: le Soi), tout en renforçant un sentiment de confort personnel extrêmement factice. Toute cette instrumentation fait injure à la poésie vivante. Elle se fonde sur la simulation; c'est une insurrection qui dissout l'expérience humaine naturelle, qui exclut sa sensibilité, sa vulnérabilité, sa dignité. Elle tourne résolument le dos à la "Materia Prima" en renonçant à la perception naturelle jugée insuffisante, défectueuse; elle voudrait priver l'être de la valeur révélatrice infuse en lui, du champ du Relié, comme si les leçons de la vie nous agaçaient prodigieusement et que nous voulions en régler nous-même le cours par le biais d'une modélisation dilettante. On peut se demander vers quel "hygiénisme" conduit la sexualité virtuelle censée résoudre tous les problèmes biologiques (contaminations virales) et psychologiques (fantasmes illimités expérimentés dans l'hyperréalisme sensoriel d'un univers entièrement virtuel). Les rêvasseries fantasmatiques que sont les produits de la nouvelle technologie "virtuellement matérialiste" cherchent à éliminer le dualisme en ignorant ce qui EST, et ce qui va assurément émerger, un jour ou l'autre, réduisant à néant tout cet arsenal manipulateur. Il y a quelque chose de criminel dans l'expérimentation actuelle qui vise par tous les moyens à prolonger l'existence, à se passer de la femme, à créer "in vitro", à cloner les espèces, à transformer chimiquement les aliments, à refuser le corps, à manipuler l'esprit, à exclure l'âme. La société moderne à travers ses produits publicitaires, fait l'apologie de caricatures d'hommes et de femmes, les projetant en stéréotypes. On peut dire que ce que l'on entend aujourd'hui sous le concept "la sexualité" est passé hors-la-vie, et se confond avec n'importe quelle production manufacturée, destinée au marché de la consommation. La chair associée à de la matière plastique se transpose dans le virtuel en 3D nanti de périphériques tactiles ; déjà Ovide racontait dans ses "Métamorphoses" comment Pygmalion en arriva à façonner de ses propres mains un corps féminin idéal en ivoire afin de s'éviter les "désagréments" de la rencontre avec des personnes humaines. La compulsion, c'est le défoulement d'un ego saturé de tensions, qui inaugure le "marché" de l'exigence du "consommateur", qui instaure le "tourisme" sexuel et le débondage généralisé d'une libido tant vantée par les psychanalystes et qui prêtait à sourire avant que ne se multiplient les actes de violence et la folie des moeurs contemporaine qui passe pour une abondance civilisée. La culture descendue à ce stade d'exploitation des bas instincts est le signe d'une crise avancée. Le contresens était déjà présent dans l'expression "faire l'amour" - L'amour EST - trahissant déjà cette compulsion. Tout ce qui participe du faire se situe aujourd'hui dans une frénésie stigmatisée du principe de nourriture, ingestion et excrétion d'une Matière que nous n'avons pas su voir avec le coeur. Comment peut encore s'exercer la sensibilité à la célébration de la conscience dans l'instant unique qu'un tel évènement (faire l'amour) transporte en lui-même ?... Ce ne sont ni les stéréotypes actuels de l'homme et de la femme, ni le réalisateur de films pornos qui la vivent et la font rayonner.

