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13/06/2007

Voyage à la fabrique (4)

Je le regarde, interloqué. Son visage a maintenant atteint une rougeur magenta avec des zones coralines lustrées où perle des gouttelettes de sueur. Vais-je avoir droit maintenant à une démonstration de surmenage ou une crise d'apoplexie ?. Il me rappelle en tous points la visite d'un étudiant en médecine (psychiatrique par-dessus le marché!) vingt années auparavant, dans une pièce où nous vivions, quelques amis et moi, une exprérience parapsychologique qui ne nous inquiétait pas outre mesure. L'une de mes amies l'avait amené là pour qu'il se rende compte par lui-même que ce genre de phénomènes inexpliqués existent. Nous entendions des chants d'oiseaux dans les murs, à n'importe quelle heure du jour et de la nuit. Cette fois-là, il ne se passa rien de semblable, les oiseaux qui allaient revenir après son départ s'étaient tus, mais quelle ne fut pas notre surprise lorsque nous le vîmes sur le pas de la porte brusquement agité de convulsions au point d'en être terrassé. Le pauvre gars délirait complètement, jurant par Hitler, la CIA, le KuKluxKlan, le KGB, la Maffia et toute la clique des sponsors religieux, politiques, publicitaires, s'embrouillant dans son discours, comme si son mental avait rencontré une force magnétique qui lui avait fait soudain perdre la raison, et dévider toutes sortes d'ignominies, ou comme si un tyran furieux en pleine colère noire s'était emparé de lui. Il ne faisait aucun doute que d'étranges vibrations hantaient la pièce depuis plusieurs jours. Certaines opérations de forcing de la raison didactique rencontrent parfois ce genre de "courts-circuits". Lorsque de téméraires arrivistes se voulant affranchis de ces vieilles superstitions, se mirent par ostentation à braver les champs magnétiques d'ordre supra-sensoriels, de graves malentendus diplomatiques commençèrent à s'infiltrer dans toutes les capitaineries du monde entier.
"Nous dînerons ensemble ce soir !" conclut le capitaine d'une voix étranglée.
Dans le hall de réception, de pauvre hères endimanchés, qui n'auraient jamais du s'engager dans ce boulot de représentants, s'apprêtent à partir au casse-pipe en costumes trois-pièces. Délais urgents. Que ne va-t'on pas inventer pour conserver la cadence. Obligés à des tas de simagrées éculées, pression sanguine connectée sur la camelote à fourguer, prestige boutiquier, stratégies de westerns de série Z, tout ça est au catalogue de ces clowns blancs, camelots enfarinés distributeurs de bobards. Porte-documents luisants comme les chaussures, dont la fermeture-éclair déballe un flot d'arguments tout juste bons à "férer les gogos", mais ça, on ne le découvre qu'entre les murs de la fabrique, en dehors de la présence de la clientèle.
Au restaurant du soir, l'un des portiers en smoking se charge de placer sur un cintre mon vieux duffle-coat et reluque mes baskettes. Dans un décor transylvanien (étoffes bordeaux et passemanterie silver-grey), une rangée de six serveurs sont tenus en laisse par un maître d'hôtel rondouillard et suffisant qui a endossé pour la circonstance un ignoble veston à queue de pie. L'un est là pour ramasser les miettes à l'aide d'une brosse qu'il trimballe en adoptant des mimiques effeminées, un autre pour changer les couverts, un troisième pour remplir les verres, me faisant comprendre par sa moue que je dois les vider plus vite qu'il ne sied. Pinard du 19ème siècle emmailloté dans une corbeille, servi avec une dextérité de prestigiditateur, sous les énormes poiriers en cristal suspendus au-dessus de nos têtes.
"Et...Hum ! Quels sont tes loisirs ? "( cette fois le capitaine prend le parti de me tutoyer) Pratiques-tu un sport ? - La marche à pieds !" fais-je, "excellent, surtout en montagne!". Aussitôt le capitaine et son acolyte de renchérir sur leurs souvenirs respectifs d'alpinisme à l'Alpe d'Huez en 1955. Lorsqu'ils ont terminé, ils se tournent à nouveau dans ma direction, dans l'attente d'une réplique. "A vrai dire, de la Montagne, je n'ai retenu aucun de ces aspects que vous venez d'évoquer; je m'y suis baigné. Ce fut un grand bouleversement, d'ordre mystique (je n'osai dire "métaphysique", un mot banni, comme "poétique"). Je sais désormais qu' Elle existe, à part entière, à l'écart des bruits du monde". Les bouchées trop volumineuses n'ont pas passé dans le gosier du capitaine qui tout en faisant mine de m'écouter se bâfrait pour n'en point trop saisir le sens. Un filet de sauce pend à la commissure de ses lêvres. Son adjoint doit précipitamment aiguilloner la conversation sur un sujet plus en conformité avec la sphère professionnelle. J'en tire que leurs photos-couleurs n'ont sans doute pas été prises dans le même genre de "montagne" que Celle que j'ai rencontré.
Plongé chez les carburateurs de ces sombres contrées, soudain une belle séquence d'air pur me revient en mémoire. Un chemin rocailleux montant vers les brouillards, où riaient les fleurs sauvages...
Le vin qu'ils m'ont fait boire pour me saoûler n'a fait que m'éloigner de leur état-major. Je ne suis plus là. Je leur ai rendu leur film. J'ai maintenant hâte de prendre congé de ces dangereux humanistes qui convertissent toute conversation en test inquisiteur. Mais il fallait que nous nous arrêtions sur le chemin du retour, le capitaine et son second tenant absolument à me montrer une scène locale dont ils raffolaient. Tous les mardis soirs, lorsque la nuit est déjà bien avancée, à la lumière de torches électriques, botté et vétu de cirés comme des égoutiers, un groupe de fanatiques s'enfonçait dans la vase d'un étang pour surprendre je ne sais plus quelle variété de ver. J'en vis des paniers pleins, grouillants, sur la targette d'une cantine improvisée en bordure de route.--- (à suivre)