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Le ROUGE et le BLANC ou l'intériorité du COUPLE.2

LE ROUGE ET LE BLANC OU L'INTERIORITE DU COUPLE. 2 Lorsque l'on aborde le couple intérieur, on s'expose à une nouvelle ambivalence qui est donc celle du féminin abyssal, voie de perdition si remontent à la surface des résidus réactifs propres à la mentalité garçon, ou voie d'amour aux propriétés miraculeuses, si l'observateur se tient fermement dans la rectitude et affronte avec limpidité verticale, le déferlement exterminateur que la Déesse Rouge envoie sur toute forme susceptible d'attenter à son empire. L'histoire chevaleresque médiévale, la poésie des troubadours et les écrits de Dante font état de tels récits. La masculinité intérieure du féminin recèle un pouvoir vivifiant et "démoniaque". La verticalité de l'amant y est éprouvée. Le moment traumatique traversé par l'être intérieur, sans sexe, du garçon, équivaut à un dénudement abrupt similaire à celui du Seuil ; mort et renaissance dans l'essence de la vision qui surgit, éveil à une réalité supérieure, jusqu'alors voilée à l'intellect et aux sens ordinaires. L'essence du "T'ai Ki", c'est à dire de la conscience unitive qui s'ignore encore dans la confrontation des deux "couleurs" que revêtent symboliquement ces deux partenaires intérieurs: le blanc et le rouge, va se révéler par une synthèse, une spirale dans laquelle le "Yang" présent dans le "Yin" et le "Yin" présent dans le "Yang" fusionnent et s'anéantissent réciproquement. Rencontre de soi-même dans l'autre. Eclair foudroyant, aperception, c'est-à-dire perception instantanée de ce qui est perçu, sans personne pour percevoir ni quelque chose de perçu, toute figuration polarisée s'évanouissant, laissant se déployer la lumière de la conscience pure dans l'intemporel, l'impersonnel, la véritable Nature que nous sommes. Dès lors, il n'y a plus de barrière pour s'adapter à tout ce qui se présente et accomplir ce qui doit l'être. D'une façon générale, le garçon, le masculin, se croit piégé dans son rôle et refuse sa féminité intérieure, méprisant la masculinité intérieure de la femme (sa nature de femme-feu) qu'il redoute. Cet homme qui peut facilement devenir tyrannique aura tendance à biaiser en portant son dévolu sur une femme plus jeune et plus "malléable" en apparence ; son problème n'est pas résolu, bien au contraire. Quant au garçon transfiguré en ouverture à l'Etre, qui représente une "secondarité" de caractère, intériorité féminine de l'homme qui est en fait une virilité spirituelle, passant par l'éveil à la sensibilité, à l'art, à la poésie, à la présence à soi-même, sauf exceptions, elle n'est pas si bien vue que cela par la femme qui va la considérer comme une masculinité affaiblie, décevante, réfugiée dans la rêverie, l'intellectualisme, le romantisme, la religion, et qu'elle soupçonnera volontiers d'homosexualité latente, préjugé vivace qui confond par sentiment de déchéance personnelle un processus évolutif avec un schéma régressif. Notons qu'il est toujours possible de suspecter de misogynie une vision de la femme qui s'insère dans l'espace de cette ouverture, dans cette démarche intériorisante d'exploration, quête d'absolu semblable à celles de l'"amour courtois" du Moyen-âge ou des "Fidèles d'Amour", que le couple féminin fille/femme-feu, penchant vers le relatif immédiat voudrait dominer, du fait de la morale personnelle de son instinct sexuel, et qui semble lui échapper. La fille cache soigneusement en elle sa puissance rouge de femme-feu, se pliant en surface. Avec cette dernière, nous avons affaire à une gigantesque force de volonté spirituelle, inscrite dans la génétique du monde manifesté, remontant à l'origine des temps, s'apparentant d'assez près au magnétisme animal, qui non seulement détient le pouvoir de génération, de préservation et de régénération de l'espèce humaine et de la vie dans son ensemble, mais possède aussi une réelle volonté d'initiative morale, vouée aux buts ultimes de l'existence. la féminité de feu garantit la liberté intérieure de la fille et domine moralement le garçon, inféodé à ses besoins instinctifs, soumis à l'attirance sexuelle. Le mythe d'Isis et d'Osiris s'éclaire d'ailleurs sans difficulté dans le cadre du couple externe dans lequel la fille a le pouvoir de faire renaître le garçon dans toute sa verdeur, mais le passage à la dimension intérieure, ou se rencontrent face à face le blanc et le rouge, est d'une toute autre nature. La perte ou la fissure de la femme-feu, soupape de sûreté de la fille, endommage son libre-arbitre, son aisance à l'ironie taquine, à la séduction, et sa force défensive ; elle devient aussitôt une proie facile pour le garçon. C'est ce qui se caractérise dans les cas de viols, d'incestes, ou de prostitution, où la fille coupée de la femme-feu, la Déesse rouge, n'apparaît plus que "fétu de paille"entre