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Voyage à la fabrique (1)

VOYAGE A LA FABRIQUE (aux bordures du Nord-Ouest) - Kérouac fut quelque temps employé dans une usine. Il profita de son séjour "professionnel" pour écrire des notes dans des carnets de bord qui ne le quittaient jamais. Pareillement, TumTum écrivit vers 1992 un récit initiatique inédit dont le premier chapitre intitulé : "Voyage à la Fabrique" utilise les notes prises au cours de sa carrière professionnelle dans une entreprise dont le siège social (et l'usine ou "fabrique" était situé en Bretagne). En voici le contenu. / Trois hommes vétus de gabardines aux tons neutres, de coupe militaire ou policière, se tiennent sur une même ligne au bord de la route. Me voyant arriver, ils ont la même réaction, exécutée dans un ensemble parfait : d'un geste sec, relevant leur avant-bras droit, ils dirigent un regard furtif sur le cadran de leurs bracelets-montres. Rien de semblable à mon poignet, et oublié depuis longtemps déjà l'usage morbide de la cravate. Leurs traits sont tirés par le surmenage, à-demi fondus dans des sortes de masques momifiés. Je suis en retard, comme toujours, mais cette fois-ci, le train s'est immobilisé en pleine campagne, je ne sais plus trop pour quelle raison. Il y avait de la buée blanche sur les vitres. On voyait les champs applatis sous le givre. Un contrôleur désarticulé est apparu par le sas, traversant le wagon vide en titubant, sa poinçonneuse à la main. Il a vérifié les mathématiques d'un billet dont je me foutais éperduement. Ici aussi, on poinçonne, on fabrique de la dentelle artificielle, toutes sortes de pompons. Des marins nostalgiques sont parqués huit heures par jour dans un hangar dont la facade ("accueil") est travestie en devanture de bungalow. Dalles froides, néons et piliers d'aéroport. Un gigantesque tableau de pointage, cases individuelles remplies de fiches perforées, indique que le personnel a regagné ses foyers. C'est l'interruption de midi. Je note les tics de ces trois sbires au cours d'un repas rendu austère par l'importance attribuée à mon retard, auquel participent aussi, je ne les perds pas de vue, les conditions météorologiques qui l'ont occasionné. Je me rends compte que nous ne sommes pas sur la même longueur d'ondes. Au-dessus du bar, une fresque représente Dyonisos embarqué sur le bateau des matelots thyrénéens. L'après-midi en principe consacré à une "prise-de-contact" avec les rameurs s'avère surprenant tant la manufacture semble avoir dévoré de l'intérieur les exemples de ceux-ci qui me sont présentés, certains se distinguant à peine des turbines et autres mastodontes métaliques installées dans ce vaste hall. Puis c'est au tour de quelques responsables en blouse blanche de m'être présentés. Ces-derniers s'avèrent insignifiants dans leur baragouin d'enfants-de-choeurs calés à la cadence. L'état de contrition semble de mise. J'assiste ensuite à l'une des plus hautes réunions (1er étage, dans le show-room, à l'écart du vacarme). "Bree-Thing" ne réunissant qu'un nombre restreint de faces de Carême, autour de problèmes de sacristie, et dans un bredouillement condescendant incitant à quelque farce si ce n'est à une subversion dont on sent tous les murs imprégnés de la frustation de longue durée. Un poste de radio, dans un coin, donne les derniers flashes d'information, mais assis là, devant cette table de conférences, j'ai aussitôt eu le réflexe d'en profiter pour me détendre complètement, de sorte que je ne sens plus le corps, mis-à-part cette espèce de bourdonnement lointain environné d'un jeu de silhouettes, à l'intersection gauche du cerveau, tandis que la fenêtre est grande ouverte sur un infini d'étoiles et de champs magnétiques inconnus. "Breeeeeeee !" soudain retentit une sirène, une sorte de radar pointé dans ma direction. "Est-ce que tu dors ?" .Le capitaine vient de me prendre à parti exactement comme le prof envers l'inattentif. Il tire une bouffée de sa pipe en attendant ma réponse. C'est une manoeuvre pour ramener l'attention sur le projet illustré par un croquis de sa main, en fait un gribouillis entre charade et mots croisés que je m'accorde à observer, prenant tout mon temps. Il y a alors comme la montée d'un sentiment de gène généralisé. Ramener la conscience à la durée, à son stress, telle semble être l'intimation sous-jacente. Quelques-uns ricanent. A nouveau la scène s'éloigne et redevient boudonnement radiophonique. Un type assis à côté de moi commence à se trémousser sur sa chaise, ne pouvant s'empêcher de pouffer de rire. J'ai appris plus tard que cela lui occasionna une complication intestinale. Les humeurs froides décongelées trop violemment produisent ce genre d'ennuis. Transfert du lieu de travail au lit d'hôpital, échange de blouses blanche avec l'analyste et port du pyjama rayé pendant plusieurs semaines. Et les visites n'arrangeaient rien.
"Entre nous" me dit un autre voisin pince-sans-rire, "tou feré mié dé té faire chpsykanalyser !". J'avais bien compris que j'avais mis les pieds sur le site d'un complot, par ailleurs captivant pour un explorateur dans mon genre, un complot fomenté par la partie gauche du cerveau humain, au mépris total de l'information êtrique provenant du côté droit à laquelle je me fiais plus souvent. Je me trouvais en plein q.g. de l'intelligentsia "barbare", féodale, sous-marine, traquant le poulpe géant. A force d'être devenus magasins ambulants, les matelots thyrénéens se virent piratés et rexpédiés à coups de pieds au cul dans la fresque d'où ils provenaient. Celle-ci complétée comme un puzzle clignota et disparut du mur. Quant au poulpe géant qui se devait de proférer en permanence ses obscures menaces, je ne le rencontrai nulle part, mais j'assistai à son culte. Le capitaine était son officiant, jurant, congestionné, faisant étal de son cynisme devant tous, traquant le quasar avec la fantasmagorie
galopante des vieux chefs d'état-major en culotte bouffante. --- (à suivre).

19:15 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (0)

02/06/2007

LA VIEILLE BRANCHE

LA VIEILLE BRANCHE "Comment qu'ça gigue dans ton rafiot?" qu'i-z'enquètent su'l'terrain foutu de ces boules de loto de l'ignorance savante, partout, à tous les coins qu'on s'éborgne, et tu les as enregistré, commenté, empêtré comme le dernier pignouf à la mode alors que fondamentalement : tu t'en tapes !... L'appropriation gadgetaire emprunte au grand souk du toc aux dix-mille aspects, décortiquant l'encyclopédie des accessoires d'ameublement du dortoir. Là-dedans, la vieille branche n'a qu'une bien aléatoire consistance, pareille à ces dessins que forment cailloux et étoiles. On peut s'demander qu'est-ce qui peut bien communiquailler dans ce merdier, malgré les vidéo qui tendent toujours à montrer le contraire: une structure sécuritaire, un programme,etc.... Se jouer du jeu plutôt que s'y prêter. Du jeu de la vieille branche avec son histoire à dormir debout, inutile fardeau dont le social est le miroir. Et si la vie de Mr. Untel n'était qu'une parabole en passant? un sketch insignifiant diffusé sur l'une des 10.000 Chaînes?. Allez donc y croire !... Ce que je croâ penser en toute bonne foi n'est qu'un nuage pollué en provenance du journal télévisé, de la bande-son d'un navet à sensation ou d'un clip de pub; une histoire entièrement calquée sur le modèle du juke-box, du flipper et des mémoires d'ordinateurs. Pas de quoi en faire un plat, un statut ou un droit. La vieille branche se tortillerait comme un ver dans un sol contaminé qu'ça n'm'étonnerait plus. L'arbre de Noël pousse à l'envers. Le discours était un pet sonore dans la grande surface des symboles décatis. Cartes postales adressées à l'entité moi-je, - "hé oui, gourdiflot: toujours la même!"- dans la banalité d'une prestation de service célibatairement machinale. Avec son mot-à-dire à tout bout de champ parce qu'i'faut bien s'les remplir, les cases eh pardi !... Cruciverbiste !... La vieille branche nous enquiquine en permanence avec ses souvenirs médaillés et ses suppositoires de s.f., tout ça pour se persuader qu'elle existe encore en substance, qu'elle a traversé quelque chose comme une épopée substantielle dans un monde substantiel. Eh bien, son baratin, disons-le tout net : nous chourave le mou de notre existence jusqu'à la garde. La vieille branche mérite une bonne flambée illico-presto, tant qu'elle est encore sèche, sinon elle pourrit. Des mâts de cocagne et miradors s'ingénient à médiatiser l'image godiche d'une partie de l'arbre se prenant pour une partie ; fumisterie ! escamotage !. Il n'y a NI MOI NI AUTRE qui tienne. La planque parcellaire ensuque la vieille branche comme un bourgeonnement cancérigène revendiquant permanence et sécurité. Le processus vivant, dynamique, en constant renouveau, interdit formellement de s'installer comme locataire, et encore moins comme proprio !. L'intérêt personnel de la vieille branche était une lubie mimétique, une saloperie contractée en fréquentant les nouveaux-nés, qui se voit contrecarrée sans répit. Au point ou nous en sommes, une NOUVELLE dimension, une NOUVELLE qualité de relation, est à trouver. La sève subtile, énergétique, circule partout, à travers l'Arbre de tous les arbres, dans la cellule atomique, hors des forêts cartepostalisées et débitées en tranches. En examinant la rainforest d'Amazonie