les mains d'onanistes nécrophiles. Nous verrons plus loin à quel point le concept contemporain envahissant de "sexualité" n'a absolument plus rien à voir avec l'amour et s'est disqualifié dans les artifices du "consommable". Tant que la féminité intérieure masculine pointant vers la blancheur absolue et la femme-feu ou Déesse rouge, ou masculinité intérieure féminine, polarités inversées des sexes apparents ( garçon et fille) ne sont pas consciencialisés intérieurement et réciproquement, un dualisme obscur continue de s'exercer. L'être humain se fait victime et bourreau de cette ignorance, de ce noeud très serré, inaccessible à la grossièreté des points de vues dominés par les forces instinctives, à défaut d'une maturation où pourrait s'esquisser le champ d'une véritable "relation humaine" éclairée et éclairante, entre les êtres. Il y a là des valeurs qui, pour se développer, rayonner dans l'existence, méritent d'être accueillies ouvertement et sans réticence, avec la plus complète offrande de soi-même. Chacun des pôles de la quaternité du couple humain ne se connaissant que relativement opère de façon très souvent destructrice pour l'être cher ainsi que pour soi-même. La femme originelle possède les clés harmoniques de la Matière, mais elle est aussi l'indissociable "rumeur" qui met en mouvement le substrat du manifesté, ou Shakti, et à ce titre investie d'un rôle de justicière des lois de la Mère. La quête de son amant : Shiva, dépend de la grâce, de la rectitude et de la nudité intérieure ; elle est celle de la découverte de la Vraie Nature, en-deça des images. L'ouverture et la ferveur sont secourus par la grâce, face à la puissance terrifiante réveillée par cette aspiration qui s'affiche en transgression d'une loi de la séduction prééminente depuis l'origine des temps et de la condition humaine. La Déesse rouge abhorre qui l'approche d'aussi près, excepté les animaux et les enfants. Elle règne en impératrice dans ce royaume interdit aux hommes. Shiva est la seule présence qui puisse s'en approcher ; il ne surmontera l'effroi que s'il est véritablement fondu dans la Présence observante impersonnelle, faite d'accueil et d'amour, et si la grâce le permet. L'abdication de la Déesse se produit de manière exceptionnelle, lorsque la liberté intérieure du principe féminin originel est rigoureusement respectée, consciente de ne subir le moindre dommage. Un rayon de lumière s'installe alors entre l'Inaccessible et la Contemplation. L'actualisation dans l'espace-temps d'un tel miracle n'est pas concevable par la pensée et pourtant, la vision est là, dans la conscience pure, hors du temps et de l'histoire ; si ce miracle s'éveillait dans l'organique, il serait capable d'harmoniser tous les instincts et gestes de la vie, de transcender la Genèse ; la vie sur Terre serait un paradis.

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Le ROUGE et le BLANC ou L'intériorité du COUPLE.1

LE ROUGE ET LE BLANC OU L'INTERIORITE DU COUPLE. 1 Cinq nouvelles notes seront nécessaires à TumTum pour qu'il vous expose sa vision géométrique quaternaire du couple humain, éclairante sur bien des problèmes actuels. Problèmes de couples, problèmes homme-femme, dont la solution lui est apparue clairement à partir du moment où l'on considère l'intériorité de polarité inversée de chaque sexe. Il y a donc déjà un couple à résoudre, en chacun de nous, que l'on se prenne pour un homme ou une femme. C'est le sujet de la rencontre de l'intériorité féminine de l'homme et de l'intériorité masculine de la femme. Cela flanque par terre toutes ces histoires et fiertés très superficielles et qui virent souvent au drame, liées à ce pour quoi l'on se prend un peu à la légère. Qu'est-ce qu'une quaternité ?. C'est une dynamique à quatre pôles, formée de deux couples dialectiques d'oppositions : un couple en extériorité, en relation avec un couple d'intériorité. Deux dualités (et non dualismes). Les couples de valeurs mis en quaternité révèlent la dialectique phénoménale dans laquelle se croise le plan horizontal (extérieur) et la verticalité (intériorité). Les valeurs spirituelles du couple nécessitent une prise de conscience du Rouge et du Blanc. Chaque être sexué doit parvenir à prendre conscience de sa nature intérieure. L'insolent garçon, immature, provocateur, dragueur et machiste, porté à s'entêter dans la lutte et à l'affirmation de ses instincts mâles, doit se fondre dans la Blancheur, la limpidité, et habiter l'instant, par une transformation intuitive à laquelle invite l'apaisement et le silence ; La fille, inconstante, frivole, séductrice, trouvera sa sublimation dans le sentiment interne, détermination sur le plan cosmique, révolte qui passe de nos jours par le féminisme - c'est un premier temps - du fait du préjudice antérieur de l'Histoire, du conditionnement dont la femme a fait l'objet (le machisme), la conscience