ou d'ailleurs, viendra l'intuition qu'une intelligence fourrée dans le noyau, en marge de toutes ces MEMOIRES DE CONFORT (principales créatrices de la peur et de l'insécurité) et de cinémathèques, BAIGNE l'entière phénoménalité de la vie qui n'est certainement pas le "Mammouth/Disneyland" que l'on croit. Incroyable étourderie dans laquelle s'esbaudit la patate lourde !...Sous l'écorce: le flux impersonnel, pétillant comme le brut, rock'n'rollant dans l'inénarrable beauté, fait un pied-de-nez monumental à tous les cadres d'espace et de temps. Car à l'arrière-plan, messieurs-dames, FAIT TOUJOURS BEAU !. Le saviez-vous ?... Rien ne se perd et rien ne passe. Sinon les illusions. Autant de moustiques qui vous ont collé au train !. Notons que la nudité devra se passer de toute espèce de combinaison peau lorsque le Ciel en aura décidé autrement ; juste l'ouverture, béante, la palpite en direct, l' exposition ultime. Autant liquider tout de suite les dossiers compromettants !. L'escroquerie du prétendu social, oppressant, censurant, définissant ses critères avec maniaquerie, vous aurait-il convaincu qu'on pouvait, comme ça, se permettre d' EXISTER sans vergogne, dans le virtuel, avec sa carte d'identité épinglée sur son cadavre, déambulant dans les galeries du consommable ?... des millions de Mr.Untel, plébiscitant la routine usagère des stocks, clientèle convulsive et compulsive de vieilles branches animées par les réflexes conditionnés de Walt Disney, James Bond et Jackie Chan?. Et tant que ça pouvait durer !... Ben voyons !. Qui êtes-vous? Que faites vous dans la vie?... - Mon nom est Monsieur Untel ; je fais de la figuration ; ma bible c'est "l'Officiel du Particulier", de l'entité particulière que je pense être, mon histoire, ma vie, ma femme, mes enfants, mon boulot, ma maison, ma voiture, mes amis, mes passions... - CROTTE DE CHIEN !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! Ce matin, comme tous les matins d'ailleurs, le jardin avait été ratissé; il n'y avait plus de vieille branche qui tienne. Le téléphone aurait pu sonner, la perception des choses était si diffuse, si peu définie, qu'il aurait fallu une plombe pour se connecter au putain de film ordinaire. Le rythme était rompu. Un parfum nature donnait du corps à cet ordinaire immédiat, d'un genre entièrement neuf. Une paix profonde, enjouée, sensible à la beauté, issue directement du sommeil profond. Le téléphone n'a pas sonné, figé dans l'ombre, comme tapi; il n'a pas osé intervenir dans ce truc qui le dépassait complètement. "Les conditions de la veille, ça s'entretient!" maugréait-il, "là, je ne marche plus!". Pauv'chou!. Le cerveau s'était aperçu qu'il changeait comme ça, naturellement, que la baignade dans la nuit l'avait renouvelé intégralement, invalidant tout les papiers et les enregistrements, numériques ou non. Fondue, l'identité habituelle de l'interlocuteur de faction sur laquelle s'accrochait le dialogue !. Dans cet espace tranquille et presque translucide qu'il habitait, le silence n'avait rien de redoutable, bien au contraire. OUF ! - nomdedieud'bordel: OUF !!!!!. Il y aurait à tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant d'émettre la moindre parole. Et gare à la pensée !. Le temps, qu'il s'agisse de la durée ou du climat, y compris le psychologique, se trouve bien souvent soumis aux pincettes d'incurables emmerdeurs