et l'expression féminines ayant été étouffées par " le garçon", mais qui en essence est un soulèvement provenant de la Vie elle-même, dans le Relié. L'importance du rôle féminin apparaît dans l'Histoire, face au désastre écologique, à l'inconscience du patriarcat totalitaire consensuel, coupable de tous les crimes envers la Vie dont la femme est la Vestale : méconnaissance de la conscience féminine, exploitation humaine, animale, destruction de la nature, etc.. En agissant en dominateur et en asservisseur de Shakti, l'homme "de pouvoir" s'est divisé du champ réel de la Vie, dans sa totalité harmonique, et ne subsiste que par des tours d'équilibre soumis au terme. La Blanc et le Rouge sont interagissants. La tranquillité intérieure, le silence et l'accueil du Blanc confronté au soulèvement instinctif du Rouge "travaille" en non-activité transformatrice collaborant à l'harmonie du déploiement de cette nouvelle conscience du couple intérieur. C'est lorsque ces deux "gestes" se reconnaîtront dans la qualité univoque de leur nature essentielle, que s'actualisera l'harmonie de l'espèce humaine. Rouge et Blanc sont ainsi des valeurs alchimiques prépondérantes dans l'actualité de la compréhension entre êtres sexués, très mal discernées, et cependant en manifestation constante dans le cours de notre vie quotidienne. C'est par le biais de la métaphysique géomantique que TumTum a pu mettre à jour les notes qui suivent. Dans la conscience collective, il existe une zone trouble, inexplorée, source de malentendus, une peur archaïque réciproque installée dans les profondeurs abyssales du couple. Cette région ténébreuse ne se dissoudra que lorsque l'homme et la femme s'ouvriront l'un à l'autre dans l'attention profonde qui s'exerce au-delà des masques, à commencer par ceux qui consistent à se revendiquer en tant qu'homme ou que femme, dans une acceptation totale de l'autre dans son dévoilement. Ce sont des forces instinctives qui semblent avoir été mises en action dans la vie à dessein expérimental, réservées à l'intuition, en vue de l'éveil intégral de l'amour. L'amour est une alchimie qui pointe vers la lumière mais qui exige une mise à nu, la discrimination et l'abandon de tous les concepts de l'histoire humaine et des mythes, ainsi que ceux nourris en soi-même. Il s'agit d'aller au-delà du piège que nous tend le faux moule d'harmonie qui s'est enraciné dans la conscience collective, condamnant l'individu à la fusion et à la dépendance de l'autre, lutte d'esprit à esprit, lutte de pouvoirs. Le couple homme-femme commence par une attraction biologique qui se fonde dans un consensus social, culturel, générateur de toutes les "croyances à l'amour", engageant le jeune couple dans une parfaite utopie. Deux êtres se cherchant eux-mêmes dans leurs polarités internes vont se trouver abruptement confrontés, une fois passé la période idyllique de l'attraction fusionnelle, à la réalité métaphysique et spirituelle de l'amour. Hé oui ! Très vite, chacun des partenaires va s'apercevoir qu'il se trouve exposé à ses plus grandes zones de vulnérabilité, et que le "conte de fées" imaginé en commun ramène inévitablement à un domaine infiniment plus impératif et essentiel, avec lequel le souvenir des jeux amoureux et les douces rêveries sont sans effet : la connaissance de soi. L'initiatique, inattendue au programme. La personne aura beau se défendre, invoquant toutes sortes de parades et de raisonnements psychologiques, l'héritage empoisonné du monde se fait connaître dans son vécu; elle n'y échappe pas. Des forces insoupçonnées dans l'univers enchanté des apparences premières se réveillent, venues de l'éducation parentale aussi bien que du fond des âges. Les conflits vont s'appuyer sur ces différences, ces exigences de comportements mémorisés, sur ces contrastes révélateurs de dysfonctionnements, de carences, d'immaturité, sur cette fragilité émotive résultant des sentiments impliqués, sur ces valeurs et non-valeurs que la personne s'entiche toujours à revendiquer. Cette soudaine désillusion, factrice d'insécurité, fait très souvent l'objet d'un refus, d'une fuite, qui ne fait qu'éluder et remettre à plus tard une formidable occasion de remise en question, de prise de conscience. Le schéma périmé du mode d'attraction qui reliait deux êtres se trouve remplacé par une injonction qui concerne et vient de l'Etre. Mais d'abord et spécifiquement: les schémas inconscients, que les deux jeunes gens n'ont pas vu, et c'est à ce stade que peut s'appliquer le dicton: "l'amour est aveugle". Beaucoup d'hommes demeurent captifs de la passion érotique, par exigence psychologique (affirmation de l'image d'un soi-même, fantasmes de puissance, etc...). C'est ce qui caractérise la fragilité du couple et qui se constate dans l'actualité par la multiplication croissante des divorces et la réticence de plus en plus affirmée au mariage. Ces