archéo-météorolo-psychologiques du genre tatillons dans la beauferie . Désintégrés de la sorte, voyez un peu le tableau !... "Quoi : hier ? Quoi : le week-end prochain? Quoi : le calendrier? Il pleut, et alors?...Au fait, QUI est à l'appareil ?". Mesdames et messieurs, nous passons maintenant de l'état de perroquet endormi, de vieille branche, à l'absence totale de tout ça!... qui ne suppose aucun état particulier, absence de fatras, absence qui est présence voyez-vous, étonnement, amour avant mémoire. Constatez comme ce que vous aviez pris pour votre corps est détendu, respire... Vous le sentez bien, hein?. Nous vivons désormais l'évidence, l'évidence de l'évidence!... Sa lumière sans interférence, où rien ne se perd, où nul ne nait, où tout est donné gratos et en surplus. Une profonde tranquillité s'est installée dans ce non-temps appelé tout-à-l'heure: "notre temps", le vrai, pas celui des montres et de l'agitation compulsive. Les abonnements ont pris fin comme par enchantement. Vive l'innocence ; nous voici enfin vrais, disponibles, et hors de la programmation apocalyptique de la planète et de ses habitants. Totalement zéro. Même pas ! - avant d'avoir appris à lire et à compter. Dans le Non-appris. La vieille branche, c'est le citoyen congelé, l'existence tributaire des leitmotivs et des paragraphes, c'est le photomaton, les vidéos familiales installées sur la cheminée, le formulaire obligatoire à remplir , c'est le mental rhumatisant !. Le cheminement naturel pirate toujours ces automatismes ancrés dans la continuité ainsi que toute autorité qui saisit l'occase pour en tirer parti, à moins d'être sous hypnose, ce qui arrive encore assez fréquemment de nos jours, dans les contextes de "normalité". On verra dès lors, sans broncher, se multiplier l' aliénation "faux-cul" des programmes embrigadés, de l'assistanat d'institutions règlées sur le chantage terroriste à l'état d'urgence. Faute de mieux, on appelle encore ça: "relations humaines"!. Club de fantômes, oui !. Et ça gigote, croyez-moi !. Ces divertissements font partie du cirque de la vieille branche, tant qu'elle se tient enfermée sous le chapiteau public des comparaisons clownesques et des parades de rapports de force. Mascarade et résidus! "vrittis" comme disent les Indiens, vrittis grouillantes comme des spaghetti !. Destinées à foutre le camp, à glisser dans l'égout, comme l'image du King du beurre de cacahuètes ou les belles histoires de l'oncle Paul. La vieille branche finira par se consumer dans l'âtre et basta !. Tu rejoindra l'universel, mon pote, comme j'te l'dis, que tu le veuilles ou pas!. Finie la location à perpètes!. Tu verras que la destinée est règlée comme du papier à musique et que les regrets, les rechignements, sont de trop. Tu verras le scope en 5D, sans dieu ni maestro. Bas les masques!. Arrêt cérébral dès maintenant. L'instant présent n'a rien à voir avec tout-à-l'heure et quand ça sonne c'est l'heure !. La donne est complètement changée ; ou suis-je ? nulle part. Ou est le dirlo ? Y'en a plus! Barré! Terminé!. Nous voici, mesdames et messieurs pareils à des cosmonautes lâchés dans l'espace non-cérébral, dans l'attention globale sans aucun centre, hors de toute naissance et et de toute mort. Rien n'est de trop ; tout est juste, magnifiquement orchestré. Quoi de plus?...

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