hommes, pour qui le mot "amour" ne désigne rien d'autre que l'aventure amoureuse (multipliée, diversifiée...) et la "sexualité" objectivée, ne s'aventurent guère au-delà de l'expérience des apparences, en en dédaignant le mécanisme. Don Juan, l'homme "priapique" en est le stéréotype. Cet itinéraire tronqué, qui s'attarde indéfiniment dans le désir possessif et l'érotisme sensuel objectivé en lui-même et pour lui-même, méconnaîtra la réalité soustraite au jeu des mécanismes de séduction porteurs de dualisme, qui s'ouvre dans la vision du couple intérieur. Le besoin sexuel se trouve très souvent sous-tendu par le sentiment de séparation qui procède de l'individu; il va se profiler et s'instaurer en obscure "compensation" tenant du défoulement des tensions, et renforcer par là même les intérêts d'appropriation et d'auto-satisfaction, qui tiennent de l'image personnelle. Nous sommes là à mille lieues de l'amour vrai. Dans l'amour, qui est offrande désintéressée, il n'y a pas de vous ; il n'y a pas non plus de vous et l'autre, mais unité ; l'amour est la manifestation du Relié. C'est à une transmutation irréversible à laquelle conduit l'intériorité spirituelle du couple humain. Tout reste à recommencer à partir de l'arrière-plan qui se pressent. Libre à chacun d'en prendre conscience, d'accueillir en soi cette réalité fondamentale ou de s'en détourner pour continuer de reproduire indéfiniment les schémas qui l'emprisonnent et l'aveuglent dans l'illusion de l'espace/temps. Les partenaires qui s'en tiennent à la surface (le garçon et la fille) sont victimes l'un de l'autre. L'ambivalence du charme propre à l'éternel féminin exalte le désir du garçon jusqu'à la diversion de l'étreinte. D'un côté comme de l'autre opère une espèce de ruse programmée qui semble enfermer la passion dans un cercle vicieux, créée par l'antagonisme psychologique des sexes. Loin de jeter l'anathème sur le couple externe, le couple interne en transmute les valeurs humaines, conditionnées d'imagerie mentale et de tensions parfois tyranniques. Toute femme participant de la "femme absolue", le garçon lorsqu'il s'y trouve confronté, réagit en affichant sa masculinité, tentant de dominer une situation qu'il ressent être à son désavantage. C'est un premier indice du "Yin" dans le "Yang". En se dénudant intérieurement, le garçonr sort de ce conditionnement, son activité passive se transforme en passivité active, il s'ouvre à l'art, au sensible, à la réceptivité, mais cette ouverture doit passer de l'esthétisme plus ou moins académique et de l'intellect, domaines encore soumis au monde des formes séductrices, à une éthique spirituelle interne, forgée par l'ascèse, poétique qui se fait discernement ; en se dénudant intérieurement, la fille se révèle active et "Yang" dans son "Yin"; pour le moment comme nous l'avons vu, l'"arrièré" porté par la femme représente un frein, un poids karmique qui doit nécessairement s'exprimer, d'où le "féminisme" qui dans un sens fait barrage à une actualisation libre du passé. D'un côté comme de l'autre, l'unicité se cherche, entravée par le bouillonement des esprits vitaux. Nous sommes passé ici de l'éros "profane" qui s'exerce dans le monde apparent, au mystère bien caché du couple second, intérieur, seul capable d'illuminer la dualité et faire du deux l'Un. Dans l'intériorité, du côté du garçon, sensibilité subtile, intuition et ferveur sont facteurs d'avènement de cette transfiguration. La "virtus" (car ce mot de"vertu"ne convient guère, évoquant par trop le moralisme) sera la patience, l'équanimité dotée de vigilance. L'incandescence explosive de l'intériorité féminine, "Yang" dans le "Yin", est un feu dont la raison d'être est de briser les formes viciées et de rénover par la contemplation. La Grande Déesse qui réside dans tous les êtres est de la nature de la Lumière ; c'est la force de la féminité que l'on dit obscure. La part "Yin" de l'être doit être consciencialisée jusque dans ses tréfonds. Le principe interne de la féminité se tient dans une région liminale, immatérielle, que la grande majorité des femmes redoute, en en jugeant l'abord dangereux, et préférant croire "être ce qu'elles paraissent" (la fille), dans l'externe, dans cette part constructive et personnalisée, plutôt que s'aventurer en reconnaissance dans les mystères de l'intériorité. Dans ce couple externe où la femme triomphe toujours dans son accueil du mâle conditionné par le pur besoin sexuel, elle tire supériorité, n'étant jamais véritablement "possédée" dans le concept où l'homme l'entend. Le mâle s'illusionne dans son fantasme, ayant instauré en quelque sorte, "sa revanche" en opprimant la femme tout au long des siècles. Une même force obscure agissante, tournée inconsciemment contre elle-même affecte et retient le garçon et la femme-feu dans leurs formes respectives.

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